QUI VEUT RISQUER
SA VIE LA SAUVERA

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Jean-Pierre Chevènement (*)
Ancien ministre,
Président de la Fondation Res Publica


Jean-Pierre Chevènement a publié récemment ses mémoires, dans un livre intitulé « Qui veut sauver sa vie la risquera ». Jean-Luc Barré l’a convaincu qu’un livre de mémoires pouvait avoir un intérêt dépassant sa personne et fournir un témoignage sur l’Histoire des cinquante dernières années, si on part d’Épinay où il apparait pour la première fois sur la scène politique française. Ou des soixante dernières années, si on part de la guerre d’Algérie, ou même des quatre-vingt dernières années, si on considère que les souvenirs d’un enfant des années de guerre et d’occupation peuvent aider à comprendre l’atmosphère d’une époque déjà très lointaine, mais toujours très présente. Bref, des années si riches en évènements, en actions, en bouleversements, en décisions politiques fondamentales, qu’il nous est apparu « indécent » d’en tirer une simple critique littéraire. Beaucoup plus intéressant est de laisser la parole à Jean-Pierre Chevènement lui-même.

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Il y avait un devoir de transmission à l’égard des générations nouvelles pour les aider à comprendre comment nous sommes arrivés là. En découlait un devoir de vérité. C’est pourquoi ce livre est un grand acte de liberté. Car je suis naturellement un taiseux et j’ai dû faire un effort pour « fendre l’armure ». C’est un récit où je ne cache rien de ce qui est important, même si la mémoire est toujours sélective.

C’est mon regard. Ce n’est pas un « plaidoyer pro domo » : je ne cherche pas à tirer la couverture à moi. J’expose mes motivations, mes hésitations voire mes contradictions. Je m’efforce aussi d’entrer dans la psychologie des autres. Il n’y a donc nulle acrimonie dans ce récit, mais un regard distancié, à l’égard de moi-même et j’ai des épisodes que j’ai souvent vécus passionnément. J’essaye de décrire comment, et à travers quels choix, un enfant du Haut-Doubs est devenu à travers des choix, quelques fois détonants, l’homme que je suis.

Quinze épisodes


Le Livre se présente comme une vaste fresque couvrant l’espace de ma vie, faite elle-même de quinze fresques de moindre format : l’enfance dans un petit village occupé du Haut-Doubs, à l’école de ma mère ; les années de formation, la « Bildung » comme disent les Allemands, du Lycée Victor Hugo de Besançon, à Sciences Po Paris ; la guerre, ou plutôt « ma guerre » d’Algérie ; ce qu’était l’état d’esprit de la jeunesse au milieu des années 1960 et la création du CERES en 1964 ; du congrès d’Épinay à mai 81, l’aventure de l’union de la gauche et la conquête du Pouvoir, à travers le programme socialiste « Changer la vie », puis le programme commun de gouvernement de la gauche et enfin le projet socialiste pour les années 1980 (et comment le CERES, à deux reprises, entre Mitterrand et Rocard, a fait pencher la balance) ; Belfort citadelle républicaine, source de mon inspiration et roc de ma longévité politique ; la Recherche et sa relance en 1981-82, la politique industrielle de la gauche qui se fracasse sur les « ides de mars » en 1983 ; l’École, après le naufrage scolaire de 1984, par les yeux du ministre qui entendait la relever ; la Défense à la fin de la guerre froide et au début de la poussée de l’islamisme radical ; le basculement du monde en 1989-91, la réunification allemande, la guerre du Golfe et la chute de l’URSS ; et surtout la politique européenne de François Mitterrand, indissociable d’un ralliement subreptice au néolibéralisme de 1983 à 1991 (l’Acte Unique, grand acte de dérégulation), avec en 1992, le référendum sur le traité de Maastricht qui détermine la rupture avec François Mitterrand et le parti socialiste ;le ministère de l’Intérieur, parenthèse républicaine dans le gouvernement Jospin ; le délitement de la gauche plurielle et des partis dits « de gouvernement » aboutissant à la mise en turbulence du système en 2002 puis en 2017 ;  Emmanuel Macron enfin, et l’alternative républicaine à construire. Ce sont les défis d’aujourd’hui.

