– ACTUALITÉS INTERNATIONALES
– LES ENJEUX DE LA DÉFENSE FRANÇAISE
– INDUSTRIE ET ÉCONOMIE
– GRANDS PROBLÈMES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ 

Jacques Raimond

SOMMAIRE 

 

  • ACTUALITÉS INTERNATIONALES :
  1. Même avec Trump, « l’isolationnisme américain est une fiction »
  2. Les ministres de la défense des pays de l’OTAN prennent des décisions destinées à renforcer l’alliance
  3. Syrie – Israël – Iran – Russie : retour sur la passe d’armes du 10 février
  • LES ENJEUX DE LA DÉFENSE FRANÇAISE :
  1. 4 temps forts du…général Maurice, COMSIC
  2. Les unités de l’armée de terre doivent « développer la capacité à s’orienter » sans système GPS
  3. Prisons, complotisme, écoles hors contrat… ce que contient le plan du gouvernement pour lutter contre la radicalisation
  • INDUSTRIE ET ÉCONOMIE :
  1. Comment Macron soutient les ventes d’armes à l’Arabie saoudite
  2. Pétrole : l’OPEP affaiblie par les coups de boutoir américains
  3. La réorganisation territoriale selon Macron sera girondine et jacobine à la fois
  • GRANDS PROBLEMES DE DEFENSE ET DE SECURITE :
  1. Hybridation criminelle : quand les organisations criminelles utilisent l’action humanitaire comme stratégie de légitimation
  2. La contrefaçon de médicaments : un danger émergent
  3. Pourquoi les USA veulent renforcer leurs capacités de dissuasion ?

de Jacques Raimond

 

ACTUALITÉS INTERNATIONALES

 

1 – Même avec Trump, « l’isolationnisme américain est une fiction » (Orient XXI, une interview d’Andrew Bacevich)

Contrairement à une idée reçue, la politique de l’administration américaine n’est pas isolationniste. Elle se caractérise par des interventions militaires permanentes, en continuité avec celle de l’administration Obama.

Professeur émérite de relations internationales à l’université de Boston, Andrew Bacevich, diplômé de l’Académie militaire de West Point et de l’université de Princeton, est un ancien colonel de l’armée américaine. Il a, entre autres, servi au Vietnam en 1970-1971. Il est l’auteur de The Limits of Power : The End of American Exceptionalism (Metropolitan Books, 2008) et deThe New American Militarism : How American are seduced by wars (Oxford University Press, 2005). Il se définit comme conservateur et collabore régulièrement au magazine The American Conservative.

Sylvain Cypel. — Y a-t-il une différence entre la politique de Donald Trump et celle de Barack Obama sur le terrain des interventions militaires à l’étranger ?

Andrew Bacevich. — Il est difficile de répondre à cette question, car on peut se demander si une « politique de Trump » existe réellement. Pour comprendre quel regard portent les États-Unis et quelles sont leurs intentions, quel poids devons-nous allouer aux remarques mises en scènes par ce président, que ce soit par ses tweets ou ses commentaires spontanés ? Et lorsque le président exprime des vues différentes de celles de ses subordonnés, tels que le secrétaire à la défense James Mattis, auquel des deux accorder le crédit de fixer la réalité de politique américaine ? Je n’ai pas de réponse satisfaisante à ces questions. Et si vous voulez mon avis, les dirigeants à Pékin, Tokyo, Moscou, Berlin ou Paris n’en ont pas plus que moi… L’incertitude qui en résulte constitue un des facteurs qui rendent la période actuelle particulièrement dangereuse. Quant aux interventions militaires, on peut dire ceci : le soi-disant « isolationnisme » qui aurait constitué un thème clé de la campagne de Trump ne décrit en aucune façon la politique de son administration. La volonté d’user de la force qui a caractérisé les dernières administrations américaines perdure. Trump a promis de remporter les guerres de l’Amérique ou bien de quitter les zones où elle intervient militairement. Il va simplement les continuer. C’est évident en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Yémen et en Somalie. Mon estimation — et ce n’est qu’une estimation — c’est que la montée en puissance de la présence militaire américaine dans ces pays reflète la prédisposition des généraux qui occupent des positions dominantes au sein de l’administration plutôt que les préférences de Trump. Enfin, en quoi la conduite actuelle des guerres américaines diffère de celles menées sous Obama ? La différence principale tient à l’usage accru de la force aérienne ajouté à une prise en compte réduite des dégâts causés aux populations civiles. Mais la principale mesure de continuité est que cette administration, comme celle qui l’a précédée, n’a pas le cran de se confronter à des pertes américaines substantielles. Nous voulons d’abord que les autres aillent se battre et mourir pour nous.

  1. C.— Trump a mené une campagne ambiguë, prônant une réduction de l’interventionnisme américain hors des frontières et parallèlement un renforcement de la puissance militaire américaine. Un an après son accession au pouvoir, peut-on discerner une stratégie internationale générale cohérente ?
  2. B.— Washington continue de multiplier les discussions au sujet de l’accroissement nécessaire des dépenses militaires, sans que personne ne nous explique clairement pourquoi ce serait nécessaire. Pour l’instant, diverses crises en cours — en particulier les controverses liées à la collusion supposée de l’équipe de campagne de Trump avec la Russie — rendent plus difficile pour le Congrès d’engager un débat rationnel sur ce que devrait être une politique de fond de sécurité nationale. La Maison Blanche a publié un texte de « stratégie nationale de sécurité ». Le Pentagone, un autre sur la « stratégie de défense nationale ». Les deux documents sont amplement rhétoriques, mais ils ne disent pas grand-chose de concret. Les deux ont suscité de petites vagues une fois rendus publics, puis ont été quasi instantanément oubliés. Mon impression est que cette administration, plus que les autres, se consume dans des considérations de court terme au prix d’une réflexion sur le long terme. Si un quelconque accord ou une initiative promet aux États-Unis un bénéfice substantiel immédiat, l’administration Trump va les soutenir. En revanche s’ils ne promettent que des bénéfices à plus long terme, elle s’y opposera.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://orientxxi.info/magazine/meme-avec-trump-l-isolationnisme-americain-est-une-fiction,2282

