INFORMATIONS SUR LE LIVRE

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Cédric Le Cannelier nous offre une plongée au cœur de la IIIème République, à travers la personnalité d’Henry Chéron (1867-1936), Normand dont la vie politique fut particulièrement bien remplie ; entre des responsabilités régionales et une destinée qui le conduisit à des fonctions d’importance nationale. Il faut ainsi pas moins de dix fois ministres. Sa renommée et sa popularité furent bien réelles à l’époque, mais se dissipèrent avec le temps. Cédric Le Cannelier le tire ainsi de l’oubli.

ESPRITSURCOUF  : Vous publiez un ouvrage consacré à Henry Chéron. Qu’est-ce qui a nourri votre intérêt particulier pour cette personnalité politique ?

Cédric Le Cannelier : Disons que je suis « tombé » sur lui par hasard, au gré de recherches que j’effectuais sur les élections cantonales sous la IIIe République. En effet, à l’occasion des renouvellements dans le 2e canton de Lisieux, Chéron revenait à chaque fois, qui député, qui ministre, qui sénateur ou bien encore président du conseil général du Calvados. Cela a piqué ma curiosité. Constatant qu’il n’existait aucune littérature sur cet homme politique, j’ai pris la décision d’écrire sa biographie. Bien m’en a pris, le personnage est passionnant.

ESPRITSURCOUF : Qu’a-t-il fait ou apporté de particulièrement marquant pour son époque ?

CLC : Il a œuvré, toute sa carrière durant, pour améliorer les conditions sanitaires, sociales et sociétales de ses contemporains. Fondateur d’un groupe parlementaire consacré au droit des femmes à la Chambre des députés, Chéron œuvra sans relâche pour améliorer les conditions de la femme enceinte. Hygiéniste et nataliste convaincu, il fut l’un des artisans la loi sur la retraite des ouvriers et paysans (ROP). Comme ministre de l’Agriculture, Chéron permit la généralisation du crédit agricole dans les campagnes ainsi que l’électrification massive de ces dernières. Chantre d’une véritable orthodoxie budgétaire, il s’ingéniât comme ministre des Finances, à toujours présenter un budget excédentaire, c’est ce qu’on appela le « bas de laine du père Gaspard » !

ESPRITSURCOUF : A-t-il pour autant échoué sur certains projets, certains dossiers ?

CLC : Quel homme politique n’a-t-il pas échoué sur certains projets ? Chéron n’échappe pas à la règle. Travailleur infatigable, celui-ci ne parvint cependant pas à faire aboutir son projet d’instauration de sociétés par actions à participation ouvrière (SAPO) au sein des entreprises. Son projet de réforme du Code pénal ne put lui non plus aboutir.

 Son plus gros échec, celui qui signa son retrait définitif de la politique nationale fut sa mauvaise gestion des affaires Stavisky, alors qu’il était garde des sceaux. Escroc notoire durant les années 1930, Stavisky  fut poursuivi à dix-neuf reprises pour autant de relaxes. Si les liens qu’il entretenait avec la classe politique lui évitèrent la prison, ils ne l’empêchèrent pas cependant d’être retrouvé « suicidé ». C’est cette mort, et celle tout aussi mystérieuse du magistrat Prince, qui ébranlèrent la République. Ayant à gérer les causes et les conséquences de ses « suicides » – victime expiatoire d’un régime corrompu et à l’agonie – cet homme probe qu’était Chéron, dut se démettre de ses fonctions de garde des sceaux pour ne plus jamais occuper de poste ministériel.

ESPRITSURCOUF  : Que reste-t-il de son aventure politique aujourd’hui, lui qui fut si populaire à son époque et qui semble bien oublié désormais ?

CLC : Chéron est effectivement, pour la majorité des Français, un illustre inconnu. Cependant, les noms de Fallières, de Paul-Boncour ou bien de Sarraut évoquent-ils quelque chose au plus grand nombre de nos concitoyens ? Pour en revenir à ce qu’il reste de Chéron, il est difficile de répondre à cette question. Durant le premier conflit mondial, il joua un rôle considérable depuis la commission sénatoriale des Armées, œuvrant pour augmenter la production de guerre de nos armées. La guerre achevée, son travail reconnu, Chéron présida aux destinées de l’Office national des mutilés de guerre – lointain ancêtre de l’actuel ONACVG – et lui donna des moyens considérables pour mener à bien sa mission de rééducation et de réinsertion de nos « gueules cassées ».

ESPRITSURCOUF : A-t-il laissé une postérité, des descendants ?

CLC : Chéron et son épouse n’eurent pas d’enfants. Ils élevèrent cependant comme leur propre fille, une nièce. Chéron était avocat et patron de presse, à Lisieux puis à Caen. Aujourd’hui, l’une de ses petites-nièces exerce la profession d’avocat sur le ressort du tribunal judiciaire de Caen. La tradition familiale de juriste est ainsi perpétuée dans l’ancienne capitale normande et le patronyme de Chéron toujours existant.

INFORMATIONS SUR L’AUTEUR

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Né à Caen en 1977, Cédric Le Cannelier quitte sa région natale après des études en histoire pour l’Île-de-France où il exerce la profession de fonctionnaire de police. Enquêteur spécialisé dans le domaine économique et financier affecté en Normandie, il demeure passionné par l’histoire et la politique, ce qui le conduit à écrire ce premier ouvrage, Henry Chéron, le Gambetta normand.
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INFORMATIONS SUR LE LIVRE


Auteur :
  Cédric Le Cannelier
Éditions :  Orep
Format : 16 x 23 cm
Nombre de pages : 600
Date de parution :  10/03/2021
ISBN :  2815105632
EAN :  978-2815105637
Prix : 24,50€

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