Orion 2026
Au cœur de la phase 3

Laure Fanjeau (*)
Responsable recherche / développement et communication digitale d’Espritsurcouf

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FOCUS : Défense

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Alors que les équilibres géopolitiques se fragilisent et que les conflits s’intensifient en Europe et au Moyen‑Orient, la France poursuit sa préparation à la guerre de haute intensité. Dans un contexte où la sécurité collective est de nouveau menacée, l’exercice ORION 2026 s’impose comme un test grandeur nature de la résilience nationale. Conçu pour éprouver la capacité du pays à faire face à une crise majeure, il s’inscrit dans une dynamique internationale où la défense et la cohésion des États deviennent des enjeux stratégiques essentiels.

ORION 2026
Au cœur de la phase 3,
la France teste sa capacité à faire face à la guerre totale

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L’exercice ORION 2026 s’inscrit dans la continuité des efforts engagés par les forces armées françaises pour renforcer leur préparation à un conflit de haute intensité. Les premières phases ont progressivement posé les fondations de cette montée en puissance. La phase initiale, consacrée à la planification politico‑militaire, a permis de définir le cadre stratégique, les objectifs opérationnels et les mécanismes de coordination entre les différentes composantes de la défense. Elle a été suivie d’une phase opérationnelle d’envergure, au cours de laquelle les forces terrestres, aériennes et navales ont été engagées dans des scénarios réalistes destinés à éprouver leur capacité à manœuvrer en coalition, à conduire des opérations complexes et à affronter un adversaire étatique dans un environnement contesté.

Ces premières étapes ont permis de tester la cohérence doctrinale, la réactivité des chaînes de commandement et l’interopérabilité entre les unités engagées. Elles ont également servi à identifier les points de friction susceptibles d’apparaître dans un contexte de haute intensité. Avec la phase 3, qui s’est achevée en début de semaine, l’exercice a quitté le champ strictement militaire pour s’étendre à l’ensemble de l’appareil d’État, marquant une transition décisive vers une approche globale de la défense nationale.

 

I. Une crise simulée au cœur de l’État

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Dans les centres de commandement où se concentrent les cellules de décision, loin des manœuvres visibles sur le terrain, s’est déroulée l’une des étapes les plus sensibles de l’exercice ORION 2026. La phase 3, qui s’est achevée en début de semaine, a placé l’État français face à un scénario de crise majeure simulée. Cette séquence, moins spectaculaire que les opérations militaires, constitue pourtant le cœur stratégique de l’exercice. Elle vise à évaluer la capacité du pays à maintenir ses fonctions essentielles dans un contexte de pression extrême, où les décisions doivent être prises rapidement et où les marges d’erreur se réduisent.

Cette phase s’inscrit dans la continuité des deux premières. La planification politico‑militaire avait posé les bases doctrinales et organisationnelles de l’exercice, tandis que la phase opérationnelle avait mobilisé les forces terrestres, aériennes et navales dans des scénarios de haute intensité. Avec la phase 3, l’exercice quitte le champ strictement militaire pour s’étendre à l’ensemble des institutions civiles, révélant la dimension globale de la défense nationale.

II. Une mobilisation interministérielle inédite

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La phase 3 a réuni autour de la même table des officiers supérieurs, des préfets, des hauts fonctionnaires et des représentants de plusieurs ministères. Cette configuration illustre une évolution majeure de la doctrine française : la défense du pays ne repose plus uniquement sur les forces armées, mais sur l’ensemble des structures administratives et institutionnelles. Les ministères de l’Intérieur, de la Santé, de l’Économie ou encore des Transports ont été sollicités pour répondre à des situations complexes, dans lesquelles leurs compétences respectives étaient indispensables.

Les préfectures et les zones de défense et de sécurité ont joué un rôle central dans la coordination territoriale. Elles ont dû gérer des flux d’informations importants, assurer la continuité des services publics et maintenir le lien entre les décisions nationales et leur mise en œuvre locale. Les opérateurs d’infrastructures critiques, notamment dans les secteurs de l’énergie, des télécommunications et des transports, ont également été intégrés à l’exercice, car leur fonctionnement conditionne la résilience du pays.

 

III. La continuité nationale mise à l’épreuve

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Le scénario de la phase 3 reposait sur une succession de crises destinées à tester la capacité de l’État à maintenir ses fonctions vitales. Des perturbations sur les réseaux électriques ont entraîné des coupures localisées, obligeant les autorités à prioriser les secteurs à alimenter. Les transports ont été désorganisés par des incidents simultanés, compliquant les déplacements et la logistique. Les hôpitaux ont été confrontés à une augmentation soudaine de la demande de soins, mettant en tension les capacités d’accueil et les chaînes d’approvisionnement médical.

Chaque décision prise dans ce contexte avait des répercussions immédiates sur d’autres secteurs. La gestion de ces interdépendances constitue l’un des enjeux majeurs de la résilience nationale. L’exercice visait à vérifier que les institutions disposent des outils, des procédures et des réflexes nécessaires pour faire face à une situation où les crises se multiplient et se renforcent mutuellement.

IV. Le front invisible de la guerre hybride

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La phase 3 ne s’est pas limitée aux crises matérielles. Elle a intégré des dimensions immatérielles qui occupent désormais une place centrale dans les conflits contemporains. Des cyberattaques simulées ont visé des systèmes informatiques sensibles, provoquant des perturbations dans les réseaux administratifs et les infrastructures critiques. Ces attaques ont été conçues pour tester la capacité des équipes à détecter les intrusions, à en limiter les effets et à rétablir rapidement les services.

