LA FRANCOPHONIE POLITIQUE DANS TOUS SES ÉTATS (1ère partie)

« UN ÉTAT DES LIEUX INQUIÉTANT »

Anne Gazeau-Secret
19/02/2018

Comme ambassadrice ou comme directrice générale de la coopération internationale et du développement (DGCID) – devenue Direction générale de la mondialisation – l’auteure Anne Gazeau-Secret a toujours défendu la dimension francophone et la diplomatie culturelle qui l’accompagne. Elle continue à le faire au travers de rapports, souvent alarmants et sans langue de bois.

Dans cette première partie l’auteure fait l’état des lieux, dans le prochain numéro N° 48 du 26 février elle présentera plusieurs propositions d’action.

La Rédaction

La francophonie est-elle une cause perdue ? Ou demeure-t-elle un atout essentiel dans la course mondiale au développement de l’influence, ce que Joseph Nye a nommé dès les années 90 le soft power ? Les rapports sur le sujet se sont succédé, concluant tous qu’il  allait de l’intérêt national de lui redonner visibilité et dynamisme mais, comme c’est hélas l’habitude en France, ils ont  été immédiatement remisés dans le fond des tiroirs des décideurs politico-administratifs (sauf pour ce qui concerne l’idée d’une francophonie économique qui a fini par percer) : celui d’Hervé Bourges de fin 2007 « La renaissance de la Francophonie », ou encore plus récemment celui de Jacques Attali d’août 2014 « La francophonie et la francophilie, moteurs de la croissance durable ». Celui de Pouria Amirshahi, député des Français de l’étranger, sur « La francophonie : action culturelle, éducative, et économique » de janvier 2014. Ou encore le rapport d’information de la Commission des finances de l’Assemblée nationale de décembre 2015. Et bien d’autres.

Dans le contexte des bouleversements en cours qui interrogent les identités, des enjeux géoculturels qui deviennent structurants de la vie internationale, de la concurrence multi-acteurs en termes d’influence, de la disruption des modes de faire et de faire-savoir en conséquence de la domination des technologies numériques[1], quelle est ou quelle devrait être la place de la francophonie dans la défense des intérêts de la France ?

UNÉTAT DES LIEUX INQUIÉTANT

« Il faut toujours dire ce que l’on voit : surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. » (Charles Péguy)

« Parler une langue, c’est aussi penser dans cette langue » (Metin Arditi) 

Comme le regrettait déjà il y a dix ans et à juste titre Hervé Bourges, c’est d’abord « en France qu’on ne croit pas à la francophonie et que le pays ne défend pas sa langue. » On le voit tous les jours dans les panneaux publicitaires, les noms des magasins, les menus des restaurants, les enseignements des universités et grandes écoles dispensés de plus en plus en anglais (plus de 50% à Sciences po), jusqu’au slogan de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024 « Made for sharing ».

La loi Toubon du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française est un rempart de plus en plus fragile face aux dérives linguistiques qui se multiplient en entreprise, dans le commerce, les transports (SNCF), les médias, les universités, la recherche, et pire encore les institutions culturelles…

L’affaiblissement du rôle de l’Etat en est une des causes. La rareté flagrante des moyens publics, le recentrage de l’Etat sur des missions régaliennes qui sacrifient l’enseignement et la culture, l’autonomisation croissante des pôles universitaires, des collectivités locales, des acteurs associatifs y contribuent largement : la « privatisation » généralisée de nombre de secteurs d’activité semble un mouvement irréversible.

1°Des chiffres trompeurs pour décrire le monde de la francophonie

On évoque partout le chiffre de 230 millions de francophones au sens strict ou partiel. Soit 37 pays francophones, dont 31 ayant la langue française comme langue officielle soit seule soit parmi d’autres (parmi lesquels 23 pays africains) et 6 n’ayant pas la langue française comme langue officielle mais où plus de 20% de la population parle français (Tunisie, Algérie, Maroc, Liban, Andorre, Moldavie). Auxquels on ajoute 41 pays francophiles, où une petite partie des ressortissants a un intérêt pour la langue et la culture françaises, et qui sont généralement membres ou observateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie (Roumanie, Arménie, Qatar, Thaïlande, Vietnam, Ghana, etc.).