Dans chacune de ces fresques, il y a des tableaux (la signification du PCG, les conseils de défense…) dans lesquels se nichent des saynètes et des portraits à la fois sans concession, mais souvent non dépourvus d’empathie. Les anecdotes émaillent le récit et tendent à restituer l’atmosphère particulière de chaque époque. Pas de réquisitoire. Je décris mon cheminement, les raisons de mes choix, mais je n’oublie pas de faire la part des autres. C’est un roman, mais un roman vrai qui mêle l’Histoire de la gauche à celle de la France. Et bien sûr mon vécu : il y a dans certaines pages un petit côté proustien que je n’ai pas cherché à gommer.


Le lien


Il y a un lien entre chaque épisode, un lien de cohérence qui va se renforçant du mendésisme de mon adolescence au gaullisme raisonné, du jeune sous-lieutenant en Algérie, de celui-ci à la vision gaullienne des institutions et de la politique étrangère de la France, de celle-ci à l’idée de donner une base de gauche à la Ve République, en renouvelant l’offre politique à travers la création du CERES en 1964. De celle-ci à la confection, de 1971 à 1981, d’un logiciel victorieux pour l’union de la gauche, du congrès d’Épinay en 1971, à celui de Metz en 1979, et au 10 mai 1981.

Et il y a un lien puissant, bien sûr, entre le socialisme raisonné de ma jeunesse et le service de la République qui sera ma boussole dans les ministères qui m’ont été confiés par François Mitterrand. La Recherche, puis l’Industrie, l’Éducation nationale, et enfin la Défense, et ensuite par Lionel Jospin, l’Intérieur, qui est à la fois le ministère de la sécurité publique, des Cultes, des collectivités territoriales, et surtout de l’État à travers la tutelle des préfets.

Mais l’idée républicaine, à travers son exigence et sa cohérence, indissociable qu’elle est de la souveraineté populaire, de la citoyenneté et de la laïcité est aussi devenue ma boussole dans la vie politique, et particulièrement dans les mouvements que j’ai animés, du CERES à Socialisme et République, à l’intérieur du Parti socialiste, puis ensuite, au Mouvement des citoyens et au Mouvement républicain et citoyen. Si les idées mènent le monde, j’ai puissamment contribué depuis le début des années 1980 à remettre à la mode l’idée républicaine. Et je ne l’ai pas fait seul – Le CERES et ses chefs historiques, la génération République de 2001-2002.

Je trouvais ma référence dans la synthèse qu’avait faite Jaurès du socialisme et de la République dans son Histoire socialiste de la Révolution française, mais mon républicanisme exigeant s’alimentait aussi du spectacle d’une droite et d’une gauche progressivement et également usées, la droite s’éloignant du gaullisme et la gauche de plus en plus ralliée au néolibéralisme triomphant. Ce n’était pas la médiocre « troisième voie », inventée par Anthony Giddens et suivie par Blair et ses séides, qui pouvait me retenir. Le service de la France passait et passe toujours de plus en plus par la restauration de la République et surtout par l’invention d’une République moderne. C’est le message que j’ai voulu faire entendre de plus en plus clairement au fil des décennies.


Cohérence, continuité et évolution


Cette cohérence n’est pas le fait d’une réflexion logique, coupée des réalités, mais procède d’une démarche qui a lié étroitement la pensée à l’action, chacune réagissant sur l’autre. Ce que les marxistes appellent « praxis ».

Le titre de mon livre emprunte à Saint-Matthieu : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, celui qui veut risquer sa vie la sauvera. Cette idée trottait dans ma tête quand après la dissolution des S.A.S, lointaines descendantes des « bureaux arabes », j’ai choisi, en avril 1962, de répondre à un appel d’offres de la Préfecture d’Oran, pour aider (je vais vite) à ce que l’Algérie accède à l’indépendance avec la France et non pas contre elle, selon l’expression du général de Gaulle à l’époque. Ce fut mon premier « engagement », si on entend par là « pari existentiel » comportant un risque personnel. L’engagement sartrien était à la monde, à cette époque, mais mon engagement était plutôt pour de Gaulle et pour l’idée moderne de la France qu’il entendait faire prévaloir dans ces années-là, pour la liberté des peuples et contre la guerre civile en France. C’était un engagement républicain civique mais qui répondait à l’éveil du tiers monde qui était la marque de fabrique de ces années-là.