 

2 –  Les ministres de la défense des pays de l’OTAN prennent des décisions destinées à renforcer l’alliance (NATO, communiqué de presse)

Ce jeudi (15 février 2018), les ministres de la Défense des pays de l’OTAN réunis à Bruxelles sont arrivés au terme de deux journées de discussions axées sur la structure de commandement de l’OTAN, le partage équitable des charges et l’action que mène l’Alliance pour projeter la stabilité au-delà de ses frontières. Mercredi, les ministres ont pris des décisions visant à moderniser la structure de commandement de l’OTAN, face à l’évolution de l’environnement de sécurité. La structure de commandement adaptée mettra davantage l’accent sur la sûreté maritime, sur la logistique et la mobilité militaire, ainsi que sur la cyberdéfense. Les ministres ont approuvé la mise en place d’un commandement de forces interarmées pour l’Atlantique, qui aidera à protéger les voies de communication maritimes entre l’Amérique du Nord et l’Europe, ainsi que d’un commandement de soutien chargé de la logistique, du renforcement et de la mobilité militaire. En juin prochain, les ministres de la Défense prendront des décisions sur le calendrier, les lieux d’implantation et l’augmentation des effectifs. Le partage des charges a aussi été un thème important. Les ministres ont fait le point sur la concrétisation de l’engagement des pays de l’OTAN en matière d’investissements de défense. D’ici 2024, 15 Alliés devraient consacrer au moins 2 % de leur PIB à la défense. « Nous allons dans la bonne direction, et je compte bien que nous progresserons encore dans les années à venir », a déclaré le secrétaire général, Jens Stoltenberg. Les ministres ont ensuite été rejoints par la haute représentante de l’Union européenne, Federica Mogherini, et des représentants de la Finlande et de la Suède pour un débat sur la coopération OTAN-UE. « Nous sommes déterminés à intensifier notre coopération dans les domaines de la mobilité militaire, de la cyberdéfense et de la lutte contre les menaces terroristes », a indiqué M. Stoltenberg. Les pays de l’Alliance ont également évoqué les décisions prises récemment par l’UE dans le domaine de la défense et les moyens de garantir la complémentarité de l’action de l’UE et de celle de l’OTAN. Ce jeudi, les ministres ont discuté du rôle de l’OTAN dans la projection de la stabilité et la lutte contre le terrorisme. Les pays de l’Alliance sont convenus d’entamer la planification d’une mission OTAN de formation en Iraq, en réponse à une demande du gouvernement iraquien et de la coalition mondiale contre l’EIIL. La mise sur pied d’une mission permettra de pérenniser les activités de formation en cours, de mieux affecter les ressources et d’offrir aux Alliés un cadre bien établi pour mettre des forces à disposition. « Nous prévoyons aussi d’aider l’Iraq à relever encore le niveau de professionnalisme de ses forces, en mettant en place des écoles et des académies militaires spécialisées », a fait savoir M. Stoltenberg. Au cours de leurs discussions, les pays de l’Alliance ont également évoqué les autres priorités de l’OTAN dans le sud. « Nous sommes convenus que nous devions nous rendre davantage aptes à réagir en cas de crise dans la région, notamment en améliorant la planification et les exercices », a déclaré le secrétaire général.

 

3 – Syrie – Israël – Iran – Russie : retour sur la passe d’armes du 10 février (Institut Montaigne, Michel Duclos)

On serait tenté de résumer le bilan de la passe d’armes entre l’Iran, Israël et la Syrie au petit matin du 10 février en une formule simple, voire simpliste : victoire politique pour Assad et Téhéran, succès militaire, au moins relatif, pour Tsahal. Mais la séquence sans précédent qui s’est produite dans cette nuit de sabbat ne revêt-elle pas en réalité une signification plus complexe ? 

Eléments d’un premier bilan

Victoire politique pour le régime de Damas et son parrain iranien : c’est la première fois en effet depuis 1982 que les forces syriennes parviennent à descendre un avion militaire israélien (et de surcroît à contraindre un second à se poser en catastrophe). Il n’est pas indifférent que cette action ait eu lieu dans l’espace israélien, et non au-dessus du territoire syrien ou libanais.  Il ne faut pas s’y tromper : dans l’opinion des pays de la région, Assad a marqué un point très important. On peut voir dans l’épisode du 10 février une illustration du regain de confiance que le régime syrien éprouve depuis la défaite de l’opposition et de la détermination maintenue du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique à avancer ses pions dans la région. L’hybrisne semble pas loin. La prétention de l’axe Iran-Damas-Hezbollah à incarner la “résistance” contre le sionisme trouve un début de réalisation. Le rêve de l’établissement d’une “parité stratégique” avec Israël, qui était celui de Hafez al-Assad, va vraisemblablement revivre dans l’esprit des décideurs de l’”axe chiite”. Le paradoxe est que sur le plan militaire Israël a sans doute remporté la manche. La pénétration d’un drone iranien jusqu’à 35 km en territoire israélien et le sort des deux avions militaires de Tsahal ont certes dévoilé des vulnérabilités réelles. Il reste qu’Israël a été en mesure d’infliger en Syrie même deux séries d’attaques de très grande ampleur. Presque simultanément avec le tir d’un hélicoptère sur le drone iranien, l’aviation israélienne a frappé la base T4 à côté de Palmyre d’où était parti le drone, ainsi que plusieurs autres infrastructures militaires en territoire syrien, dont quatre iraniennes. C’est lors de ces attaques que les deux jets de Tsahal ont été touchés. En riposte, Israël a enclenché deux autres vagues de frappes décrites comme massives sur des cibles syriennes et iraniennes (en Syrie). Les porte-paroles de Tsahal évoquent la destruction d’environ la moitié des dispositifs anti-aériens syriens.