Même si l’ensemble de ces 78 Etats représente 1 milliard et demi d’habitants, il serait plus juste de parler de 130 millions de francophones réels (rapport Attali).

Quant à estimer que d’ici 2050 il pourrait y avoir 7 à 800 millions de francophones, du fait essentiellement de la croissance démographique en Afrique, cela reste très sujet à caution, notamment parce qu’il est loin d’être certain que les systèmes éducatifs de ces pays aient la capacité de former de bons francophones. Nous y reviendrons.

En revanche le rapport Attali enrichit à juste titre le sujet en y incluant le réseau des milliers de personnes « francophilophones », les deux concepts de francophilie et de francophonie étant liés : diasporas francophones (Libanais par exemple), élites formées dans le système français et n’appartenant pas nécessairement à des pays francophones (lycées français à l’étranger, étudiants). A noter enfin que la langue française demeure la cinquième ou sixième langue mondiale derrière le mandarin, l’anglais, l’espagnol, l’arabe ou l’hindi et qu’elle est parlée sur les cinq continents.

Au final, l’espace francophone est certes mondial, ce qui est fondamental, mais il n’a pas vraiment de centre ni de périphérie : il est hétérogène, très divers, marqué par l’histoire coloniale. Certains pays sont francophones mais pas ouvertement francophiles (l’Algérie n’est pas membre de l’Organisation Internationale de la francophonie – OIF). D’autres revendiquent leur désir d’appartenir à l’OIF mais ne sont ni francophones ni francophiles (candidature de l’Arabie Saoudite). Les pays d’Amérique latine restent en revanche foncièrement attachés aux valeurs portées par la culture française qui ont marqué leur histoire. D’autres pays s’intéressent à la francophonie pour des raisons économiques et commerciales : ainsi la Chine ou des pays africains comme l’Afrique du Sud, le Kenya, la Tanzanie.

2° Une action multilatérale marquée par le désengagement de la France – à l’exception de TV5 Monde

– L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dirigée depuis 2 ans par Mme Michaëlle Jean (ancienne gouverneure générale du Canada), et les opérateurs de la Francophonie (Agence Universitaire de la francophonie -AUF, Université Senghor, Association des maires francophones), ainsi que l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) souffrent du désengagement évident de la France même si celle-ci reste un contributeur de poids.

L’OIF dispose d’un budget en 2016 de 72 millions dont 24 millions de contribution obligatoire et volontaire de la part de la France, qui prend en charge le loyer très élevé de son siège en plein cœur de Paris : 5,6 millions d’euros ! Soit l’équivalent de 500 bourses pour étudiants…. La baisse de la contribution de la France étant globalement de 25% par rapport à 2010, la contribution des Canadiens (Canada, Québec, Nouveau-Brunswick) est en passe de dépasser désormais celle de la France. Notre capacité d’influence en souffre, d’autant que nous ne disposons plus d’aucun poste de cadre à la direction de l’Organisation – tellement elle intéresse peu nos responsables politiques ?

Malgré un effort de rationalisation de la gestion, les dépenses de fonctionnement restent trop élevées (un peu moins de 50%) par rapport aux programmes. L’OIF n’est pas un gros bailleur de fonds : seulement une trentaine de programmes. Ces derniers s’éparpillent entre les divers secteurs de coopération et il n’y a pas vraiment de priorités. La preuve en est la Déclaration du dernier Sommet de Madagascar en novembre 2016, un véritable inventaire à la Prévert ! Certes Mme Jean s’est impliquée dans la nouvelle plateforme libresensemble qui s’adresse aux jeunes, pour lutter contre la radicalisation, ainsi que dans le développement de l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes, programme d’ailleurs majoritairement financé par le Canada.