L’Algérie a été la secousse tellurique qui a déterminé la suite. L’offre politique en France ne nous convenait pas : il fallait la réorganiser, ce fut la création du CERES en 1964. Seize ans de militantisme avant d’arriver à 1981 : la gauche, ses réalisation, ses échecs et la République comme recours (1984 le détour républicain à l’Éducation nationale, 1997/2000 le ministre de l’Intérieur)

La rose au poing.
Couverture d’un livre d’entretiens
(éditions Michel de Maule)

J’ai fait beaucoup de paris, d’abord sur l’union de la gauche et l’énergie qu’on pouvait tirer de la résorption d’une fracture vieille d’un demi-siècle (1921). Sur François Mitterrand, sa capacité à maintenir la Ve République et à mener une politique conforme à la fois au programme que nous avions conçu pour la gauche et au souci de sa propre gloire.

Puis à l’épreuve du pouvoir ce fut un pari sur la République comme meilleure ligne de défense des idées que les socialistes s’avéraient de plus en plus incapables de porter à partir des « ides de mars » 1983 et de leur ralliement au néolibéralisme. Ce furent successivement le pari sur le relèvement d’une École publique, fondée sur les valeurs de la connaissance et de la transmission.  Puis le pari sur une défense nationale indépendante répondant au réveil des peuples épris de modernisation. Faut-il souligner que ces deux derniers paris, à ce jour, n’ont pas été gagnés, malgré le méritoire combat que poursuit Jean-Michel Blanquer au service de l’École de la République et malgré les efforts faits en France et dans le monde pour tarir les sources de l’islamisme radical.

Toute mon action depuis 1983 peut se lire comme un combat pour relever l’idée républicaine comme concept cohérent liant le citoyen capable de penser par lui-même, l’École, la laïcité, l’exercice de la raison, le civisme qui ne va pas sans patriotisme. Il était inévitable que ce combat entrât de plus en plus en collision avec le main-stream néolibéral. La colère a dicté mes deux premières démissions. On lira cependant avec nostalgie, les pages consacrées à la « parenthèse républicaine » que j’ai cherché à ouvrir avec Lionel Jospin, quand j’ai été ministre de l’Intérieur pour résorber les fractures de la société française. Ce fut un pari perdu parce que les forces contraires étaient puissantes, qu’il eût fallu une claire vision des impasses de l’Europe livrée au néo-libéralisme, pour maintenir le compromis républicain tel que je l’avais esquissé.

Ai-je évolué au fil des décennies ? Sans doute. Il le fallait pour dire en 2001-2001 « au-dessus de la droite et de la gauche, telles qu’elles sont devenues, il y a la République ! ». Le capitalisme a changé. Le logiciel pour mettre de la raison dans l’Histoire doit lui aussi changer.


Tous les paris ne sont pas gagnants


Il n’y a que le pari de Pascal sur Dieu, que celui-ci nous présente comme gagnant à 100 %. Il est vrai que le grand mathématicien qu’était Pascal, faisait intervenir la notion d’infini dans ses calculs, ce que le laïque que je suis, pénétré de physique relativiste ne fait en aucun cas. Mes paris comportaient tous une part de risque. Ils ne peuvent être gagnants qu’à la longue. Je cite souvent mon ami Didier Motchane : « Dix ans c’est beaucoup dans la vie d’un homme, mais c’est peu dans la vie des peuples.» Pour trouver le bon cap, il faut toujours regarder très loin en avant.

Tous les paris comportent une part d’aléa : Épinay, c’était 1% de chance de réussite à l’entrée,  100 % à la sortie ; le redressement de l’École publique en 1984 comportait en réalité une meilleure chance de réussite qu’en apparence grâce au principe d’Archimède qui fait remonter à la surface les corps qu’on y a plongés. Encore fallait-il penser ce redressement à travers un vaste plan de modernisation au service de l’idée républicaine.

