REVUE DE PRESSE
ESPRIT SURCOUF
n°9

SOMMAIRE 

 

  • ACTUALITÉS INTERNATIONALES :
  1. Israël : contenir Téhéran
  2. Les trois certitudes et les trois inconnues du Brexit
  3. Frappes américaines en Syrie : un tournant ?
  4. Espagne – silence des armes au pays basque
  • LES ENJEUX DE LA DÉFENSE FRANÇAISE :
  1. Le renseignement au rapport
  2. Brigade aérocombat : son état-major bientôt certifié
  3. Mise en œuvre des premières mesures d’attractivité de la Garde nationale
  • INDUSTRIE ET ÉCONOMIE :
  1. Standard & Poors abaisse la note de l’Afrique du Sud
  2. STX France : accord trouvé entre l’Etat et Fincantieri
  • GRANDS PROBLÈMES DE DEFENSE ET DE SÉCURITÈ:
  1. Le facteur chiite dans la politique étrangère de l’Iran
  2. Faire face à la menace NRBC
  3. Union européenne : Le conseil adopte la stratégie de l’UE pour la Syrie

 

de Jacques Raimond

 

ACTUALITÉS INTERNATIONALES

 

 1 –  Israël : contenir Téhéran (TTU Online)

 

Une possible installation permanente des Gardiens de la Révolution iraniens et du Hezbollah libanais dans la partie restée syrienne du Golan à proximité des lignes israéliennes inquiète Benjamin Netanyahu. Empêcher, par la force si nécessaire, un tel projet est pour lui la principale priorité. Résultat : les raids aériens contre les livraisons d’armes iraniennes au Hezbollah transitant par la Syrie vont se poursuivre ainsi que les éliminations ciblées de responsables militaires iraniens et de la milice chiite dans le secteur du Golan resté syrien. Depuis 2013, une vingtaine de ces opérations ont été lancées par l’armée israélienne. Les responsables israéliens sont également décidés à détruire toute milice fondée par l’Iran, la Syrie et le Hezbollah qui se livrerait à des attaques visant les colonies israéliennes disséminées sur le plateau du Golan. Parmi les autres motifs d’inquiétude de l’Etat hébreu figurent en bonne place les discussions qui seraient en cours entre le régime de Bachar al-Assad et Téhéran sur la location à long terme d’un espace dans le port syrien de Lattaquié. Ce qui permettrait à l’Iran d’organiser une présence permanente en Méditerranée, de livrer des armes plus facilement à son allié libanais, de menacer le trafic maritime de l’Etat hébreu ainsi que ses plateformes gazières. Parallèlement, le chef d’état-major, le général Gadi Eisenkot, a lancé une mise en garde au gouvernement libanais. Selon lui, en cas de nouvelle guerre contre le Hezbollah, Israël visera indistinctement infrastructures civiles et institutions d’Etat, tout comme les objectifs liés au Hezbollah. «Les Libanais doivent bien comprendre qu’ils auront à payer au cas où ils laisseraient le Hezbollah entraîner leur pays dans une guerre», explique un officier. Selon lui, il n’y a aucune raison de ménager le Liban car le Hezbollah fait partie du gouvernement et que le président Michel Aoun soutient ce mouvement à qui il doit son élection. Ces avertissements se multiplient ces dernières semaines : «Nous devons mettre les points sur les i avant qu’un nouvel ordre s’instaure en Syrie», ajoute cet officier. Ce message est aussi adressé à Vladimir Poutine. Le Kremlin a marqué son mécontentement en convoquant au début du mois l’ambassadeur israélien à Moscou à la suite d’attaques aériennes israéliennes en Syrie. Mais, comme le souligne Avigdor Liberman, le ministre de la Défense, quelle que soit la volonté de ne pas se mettre à dos la Russie, «Israël ne transigera pas sur sa sécurité». Jusqu’à présent, des «arrangements» conclus entre Benjamin Netanyahu et Vladimir Poutine lors de rencontres ces derniers mois à Moscou ont permis d’éviter des affrontements entre avions des deux pays opérant dans l’espace aérien syrien. Reste à savoir si le président russe acceptera de respecter ces règles du jeu si Israël adopte une tactique beaucoup plus «dure».

