La guerre et ses effets

Colonel (er) André Dulou (*)
Directeur Media, Mémoire et Patrimoine d’Espritsurcouf

FOCUS

.

Si la défense est globale, si l’on affirme que « qui veut la paix prépare la guerre », ces locutions proverbiales ne sont pas des lubies de siècles passés que l’on voudrait oublier, rien que parce que l’humain rejette ce qui lui déplait, ce qui ne lui procure pas le confort (encore appelé bonheur) qu’il attend de sa position personnelle.

Au-delà des considérations égoïstes, le conflit toujours étudié, mais peu élucidé, entre les nations voisines et Israël, révèle la pertinence de ce que l’Occident, mais aussi le monde, doit à la civilisation fondatrice de relations humaines qu’est le Judéo-christianisme.

La guerre actuelle est aussi déstabilisatrice d’un équilibre précaire, voire fragile, entre deux cultures qui s’opposent par nature.

La stratégie qui prévaut, et c’est heureux, est celle de l’Occident, même si, pour trouver la paix à laquelle cet Occident aspire, le conflit nécessite des pertes humaines, que l’on ne doit pas justifier.

Aussi, la part économique est-elle également capitale, dans la stratégie qui se met en application : il s’agit  d’un ensemble global, qui affecte chacune et chacun, autant que l’ensemble, et que l’on ne doit pas ignorer. Le niveau de vie concourt à la recherche et à la construction de la paix. La prise en compte des menaces, et la réflexion qui en découle, mènent vers une aspiration légitime, qui est celle d’une valeur fondamentale, cette paix retrouvée, et la quiétude d’une défense qui en revêt tous les aspects.

Bonne lecture.


A LA UNE 

Engrais, aluminium, hélium… Ces autres matières premières qui transitent par le détroit d’Ormuz
(France 24, 17 mars 2026, Jean-Luc Mounier)

.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le blocage du détroit d’Ormuz crée des tensions mondiales sur le secteur de l’énergie. Mais au-delà du pétrole et du gaz, d’autres matières premières stratégiques transitent aussi par ce goulot d’étranglement : engrais, aluminium, hélium… De quoi déstabiliser l’économie à l’échelle de la planète.

Un petit détroit aux conséquences économiques potentiellement gigantesques. En déclenchant une guerre au Moyen-Orient avec des frappes sur l’Iran, samedi 28 février, les États-Unis et Israël ont déclenché une riposte de Téhéran. Celle-ci se concentre notamment sur le détroit d’Ormuz, goulot d’étranglement de 34 km à l’embouchure du Golfe persique par lequel transitent 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde.

Mais au-delà des hydrocarbures, cette région du monde est aussi stratégique pour le transit et l’importation d’autres marchandises essentielles dans plusieurs secteurs, notamment dans le commerce et l’industrie. Tour d’horizon de ces produits impactés par le conflit en cours depuis plus de deux semaines.

Une partie des engrais essentiels au secteur agricole

En temps normal, près d’un tiers du commerce maritime mondial des fertilisants – soit environ 16 millions de tonnes – transite par le détroit d’Ormuz, selon le cabinet d’analyse Kpler. Plusieurs intrants produits dans le Golfe persique sont essentiels au secteur de l’agriculture : l’urée, l’ammoniac, l’azote, le phosphate ou encore le soufre.

https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20260317-engrais-aluminium-h%C3%A9lium-ces-autres-mati%C3%A8res-premi%C3%A8res-qui-transitent-par-le-d%C3%A9troit-d-ormuz


REVUE DE PRESSE ESPRIT SURCOUF

SOMMAIRE

.

GEOPOLITIQUE :

  1. Guerre au Moyen-Orient : pourquoi la stratégie aérienne menée par les Etats-Unis et Israël a ses limites.
  2. La Corée du Nord aurait reçu jusqu’à 14,4 Md$ pour son soutien militaire à la Russie.
  3. Israël-Iran : la naissance d’une « guerre de dissociation stratégique ».