Leçons stratégiques

Au-delà de ce premier bilan plusieurs questions se posent :

  • Premièrement, quel était l’objectif réel du drone iranien dans la nuit de sabbat ? Les stratèges parlent comme toujours dans ces cas là d’une mission de “test” de la réactivité de l’adversaire ou encore d’un avertissement à l’égard d’Israël concernant tel ou tel sujet de crispation caché ou larvé qu’ignorent les observateurs. Le fait est cependant que cette fois la défense aérienne syrienne a fonctionné et a été en mesure d’infliger une perte encore une fois symboliquement majeure à la défense israélienne. Sans entrer dans la logique complotiste qui a souvent cours dans la région, il est tentant de soulever l’hypothèse d’un piège dans lequel le drone iranien aurait servi d’appât à une opération combinée entre forces iraniennes et syriennes.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.institutmontaigne.org/blog/syrie-israel-iran-russie-retour-sur-la-passe-darmes-du-10-fevrier

 

LES ENJEUX DE LA DÉFENSE FRANÇAISE 

 

1 –  4 temps forts du…général Maurice, COMSIC (Défense, armée de terre)

Le 23 février 2018, après 38 ans de service, le général de division Serge Maurice a rendu le commandement des systèmes d’information et communication (COMSIC) et fait ses adieux aux armes. Il revient sur les temps forts de ses 18 mois passés à la tête du jeune commandement breton.

1er juillet 2016 : création du COMSIC à Cesson-Sévigné


2017 : la division opérations rejoint le site de Cesson-Sévigné 

La création du COMSIC représente pour moi un élan très fort donné aux systèmes d’information et de communication de l’armée de Terre. Le 1er juillet 2016 a eu lieu, bien sûr, la cérémonie de création du commandement lui-même, ma prise de commandement de cette structure importante, mais également la création, le même jour, de la 807e compagnie de transmissions, première unité de cyberdéfense des armées. Tout cela est la marque d’un changement complet de physionomie, de périmètre et de responsabilités des SIC, et de l’importance que cette fonction revêt aujourd’hui dans l’organisation de nos armées. En effet, cette date marque le début d’une évolution importante de la fonction SIC, et plus largement du corps des Transmissions, qui quitte son rôle originel de mise en œuvre de systèmes de télécommunications et informatiques, pour s’orienter pleinement vers la maîtrise de l’information et donc de la donnée, en appui des postes de commandement et des états-majors. On nous demande aujourd’hui non pas simplement de déployer des systèmes ou même de délivrer des services, mais bien de gérer l’information transportée, la distribuer, la sécuriser, et donc la maîtriser. Le COMSIC se positionne désormais dans le rôle d’opérateur de la maîtrise de l’information pour l’armée de Terre et particulièrement pour les forces terrestres. Cette création constitue également la première étape d’une démarche vertueuse de concentration de l’expertise et des ressources sur un site unique, sous un commandement unique. A ce titre, la nouvelle organisation consacre le COMSIC dans un rôle fondamental de tête de chaîne fonctionnelle des SIC de l’armée de Terre, responsabilité ô combien importante et garante de la cohérence de l’action d’ensemble des organismes qui traitent de ce sujet, où qu’ils soient, y compris ceux ne se trouvant pas dans notre périmètre organique. Par ailleurs, ce rôle ne se limite pas simplement aux systèmes d’information et de communication en propre comme pourrait le faire croire l’appellation, mais inclut également des domaines émergents comme la cybersécurité ou le management de l’information. Je ressens une grande fierté d’avoir été le premier « COMSIC », d’avoir réussi cette montée en puissance et cette transformation en peu de temps finalement, avec tout mon état-major et le personnel des unités très engagé dans cette mutation inédite, tout en poursuivant sans rupture l’appui des opérations en cours.