2 – Les trois certitudes et les trois inconnues du Brexit (La Tribune, Florence Autret)

 

Les Européens ont répondu à l’improvisation britannique en posant un cadre procédural et un calendrier les plus clairs possibles, sans rien cacher des périls de la négociation ouverte le 29 mars. S’ils arrivent à sortir par le haut de la négociation, cela pourrait améliorer leurs relations avec d’autres pays tiers. « Ce sera une négociation très dure, mais ce ne sera pas la guerre », a expliqué le Premier ministre maltais Joseph Muscat qui présentait le 31 mars depuis La Valette les neuf pages de « lignes directrices » aux côtés du président du Conseil Donald Tusk. Le ton est donné. « Brexit veut dire Brexit. Et le Brexit aura des conséquences. Les choses changeront. Il y aura des perturbations. Il y aura des barrières… Notre tâche vise à les réduire au maximum… Cette négociation a pour objet de limiter les dégâts », déclarait pendant ce temps à Bruxelles un haut fonctionnaire. Voici les trois certitudes et les trois inconnues de la négociation, la plus périlleuse qu’ait jamais eu à mener l’Union européenne.

Trois certitudes

Le couperet tombera en 2019

A partir du 29 mars, il n’y aura plus de députés européens britanniques siégeant au Parlement, plus de ministre de sa Majesté dans les réunions du Conseil, plus de juge britannique à la Cour de Luxembourg. L’Union continuera à travailler dans une langue, l’anglais, qui n’est celle que de 1% de ses habitants. Les relations entre l’Union européenne et du Royaume-Uni seront celles de deux « tiers », elles se joueront sur le registre de la diplomatie, comme avec les Etats-Unis, la Russie ou le Japon.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/les-trois-certitudes-et-les-trois-inconnues-du-brexit-677465.html

 

3 – Frappes américaines en Syrie : un tournant ? (Euronews, Sophie Desjardin)  >F

 

Hasni Abidi est directeur du CERMAM, le Centre d‘études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen à Genève.

Sophie Desjardin, euronews :

Au bout de cinq ans de guerre, ces frappes américaines marquent-elles un tournant dans le conflit ?

Hasni Abidi, directeur du CERMAM :

Pour la première fois, il y a une frappe, une menace aérienne contre les installations militaires en Syrie, en dépit de la mise en garde des Russes et des Iraniens. Pour cette raison, on peut vraiment parler d’un tournant dans la politique américaine en Syrie.

Sophie Desjardin, euronews :

Il y a peu de chances, à moins que les Etats-Unis entrent dans une campagne à long terme, que ces frappes changent la donne du côté du régime syrien. Quel en est donc le but à votre avis ?

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://fr.euronews.com/2017/04/07/frappes-americaines-en-syrie-un-tournant

 

4 – Espagne – silence des armes au pays basque (IRIS, Jean-Jacques Kourdliansky)

 

Samedi 8 avril 2017, l’Euskadi Ta Askatasuna (Pays basque et Liberté, ETA) dépose unilatéralement les armes. Un dépôt qui arrive après 60 ans d’une existence entamée pendant les années noires de la dictature franquiste. La remise des armes à la justice française, opérée par un Comité de vérificateurs internationaux, est effectuée discrètement près de Bayonne. Le gouvernement basque espagnol a quant à lui joué un rôle de garant. L’évènement est « historique » selon la terminologie médiatique. Ou aurait pu l’être. En effet, depuis plusieurs années, le « terrorisme basque » ne constitue plus la préoccupation majeure des Espagnols. Pas plus d’ailleurs qu’elle ne l’est pour les basques d’Espagne. Un récent sondage de l’institut officiel CIS signale l’effacement du risque terroriste, dépassé par le chômage et la corruption. La guerre est en effet finie depuis longtemps. Francisco Franco, caudillo des Espagne, est mort le 20 novembre 1975. Depuis cette date, l’Espagne – Pays basque compris – a consolidé de manière spectaculaire un changement démocratique, social et économique. Certes, la démocratie espagnole est sans doute – pour paraphraser Winston Churchill – le pire des régimes, à l’exception de tous les autres. La négation de la transition démocratique par l’ETA a artificiellement perpétué un conflit hérité du franquisme dans le triangle du nord : Bilbao – Saint Sébastien – Pampelune. Le « colonialisme espagnol », selon la vulgate d’ETA, aurait changé de visage à la mort du dictateur en laissant les « pouvoirs de fait » – armée, police, Église et banque – aux commandes.  Bilan : 829 responsables politiques, gardes civils et policiers ont été assassinés, tandis que des centaines de commerçants, industriels et avocats ont été soumis à des extorsions crapuleuses. Des législations d’exception ont également été mises en place par l’État central, impliquant notamment la pratique de la torture. En parallèle, des groupes paramilitaires, tels que le Bataillon basque espagnol et les Groupes antiterroristes de libération (GAL), ont sévi. Il faut ajouter à tout cela d’autres crimes commis par l’organisation terroriste. Au total, sans doute 1200 personnes ont été les victimes de cette guerre sans nom. L’économie a aussi souffert, notamment par les délocalisations de dirigeants d’entreprise. En outre, des cadres et des journalistes ont quitté le Pays basque.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.iris-france.org/92070-espagne-silence-des-armes-au-pays-basque/

 

 

LES ENJEUX DE LA DEFENSE FRANÇAISE :

 

 

1 –  Le renseignement au rapport

 

Le rapport 2016 relatif à l’activité de la Délégation parlementaire au renseignement (DPR) a été présenté mardi au Président de la République. Il fait un premier bilan de la loi «renseignement» du 24 juillet 2015 et de celle du 30 novembre 2015, relative aux mesures de surveillance des communications électroniques internationales.