ECONOMIE :

  1. Sommet sur l’énergie nucléaire : comment envisager la relance du nucléaire dans un contexte d’instabilité géopolitique ?
  2. La guerre en Iran transforme l’Ukraine en exportateur de sécurité
  3. DIRECT – Guerre en Iran : le pétrole s’envole après des frappes contre un champ gazier géant

DEFENSE ET SECURITE :

  1. Quelle régénération pour le parc blindé de l’armée russe ?
  2. La réorganisation de la défense anti-aérienne face aux nouvelles stratégies offensives.
  3. Planisphère, Comment la fiction peut-elle aider à penser le terrorisme ? Avec M. Hecker.

TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPECIALISES.

ARTICLES EN LANGUE ETRANGERE.

TEXTES PARUS AU JOURNAL OFFICIEL.

HISTOIRE :

   Le 20 mars 1602, les marchands hollandais fondent ensemble la «Verenigde Oost Indische Compagnie» 

(*) Le colonel (er) André Dulou est depuis le 14 mai 2025, le président national des membres de la Légion d’honneur décorés au péril de leur vie.
Il est également président honoraire de la section de Gironde de la SMLH.
Après une carrière militaire « atypique », ancien élève de l’école militaire d’administration, diplômé et breveté, il est auditeur de l’IHEDN, et le responsable de la revue de presse Défense » de l’UNION-IHEDN,.
Auteur de nombreux romans et articles dans des ouvrages spécialisés, il est également le directeur média et mémoire du site ESPRITSURCOUF

GEOPOLITIQUE

.

Les conditions des affrontements et des inspirations des convoitises mondiales déterminent des combinaisons à prendre en compte.

1. Guerre au Moyen-Orient : pourquoi la stratégie aérienne menée par les Etats-Unis et Israël a ses limites
(Challenges, 17 mars 2026, Marc Semo)
.

Malgré des frappes massives et une supériorité aérienne écrasante, les Etats-Unis et Israël ne parviennent pas à imposer une issue décisive face à l’Iran. Résilience du régime, risque d’escalade régionale et grand flou autour des objectifs politiques rappellent les limites d’une guerre menée depuis le ciel.

Ancien officier d’artillerie et premier théoricien de l’arme aérienne, le général italien Giulio Douhet (1869-1921) assurait dès la fin de la première guerre mondiale qu’« avoir la maîtrise du ciel c’est avoir la victoire ». C’est une condition certes nécessaire et en cela il fut visionnaire et reconnu comme tel, mais ce n’est pas néanmoins une condition suffisante. La guerre en Iran qui entre dans sa troisième semaine vient nous le rappeler. Donald Trump clame certes que « l’Iran est anéanti militairement et économiquement » mais le régime des mollahs montre une capacité de résistance bien réelle. Et ce malgré la disproportion des forces et l’ampleur des frappes américano-israéliennes qui ont visé plus de 7 000 cibles, depuis le spectaculaire bombardement initial du 28 février qui a éliminé le guide suprême Ali Khamenei et plus d’une quarantaine de très hauts cadres de l’appareil militaire et sécuritaire de la République Islamique.

Comme dans tout conflit asymétrique, le simple fait de résister et de survivre pour la partie la plus faible est déjà en lui-même une victoire. « On ne voit pas très bien quelle est la stratégie des Etats-Unis mais celle de l’Iran est claire : porter la guérilla à un niveau stratégique » souligne Thomas Gomart, directeur de l’Ifri (Institut Français des Relations Internationales).

https://www.challenges.fr/monde/guerre-au-moyen-orient-pourquoi-la-strategie-aerienne-menee-par-les-etats-unis-et-israel-a-ses-limites_641828

2. La Corée du Nord  aurait reçu jusqu’à 14,4 Md$ pour son soutien militaire à la Russie
(Meta-défense, 17 mars 2026, Fabrice Wolf)

.

