« ORION 26 »
Un entraînement à haute intensité 

Laure Fanjeau (*)
Responsable recherche / développement et communication digitale d’Espritsurcouf

FOCUS : Défense


L’exercice ORION 26 est l’un des entraînements militaires les plus ambitieux conduits sur le territoire français depuis plusieurs décennies. Il se déroule du 08 février au 30  avril  2026 et s’inscrit dans un contexte international où la préparation à des conflits de haute intensité est considérée comme un facteur clé de sécurité nationale.

Cet exercice vise non seulement à tester les capacités opérationnelles des forces armées françaises dans tous les milieux (terre, air, mer, cyber, espace), mais aussi à intégrer des partenaires alliés et des composantes civiles pour évaluer la résilience nationale en cas de crise majeure. Il repose sur un scénario fictif réaliste inspiré des standards de l’OTAN, simulant des engagements simultanés multi‑domaines.

 

I. Une mobilisation militaire d’envergure

A. Effectifs et structures engagés


Selon le dossier de presse officiel du ministère des Armées, ORION 26 mobilise :

  • 12 500 militaires toutes composantes confondues ;
  • 1 état‑major de niveau corps d’armée pour coordonner les opérations; ;
  • 3 brigades interarmes participant aux manœuvres ;
  • 25 grandes unités de combat engagées.

Cette structuration est typique d’une campagne interarmées coordonnée comparable à une opération réelle intégrant planification, logistique et exécution tactique.

B. Moyens terrestres


Les moyens terrestres engagés comprennent :

  • 2 150 véhicules tactiques, incluant blindés, deux véhicules de commandement et de soutien logistique ;
  • 40 hélicoptères, opérationnels dans divers scénarios (transport, appui ou reconnaissance) ;
  • 6 systèmes de défense sol‑air pour reproduire des environnements contestés.

Dans la presse locale, plusieurs blindés et troupes ont été observés autour de l’aéroport de Montoir‑de‑Bretagne et de Saint‑Nazaire, confirmant l’engagement réel de ces moyens dans des séquences dynamiques de l’exercice.

C. Moyens aériens


L’aviation est fortement intégrée à ORION 26 :

  • 50 aéronefs sont mobilisés, couvrant missions de supériorité aérienne, transport tactique et appui feu ;
  • 2 drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) dédiés au renseignement et à la surveillance ;
  • 10 bases aériennes servent de points d’appui pour les opérations aériennes.

L’agence Reuters a publié des images de jets Dassault Rafale C et d’hélicoptères NH90 opérant à l’aéroport de Montoir‑de‑Bretagne dans le cadre de l’exercice, soulignant la réalité des vols d’entraînement et des manœuvres aériennes.

D. Drones, guerre électronique et spatial


ORION 26 met un accent particulier sur l’innovation et le renseignement :

  • 1 200 drones de combat et de spécialité sont utilisés pour la surveillance, l’appui et les simulations de drone swarm ;
  • 20 capteurs spatiaux sont intégrés aux opérations pour améliorer le renseignement et la coordination.

Cette intégration témoigne de l’importance croissante des systèmes non habités et de la fusion de données multi‑domaines dans la doctrine militaire moderne.

E. Capacités navales et projection amphibie


La composante maritime inclut :

  • 1 groupe aéronaval opérant comme plateforme de projection ;  
  • 2 porte‑hélicoptères amphibies capables de prendre en charge des opérations d’assaut ou de sécurisation ;
  • 2 bases navales mobilisées pour soutenir les manœuvres.

Lors d’une journée média à Saint‑Nazaire, des démonstrations ont montré des unités héliportées déployées depuis un porte‑hélicoptère amphibie, avec des blindés sécurisant les approches, confirmant la capacité amphibie en action.

F. Déroulement précis par phases

Phase O1 : Planification stratégique

Cette phase mobilise les états‑majors interarmées pour définir les objectifs opérationnels, les règles d’engagement; les liaisons interarmées ainsi que l’intégration des partenaires nationaux et alliés.

C’est la base autour de laquelle s’articulent toutes les phases suivantes.