Pour la DPR, la loi du 24 juillet, qui précise les conditions d’utilisation sur le territoire national de certaines techniques de renseignement, apporte des «clarifications bienvenues» et «renforce significativement les garanties pour les citoyens», notamment en limitant la durée de conservation des données et en ouvrant des voies de recours (CNTCR, CNIL). Aujourd’hui, totalement applicable (publication de tous les décrets et arrêtés), elle «répond aux objectifs attendus par le législateur» : constitution des dossiers effective et instruction rapide, niveau important des demandes pour 2015-2016 (66 000 demandes pour 1 332 avis défavorables du CNTCR) et montée en puissance «des demandes émanant des services du second cercle» (notamment pour la géolocalisation). Le rapport note cependant que certaines modifications pourraient être prévues dans le Code de la sécurité intérieure pour permettre, par exemple, le recueil en temps réel de données de connexions sur la base de listes et non plus simplement à titre individuel, l’utilisation d’algorithmes étant susceptible de cibler un grand nombre de suspects potentiels. Et s’inquiète des conséquences de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne déclarant non conforme la conservation, par les opérateurs de téléphonie, des données personnelles au-delà d’un délai très bref. La loi du 30 novembre, pour la DPR, si elle a «contribué à sortir de l’ombre les services de renseignement et à leur conférer une pleine reconnaissance juridique», souffre de procédures d’application encore trop longues, «les demandes d’autorisation transitant toujours par les plus hautes autorités des services avant qu’elles ne soient soumises à l’appréciation de l’exécutif». Dans son rapport, la DPR revient aussi sur les problèmes rencontrés par les services de renseignement en 2015 et 2016 et formule des recommandations sur le sujet. Tout d’abord la question des personnels, avec des difficultés à recruter dans certains viviers de compétences limités (ingénieurs informatiques, langues rares…), à fidéliser les contractuels (rigidité des règles de la fonction publique) ou à disposer de moyens suffisants en analystes pour l’exploitation. La DPR propose de confier une étude sur les questions de recrutement, de rémunération et de carrière à l’Inspection des services de renseignement sous couvert du Premier ministre (ISR). Autre problème rencontré par les services, notamment dans la lutte antiterroriste, celui des fichiers recensant les personnes radicalisées mis en place par l’EMPOT (DGSI, renseignement territorial, PJ, Préfecture de Police et Gendarmerie), qui souffrirait d’un manque de coordination avec ceux des autres services : ici encore, la DPR suggère de lancer une étude sur l’articulation et la coordination des différents fichiers. Enfin, le rapport évalue la pertinence des grands axes de réformes envisagés des services de renseignement. La DPR apporte ainsi une réponse réservée sur l’opportunité de créer une agence technique indépendante de type NSA ou GCHQ, l’Etat s’étant «déjà engagé dans un processus de mutualisation et de partage des moyens techniques entre les services». Mais aussi sur le projet de fusion des services du renseignement territorial (Service central du renseignement territorial et sous-direction de l’anticipation opérationnelle de la Gendarmerie) pour créer un septième service spécialisé, au motif que la succession de réformes du renseignement intérieur «nuit à l’efficacité des services et à leur coordination» et qu’à défaut «de doter le nouveau service de ressources humaines très importantes, l’ensemble risque de perdre en efficacité dans la collecte de l’information de proximité, qui repose sur un maillage beaucoup plus vaste» comprenant l’ensemble des unités de base de Police et de Gendarmerie. Enfin, sur l’opportunité de création d’une agence nationale de lutte contre le terrorisme placée auprès du Premier ministre, chargée de définir une stratégie d’ensemble en interministériel, tout comme sur celle de transformation du Coordonnateur national du renseignement en un véritable Directeur national directement rattaché au Premier ministre, le rapport note «qu’elles ont le mérite d’une architecte claire», même si elles «modifieraient les équilibres institutionnels» et notamment la relation entre le Président et le Premier ministre. Face à ces axes de réformes, la DPR juge que «la voie choisie par les autorités de l’Etat (augmentation des moyens des services, management renforcé fondé sur le pilotage politique du Conseil de Défense, renforcement du poids du Coordonnateur national chargé de la cohérence du dispositif et de l’application des décisions prises…) est plus pragmatique et a l’avantage d’une plus grande plasticité», et «qu’il n’est pas raisonnable d’entrer dans la voie d’une réorganisation aussi ambitieuse et structurante alors que les services sont mobilisés de façon intense et quotidienne contre le terrorisme». Au final, beaucoup s’accordent pour saluer le renforcement du cadre juridique en matière de renseignement, qui serait même devenu «prescripteur» et influencerait les réformes des organismes de contrôle des services dans d’autres pays, comme en témoignent les demandes d’entretien adressées à la DPR par les partenaires américains, allemands ou britanniques.