C’est véritablement une étape majeure de la montée en puissance du COMSIC. L’arrivée de la « DIVOPS », l’ex état-major de la BTAC, qui a quitté Douai pour rejoindre Cesson-Sévigné avec son centre opérationnel, le CORTECS, s’est inscrit pleinement dans la dynamique globale. En moins d’un an, nous sommes parvenus à mettre en place une organisation et des processus cohérents et résilients, renforcés par notre intégration réussie dans le tissu local, nos relations avec les universités à travers l’école des transmissions et le PEC (pôle d’excellence cyber), les liens tissés avec les industriels, le développement de la réserve cyber-citoyenne. A ce titre, le COMSIC a immédiatement trouvé sa place dans la technopole rennaise, centrée sur les technologies des télécommunications depuis des décennies, et aujourd’hui tournée vers les matières liées à la Cyberdéfense, et s’est même positionné instantanément comme un centre de référence sur le sujet. Cette arrivée a donc profondément changé notre fonctionnement initial, mais aussi la vocation du quartier Leschi, conçu historiquement pour une « école » et devenu en quelques mois un site entièrement opérationnel, unique en son genre en France. Cela s’est traduit également par le doublement des effectifs permanents sur le quartier où travaillent aujourd’hui quotidiennement plus de 600 spécialistes des SIC, tous d’un très haut niveau d’expertise, sans compter les 3O00 stagiaires annuels de l’école des transmissions. Tout ceci a nécessité de fait une communication et une pédagogie adaptées en local, auprès des municipalités et de tous les acteurs régionaux, non seulement pour l’accueil de ces nombreux militaires et de leur famille, mais également pour expliquer nos métiers, nos missions, et tout simplement les conséquences de cette montée en puissance sur le bassin rennais. Je dois dire que tout cela s’est fait merveilleusement, à la fois grâce au soutien des municipalités, et en tout premier lieu celle de Cesson-Sévigné, mais également des instances départementales et régionales, militaires évidemment, des associations d’anciens militaires ou patriotiques, et tout simplement grâce au bon sens d’un jolie terre d’accueil. Enfin, il a également fallu « brancher les tuyaux » avec l’ensemble des unités de transmissions de l’armée de Terre, où qu’elles soient, en métropole mais aussi outre-mer et en opérations, pour établir sans rupture la nouvelle gouvernance du domaine SIC. Cela passe aussi par un dialogue constant et d’excellente qualité avec nos états-majors de rattachement, mais aussi avec nos partenaires alliés, britanniques et allemands en tout premier lieu, et les organismes interarmées avec lesquels nous travaillons au quotidien. Pour résumer, cela représentait un défi d’envergure à relever et, pour moi le catalyseur de notre réussite, fut l’arrivée de la division opérations.

L’exercice Ferrié 2017

Ferrié 2017 est un tournant symbolique dans l’entrainement des unités SIC de l’armée de Terre. Il illustre le changement dans notre mode d’entrainement, mais également l’évolution du site que j’évoquais précédemment.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.defense.gouv.fr/terre/actu-terre/4-temps-forts-du-general-maurice-comsic

 

2 –  Les unités de l’armée de terre doivent « développer la capacité à s’orienter » sans système GPS (OPEX 360, Laurent Lagneau)

Une récente lettre du RETEX (Retour d’expérience) publiée par le Centre de doctrine et d’enseignement du commandement (CDEC) de l’armée de Terre a abordé le récent déploiement du sous-groupement tactique interarmes (S/GTIA) Lynx à Tapa [Estonie], au sein d’un bataillon multinational de l’Otan, dont l’ossature était fournie par la British Army. Dans les grandes lignes, ce S/GTIA Lynx, à dominante infanterie, était composé de trois sections VBCI [Véhicule blindé de combat d’infanterie], d’un peloton de chars Leclerc, d’une section du génie et cellules de l’échelon national de soutien. La présence française au sein de bataillon multinational de l’Otan s’est traduite par deux mandats de 4 mois chacun, le dernier s’étant terminé en décembre 2017. Désormais, le S/GTIA a quitté l’Estonie pour la Lituanie où il a été intégré à une unité sous commandement allemand. Au cours de la mission en Estonie, le S/GTIA Lynx a pris part à trois exercices majeurs (Tornado, Spring Storm et Saber Strike) qui auront été autant d’occasions d’évaluer ses capacités. D’où cette lettre du RETEX. Cette dernière a accordé plusieurs bons points. L’efficacité de la logistique a ainsi été soulignée. « Nos capacités d’autonomie et de combat au plus près des lignes ont été remarquée par nos partenaires britanniques. […] Aucune rupture logistique n’a été constatée », le SGIA ayant pu « jouer le recomplément quotidien auprès des sections sans interruption d’exercice », lit-on. Cela vaut aussi pour la manoeuvre logistique de projection, qui « a confirmé la pertinence de l’utilisation du rail pour les acheminements stratégiques. » Cette Lettre du Retex souligne également la bonne interopérabilité, notamment avec les Britanniques, sur la plan opérationnel, cette dernière s’étant « avérée particulièrement satisfaisante dans le cadre des appuis et des soutiens croisés. Cependant, elle estime que « la poursuite de l’effort à conduire sur l’apprentissage de la langue anglaise, dont le niveau apparaît encore insuffisant, doit être considéré comme prioritaire. » Ce déploiement en Estonie était une première dans l’histoire récente de l’armée de Terre [Tapa n’a pas dû voir un soldat français depuis les campagnes napoléoniennes, ndlr]. Mais cela n’a, a priori pas posé de problème particulier. Le cadre de la mission du S/GTIA Lynx « rappelle également que l’armée de Terre doit préserver ce qui a longtemps fait sa spécificité : sa capacité à comprendre l’environnement humain, la langue et la culture dans le pays où elle intervient », avance le document.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.opex360.com/2018/02/24/gps-unites-de-larmee-de-terre-doivent-developper-capacite-a-sorienter-systeme-gps/

 

 

3 – Prisons, complotisme, écoles hors contrat… ce que contient le plan du gouvernement pour lutter contre la radicalisation ( France TV infos, avec AFP)

Retours de Syrie et d’Irak, gestion des détenus radicalisés, surveillance des établissements scolaires privés hors contrat… Edouard Philippe a présenté vendredi à Lille un plan de 60 mesures contre “la radicalisation islamiste”. C’est un domaine dans lequel les autorités avancent encore à tâtons. Trois ans après les attentats de janvier 2015, le Premier ministre Edouard Philippe a présenté à Lille (Nord), vendredi 23 février, un nouveau plan de 60 mesures contre la “radicalisation islamiste [qui] menace notre société”. En voici les principales.

