Quand la science
dénonce la politique

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Illena Zibani (*)
École des Hautes Études Internationales et Politiques

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Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, qualifie les dangers liés au réchauffement climatique « d’atlas de la souffrance humaine ». C’est une belle phrase, mais que signifie-t-elle au juste ? Le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), se garde bien, lui, de rester dans le flou. Ses rapports non seulement mettent en lumière la dégradation de l’environnement, mais ils démontrent aussi l’inaction des gouvernements.

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Le GIEC a pour rôle de lier l’information scientifique avec le système politique, économique et sociologique sur un socle commun : l’enjeu climatique. Il compte 195 membres à travers le monde, experts, scientifiques et organismes, répartis en trois groupes de travail qui fournissent chacun un rapport annuel. Le bureau du GIEC, composé de 36 membres élus pour des mandats de cinq à sept ans, publie, lui, un rapport de synthèse. Son président actuel est un sud-coréen : Hoesung Lee. Le dernier rapport de 2022 recense l’ensemble des impacts du changement climatique, mais propose aussi des solutions d’adaptation et démontre les vulnérabilités auxquelles les populations doivent faire face.

Ces rapports sont aujourd’hui clairs : chaque dixième de degré compte. Depuis plus de trente ans, l’organisation n’a de cesse de signaler la dégradation de l’environnement à l’échelle mondiale, jusqu’à signaler de nos jours la distinction d’un point de non-retour.

Une planète en proie aux dysfonctionnements

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Les propos du GIEC sont clairs et sans appel : pour la température de la planète, chaque dixième de degré a son importance. Depuis plus de trente ans, l’organisation n’a de cesse de signaler la dégradation de l’environnement à l’échelle mondiale. Catastrophes climatiques, orages dévastateurs,  inondations, sécheresses, vagues de chaleur, pénuries d’eau, tous ces éléments permettent aujourd’hui d’identifier un point de non-retour.

Entre 1981 et 2010, la production mondiale de céréales a subi une perte globale de 10%. À l’avenir, de nombreuses régions agricoles sont vouées à devenir trop chaudes et trop humides pour pouvoir y cultiver quoique ce soit. Les conséquences de cette problématique ne se cantonnent pas à l’aspect environnemental, puisqu’une baisse de la production risque d’entraîner des pénuries alimentaires, s’accompagnant d’une forte inflation. L’augmentation des gaz à effet de serre est le facteur d’accélération de ces dérèglements climatiques, car il est le résultat même du système de production mondialement utilisé à des fins de commerce international.

Il est à noter que la fonte des glaciers, comme ceux de Scandinavie, pourrait entraîner la libération massive de milliards de tonnes de carbone et de méthane. Les écosystèmes terrestres et marins, avec une élévation du niveau de la mer estimée à 15 millimètres par an, se voient bouleversés par l’activité humaine. La disparition ou la dégradation des espaces naturels engendrent non seulement un déplacement massif de populations, soit près de vingt millions de personnes par an, généralement dans les pays du Sud, mais également une extinction des espèces, estimée à un tiers d’ici 2070, ainsi qu’un rapprochement physique entre animaux sauvages et humains, facteur de transmission de maladies.

S’ajoutent à ces conséquences sur la santé physique des individus une charge mentale importante telle que le stress.

La fonte des glaciers de Scandinavie entraine une élévation du niveau de la mer : 15 millimètres par an, soit 1,50 mètre  en  cent ans.
Photo Pixabay.

Prise de conscience et inactions

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Si les conséquences du dérèglement climatique sont inévitables, il est néanmoins possible de les limiter. Le GIEC insiste donc pour contenir la hausse des températures à 1,5 degré, priorité capitale, voire vitale.

À l’échelle internationale, la question climatique est à l’origine de nombreux débats et inquiétudes. Néanmoins, malgré les réunions interétatiques telles que les COP, les États ne semblent pas disposer à entreprendre des actions majeures. Plusieurs explications peuvent être proposées à ce manque d’entrain. Tout d’abord, les catastrophes climatiques majeures ont principalement lieu dans les pays du Sud, empêchant ainsi une partie de Nord et la quasi-totalité de l’Occident de percevoir de manière directe les conséquences de ces dégradations.

De plus, les changements demandés par le GIEC doivent s’accompagner d’une réforme presque intégrale d’un système de production intensif intégré dans un processus de mondialisation. Il en résulte un manque de volonté politique et un faible engagement citoyen. Les sociétés civiles comme le secteur privé ne semblent pas prêtes à réformer leur structure face à l’urgence qui se profile. Il arrive parfois que certaines mesures soient prises pour contrer le changement climatique, mais que ces dernières contribuent en fait à l’accélération dudit réchauffement : c’est la mal-adaptation.

Pourtant, il existe des solutions allant du remplacement des énergies fossiles par le développement des énergies renouvelables à la réduction de la demande énergétique en passant par des changements en termes d’alimentation. En d’autres termes, des pistes sont envisagées pour chaque échelon de la société.

Le GIEC incite donc les États à réduire leurs émissions carbone (neutralité d’ici 2050) mais aussi à multiplier les accords mondiaux concernant la protection de l’environnement. Cela s’accompagne, du moins à l’échelle européenne, d’une aide aux pays dépendants du charbon pour sortir ces derniers de leur contrainte. En outre, il est nécessaire que chaque individu contribue personnellement à limiter le dérèglement climatique, par des actions qui se veulent simples mais qui doivent être intégrées à un mode de vie se voulant responsable.

Pour conclure, les rapports du GIEC tentent depuis plus d’une trentaine d’années d’alarmer les États et les populations sur les conséquences de modes de vie marqués par la consommation, pour ne pas dire la surconsommation. Ils tentent également de proposer des solutions adaptées à l’ensemble des États et des citoyens.

 

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(*) Illena Zibani est étudiante en deuxième année à l’école des Hautes Études Internationales et Politiques (HEIP) à Paris. Passionnée de géopolitique, elle écrit des articles depuis un an pour le journal de l’école dont elle fut la rédactrice en chef. Elle est particulièrement intéressée par l’ensemble des cultures et par l’Histoires de l’Asie de l’Est, mais également par les enjeux stratégiques et politiques. Elle collabore à ESPRITSURCOUF. 

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