Phase O2 : Conquête de la supériorité (Du 08 février  au 01 mars)

Durant cette phase, 10 000 militaires sont déployés sur le terrain pour des manœuvres intensives.

La presse a couvert une séquence immersive à Saint‑Nazaire où les forces ont simulé une opération de haute intensité contre une invasion fictive, avec déploiement de troupes héliportées, blindés en progression et utilisation de moyens anti‑drones.


Phase O3 : Résilience nationale

Cette phase se déroule tout au long de l’exercice et implique la coordination entre 12 ministères civils comme le ministère de l’intérieur, des transports, de la santé, la sécurité des infrastructures critiques  ainsi que la continuité des fonctions vitales de l’État.

Des acteurs privés, comme l’opérateur logistique GEODIS, ont indiqué leur participation à des simulations d’acheminement de ressources, illustrant la coordination civilo‑militaire.


Phase O4 : Engagement multinational (début avril au 30 avril)

Cette phase se déroule dans un cadre allié élargi. Trois divisions multinationales sont simulées sous un cadre OTAN. Durant les trois semaines d’opérations multi‑domaines, dont 20 jours de manœuvre en terrain libre, l’interopérabilité complète avec des forces partenaires sera testée.

C’est la phase la plus intégrée, impliquant des partenaires européens et alliés pour renforcer l’alignement stratégique.

III. Exemples concrets vérifiables

A. Scénario réaliste observé par la presse


Dans un reportage immersif, CNEWS a décrit ORION 26 comme une simulation d’un scénario de guerre de haute intensité dans lequel un pays fictif baptisé « Arnland » a été envahi, nécessitant une réponse coordonnée. Les forces françaises ont alors été déployées pour reprendre l’initiative, démontrant les capacités de projection et de coordination interarmées.

B. Aéroport de Montoir‑de‑Bretagne

Des images publiées par Reuters montrent des soldats effectuant des descentes en rappel depuis des hélicoptères NH90, des jets Dassault Rafale C effectuant des manœuvres et d’autres hélicoptères en mouvement dans le cadre de l’exercice.

Ces visuels confirment l’authenticité des opérations aériennes et aéromobiles au sein d’ORION 26.

C. Déploiements terrestres observés localement


Des médias locaux ont rapporté la présence de blindés et d’une centaine de militaires autour de Saint‑Nazaire, participant à des manœuvres grandeur nature  et l’installation d’un poste logistique temporaire à Bouvron (Morbihan), accueillant des véhicules militaires dans le cadre de l’exercice.

Ces observations confirment que le mouvement des forces n’est pas seulement simulé sur plans, mais bien visible sur le terrain.

IV. Analyse stratégique consolidée

A. Préparation tangible à la haute intensité


L’ampleur des moyens engagés (comme des blindés, des aéronefs, des drones, des systèmes sol‑ai: ou encore des capteurs spatiaux) montre que ORION 26 n’est pas une répétition de routine, mais une préparation structurée à un conflit multi‑domaines moderne, où l’information, la rapidité d’exécution et la coordination interarmées sont essentielles.

B. Renforcement civilo‑militaire


La participation de multiples ministères, l’intégration d’acteurs privés pour la logistique et la nécessité de gérer des effets de crise au sein de la population montrent toute l’ampleur du volet de résilience nationale.

C. Interopérabilité alliée réelle


La préparation d’une phase OTAN avec plusieurs divisions montre que les armées françaises se préparent aussi à conduire et à intégrer des opérations au sein de coalitions multinationales, renforçant ainsi la posture stratégique européenne.

Conclusion


L’exercice ORION 26 illustre la capacité des forces françaises à se préparer à des conflits de haute intensité, en combinant combat terrestre, aérien, maritime et cyber‑opérations dans un cadre réaliste. Les déploiements concrets observés sur le terrain, comme à Montoir‑de‑Bretagne ou à bord du Tonnerre, confirment l’efficacité des manœuvres et la mobilisation de moyens modernes comme les drones, les blindés ou encore les hélicoptères.

La coordination avec acteurs civils et privés et la phase finale sous commandement OTAN soulignent l’importance de la résilience nationale et de l’interopérabilité alliée. ORION 26 constitue ainsi un modèle d’exercice multidimensionnel et réaliste, renforçant à la fois la préparation opérationnelle et la crédibilité militaire de la France.