 

2 –  Brigade aérocombat : son état-major bientôt certifié (Défense, armée de terre « au contact »)

 

Créé en juillet dernier dans le cadre du modèle « Au Contact », l’état-major de la 4e brigade aérocombat (4e BAC) poursuit sa marche vers sa certification en vue de devenir officiellement opérationnel dans les mois à venir. Pour cela, il conduit depuis huit mois de nombreux exercices visant à renforcer sa maîtrise des techniques d’état-major, à valider ses savoir-faire et l’aptitude à l’aérocombat des unités sous son commandement. Du 20 au 24 mars, aux côtés de ses appuis interarmes, il a participé à un exercice de simulation au centre Janus à Saumur. 

La 4e BAC se situe aujourd’hui au milieu de son processus de certification avec pour objectif de capitaliser sur son expérience. Pour se faire, la brigade, armée de ses trois régiments d’hélicoptères de combat (1er RHC3e RHC5e RHC) et de tous ses appuis artillerie et génie se sont retrouvés il y a quelques jours au centre tactique Janus. « Ces périodes particulières d’entrainement sont autant de cols à passer » explique le général Gilles DARRICAU, commandant la brigade.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.defense.gouv.fr/terre/actu-terre/brigade-aerocombat-son-etat-major-bientot-certifie

3 – Mise en œuvre des premières mesures d’attractivité de la Garde nationale ( défense, état-major des armées)

La garde nationale compte à ce jour 65 700 volontaires soit une augmentation de 2700 réservistes depuis la création de la Garde nationale, le 13 octobre 2016. 6 000 réservistes sont mobilisés quotidiennement aux côtés des unités d’active des armées et des forces de sécurité intérieure. L’objectif du gouvernement est de porter cet effort à  85 000 femmes et hommes dont 9 250 employés  chaque jour sur le territoire national d’ici fin 2018. Pour atteindre ces objectifs, le Président de la République a décidé la mise en œuvre de mesures d’attractivité destinées à encourager l’engagement de la jeunesse dans la Garde nationale, fidéliser les réservistes et inciter les employeurs à l’engagement de leurs salariés.

Trois de ces mesures sont entrées en vigueur le 15 mars 2017 par décret :

– Une prime de fidélité de 250 € est versée annuellement à tout réserviste opérationnel des Armées et formations rattachées, de la gendarmerie nationale et à tout réserviste civil de la Police nationale, quel que soit son âge, renouvelant son contrat initial d’engagement pour un contrat de 3 ans minimum et effectuant au moins 37 jours d’activité de réserve par an. Cette prime est versée à compter du mois suivant chaque date anniversaire de signature du deuxième contrat d’engagement à servir dans la réserve opérationnelle des forces armées et formations rattachées ou dans la réserve civile de la police nationale.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.defense.gouv.fr/reserve/actualites/mise-en-oeuvre-des-premieres-mesures-d-attractivite-de-la-garde-nationale

 

INDUSTRIE ET ÉCONOMIE :

 

1 –  Standard & Poors abaisse la note de l’Afrique du Sud en catégorie spéculative (Le Monde, avec Reuters)

L’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a annoncé, lundi 3 avril, avoir abaissé la note de la dette de l’Afrique du Sud en catégorie spéculative, de « BBB – » à « BB + », jugeant que le limogeage de son ministre des finances, Pravin Gordhan, créait un risque de dérapage de la situation budgétaire du pays. Conséquence directe de cette décision : le rand a perdu près de 2 % vers 21 h 55 GMT face au dollar, et le prix des obligations souveraines sud-africaines a chuté. Le président sud-africain, Jacob Zuma, a procédé vendredi à un remaniement controversé qui risque de saper son autorité et menace de diviser davantage le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir depuis la fin de l’apartheid. Le vice-président, Cyril Ramaphosa, l’un des favoris pour remplacer Zuma à la présidence de l’ANC, a qualifié le limogeage de Pravin Gordhan, un ministre respecté, notamment au niveau international, de « totalement inacceptable ».