Le problème majeur que rencontre l’OIF est celui de son élargissement continu : un comité est censé travailler dès cette année à mieux définir les critères d’adhésion, beaucoup trop flous[2]. Il y a aujourd’hui 84 pays membres dont 54 de plein droit, 4 associés et 26 observateurs. La majorité de ces pays ne sont pas francophones, ce qui fait courir un risque majeur pour la langue française elle-même… Au Sommet de Madagascar ont été admis l’Argentine, le Canada-Ontario, la Corée du Sud comme observateurs, et la Nouvelle-Calédonie comme membre associé. En 2010 les Emirats arabes unis sont devenus observateurs, en 2012 le Qatar membre associé. Autres exemples : en 2012 l’Uruguay est admis comme observateur, en 2014 le Mexique et le Costa Rica. Quant au Kosovo, il a réussi à se glisser comme observateur depuis 2014. L’Arabie Saoudite a rempli un dossier de candidature et il a été extrêmement délicat, semble-t-il, de considérer à Madagascar que l’on n’était pas en mesure de la retenir, à ce stade, pour des raisons de procédure : ce n’est donc que partie remise ? Ainsi, si l’on continue d’être attaché   au respect des valeurs démocratiques de la francophonie, à l’usage de la langue française, ou a minima aux preuves d’une certaine francophilie, cette Organisation n’est-elle pas en train de perdre de son sens même ?  C’est un fait que la problématique d’un équilibre à maintenir entre la logique de l’approfondissement et celle de l’élargissement à de nouveaux membres n’a été jusqu’à présent à l’ordre du jour d’aucune réunion au niveau politique- par crainte probablement que le consensus ne se brise…

Or comme aimait à le rappeler un de ses pères fondateurs, Leopold Sédar Senghor, « il s’agissait d’élaborer, puis d’édifier un « Commonwealth à la française ». Par ensemble, j’entendais, j’entends toujours : entre nations qui emploient le français comme langue nationale, langue officielle ou langue de culture » (1981). Il faudrait sans doute revenir à ces fondamentaux. 

– L’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), dont le recteur est le Français Jean-Paul de Gaudemar, réunit à ce jour sur une base volontaire 817 établissements d’enseignement supérieur et de la recherche répartis dans 106 pays, membres de l’OIF et au-delà (Algérie, Chine, Brésil et Inde par exemple). Les Universités françaises ne s’y sont pas beaucoup intéressées jusqu’à présent. Le principe est celui de la solidarité active entre universités, chercheurs, laboratoires sur des thèmes divers – en particulier celui de la gouvernance des institutions universitaires, du transfert de compétences, et, sous l’impulsion du nouveau recteur, de l’employabilité et de l’insertion professionnelle des diplômés : ce qui est une véritable bombe à retardement dans les pays francophones du Sud. L’AUF est bien placée pour créer de nouveaux partenariats avec l’Agence française du développement (AFD), l’Union européenne ou la Banque mondiale – ce qui est indispensable pour dégager de nouvelles ressources financières. Le développement de campus numériques (enseignements à distance et co-diplomations) est prometteur, d’autant qu’un nouveau méta-portail numérique « idneuf.org » a été lancé en 2016 donnant libre accès aux ressources des établissements membres. L’AUF, qui a fait du développement du numérique une priorité transversale, contribue activement aux projets de formation à distance des maîtres et aux cours en ligne ouverts et massifs (les CLOMs, équivalent des MOOCs anglophones).

Son budget est limité : en 2016, 37 millions d’euros, dont 20 financés par le ministère des Affaires étrangères, dont la subvention a diminué d’un tiers en 5 ans.

– L’Université Senghor d’Alexandrie, sorte d’ENA pluridisciplinaire très appréciée, accueille chaque année une promotion d’environ 200 étudiants africains qui obtiennent à la sortie un master professionnel en développement et deviennent des cadres publics ou privés dans leur pays d’origine. A cela s’ajoute un programme de formation continue et des campus décentralisés dans une dizaine de pays. La France finance 1.4 Million (1.650 M en 2010) sur un budget total de 3 Millions.

– TV5 MONDE. Chaîne généraliste mondiale en français, qui repose sur une organisation multinationale, elle revendique d’atteindre avec TV5 Québec Canada près de 300 millions de foyers raccordés dans 200 pays et serait regardée en moyenne chaque semaine par 40 millions de téléspectateurs. Elle a une politique de sous-titrage très dynamique et son site internet ainsi que son offre mobile sont riches en contenus, notamment pour apprendre et enseigner la langue française. La France en est le principal bailleur de fonds (77 Millions d’euros en 2016 représentant les ¾ de ses ressources publiques). C’est la seule contribution française en augmentation, faible mais régulière.