Parallèlement, des campagnes de désinformation ont été injectées dans le scénario. Elles ont circulé sur les réseaux sociaux et dans les canaux de communication publics, créant un climat de confusion et obligeant les autorités à réagir rapidement pour rétablir la confiance. Ces volets s’inspirent des enseignements tirés des conflits récents, notamment en Ukraine, où la guerre informationnelle a joué un rôle déterminant dans la déstabilisation des sociétés.

V. Le territoire national comme espace de confrontation

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L’une des évolutions majeures de cette phase réside dans l’intégration du territoire national comme espace de confrontation. Les autorités civiles ont dû gérer des troubles intérieurs, des mouvements de population et des perturbations économiques. Cette orientation répond à une réalité stratégique désormais assumée : un conflit de haute intensité pourrait avoir des répercussions directes sur la population française et sur les infrastructures essentielles.

L’exercice a permis d’évaluer la capacité des services de l’État à absorber un choc majeur tout en maintenant leurs missions prioritaires. Il a également mis en lumière l’importance de la coordination entre les différents niveaux de décision, depuis les administrations centrales jusqu’aux collectivités territoriales.

VI. Une préparation inscrite dans la stratégie nationale

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La phase 3 s’inscrit dans la trajectoire définie par la Loi de programmation militaire 2024‑2030, qui fait de la préparation à la haute intensité un axe central. Elle articule la dimension militaire et la dimension civile, en cohérence avec la doctrine de défense globale. Elle permet d’identifier les points de friction, qu’il s’agisse de la coordination interministérielle, de la gestion des priorités ou de l’articulation entre sécurité intérieure et défense.

Les enseignements tirés de cette phase alimenteront les étapes suivantes de l’exercice, notamment celles menées avec les alliés. Elles devront intégrer les résultats de cette séquence pour renforcer l’interopérabilité et la cohérence des réponses dans un cadre multinational.

VII. Un révélateur des forces et des fragilités

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Bien qu’elle reste un exercice, la phase 3 met en lumière les défis réels auxquels l’État pourrait être confronté en situation de crise. Certaines variables échappent à toute modélisation, comme les réactions sociales, la fatigue ou l’imprévisible. L’objectif est précisément d’identifier les fragilités et les marges de progression. ORION 2026 agit ainsi comme un révélateur de la robustesse des institutions et de la capacité du pays à fonctionner sous contrainte.

VIII. Une étape essentielle pour la résilience nationale

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Souvent moins visible que les manœuvres militaires, la phase 3 n’en demeure pas moins essentielle. Elle fait le lien entre les opérations armées et la gestion globale d’un conflit, tout en préparant les étapes suivantes de l’exercice dans une logique de défense collective. En testant la résilience nationale, elle apporte un éclairage précieux sur la capacité de la France à tenir dans la durée face à une crise majeure. Elle confirme également une évolution profonde : la guerre moderne touche tous les secteurs, combine des formes d’action variées et s’inscrit dans le temps long. Dans ce contexte, la capacité d’un pays à résister, s’adapter et continuer à fonctionner devient un facteur déterminant.

 

Conclusion : un exercice qui redéfinit la préparation française

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La phase 3 d’ORION 2026 marque une étape déterminante dans la transformation de la préparation française aux crises majeures. En confrontant l’État à un scénario où les tensions s’accumulent et se renforcent mutuellement, l’exercice met en lumière la complexité d’un conflit moderne qui ne se limite plus aux opérations militaires. Il révèle la nécessité d’une coordination étroite entre les institutions civiles et les forces armées, mais aussi l’importance d’une organisation capable de s’adapter rapidement à des situations imprévues.

Cette séquence souligne également que la résilience nationale repose autant sur la robustesse des infrastructures que sur la capacité des administrations à coopérer et à maintenir la continuité des services essentiels. Elle montre que la défense du pays ne peut plus être envisagée comme un domaine réservé aux armées, mais comme un effort collectif mobilisant l’ensemble de la société.

En s’inscrivant dans la trajectoire définie par la stratégie de défense française et la Loi de programmation militaire, ORION 2026 confirme la volonté de préparer le pays à des crises de grande ampleur. L’exercice rappelle que la sécurité nationale dépend désormais de la capacité à anticiper, absorber et surmonter des chocs multiples. À ce titre, la phase 3 apparaît comme un jalon essentiel, non seulement pour mesurer l’état de préparation actuel, mais aussi pour orienter les évolutions nécessaires dans les années à venir.

Cette phase 3 sera détaillée dans le dossier ORION 2026, dont la publication interviendra à l’issue de l’exercice, officiellement programmé pour le 30 avril 2026.


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L’Afrique, nouvel épicentre du djihadisme et du terrorisme dans le monde ?

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Réalisé par le média :
 ARTE
Emission :
 28 minutes
Nature :
 Reportage
Compte YouTube : ARTE
Date de mise en ligne : 13/11/2025
Durée : 00:22:38

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Le Mali, le Niger et le Burkina Faso réunis pour la Confédération des États du Sahel à Bamako

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Le deuxième sommet de la Confédération des États du Sahel qui s’est achevé à Bamako ce dimanche. Et en amont de la réunion des chefs d’état, ce sont les ministres du Mali, du Niger et du Burkina Faso qui se sont réunis. Le tout dans un contexte de forte pression jihadiste et de tensions régionales.

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Réalisé par le média :
 France24
Nature :
 Reportage
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