Un plan contre le complotisme à l’école et une surveillance accrue des établissements privés

Edouard Philippe a commencé son intervention en évoquant la propagande jihadiste en ligne. Il a annoncé une systématisation des exercices de réflexion critique sur l’information et les médias dans les établissements scolaires afin que les élèves puissent “se prémunir, en particulier contre les théories complotistes”.  Le Premier ministre est également revenu sur les établissements scolaires privés hors contrat, qui dispensent souvent un enseignement religieux et qui accueillent 74 000 élèves sur les 12 millions que compte la France. Une “part très limitée, mais en très forte progression”, a relevé Edouard Philippe, qui a précisé que 150 établissements de ce type avaient ouvert leurs portes en 2017. Afin de mieux les contrôler, Edouard Philippe a annoncé que les trois réglementations différentes qui régissent leur statut seraient unifiées et que des inspecteurs seraient spécialisés dans l’évaluation des enseignements qui y sont dispensés.

Des moyens plus simples d’écarter les fonctionnaires radicalisés

“L’Etat, en tant qu’employeur, n’est pas épargné par le risque de radicalisation”, a prévenu le Premier ministre. Pour mieux gérer les situations de fonctionnaires radicalisés, Edouard Philippe a annoncé la signature prochaine de deux décrets permettant “d’écarter un militaire ou un fonctionnaire (…), dont le comportement serait devenu incompatible avec l’exercice de ses fonctions”“Nous devons aussi élargir notre réflexion et envisager d’écarter de ses fonctions un agent en contact avec le public et sur lequel il est susceptible d’avoir une influence” lorsque celui-ci est engagé dans un processus de radicalisation, a ajouté le chef du gouvernement. Des propositions en ce sens seront déposées d’ici à la mi-2018.

De nouveaux quartiers isolés dans les prisons pour les détenus radicalisés

Edouard Philippe a enfin évoqué la question de la déradicalisation. Un terme qu’il juge “peu approprié, car nul ne dispose d’une formule magique” qui permettrait de déprogrammer un individu comme un “logiciel dangereux”.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.francetvinfo.fr/monde/terrorisme-djihadistes/prisons-complotisme-ecoles-hors-contrat-ce-que-contient-le-plan-du-gouvernement-pour-lutter-contre-la-radicalisation_2

 

INDUSTRIE ET ECONOMIE 

 

1 – Comment Macron soutient les ventes d’armes à l’Arabie saoudite (Challenges)

Alors que le Quai d’Orsay et le ministère de la Défense se divisent sur des ventes d’armes à l’Arabie saoudite, Matignon et l’Elysée ont tranché en faveur de l’export. Faut-il continuer à vendre des armes à Riyad, en plein conflit avec le Yémen ? La question commence à diviser sérieusement les administrations siégeant à la Commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériels de guerre (CIEEMG). Ces derniers temps, les représentants du ministère des Affaires étrangères ont émis des avis négatifs sur plusieurs dossiers. La Défense se tenait sur une position inverse, favorable aux exports. Matignon et l’Elysée ont donc dû arbitrer. Ils ont donné un feu vert aux demandes contestées de prises de commandes ou de livraisons de matériels. Et pour cause : l’Arabie saoudite était entre 2007 et 2016 le second client de la défense française derrière l’Inde. Le montant des prises de commandes représentait 764 millions d’euros en 2016 et, la même année, Riyad a versé 1.085,8 millions d’euros pour payer les matériels livrés. Les industriels, soutenus donc par Emmanuel Macron, n’ont pas envie de se priver de ce marché alors que le prince héritier Mohammed ben Salmane s’impose à la tête du pays.

Montée du Riyad bashing

Les dossiers les plus discutés sont ceux des matériels destinés aux unités engagées dans le conflit yéménite, comme la Garde nationale. Par exemple, les engins Sherpa et les VAB Mk3 de Renault Trucks Defense, les Caesar de nouvelle génération de Nexter, mais aussi ses canons de 105mm et ses blindés 6×6 Titus. D’importantes demandes de licences concernent aussi les munitions et leurs dispositifs de réglage, les matériels de  conduite de tirs et l’imagerie qui va avec… Le 9 février, la ministre de la Défense, Florence Parly, était intervenue publiquement, et non sans maladresse, pour expliquer la position française sur ces exportations d’armes. “Qui pouvait imaginer la survenance de ce conflit au Yémen? (…) Beaucoup de pays sont confrontés à cette situation que d‘avoir, le cas échéant, livré des armes à d‘autres pays alors que ces armes n‘étaient pas censées être utilisées”, avait-elle expliqué sur France Inter. Les prises de position dissonante du Quai montrent que le “Ryad bashing“ gagne du terrain, y compris en France. Plusieurs pays européens ont déjà choisi de bloquer leurs exportations en réaction à l’implication des Saoudiens dans la guerre au Yémen où les cibles sont autant civiles que militaires. Après les parlementaires ou gouvernements néerlandais, norvégiens et belges, l’Allemagne a annoncé en janvier dernier l’interruption des exportations. Cette décision – après une année 2017 particulièrement faste avec 530 millions d’euros de ventes – devrait être confortée par le prochain gouvernement Merkel où le SPD devrait gagner en influence.