La Corée du Nord se transforme en fournisseur d’armes et de munitions pour la Russie en 2022

Le rapprochement s’est d’abord matérialisé par des livraisons d’armes confirmées. Dès l’été 2022, Pyongyang a expédié d’importants volumes de munitions d’artillerie vers la Russie, intégrant la Corée du Nord à la chaîne d’approvisionnement de l’effort de guerre. À partir de la mi-2023, des missiles balistiques nord-coréens, dont le KN-23, ont été livrés aux forces russes en Ukraine. Cette séquence montre une montée en gamme, des munitions aux vecteurs, calée sur la hausse des besoins russes sur le front ukrainien.

Des signaux publics ont rendu la relation visible. En juin 2024, Vladimir Poutine a rencontré Kim Jong-un à Pyongyang, ancrant l’échange au sommet de l’État. Parallèlement, des démonstrations de tirs présentés comme hypersoniques ont été mises en scène à l’approche d’échéances politiques, pour peser sur l’environnement extérieur et consolider la légitimité intérieure. Faute d’essais publics vérifiables et de signatures de trajectoire disponibles, les performances et la précision associées à ces munitions restent à confirmer, ce qui limite toute évaluation opérationnelle solide.

https://meta-defense.fr/2026/03/17/coree-du-nord-russie-14-4-md-soutien/ 

3. Israël-Iran : la naissance d’une « guerre de dissociation stratégique ».
(Revue Conflits, 18 mars 2026, Loÿs de Pampzlonne)

.

  • Depuis fin février 2026, Israël et l’Iran se livrent une guerre directe et assumée, engageant frappes étatiques et ripostes sur plusieurs théâtres simultanés : Iran, Liban, Irak, Golfe persique.
  • Ce conflit inaugure la « dissociation stratégique » : Israël cible l’appareil politico-militaire et nucléaire iranien pour décapiter sa chaîne de commandement ; l’Iran frappe les populations civiles et les infrastructures régionales pour éroder le soutien intérieur à la guerre chez ses adversaires. Deux logiques de ciblage radicalement divergentes, un même objectif : user l’ennemi sans déclencher une guerre totale.
  • La mort d’un militaire français en Irak, tué par une milice pro-iranienne le 12 mars 2026, illustre la vulnérabilité des acteurs périphériques dans cette « guerre des cercles » : des non-belligérants exposés aux coûts d’un conflit sur lequel ils n’ont aucune prise. Un avertissement pour une Europe sans stratégie face à une conflictualité qui redessine durablement l’ordre régional.

Un seuil historique franchi

Depuis la fin du mois de février 2026, la confrontation entre Israël et l’Iran a franchi un seuil que deux décennies d’escalade intermittente laissaient entrevoir sans jamais le matérialiser : celui d’une guerre directe, assumée, engageant simultanément des frappes étatiques et des ripostes en miroir. Les opérations conjointes américaines et israéliennes contre les installations militaires et nucléaires iraniennes ont déclenché une réaction immédiate de Téhéran sous la forme de tirs de missiles balistiques et de drones kamikaze ciblant Israël, les bases avancées américaines dans le Golfe et plusieurs infrastructures énergétiques régionales.

La guerre est entrée dans sa troisième semaine et s’étend désormais à plusieurs théâtres simultanés : Iran, Israël, Liban, Irak, Golfe persique et détroit d’Ormuz. Les États-Unis ont frappé les installations stratégiques de l’île pétrolière de Kharg, nœud d’exportation par lequel transite l’essentiel des hydrocarbures iraniens destinés aux marchés asiatiques, tandis que Téhéran mobilise l’ensemble de ses leviers de pression sur les routes maritimes et les infrastructures énergétiques régionales. Les marchés ont immédiatement réagi : les perturbations dans le détroit d’Ormuz, par où transite près d’un cinquième du pétrole mondial selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE, rapport mensuel de mars 2026), ont fait franchir au baril la barre symbolique des 100 dollars pour la première fois depuis 2022.