Heureusement, une clarification est intervenue s’agissant des rapports de la chaine francophone avec France Medias Monde (FMM). Ainsi France 24, qui aurait pu lui porter de l’ombre, se présente comme une chaîne d’information en continu en plusieurs langues, tandis que TV5 a une programmation culturelle généraliste. Aucune distribution à l’étranger de l’une ne devrait avoir pour conséquence d’évincer l’autre.

– L’usage de la langue française dans les organisations internationales de plus en plus marginal.

On peut en faire la constatation y compris hélas dans les institutions européennes. Quand M. Pierre Moscovici, commissaire, écrit un courrier à M. Michel Sapin, ministre des Finances, c’est en anglais ! Cela lui a valu en 2014 le prix de « la carpette anglaise », prix d’indignité civique attribué chaque année à un membre des élites françaises pour la promotion de la domination de la langue anglo-américaine !

Autre exemple révélateur :  à l’initiative de l’Allemagne est créée une nouvelle institution internationale en 2009, l’IRENA, International Renewable Energy Agency, établie à Abu Dhabi. Les statuts sont silencieux sur la question des langues. A la demande (tardive) de la France, les statuts ont cependant été traduits de l’anglais dans les cinq autres langues de l’ONU ainsi qu’en allemand. Mais lors de la réunion constitutive, il a été décidé que seule l’anglais serait la langue de travail ….

Quand il y a encore des institutions où la langue française est utilisée – les juristes qui défendent le droit romano-germanique demeurent peut-être les derniers à y croire – ce qui est le cas à La Haye, capitale du droit international (Cour Internationale de Justice, Cour permanente d’arbitrage, Cour Pénale Internationale, Tribunal ex Yougoslavie, Académie internationale, Conférence de la Haye de droit international privé, Europol, Eurojust,  nombreux « think tanks », etc.), la France ne les soutient pas vraiment. J’avais créé un poste de juriste près de notre ambassade pour être pro actif dans ce domaine – en aidant à la traduction, au placement de francophones dans ces diverses institutions, à l’organisation de colloques dans les deux langues anglaise et française, en donnant des bourses aux jeunes juristes africains venant se former à l’Académie de droit etc.- il a été aussitôt supprimé après mon départ.

Une action bilatérale dans le domaine de la langue et de la culture française en perte de vitesse, en raison de baisses drastiques et continues de crédits depuis une vingtaine d’années, qui se sont accélérées depuis 10 ans sous prétexte de révision générale des politiques publiques sous la présidence Sarkozy (RGPP) ou de modernisation de l’Etat (sous la présidence Hollande).

Sur le papier, le dispositif semble plus ou moins préservé. Notre diplomatie se prétend toujours universelle et dispose du troisième réseau dans le monde. Mais sur les quelque 162 ambassades, plus de 26 sont en fait réduites à « des postes de présence diplomatique » – ce qui signifie grosso modo un ambassadeur, un assistant et un homme à tout faire. On les appelle des « ambassades laptops ». C’est tout dire !

1) L’implantation culturelle reste à première vue impressionnante, mais derrière cette façade, l’appauvrissement de la plupart des centres culturels ou alliances françaises est catastrophique – cette situation est regrettée chaque année en vain par les commissions compétentes de l’Assemblée nationale et du Sénat.

 Certes on compte encore plus de 800 Alliances françaises (associations d’initiative et de droit local, souvent très anciennes) dont seulement 383 sont faiblement subventionnées (15 000 euros en moyenne par Alliance !) et aidées pour certaines d’entre elles par la mise à disposition d’un directeur. Les autres vivotent trop souvent.

Certes le réseau parallèle des Instituts français qui dépend directement des services du ministère des Affaires étrangères est mieux doté : au nombre de 96, avec 130 antennes, les Instituts dont l’auto-financement progresse grâce aux cours de langue reçoivent encore une subvention de 60 Millions mais celle-ci couvre pour les 2/3 le fonctionnement. Les programmes sont réduits à la portion congrue. Quand on n’a plus d’argent pour couvrir les coûts de structure, on ferme, c’est le cas de l’Institut d’Amsterdam comme de celui de Lisbonne dont on essaye aujourd’hui de vendre les superbes bâtiments… En Rhénanie-Westphalie, ce sont les Allemands qui paient la maintenance des bâtiments !