 

2 – Pétrole : l’OPEP affaiblie par les coups de boutoir américains (ORIENT XXI, Jean-Pierre Séréni)

Après sept mois de hausse ininterrompue, le pétrole a connu sa pire semaine début février avec une baisse des cours de près de 10 % en cinq jours. La réduction de la production mise en place l’an dernier par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole aidée par la Russie se poursuivra-t-elle encore longtemps ? Le retour des États-Unis parmi les très grands pays pétroliers bouleverse la donne et marginalise l’OPEP. Le yoyo a repris sur les marchés pétroliers. Depuis juillet 2017, la remontée des cours du Brent — le brut de référence pour l’Europe et le Proche-Orient à Londres — a été de plus de 50 %, entre son point bas en juin 2017 et son point haut atteint le 11 janvier 2018 à plus de 71 dollars. Depuis, le Brent recule, perdant notamment 10 % en une semaine entre le 4 et le 9 février avant de se reprendre quelque peu. Un sentiment hante l’industrie pétrolière : l’incertitude des lendemains. Incertitude d’abord sur la reprise du deuxième semestre 2017. Quelles en sont les causes ? L’hiver a été plus rigoureux que d’habitude, en particulier en Amérique du Nord, qui garde sa place de premier consommateur au monde d’hydrocarbures ; par conséquent la consommation a été plus élevée. La reprise économique internationale a été plus forte qu’anticipée ; la zone euro a retrouvé des rythmes de croissance disparus avec la crise de 2008 et la Chine a fait mieux que prévu, de même que l’Inde. Enfin, le brut a suivi très fidèlement l’envolée de Wall Street et des autres matières premières, encouragé par une baisse de 10 % du dollar sur un an qui a sans doute attiré aussi les spéculateurs ne travaillant pas avec le billet vert. Ce n’est pas un hasard si la chute enregistrée durant la première semaine de février l’a été à la fois sur les places financières internationales et sur les marchés pétroliers. Entre l’Institut international de l’énergie (IEA) qui défend les pays consommateurs et l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) qui soutient les producteurs, le débat a fait rage toute l’année passée sur le niveau de la demande mondiale à attendre en 2017-2018. La version optimiste de cette dernière qui le voyait plus élevé que sa rivale semble s’être concrétisée. À Vienne, au siège de l’OPEP, on impute l’amélioration passée à la baisse de la production des États membres de 1,8 million de barils/jour, décidée en juin 2017 à la suite d’une volte-face de l’Arabie saoudite et d’un ralliement in extremis de la Russie.

Irruption du pétrole de schiste américain

En 2014, au démarrage de la crise pétrolière, Ali Al-Naimi, le ministre saoudien du pétrole en poste depuis 20 ans, refusait toute réduction. En inondant le marché, il entendait provoquer la chute des cours et casser les reins de l’industrie américaine du schiste, née quelques années plus tôt. En 2010, l’Amérique fait figure de has been pétrolier : à peine 5 millions de barils/jour contre le double dans les années 1970, des prix supérieurs de plusieurs dollars à ceux de l’Europe et une interdiction d’exporter le brut américain qui remonte au premier choc pétrolier en 1973. Cinq ans plus tard, la donne a changé, grâce à une innovation technologique : la fracturation hydraulique des gisements de schiste. Ni George W. Bush, ni Barack Obama, ni Donald Trump n’y ont contribué ; plus de 200 milliards de dollars y ont été dépensés par le secteur privé dans le plus fort investissement américain du siècle. Des milliers d’entrepreneurs se sont lancés dans l’aventure, des centaines de milliers de techniciens et d’ouvriers sont arrivés dans ces États déshérités de l’Oklahoma, du Montana, du Texas occidental pour y réaliser leur rêve américain. En janvier 2016, les cours du Brent atteignent leur plus bas niveau, avec à peine 32 dollars le baril. L’industrie américaine, touchée mais pas coulée, réduit les forages, la production, les salaires. Entre temps, le roi Salman Ben Abdelaziz Al-Saoud a succédé à son demi-frère et le 7 mai 2016, Al-Naimi est limogé. Le principal producteur de brut avec la Russie et l’Amérique change de politique pétrolière et se rallie à la stratégie de réduction de la production de l’OPEP, position traditionnelle des « durs » de l’organisation en temps de bas prix. Problème, ses douze membres ne font plus le poids pour la mener seuls et doivent s’adjoindre la Russie pour atteindre le quantum d’action.

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https://orientxxi.info/magazine/petrole-l-opep-affaiblie-par-les-coups-de-boutoir-americains,2281

 

 

3 – La réorganisation territoriale selon Macron sera girondine et jacobine à la fois (Le Nouvel économiste, Jean-Michel Lamy)

La décentralisation à la française sans clarification du partage des compétences entre des échelons toujours plus nombreux vit une fin de partie Le big bang territorial laissé en héritage par François Hollande est inachevé et désorganisé. Comment s’y prendre ? Emmanuel Macron hésite. Il a déjà dû faire face à une série d’escarmouches avec les maires de France. Il doit gérer une forte tension avec les présidents de département. Il se désole en regardant l’entrelacs inextricable du Grand Paris institutionnel. Aussi a-t-il choisi de faire du Macron. Pas de grand soir, mais du pragmatisme de gauche et de droite. La réorganisation territoriale sera girondine et jacobine à la fois. À l’instar du traitement proposé à la “spécificité” corse, reconnaissance constitutionnelle sous condition d’un ancrage fort dans une république souveraine.