L’idée qu’on pouvait trouver une issue pacifique à la guerre du Golfe en 1990 était juste à tous points de vue, celui de la France et ceux de l’Orient et de l’Occident. Mais ce fut un pari perdu car ma vision s’est heurtée dès le début à la volonté de faire la guerre de Mme Thatcher et des néoconservateurs américains. La boîte de Pandore alors ouverte ne s’est pas refermée.

La confiance faite au suffrage universel en 2002 quand j’ai été candidat à l’élection présidentielle était audacieuse mais nullement désespérée, puisqu’il ne s’en est fallu que de 194.000 voix (l’écart qui sépare le MDC et PS)  qu’avec 5,4% des voix je fasse l’appoint décisif au deuxième tour. Un grain de sable.

Jean-Pierre Chevènement, ici avec des anciens de l’école militaire de Cherchell.
Photo DR

La recherche d’un sens


Mettre de la raison, c’est-à-dire de la République dans une Histoire qui est toujours tragique à la fin, c’est le travail d’un Sisyphe, heureux ou malheureux, compris ou incompris, obéissant, en définitive, à des principes inculqués dès le plus jeune âge et s’efforçant de tirer leçon des épreuves déjà traversées. Avec cette maxime tirée de Vercors : « Chercher un sens à la vie est le seul moyen de lui en donner un. »

De ce récit d’explorations, la République émerge comme la boussole qui a guidé mes choix. Quand il m’est arrivé de douter, j’ai toujours choisi de persévérer : la suite des événements m’a aidé à retrouver le fil, car mon anticipation me trompe rarement. Ainsi après l’élection présidentielle de 2002 j’ai poursuivi le combat contre l’islamisme radical et pour une Europe des peuples. La guerre d’Irak de 2003 et le référendum sur le projet de Traité constitutionnel européen ont rompu mon isolement. Trois ans plus tard, j’étais élu au Sénat contre la droite et contre le PS réunis.

À mes yeux, le triomphe du néolibéralisme n’était pas inscrit dès 1981 ni dans les textes européens ni dans les réalités. La France avant encore à l’époque une position dominante en Europe. Il a fallu qu’après les « ides de mars » 1983, Helmut Kohl pressente Jacques Delors comme Président de la Commission européenne en 1984 et que celui-ci produise, avec l’aide de Lord Cockfield, l’œil de Mme Thatcher à Bruxelles et l’auteur du « Livre blanc » sur le marché unique, ce grand acte de dérégulation que fut à l’échelle de l’Europe et du monde l’Acte Unique, dit encore Traité de Luxembourg conclu en 1986. En 1989, la libération des mouvements de capitaux, y compris vis-à-vis des pays tiers, est décidée sans harmonisation préalable de la fiscalité sur l’épargne et la voie est ouverte à la concurrence fiscale et aux délocalisations industrielles. La décision de créer la monnaie unique suit, deux ans plus tard. La concurrence des pays à bas coûts et l’arrimage de l’économie française à une monnaie trop forte vont précipiter la désindustrialisation de la France. On en voit aujourd’hui les résultats.

JP Chevènement, ministre de François Mitterrand.
Photo collection de JM Boucheron

La réunification de l’Allemagne, l’élargissement à l’Est de l’Europe et l’implosion de l’URSS vont substituer à une Europe occidentale francocentrée une grande Europe germano-centrée. Il faudra désormais faire avec. Tout génial stratège qu’il fut dans la conquête et la préservation du Pouvoir, François Mitterrand a oublié de nous laisser le mode d’emploi de l’Europe qu’il nous a laissée. La monnaie unique ne consistait pas à chiper à l’Allemagne son mark comme le croyaient les naïfs et elle n’a pas transformé les Français en Allemands. 