Cette extension géographique n’est pas accidentelle. Elle transforme un affrontement bilatéral en système régional de guerre diffuse, une configuration que la littérature stratégique contemporaine peine encore à saisir avec les outils conceptuels hérités des guerres interétatiques classiques. C’est précisément l’objet de cette analyse que de proposer un cadre interprétatif à la hauteur de cette nouveauté.

La dissociation stratégique

L’une des caractéristiques de ce conflit actuel est ce que l’on peut appeler la dissociation des cibles entre les protagonistes. Ce concept mérite d’être distingué de trois notions avec lesquelles il entretient des rapports de voisinage sans s’y confondre.

La guerre asymétrique décrit un différentiel de puissance entre belligérants, non la logique de ciblage qui les oppose. La guerre hybride, popularisée par Frank Hoffman après la guerre du Liban de 2006, désigne la combinaison de modes d’action militaires conventionnels et non conventionnels au sein d’un même acteur. La guerre par procuration implique quant à elle la délégation de l’action armée à des tiers, ce que l’Iran pratique effectivement, mais comme modalité complémentaire et non comme logique centrale.

https://www.revueconflits.com/israel-iran-la-naissance-dune-guerre-de-dissociation-strategique-2/


ECONOMIE

 

Un retour de l’incertitude dans une économie où la guerre trouve une place privilégiée.

1. Sommet sur l’énergie nucléaire : comment envisager la relance du nucléaire dans un contexte d’instabilité géopolitique ?
(Iris, 17 mars 2026, Tava Meyer)

.

(…)

Dans un contexte marqué par la hausse des besoins en électricité, les impératifs de décarbonation et les enjeux de souveraineté énergétique, quel bilan géopolitique et énergétique peut-on dresser de ce sommet ?

Ce sommet arrive dans un double contexte géopolitique favorable aux messages de soutien au nucléaire. Le premier est évidemment le blocage du détroit d’Ormuz. Ses conséquences sur l’inflation du prix des hydrocarbures permettent de souligner l’importance des stratégies de décarbonation privilégiant des systèmes énergétiques qui ne reposent pas, géographiquement, sur le Moyen-Orient.

Le second reste celui de la guerre en Ukraine. Pour rappel, le mouvement actuel de relance du nucléaire précède l’invasion russe. Le discours de Belfort d’Emmanuel Macron, marquant ce tournant stratégique en France, arrive 12 jours avant l’attaque. À l’échelle mondiale, ce changement est d’abord motivé par la crise des prix de l’énergie qui suit la récession liée à la pandémie de Covid-19 en 2021. Pour autant, Moscou reste absente de ce deuxième sommet mondial, comme elle l’avait été lors de la première édition à Bruxelles en 2024. Rosatom, l’entreprise publique qui chapeaute la filière nucléaire russe, reste toujours le premier acteur du secteur à l’échelle globale. Le groupe contrôlait en 2025 toujours plus de 40 % des capacités de conversion et d’enrichissement de l’uranium, quand près de la moitié des réacteurs nucléaires exportés depuis 2020 dans le monde étaient russes. Il n’y a bien que dans le secteur de l’extraction de l’uranium que la Russie peine.

https://www.iris-france.org/sommet-sur-lenergie-nucleaire-comment-envisager-la-relance-du-nucleaire-dans-un-contexte-dinstabilite-geopolitique/

2. La guerre en Iran transforme l’Ukraine en exportateur de sécurité
(EURactiv, Kjeld Neubert)

.

Kiev propose à ses alliés une expertise éprouvée sur le terrain pour lutter contre les drones iraniens

Alors que le président américain Donald Trump exhorte ses alliés à soutenir les États-Unis et Israël dans leur guerre contre l’Iran, la plupart des dirigeants européens ont écarté toute implication plus poussée. Mais un pays s’est mobilisé : l’Ukraine.