La frontière invisible

Le chef de l’État sait qu’il joue gros. Les fractures sociales et géographiques qui divisent les Français recoupent largement la frontière invisible entre son électorat de “Marcheurs” et celui du vote “périphérique” de la population désindustrialisée. La métaphore du premier de cordée qui hisse les suivants ne s’applique pas à un dynamisme métropolitain largement autocentré. La fatigue qui gagne nombre d’élus locaux reflète ce décrochage entre les deux France. C’est un péril majeur pour la République – même s’il reste pour l’heure cantonné à la mauvaise humeur des praticiens du millefeuille territorial. “Les fractures sociales et géographiques qui divisent les Français recoupent largement la frontière invisible entre son électorat de “Marcheurs” et celui du vote “périphérique” de la population désindustrialisée” Emmanuel Macron a une conscience aiguë de tous ces déséquilibres. “Depuis plusieurs années, notre pays se fragmente sous nos yeux”, écrit-il dans le livre-programme ‘Révolution’. En réalité, la décentralisation à la française, née en 1982 avec les lois Defferre, vit une fin de partie. Des décennies sans clarification du partage des compétences entre des échelons toujours plus nombreux ont conduit à cette impasse. C’est la facture de la lâcheté. D’un côté, l’État continue à se délester de pans entiers de politiques publiques tout en se refusant à lâcher prise sur la fiscalité locale. D’un autre côté, les collectivités territoriales veillent jalousement sur leur autonomie tout en exigeant de l’État central qu’il assure l’égalité entre toutes les zones. Comment introduire un peu de responsabilisation dans ce magma ? Le chef de l’État attend énormément d’un droit à la différenciation beaucoup plus musclé et facilement accessible. C’est le pari de l’expérimentation ponctuelle et de l’innovation contre la rente – y compris dans les endroits les plus reculés. Il est au cœur de la démarche macronienne. Bonne chance Monsieur le président.

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https://www.lenouveleconomiste.fr/reorganisation-territoriale-selon-macron-sera-girondine-jacobine-a-62571/

 

 

GRANDS PROBLÈMES DE DÉFENSE
ET DE SÉCURITÉ

 

1 – Hybridation criminelle : quand les organisations criminelles utilisent l’action humanitaire comme stratégie de légitimation (IRIS,  Isabelle Kemmel-Noret)

Une organisation criminelle est dite « hybride » lorsqu’elle est en capacité de présenter différents visages[1]. Elle ne se limite pas à ses activités criminelles, et s’investit dans des actions plus légales et légitimes, telles que des activités financières, commerciales, politiques, sociales ou humanitaires. Le Hamas, par exemple, possède une branche politique, une branche sociale et une branche armée qui est qualifiée d’organisation terroriste par l’Union européenne depuis 2001. L’organisation a longtemps bénéficié d’une distinction entre ses différentes branches jusqu’à ce que des liens soient reconnus et que l’organisation dans sa totalité soit inscrite sur la liste des organisations terroristes de l’UE en 2003. Pablo Escobar s’était également servi de cette hybridation, en mêlant le trafic de drogues avec le développement de plans sociaux à Medellín et l’intégration dans la vie politique colombienne[2]. Aujourd’hui, c’est Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) et présente au Yémen, qui se sert de la reconstruction d’infrastructures et du soutien à la population pour étendre son influence au-delà de ses activités criminelles[3]. La forme d’hybridation qui nous intéresse ici, est l’association d’activités criminelles avec des activités sociales ou humanitaires. Véritable stratégie de légitimation, il est essentiel de comprendre son fonctionnement et son intérêt si l’on veut lutter contre l’enracinement et la propagation de ces acteurs criminels dans les sociétés. L’opacité provoquée par cette hybridation rend la définition et la catégorisation de ces acteurs complexes et difficiles. Le Hezbollah, par exemple, est-il un parti politique, une organisation caritative ou une organisation terroriste ? L’Union européenne n’a inscrit que la branche armée du Hezbollah dans sa liste d’organisations terroristes, contrairement aux États-Unis qui considèrent que l’organisation dans son ensemble est terroriste[4]. En s’investissant sur différents plans, tels que la lutte armée, la vie politique, la reconstruction sociale ou des activités commerciales, les acteurs non-étatiques sont en mesure de brouiller les frontières entre leurs activités criminelles et leurs activités plus légitimes, de se positionner en tant qu’acteurs politiques légitimes, et/ou de s’enraciner durablement au cœur des sociétés en créant, ou en conservant, une base sociale. La légitimité populaire apporte pouvoir et soutien aux acteurs qui l’obtiennent : une base sociale permet notamment à un acteur non-étatique (agissant dans la légalité ou non) d’acquérir un poids face aux États et autres acteurs politiques. L’action sociale-humanitaire devient alors un atout stratégique. Elle permet à une organisation de créer un contact direct et positif avec les populations, utilisant ce que Joseph Nye appelle le soft power. Construire ou réhabiliter des infrastructures culturelles, sportives, sanitaires, ou des infrastructures routières permet d’améliorer sensiblement les conditions de vie des populations. Lorsque l’action est ciblée dans des quartiers, des zones ou des régions habituellement délaissées par les autorités étatiques, elle permet à l’acteur non-étatique de prendre la place de l’État providence et de concurrencer, voire de défier sa légitimité.

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http://www.iris-france.org/108000-hybridation-criminelle-quand-les-organisations-criminelles-utilisent-laction-humanitaire-comme-strategie-de-legitimation/

 

2 – La contrefaçon de médicaments : un danger émergent (Le portail de l’IE, Mathilde de Gournay)

Autrefois centré sur le secteur du luxe, le développement croissant de la contrefaçon est devenu une problématique majeure qui touche presque tous les secteurs d’activité. Un médicament sur dix vendu dans le monde est contrefait et ce chiffre peut atteindre sept sur dix dans certains pays en développement. Au sein de l’Union Européenne, les produits contrefaits constituent près de 5% des importations, soit 85 milliards d’euros. L’industrie pharmaceutique est particulièrement touchée à cause de l’augmentation significative des médicaments contrefaits qui représente désormais une véritable menace.