La « chose européenne » est à repenser du fond en comble si nous voulons que l’Europe existe entre les États-Unis et la Chine au XXIe siècle. La leçon du demi-siècle écoulé est que « les hommes font l’Histoire mais ne savent pas l’Histoire qu’ils font ». Cette aphorisme de Marx s’applique à tous les acteurs de cette époque : aux acteurs de l’union de la gauche, aux promoteurs de l’Europe maastrichtienne, aux fourriers de la mondialisation néolibérale et aussi à moi-même qui ai cherché à mettre un peu de raison dans toute cette Histoire.

Aujourd’hui c’est le chaos dans l’ordre international comme dans l’ordre interne. On ne fera pas croire qu’il n’y a pas de rapport entre les choix effectués, il y a 30 ou 40 ans et les résultats obtenus.

Nous vivons la fin du cycle néolibéral commencé au milieu des années 1970. Le communisme apparait rétrospectivement comme une transition vers le capitalisme. Mais quel capitalisme ? La crise du Covid met en lumière les dégâts de quatre décennies d’une mondialisation débridée. Une recomposition géopolitique va s’opérer sur la base d’un capitalisme plus régionalisé. À l’Europe de défendre sa place dans le monde, et à la France de défendre sa place en Europe. Quel contenu social voulons-nous donner à l’Europe ? Quel est le fil conducteur de ce récit ouvert vers l’avenir ? « Toujours chercher à mettre de la raison dans l’Histoire ». Toujours retrouver le fil du patriotisme républicain. Sans cultiver l’illusion qu’on pourrait éliminer le tragique de l’Histoire. Supportons ce que nous ne pouvons éviter, mais ne nous lassons pas de réformer ce qui peut l’être.


En écrivant ces mémoires, un scrupule a guidé ma plume : je ne devais pas oublier que ces paris successifs ont été presque toujours des paris collectifs. Ces fresques d’Histoire ont été l’œuvre de milliers de femmes et d’hommes. Je n’oublie jamais dans ce livre celles et ceux qui m’ont accompagné, soutenu, réconforté et quelquefois devancé. Sans eux, rien n’aurait pu s’écrire. Sans les idées qui les portaient, la dynamique du SENS qui lie entre eux les différents épisodes n’aurait pas pris forme. Ce n’est pas pour rien que le livre s’achève sur une conclusion intitulée  « Puissance des idées ». Je crois au patriotisme républicain comme ressort qui permettra à la France de rebondir dans l’Histoire.

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(*) Jean-Pierre Chevènement  est né en 1939 à Belfort. Ancien élève de l’Ecole Nationale d’Administration, il adhère au Parti Socialiste SFIO en 1964 et co-fonde en 1966 le Centre d’Etudes, de Recherches et d’Education Socialistes (CERES) qui sera remplacé en 1986 par Socialisme et République. Il a été ministre de la Recherche et de la Technologie puis de la Recherche et de l’Industrie des deux premiers gouvernements de Pierre Mauroy (1981-1983), puis ministre de l’Éducation nationale du gouvernement de Laurent Fabius (1984-1986). Ministre de la Défense des gouvernements de Michel Rocard (1988-1991), il démissionne le 29 janvier 1991 pour s’opposer à la guerre coloniale des Etats-Unis contre l’Irak.
En juillet 1992, il quitte la direction du PS afin de faire campagne pour le NON au traité de Maastricht. Il fonde le 30 août 1992 le Mouvement des Citoyens et, en avril 1993, démissionne du PS. Il transforme alors le Mouvement des Citoyens (MDC) en parti politique, dont il devient président. Le 4 juin 1997, il devient ministre de l’Intérieur du gouvernement de Lionel Jospin, et sera candidat à l’élection présidentielle de 2002. 
Sur le plan local, il a été maire de Belfort (1983-2007), député de Belfort (1973-2002), et enfin Sénateur du Territoire de Belfort (2008-2014), vice-président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat. Il a présidé la Fondation de l’Islam de France (2016-2018). Il est aujourd’hui représentant spécial de la France en Russie et préside la Fondation Res Publica, fondation de recherche reconnue d’utilité publique depuis 2005. 

Il vient de publier ses mémoires “Qui veut risquer la sauvera” présentés dans la rubrique livre de ce numéro 150.

Bonne lecture et rendez-vous le 16 novembre 2020
avec le n°151

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