Le renforcement de l’aide militaire figure en tête des priorités de la plupart des capitales occidentales depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Cependant, la guerre en Iran a complètement bouleversé le débat.

Grâce à son expérience unique dans la destruction de drones de fabrication iranienne, Kiev se trouve soudainement bien placée pour offrir à ses alliés des informations précieuses. L’Ukraine, forte de son expérience innovante en matière de lutte contre les drones et de défense aérienne, a désormais envoyé des drones intercepteurs et des experts pour protéger les bases militaires américaines en Jordanie. Des équipes d’experts militaires ukrainiens se trouvent également au Qatar, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite, où elles apportent leur expertise en matière de défense aérienne. Du jour au lendemain, Kiev est devenue un exportateur de sécurité plutôt qu’un simple importateur d’aide étrangère.

« Ce que l’Ukraine offre aux États du Golfe est quelque chose de rare : un savoir-faire opérationnel forgé sur le champ de bataille le plus saturé de drones de l’histoire moderne », a affirmé Chris Kremidas-Courtney, chercheur invité au European Policy Centre. « Cette expérience peut déterminer si les systèmes de défense aérienne et les investissements dans les infrastructures critiques, qui se chiffrent en dizaines de milliards, sont efficaces contre les essaims de drones iraniens. »

https://euractiv.fr/news/la-guerre-en-iran-transforme-lukraine-en-exportateur-de-securite/

3. DIRECT – Guerre en Iran : le pétrole s’envole après des frappes contre un champ gazier géant
(Les Echos, 18 mars 2026, Diane Jeantet, Claude Fouquet)

.

Les cours du pétrole ont grimpé après des frappes israélo-américaines sur South Pars, en Iran, la plus grande réserve de gaz connue au monde. En réponse, le régime de mollahs annonce vouloir cibler des installations énergétiques dans le Golfe.

Alors que le conflit au Moyen-Orient entre, ce mercredi, dans son 19e jour, la tension ne retombe toujours pas. En réponse aux attaques menées par les Etats-Unis et Israël, l’Iran continue de viser les pays du Golfe et promet de venger la mort de ses dirigeants tués lors de frappes américaines ou israéliennes. En Irak, l’ambassade américaine a de nouveau été frappée.

De leur côté, les Etats-Unis poursuivent le bombardement de sites de missiles iraniens près du détroit d’Ormuz, tandis qu’Israël continue ses attaques au Liban, notamment dans la capitale, Beyrouth, mais aussi à Tyr.

Les principales informations à retenir :

> Pétrole : « nous devons garder des munitions », affirme Roland Lescure 

 > Le conflit ne se résoudra que par la négociation, affirme Jean-Yves Le Drian

> Israël vise désormais des quartiers du centre de Beyrouth

14h12 – Le Brent grimpe de 5 % après une frappe contre South Pars en Iran

Les cours du pétrole ont grimpé de plus de 5 % après des frappes sur le champ gazier géant de South Pars, plus grande réserve de gaz connue au monde. Selon la télévision d’Etat iranienne, certaines parties des installations gazières ont été frappées « par des projectiles de l’ennemi américano-sioniste », déclenchant un incendie.

Le baril de Brent, la référence internationale du pétrole atteignait 107,95 dollars vers 14h20. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, gagnait 1,87 % à 98,01 dollars.

L’Iran a pour sa part fait savoir qu’il se vengerait, et a annoncé mercredi vouloir cibler des installations énergétiques dans le Golfe.

https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/direct-guerre-en-iran-suivez-les-principales-informations-de-ce-mercredi-18-mars-2221540


DEFENSE ET SECURITE

.

Des éléments , des menaces, une réflexion : prendre au sérieux ce qui nous entoure.