Perspective « négative »

« Cette dégradation reflète notre conviction que les divisions au sein du gouvernement, qui ont débouché sur des changements de l’équipe dirigeante, y compris du ministre des finances, créent un risque en ce qui concerne la continuité politique », écrit S&P dans un communiqué. La nouvelle note accordée par l’agence est assortie d’une perspective « négative », S&P jugeant que le risque politique devrait rester élevé cette année et que « des changements politiques sont probables, qui pourraient porter atteinte à la situation budgétaire et à la croissance plus fortement que ce que nous prévoyons actuellement. » Le coût du service de la dette du pays est évalué à 144 milliards de rands (9,83 milliards d’euros) pour l’année fiscale 2016-2017. De son côté, Moody’s a placé lundi la note de l’Afrique du Sud sous surveillance négative, justifiant elle aussi sa décision par les changements au sein du gouvernement. La note de Moody’s est « Baa2 », soit tout juste deux crans au-dessus de la catégorie spéculative. Le nouveau ministre des finances, Malusi Gigaba, a déclaré lundi, avant l’annonce de S&P, avoir parlé aux agences de notation et les avoir informées qu’il maintiendrait la politique budgétaire de Pretoria. La devise sud-africaine a perdu 11,5 % depuis lundi 27 mars, lorsque Jacob Zuma a ordonné à Pravin Gordhan de rentrer d’une tournée au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, en lui signifiant qu’il « n’avait pas reçu le feu vert pour ce voyage ».

2 – STX France : accord trouvé entre l’Etat et Fincantieri (Le marin, Véronique Couzinou)

Un accord a été trouvé entre Fincantieri et l’État français pour la reprise du chantier STX de Saint-Nazaire. Reste à finaliser la vente avec la Corée. (Photo Eric Houri)

Sans surprise, Christophe Sirugue, secrétaire d’État à l’industrie, va annoncer en fin d’après-midi que l’État français et le groupe naval italien Fincantieri se sont mis d’accord sur le partage de l’actionnariat dans le rachat des 67% de parts à vendre de STX France. L’information doit être confirmée peu avant aux syndicats du chantier naval de Saint-Nazaire, convoqués à Bercy, ainsi qu’aux élus locaux.Comme le marin l’annonçait depuis quelques jours, le tour de force aura été de faire accepter aux Italiens d’être minoritaires, autour de 48%. Et que la France puisse garder la main sur un nombre de décisions stratégiques.

Nombreux droits de veto

Selon nos sources, l’accord négocié offre des garanties « rassurantes sur le long terme » pour le chantier, comprenant le maintien à Saint-Nazaire de l’intégralité des commandes prises à Saint-Nazaire, le maintien des bureaux d’études, des investissements de R&D et de l’activité EMR, la priorité à la sous-traitance locale, mais aussi le futur nom du chantier qui pourrait redevenir Chantiers de l’Atlantique. En outre, dans le pacte d’actionnaires, signé pour douze ans et renouvelable jusqu’à vingt ans, la France gardera plusieurs droits de veto, dont sur la distribution des dividendes, sur la nomination du directeur général, et sur les constructions militaires. Le conseil d’administration sera composé de trois représentants pour Fincantieri, un pour une fondation bancaire italienne – à but non lucratif et sans lien avec le groupe naval – qui vient compléter l’actionnariat, trois pour l’État et DCNS qui entre au capital, un pour la direction et un pour les salariés. « Il est temps qu’on sorte du flou et que le chantier puisse continuer son activité sur des bases solides », confie une source interrogée ce jeudi matin. À voir si les syndicats seront aussi enthousiastes.

 

 

GRANDS PROBLÈMES DE DÉFENSE 

ET DE SÉCURITÉ :

 

 

1 – Le facteur chiite dans la politique étrangère de l’Iran (Diploweb , Vincent Doux*)

*Diplômé du Master Affaires Publiques de SciencesPo Paris et en droit international à Paris 1 Panthéon.

Quelle place occupe le facteur chiite dans la politique étrangère d’un pays générateur d’une révolution islamique ? Vincent Doix démontre que la politique étrangère de l’Iran révolutionnaire, qui valorise une identité chiite héritée de l’histoire, s’appuie sur un réseau chiite au Moyen-Orient mais bien que la politique étrangère de l’Iran ne soit pas exclusivement chiite, le nouvel équilibre géopolitique régional exacerbe son caractère confessionnel. Illustré d’une carte.