La contrefaçon, une industrie en évolution

Les dernières opérations de saisie réalisées démontrent que la plupart des produits pharmaceutiques contrefaits proviennent d’Asie et principalement de Chine, d’Inde et de Singapour. Cependant, le développement de la mondialisation et l’utilisation d’itinéraires complexes via les marchés parallèles rendent plus obscure la provenance exacte de tels produits. Ainsi, le pays qui produit les articles contrefaits peut être différent de celui qui les falsifie, ce qui rend d’autant plus difficile l’identification du pays émetteur. Depuis quelques années et notamment avec le développement d’Internet, la contrefaçon se développe. De plus en plus de sites ou plateformes de contrefaçon apparaissent sur Internet, permettant ainsi aux contrefacteurs de toucher un plus large public, tout en réduisant le risque d’être identifié et en limitant les coûts. Ces sites illicites se professionnalisent et se présentent désormais comme des sites fiables, offrant toutes les garanties attendues. Même si la chaîne de distribution en France est très contrôlée, l’achat en ligne de médicaments permet le développement de la contrefaçon sur le territoire. Il est alors possible, par la vente en ligne, de se procurer des médicaments à moindres coûts et sans prescription médicale. Certains sites vont jusqu’à afficher une mise en page et des produits parfaitement identiques à ce que les marques proposent.  Même si plusieurs éléments ont été identifiés pour authentifier les médicaments, tels que les hologrammes, le code barre composé de treize caractères ou encore les étiquettes de sécurité, les consommateurs sont souvent escroqués car peu avertis.

L’apparition de nouvelles problématiques face aux produits contrefaits

La diversification du marché des produits imités représente une problématique de santé publique.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://portail-ie.fr/analysis/1756/jdr-la-contrefacon-de-medicaments-un-danger-emergent

 

3 – Pourquoi les USA veulent renforcer leurs capacités de dissuasion ? (L’Orient le Jour, Elie Saïkali)

Washington a choisi de se réarmer pour contrecarrer l’érosion de sa puissance face à la modernisation stratégique récente de Pékin et Moscou. 

Une étude réalisée par l’International Institute for Strategic Studies (IISS) sortie le 14 février atteste que la Russie et la Chine ont opéré un renforcement de leurs infrastructures stratégiques et qu’elles occupent une place de plus en plus importante sur la scène militaire internationale. Même si les États-Unis constituent toujours la première force militaire du monde, « il est devenu de plus en plus évident que la période de primauté stratégique américaine incontestée est terminée », constate l’étude de l’IISS. Depuis la Seconde Guerre mondiale et davantage pendant la guerre froide, les États-Unis ont étendu leur capacité militaire pour pouvoir agir aux quatre coins de la planète grâce à une présence sur plus de soixante territoires. Mais l’augmentation des budgets militaires et nucléaires russo-chinois ainsi que leur déploiement au-delà de leurs territoires d’origine inquiète de plus en plus Washington. À la deuxième place du classement mondial des dépenses militaires avec un chiffre officiel de 150 milliards de dollars, la Chine a la volonté de moderniser son arsenal stratégique et nucléaire et de déployer son armée vers d’autres territoires. Elle a ainsi ouvert sa première base militaire à l’étranger en 2017, à Djibouti, et commence à gagner du terrain dans la zone du Pacifique occidental, zone où les États-Unis sont traditionnellement prédominants. La Russie, avec plus de 60 milliards de dollars, se situe certes à la quatrième place du classement mais reste l’une des armées les mieux entraînées de la planète. « La Russie a l’intention de générer davantage de forces militaires utilisables à des niveaux de préparation plus élevés et de moderniser ses forces stratégiques, terrestres et aériennes, ainsi que ses capacités de guerre électronique et de frappe de précision, y compris celles des plates-formes maritimes », explique l’étude de l’IISS. Même si le budget militaire réuni de Moscou et de Pékin dépasse à peine le tiers des dépenses américaines en matière de défense (plus de 600 milliards), Washington considère que ces deux puissances peuvent représenter de sérieuses menaces, d’autant plus que l’agence de presse chinoise Xinhua a rapporté qu’elles ont partagé la volonté d’approfondir leur coopération militaire en décembre 2017. Avant la sortie du rapport, le constat de l’érosion de la puissance américaine dans le monde avait été établi par l’administration Trump au début du mois de février.

Menaces croissantes

« Nous devons moderniser et reconstruire notre arsenal nucléaire, en espérant ne jamais avoir à nous en servir en le rendant tellement performant qu’il dissuadera toute volonté d’agression », avait déclaré le président américain devant le Congrès lors de son discours sur l’état de l’Union le 30 janvier dernier. « Peut-être y aura-t-il un moment magique où tous les pays abandonneront leurs armes nucléaires. Malheureusement nous n’y sommes pas encore », avait-il déploré. Le président américain avait ordonné au département américain de la Défense, peu de temps après son investiture à la Maison-Blanche, d’élaborer une nouvelle stratégie pour dissiper cette inquiétude..

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https://www.lorientlejour.com/article/1100619/pourquoi-les-usa-veulent-renforcer-leurs-capacites-de-dissuasion.html