1. Quelle régénération pour le parc blindé de l’armée russe ?
(Aérion24, 17 mars 2026, Benjamin Gravisse)

.

Lorsque le président Emmanuel Macron s’est adressé à la France le 5 mars 2025 (1) au sujet de la dégradation de la situation internationale, il a prononcé des propos pour le moins intéressants, indiquant notamment que d’ici à 2030, la Russie prévoyait « encore d’accroître son armée, d’avoir 300 000 soldats supplémentaires, 3 000 chars et 300 avions de chasse de plus […] ».

À première vue, les chiffres avancés paraissent impressionnants ; d’un point de vue purement algébrique, ils le sont effectivement et ils constituent une menace potentielle et réelle à moyen terme. Néanmoins, ces derniers nécessitent d’être contextualisés très sérieusement et nuancés. À moins d’avoir passé les quatre dernières années dans une grotte, nul n’ignore que l’attrition russe en Ukraine peut être cataloguée, selon chacun, entre le délirant, l’absurde et l’incertitude des chiffres.

Si l’on se base sur le site Oryx(2), qui effectue un suivi « le plus précis possible » dans des circonstances difficiles (accès au terrain, manipulation de l’information, etc.), on peut voir que les forces terrestres russes (SV) (3) ont perdu 4 322 chars de combat, 8 735 véhicules de combat d’infanterie, 993 pièces d’artillerie autotractées et 545 lance – roquettes multiples. Inutile de préciser que ces pertes représentent globalement un volume de véhicules plus élevé que la dotation totale des composantes terrestres des principales armées européennes ! Si l’on considère, en plus, qu’il s’agit de pertes confirmées, donc à envisager comme une fourchette moyenne, toutes les pertes n’étant pas documentées, on mesure mieux l’ampleur du carnage – le terme s’impose dans le cas d’espèce. Fort logiquement, malgré des pertes significatives, mais dans un ordre d’amplitude considérablement moindre, les forces aériennes et la marine russes ont elles aussi payé leur tribut dans le cadre de cette attaque.

https://www.areion24.news/2026/03/17/quelle-regeneration-pour-le-parc-blinde-de-larmee-russe/

2. La réorganisation de la défense anti-aérienne face aux nouvelles stratégies offensives [1/2]
(Le portail de l’IE,17 mars 2026, Lisa Guilcher, Mattias Allio)

.

La multiplication des drones, des missiles de croisière, des roquettes et des vecteurs hypersoniques, combinée à des stratégies de saturation de plus en plus assumées, remet profondément en cause les architectures de défense anti-aérienne héritées des dividendes de la paix. Les guerres modernes agissent désormais comme un accélérateur brutal des limites opérationnelles des systèmes existants.

Le retour central de la dimension aérienne dans les conflits contemporains

La troisième dimension est devenue un espace de confrontation permanent dans les conflits contemporains. La guerre en Ukraine s’est muée en guerre des drones de tous types : reconnaissance (Leleka-100), FPV, kamikaze (Lancet)frappe tactique (Punisher)… Le spectre des menaces aériennes ne cesse de s’élargir, devenant de plus en plus dense et difficile à contrer. Cette immersion permanente de systèmes aériens low-cost mais efficaces a profondément élargi le spectre des menaces aériennes. Aujourd’hui, les forces ukrainiennes et russes doivent faire face non seulement à des vagues de MTO (Munition téléopérée), mais aussi à des missiles de croisière (Flamingo) et à des roquettes, et, selon des déclarations officielles récentes, à l’emploi de missiles intercontinentaux comme l’Oreshnik. Ce qui caractérise cette confrontation, c’est la démocratisation des moyens aériens capables de frapper en profondeur tout en contournant les lignes de front traditionnelles, rendant l’espace aérien tactique non seulement plus dense mais aussi beaucoup plus difficile à percevoir, à suivre et à contrer avec les systèmes de défense classiques.