LA FIN de la crise institutionnelle au Liban, matérialisée par l’élection de Michel Aoun en octobre 2016 au poste de président de la République, est la conséquence d’un accord entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, influent notamment à travers le Hezbollah, créé en 1982 à la suite de l’opération « Paix en Galilée ». L’Iran seul pays au monde où le chiisme est religion d’Etat et au sein duquel la population est majoritairement chiite – comme en Azerbaïdjan, à Bahreïn et en Irak –, a affirmé une position dominante sur le monde chiite, à tel point qu’il est fréquent d’évoquer un « arc chiite », zone d’influence qui constituerait une ambition géopolitique de l’Iran. Dans ce sens, l’influence iranienne au Liban se comprendrait comme l’un des axes d’une stratégie globale reposant sur le facteur chiite. Cette stratégie trouve à s’appliquer lorsqu’il est question de la crise syrienne ou de la guerre civile qui trouble le Yémen. Le chiisme, minoritaire à l’échelle du globe où il représente 15% des 1,6 milliards de musulmans, regroupe au Moyen-Orient autant de fidèles que le sunnisme. C’est à ce rapport de force-ci qu’il faut confronter la géopolitique religieuse au Moyen-Orient. L’Iran est aussi un Etat dont la politique étrangère a été transformée par une révolution islamique, par essence panislamique et hostile à toute influence étrangère. En 1979, la rue reprend des slogans tels que « ni Est ni Ouest, République islamique » (na sharqi na gharbi, jomhuri-e eslâmi). Aujourd’hui, l’équilibre régional est modifié depuis la renaissance de l’Iran comme acteur des relations internationales, conséquence de la reconnaissance de la République islamique par Barack Obama à l’occasion du nouvel an persan en mars 2009, par le Plan d’action conjoint conclu le 14 juillet 2015 ou encore par la place acquise par Téhéran dans le règlement de la crise syrienne. Cette renaissance iranienne redéfinit l’équilibre régional des puissances, notamment vis-à-vis de l’Arabie Saoudite, mais aussi la place du conflit religieux entre sunnisme et chiisme. Dans un tel contexte, quelle place occupe le facteur chiite dans la politique étrangère d’un pays générateur d’une révolution islamique ? Cet article, qui ne peut être exhaustif sur la question et sur la complexité des réseaux chiites, démontre que la politique étrangère de l’Iran révolutionnaire, qui valorise une identité chiite héritée de l’histoire, s’appuie sur un réseau chiite au Moyen-Orient (I) mais bien que la politique étrangère de l’Iran ne soit pas exclusivement chiite, le nouvel équilibre géopolitique régional exacerbe son caractère confessionnel (II).

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.diploweb.com/Le-facteur-chiite-dans-la-politique-etrangere-de-l-Iran.html

 

2 – Faire face à la menace NRBC (Le portail de l’IE, Mathieu Grasset)

 

Dans le cadre des Jeudis du Risque, le Portail s’est rendu à la conférence organisée par l’association CapRM du Master II Gestion Globale des Risques et des Crises (GGRC) le jeudi 23 mars 2017, une conférence sur la menace NRBC (Nucléaires, Radiologiques, Biologiques, Chimiques).

Intervenants :

  • M. Gilles AHUIR, Lieutenant-colonel de Gendarmerie à la Direction Centrale Interministérielle d’Intervention Technique (DCIIT),
  • M. Nicolas BARGE, Responsable de l’application des plans Vigipirate et gouvernementaux pour la SNCF,
  • Pr. Bruno MEGARBANE,  Chef  du service réanimation médicale  et toxicologie à l’Hôpital Lariboisière, Assistance Publique – Hôpitaux de Paris.

 

Retour sur cette conférence :

La menace NRBC, risques et généralités

« Il convient de considérer la menace NRBC comme une menace potentielle […], qui existe, même s’il ne faut pas tomber sous la psychose. » Gilles Ahuir – Gendarmerie Nationale Le contexte de menace auquel fait face la France et les capacités de synthèse toxiques développées localement en Irak et en Syrie, par certaines organisations terroristes, ont renforcé la crainte de la menace terroriste sur le territoire. Jusqu’à présent, et fort heureusement, le rapport « coût-efficacité » des attaques terroristes a écarté les attaques de type NRBC (Nucléaires, Radiologiques, Biologiques, Chimiques) sur le sol françaisSi pour Gilles Ahuir, le NRBC « bénéficie d’une exceptionnelle caisse de résonnance médiatique » et « reste très attractif pour les organisations terroristes », la mise en œuvre d’armes de ce type reste encore difficile. Ainsi, sur les agents nucléaires et radiologiques, premiers composants du risque NRBC, la création d’un EDEN (engin à dégagement nucléaire) reste une entreprise délicate, notamment au regard des quantités de matières fossiles à mettre en œuvre (uranium, plutonium), et des spécificités liées au design et à la détonique de l’engin. Cependant, l’association de matière radioactive avec de l’explosif (artisanal, militaire ou industriel) et la dissémination de matière qui en résulterait, provoquerait un impact psychologique majeur et nécessiterait un niveau de décontamination élevé. Quant aux sources de matières radioactives classiques, les pertes et vols, régulièrement enregistrés chaque année [1], montrent qu’elles restent assez facilement disponibles. Un certain nombre de trafics de matières radioactives existent également, comme en témoignent les saisies suivantes