LIVRE




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VIDEOS


Le 12 février marque la journée mondiale des enfants soldats. L’Unicef estime qu’environ 300.000 enfants sont enrôlés de force dans des groupes armés, en grande partie sur le continent africain. Selon Andrew Brooks, Conseiller Régional Protection de l’enfance pour l’Afrique de l’est et australe, UNICEF, invité de France 24, « les enfants des rues sont très ciblés, car ils n’ont pas d’attache ». […]

Titre du reportage :
« Journée mondiale des enfants soldats : « ils n’ont souvent pas le choix » »
Réalisé par le média : France 24
Nature :
Reportage
Compte YouTube de France 24
Date de mise en ligne : 13/02/2023
Durée : 00:05:37

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En 2018, pour Brut, ‪CharlesVilla‬ avait filmé des familles de Congolais qui risquaient leur vie en traversant le lac Albert pour trouver refuge en Ouganda. Ils fuyaient les violences des groupes armés dans leur pays, notamment celles du Codeco, une milice responsable de nombreuses exactions et de massacres sur des civils depuis plus de 20 ans dans la région de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo. Après avoir recueilli ces témoignages, il a décidé de partir quelques années plus tard dans la région voisine du Kivu pour documenter et essayer de comprendre cette violence des groupes armés. Il y avait interviewé le chef du groupe armé, et il avait aussi croisé des enfants soldats. Cette année, Charles Villa est retourné en Ituri, dans la ville de Bunia, pour revenir sur la problématique des enfants soldats qui concerne des milliers d’enfants en RDC, mais aussi pour montrer, 6 ans plus tard, dans quelles conditions vivent encore les Congolais qui ont fui ces violences en 2018, alors que des dizaines de milliers d’entre eux n’ont jamais pu rentrer chez eux et vivent depuis tout ce temps dans des camps de déplacés. Là-bas, il a rencontré Jean-Pierre, aujourd’hui professeur des écoles, qui a vécu l’enfer après avoir été enrôlé de force très jeune dans un groupe armé. 20 ans plus tard, il a accepté de raconter son histoire.

Titre du reportage : « Charles Villa a rencontré un ex enfant soldat  »
Réalisé par le média : Brut
Nature :
Reportage
Compte YouTube de Brut
Date de mise en ligne : 30/08/2024
Durée : 00:17:34

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Pendant plusieurs années, Daesh a enrôlé des centaines d’enfants, dont de nombreux enfants français, dans ses rangs en Syrie et en Irak. Arrachés à leur enfance, certains ont été entraînés à tirer, décapiter, désarmer, et à devenir de véritables enfants soldats. Selon les services de renseignement, près de 400 enfants français auraient été exposés à l’idéologie djihadiste sur zone.

À travers le témoignage d’Ilham, séparée depuis deux ans de sa fille emmenée en Syrie par un père radicalisé, et l’enquête sur de jeunes garçons venus de Toulouse, Strasbourg ou d’ailleurs, ce documentaire d’Immersion révèle les mécanismes de l’embrigadement des enfants par Daesh : entraînements brutaux, propagande, salaires mensuels, contrats, détentions prolongées. Une question cruciale se pose aujourd’hui : comment prendre en charge le retour de ces enfants en France ? Peut-on réparer une enfance brisée par la guerre et l’endoctrinement ?

Titre du reportage : « Enfants soldats : quand Daesh recrute en France »
Réalisé par le média : Immersion
Nature :
Reportage
Compte YouTube d’Immersion
Date de mise en ligne : 16/12/2025
Durée : 00:35:26

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(*) Laure Fanjeau, Responsable recherche / développement et communication digitale. Auditrice « Jeunes de l’IHEDN » et de l’INHESJ, elle est officier de la réserve citoyenne de l’armée de l’Air et de l’Espace. Spécialisée en communication, marketing et publicité, elle a mené des projets civilo-militaires nationaux et européens. Elle a fondé l’agence FANJEAU LAURE (spécialisée en communication et relations publiques) au service quotidien d’associations militaires et civilo-militaires et de l’Esprit de défense.

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