Au total, si on ajoute les coûts de personnel, nous consacrons environ 200 millions d’euros au dispositif d’action culturelle à l’étranger. Ce qui nous met en dessous de la plupart de nos concurrents, y compris de l’Institut Goethe dont la subvention a été augmentée à plusieurs reprises ces dernières années.

Il faut savoir que le ministère des Affaires étrangères doit supprimer chaque année à la demande de Bercy 100 à 200 ETP (emplois temps plein), qui sont généralement pris sur les personnels culturels ou de coopération, c’est moins visible évidemment ! Ainsi les postes occupés par des contractuels, à savoir des experts bien mieux qualifiés que les titulaires diplomates pour exercer des métiers très pointus (animation culturelle, audiovisuel, numérique, coopération médicale ou juridique etc.), diminuent-ils à vue d’œil. Le travail d’influence sur le terrain en souffre à l’évidence considérablement.

2) Le seul dispositif qui tient encore la route fort heureusement est celui des écoles, collèges et lycées français :

 L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) anime et gère un réseau de 480 établissements dans 130 pays, accueillant 330 000 élèves dont 2/3 d’étrangers. La subvention annuelle diminue (400 millions) tandis que les écolages augmentent.

 La Mission laïque française (MLF) pour sa part anime et gère une centaine d’établissements scolaires, avec 45 000 élèves dont 75% d’étrangers.  Elle ne reçoit qu’une aide sous la forme de professeurs détachés.

En outre, du fait de l’autonomie de gestion de ces deux institutions (l’AEFE est un établissement public, la MLF est une association à but non lucratif reconnue d’utilité publique), le management est beaucoup plus efficace que celui des Instituts : clarté du budget, transparence de la gestion, politique d’adaptation à la demande locale, responsabilité de la direction. En revanche, le passage de ces élèves dans notre enseignement supérieur n’est pas favorisé et nous ne savons pas utiliser ni même suivre cette communauté de « francophilophones » après leur scolarité dans nos établissements.

3) Restent les programmes de recherche et les bourses d’enseignement supérieur. Certes, on a essayé de préserver les crédits de bourses qui ont quand même fortement diminué pour arriver à une enveloppe de 54 Millions aujourd’hui. Il est évident que l’attractivité de la France pour les étudiants étrangers est un élément essentiel d’une politique d’influence qui ne peut se construire qu’à long terme – ce que les comptables publics ont beaucoup de mal à comprendre. Or la France qui accueille encore environ 270 000 étudiants étrangers annuellement, perd en fait peu à peu des parts de marché et se retrouve en quatrième position derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni, et… l’Australie.

4) Sans prétendre à l’exhaustivité – car les programmes sont dispersés entre multiples services administratifs – il convient de signaler l’appui qu’apporte l’Agence française de développement (AFD) aux enjeux d’éducation de base, d’enseignement supérieur et de formation professionnelle en lien avec la langue française : soit 40 millions par an depuis que ce secteur lui a été délégué par le ministère des Affaires étrangères.

 

[1] Disruption = « disruptif ». Le terme dérive du latin disrumpere, « briser en morceaux, faire éclater ». Dans le langage des entreprises du numérique, « l’innovation disruptive », c’est l’innovation de rupture, celle qui bouscule les positions établies, court-circuite les règles du jeu, impose un changement de paradigme. Selon le philosophe Bernard Stiegler, la « disruption » constitue une barbarie « soft » incompatible avec la socialisation. La fuite en avant technologique produit une perte de repères et une désespérance qu’il est impératif d’assumer afin de repenser l’élaboration des savoirs et la macroéconomie.

     

[2] Ces critères sont de plus sans valeur contraignante et non respectés dans les faits, en dépit de l’existence de « statuts et modalités d’adhésion » adoptés lors du IXème Sommet de la francophonie de Beyrouth de 2002 et précisés au Sommet de Bucarest en 2006.

 

 

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