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://portail-ie.fr/analysis/1585/jdr-faire-face-a-la-menace-nrbc

3 – Union européenne : Le conseil adopte la stratégie de l’UE pour la Syrie (Conseil européen, communiqué de presse)

  1. Rappelant les conclusions du Conseil du 23 mai et du 17 octobre 2016 et les conclusions du Conseil européen du 15 décembre 2016, le Conseil tient à exprimer sa consternation face à la situation dramatique à laquelle la Syrie continue d’être confrontée et à la persistance des problèmes humanitaires, politiques et de sécurité découlant du conflit. À ce jour, 13,5 millions de Syriens ont besoin d’une aide humanitaire en Syrie, dont 6,3 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et 1,5 million vivant dans des zones assiégées, auxquels s’ajoutent 5 millions de réfugiés syriens accueillis par les pays voisins de la Syrie et dans le reste de la région.

C’est au régime syrien qu’il incombe au premier chef d’assurer la protection de la population syrienne. Le Conseil invite par conséquent le régime et ses alliés, notamment la Russie, y compris en tant que coprésidente du Groupe international d’appui pour la Syrie, à tout mettre en œuvre pour assurer: la cessation complète des hostilités, la levée du siège dans les zones concernées et un accès humanitaire total, sans entrave et durable à l’échelle du pays. L’UE condamne vivement les violations systématiques, généralisées et flagrantes des droits de l’homme et les violations du droit international humanitaire commises par les parties, notamment le régime syrien. Celles-ci doivent cesser et les auteurs doivent avoir à en répondre. Le Conseil condamne le recours à la méthode de guerre consistant à affamer les civils en assiégeant des zones peuplées, ainsi que le déplacement forcé de populations, ces deux pratiques pouvant constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité. L’UE continuera d’envisager de nouvelles mesures restrictives contre la Syrie tant que la répression se poursuivra. L’UE rappelle qu’il ne saurait y avoir de paix durable en Syrie sous le régime actuel.

Le Conseil rappelle que le conflit en Syrie affecte directement l’UE, et il convient de la nécessité, pour l’UE, de mettre au point un cadre stratégique spécifique pour son approche à l’égard de la Syrie en tant que pays s’inscrivant spécifiquement dans la stratégie régionale de l’UE pour la Syrie et l’Iraq ainsi que pour la menace que constitue Daech, adoptée en mars 2015. Il se félicite en conséquence de la communication conjointe de la haute représentante et de la Commission et fait siens les objectifs énoncés ci-après. Cette communication constitue, avec les présentes conclusions, la stratégie de l’UE à l’égard de la Syrie. Les objectifs stratégiques poursuivis par l’UE en Syrie se déclinent en six grands volets:

a)            mettre un terme à la guerre en amorçant une véritable transition politique, conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, négociée par les parties au conflit sous les auspices de l’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie et avec le soutien des principaux acteurs internationaux et régionaux

L’UE est fermement convaincue qu’il ne saurait y avoir de solution militaire au conflit et elle est attachée à l’unité, à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et à l’indépendance de l’État syrien. Seule une solution politique crédible, conforme à la définition qu’en donnent la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies et le communiqué de Genève de 2012, garantira la stabilité de la Syrie et permettra de venir à bout de Daech et des autres organisations terroristes désignées par les Nations unies en Syrie. L’UE continue à soutenir l’action de la coalition internationale pour lutter contre Daech en Syrie et en Iraq. L’UE soutient résolument le travail réalisé par l’envoyé spécial des Nations unies et la reprise des pourparlers à Genève. Réaffirmant la primauté du processus de Genève mené par les Nations unies, l’UE continuera de lui apporter un soutien politique au moyen de l’initiative régionale de la haute représentante, qui favorise le dialogue politique avec les principaux acteurs de la région pour trouver un terrain d’entente dans le cadre du mandat que lui a confié le Conseil européen de décembre. Le Conseil convient de renforcer l’action menée par l’UE pour garantir à la fois la participation pleine et effective des femmes ainsi qu’une consultation et un dialogue suivis avec la société civile dans le cadre du processus politique. À Genève, les progrès dépendront des efforts consentis pour réduire la violence et créer un climat de confiance sur le terrain. Dans ce contexte, le Conseil salue l’aide apportée pour faire cesser à nouveau complètement les hostilités et prend acte de la mise en place du mécanisme trilatéral dans le cadre des réunions d’Astana à des fins d’observation et pour assurer le respect intégral du cessez-le-feu. Il fait part de la vive préoccupation que lui inspirent la poursuite des violences commises par les terroristes et des actions militaires menées contre des civils et des cibles non terroristes, y compris par le régime et ses alliés. Le Conseil appelle instamment toutes les parties à respecter le cessez-le-feu et invite la Russie, la Turquie et l’Iran à se montrer à la hauteur des engagements qu’ils ont pris en tant que garants de ce cessez-le-feu, pour en assurer la mise en œuvre intégrale. À cet égard, de nouvelles réunions devraient permettre de réaliser des progrès pour ce qui est de garantir un accès humanitaire total et sans entrave à l’échelle du pays, la levée du siège dans les zones concernées et la libération de toutes les personnes détenues de manière arbitraire, en particulier les femmes et les enfants, conformément à la résolution 2268 du Conseil de sécurité des Nations unies.