Cette prolifération transforme la défense anti-aérienne : les systèmes conçus pendant la Guerre froide pour intercepter un nombre limité de missiles balistiques peinent à répondre à des attaques multiples et coordonnées. Celles-ci sont souvent menées à basse altitude et visent la saturation, rendant perméables les boucliers anti-aériens opérationnels. La preuve en est, lors des attaques iraniennes sur Israël en juin 2025 (Opération Vraie Promesse 3), le taux d’interception était estimé à 90 %. Un chiffre certes largement satisfaisant, mais qui révèle la porosité d’un système hautement protégé.

https://www.portail-ie.fr/univers/defense-industrie-de-larmement-et-renseignement/2026/la-reorganisation-de-la-defense-anti-aerienne-face-aux-nouvelles-strategies-offensives-1/

3. Planisphère, Comment la fiction peut-elle aider à penser le terrorisme ? Avec M. Hecker.
(Diploweb, 18 mars 2026 Rédigée par Émilie Bourgoin pour Diploweb.com. Relue et validée par M. Hecker)
.

COMMENT penser le terrorisme autrement que par des rapports institutionnels ou des analyses académiques classiques ? C’est à cette question originale que répond Marc Hecker, directeur exécutif de l’Institut français des relations internationales (Ifri), en choisissant la voie de la fiction. Dans l’émission Planisphère, il revient sur son premier roman, « Daech au pays des merveilles », qui mêle rigueur scientifique et narration romanesque pour explorer les dynamiques du terrorisme, de la radicalisation et de la résilience sociétale. Cette intervention éclaire à la fois l’intérêt heuristique de la fiction, les mutations de la menace terroriste en France et en Europe, ainsi que les tensions entre médias, recherche et temporalité de l’analyse.

La fiction comme outil d’analyse du terrorisme

Marc Hecker explique son choix de la fiction par un double objectif : toucher un public plus large et dépasser certaines limites structurelles de la recherche académique. Le roman permet tout d’abord de tester des hypothèses prospectives sur le temps long, en déroulant des scénarios complexes que les études prospectives ne peuvent souvent qu’esquisser. Ensuite, la fiction offre un accès privilégié à la conscience des acteurs et à leur manière de penser, là où le chercheur se heurte à l’impossibilité de « perquisitionner les cerveaux ». Elle permet ainsi de mieux comprendre les logiques subjectives, émotionnelles et identitaires de la radicalisation. Enfin, le roman offre la possibilité d’intégrer des anecdotes de terrain, des expériences professionnelles et des situations humaines qui n’ont pas leur place dans les formats académiques traditionnels.

https://www.diploweb.com/Planisphere-Comment-la-fiction-peut-elle-aider-a-penser-le-terrorisme-Avec-M-Hecker.html


TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPECIALISES

.
ESPRITSURCOUF vous offre un tour d’horizon des titres de fond propres à susciter la réflexion de défense et de sécurité

1. L’Europe, victime collatérale de la guerre du Golfe. Que faire et ne pas faire?
(Télos, 14 mars 2026, Eric Chaney)
.

Quelques heures après avoir tonné qu’il attendait des dirigeants iraniens une reddition sans condition, voilà que Donald Trump explique que les objectifs de la guerre contre l’Iran déclenchée le 28 février sont « quasiment atteints ». Entre temps, le cours du baril avait frôlé 120$, ceci expliquant peut-être cela. Mais on est en droit de se demander à quel point les dirigeants américains avaient anticipé les conséquences économiques de leur décision de blitzkrieg. Après seulement treize jours de bombardements, elles étaient déjà considérables, et, même si les prix du pétrole et du gaz se sont légèrement repliés après le revirement trumpien et l’annonce internationale d’une utilisation des réserves stratégiques, l’environnement économique pourrait se dégrader à nouveau dans les semaines à venir.

Le bilan des dégâts déjà subis par les installations pétrolières et gazières du Golfe est loin d’être établi, on ne peut exclure un autre revirement de la Maison Blanche, et l’on pourrait même réaliser que l’annonce d’une fin proche des opérations n’était qu’une manœuvre de communication destinée à calmer les marchés.

https://www.telos-eu.com/fr/europe-guerre-golfe-que-faire.html

2. Deux cérémonies d’hommage pour le major Arnaud Frion
(
Ministère des Armées,18 mars 2026)
.

Deux hommages solennels ont été rendus au major Arnaud Frion, ce mardi 17 mars. Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, a présidé la cérémonie d’hommage national au 7e bataillon de chasseurs alpins (Varces) aux côtés du général d’armée Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre. « Le parcours d’Arnaud Frion raconte un homme qui était devenu par le travail, par la valeur, par l’exemple, l’une des plus belles figures du soldat français », a notamment déclaré la ministre.

Une seconde cérémonie était organisée à Paris, présidée par Alice Rufo, ministre déléguée à la ministre des Armées et des Anciens combattants, aux côtés du général de corps d’armée Loïc Mizon, gouverneur militaire de Paris. L’hommage, qui était public, a eu lieu au monument aux Morts pour la France en opérations extérieures, au cœur du parc André Citroën. Dans un moment de recueillement, autorités militaires, civils du ministère des Armées et des Anciens combattants et anonymes sont venus honorer la mémoire de ce soldat engagé au service de la Nation. Après une minute de silence, la Marseillaise a été entonnée.

https://www.defense.gouv.fr/actualites/deux-ceremonies-dhommage-major-arnaud-frion


ARTICLES EN LANGUE ÉTRANGÈRE

Si vous souhaitez lire un article d’ESPRITSURCOUF dans une autre langue que celle de la publication ? Cliquez ici.

Suivez la méthodologie suivante pour le français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol, le portugais, l’italien, le néerlandais, le polonais ou le russe.

 

POUR LIRE LA TRADUCTION 

Si vous souhaitez lire un article d’ESPRITSURCOUF dans une autre langue que celle de la publication


PARUS AU JOURNAL OFFICIEL 

Décret n° 2026-177 du 11 mars 2026 relatif à l’entrée en vigueur du mécanisme de capacité

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053658978


HISTOIRE

20 mars 1602 : Les Hollandais fondent la VOC …et se lancent à la conquête du monde
(Hérodote, 20 mars 2026, Camille Vignoles)

..

Le 20 mars 1602, les marchands hollandais fondent ensemble la «Verenigde Oost Indische Compagnie» (VOC ou Compagnie des Indes Orientales).

L’attrait des épices

Leur objectif est de commercer avec les Indes orientales, c’est-à-dire les pays de l’océan Indien et de l’Insulinde, et d’en ramener les épices sans lesquelles il n’est pas de bonne cuisine : clous de girofle, poivre, noix de muscade…

L’idée leur en est venue après qu’un jeune homme eût raconté à Amsterdam ses voyages dans les établissements portugais de l’océan Indien.

La création de la VOC remédie à une concurrence qui fait chuter les cours et ruine les actionnaires. La nouvelle compagnie reçoit le monopole du commerce avec les Indes ainsi que le droit d’y bâtir des forts et d’y lever des troupes.

https://www.herodote.net/20_mars_1602-evenement-16020320.php


Aujourd’hui la presse indépendante souffre, et la multiplicité des canaux d’informations rendent difficile la compréhension des évenements.
Espritsurcouf est indépendant de tout groupe de pressions, Il ne reçoit aucune subvention pour présenter « un autre regard sur le monde » géopolitique et de défense.
Si Espritsurcouf retient votre intérêt, sachez que votre soutien est crucial. Seuls les abonnements et adhésions défiscalisées nous permettent  de couvrir les frais de parution .

Je soutiens Espritcors@ire