b)           favoriser une transition constructive et sans exclusive en Syrie, conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies et au communiqué de Genève, en soutenant le renforcement de l’opposition politique

L’UE continuera de soutenir l’opposition syrienne, et en particulier le Haut Comité des négociations (HCN), en tant que délégation de l’opposition dans le cadre des pourparlers menés sous l’égide des Nations unies à Genève. L’UE aidera le HCN à préciser sa conception de la transition et soutiendra les efforts que celui-ci a consentis afin de consolider la plateforme de négociation pour l’opposition syrienne. Le Conseil encourage les parties syriennes à participer de manière constructive et sans conditions préalables au programme défini par l’envoyé spécial des Nations unies et se félicite de l’approche positive adoptée par le HCN, à la fois en approuvant le principe d’une délégation plus représentative et en formulant des propositions modérées et pragmatiques. Le Conseil s’est félicité que le HCN ait intégré le comité consultatif des femmes et qu’il ait progressivement encouragé leur participation pleine et effective. Il demande instamment au régime syrien de présenter ses propres plans pour une véritable transition politique sans exclusive. Le processus politique doit être pleinement inclusif afin de garantir que toutes les composantes de la société syrienne contribuent à définir l’unité et la réconciliation à venir de la Syrie.

c)            sauver des vies en répondant aux besoins humanitaires des Syriens les plus vulnérables à travers le pays, et ce en temps utile, de manière effective et efficace et en respectant les principes en vigueur

L’UE tient à faire part de la vive préoccupation que continuent de lui inspirer les restrictions délibérées qui entravent la fourniture de l’aide humanitaire et appelle à nouveau à ce qu’un accès humanitaire total, sans entrave, sûr et durable soit garanti à l’échelle du pays pour les Nations unies et d’autres organisations humanitaires. L’accès humanitaire constitue non pas une mesure de confiance, mais une obligation. L’UE, en tant que premier contributeur en termes d’aide humanitaire destinée à la Syrie, poursuivra son action diplomatique intense dans le domaine humanitaire et cherchera à en améliorer l’accès et la protection ainsi qu’à promouvoir les principes humanitaires. L’UE continuera à s’employer en faveur de la pleine utilisation des dérogations et autorisations à titre humanitaire dans ses mesures restrictives à l’encontre de la Syrie. Elle continuera par ailleurs de soutenir l’aide apportée aux victimes des mines ainsi que les actions de sensibilisation aux risques que présentent les mines.

d)           promouvoir la démocratie, les droits de l’homme et la liberté d’expression en renforçant les organisations de la société civile syrienne

L’UE continuera à apporter un soutien important aux organisations de la société civile syrienne, y compris aux travaux menés dans le cadre de la plateforme « Civil Society Support Room » et du comité consultatif des femmes. La société civile devra jouer un rôle de premier plan dans la Syrie de l’après-conflit, notamment en contribuant au processus de réconciliation. Le Conseil est convenu de renforcer l’action menée par l’UE pour promouvoir la liberté d’expression, y compris en soutenant des médias libres et indépendants.

e)            promouvoir l’obligation de répondre des crimes de guerre afin de faciliter le processus de réconciliation nationale et la justice transitionnelle

L’UE poursuivra ses efforts pour contribuer à faire en sorte que les auteurs de crimes de guerre, de violations des droits de l’homme et de violations du droit international humanitaire répondent de leurs actes, notamment en cas d’utilisation confirmée d’armes chimiques. L’UE déplore avec la plus grande fermeté les violations systématiques commises en Syrie, dont la commission d’enquête internationale indépendante instituée par l’ONU a établi l’existence, y compris dans son rapport détaillé sur les crimes commis l’an dernier à Alep. Le Conseil souscrit aux recommandations de la commission d’enquête. Le Conseil convient de continuer à rassembler des informations en vue de futures actions en justice, y compris devant la Cour pénale internationale, contre tous les responsables de violations du droit international. Dans ce contexte, le Conseil se déclare favorable au mécanisme international, impartial et indépendant établi à cet effet par l’Assemblée générale des Nations unies et souligne qu’il importe de lui fournir des ressources suffisantes pour qu’il puisse poursuivre le travail crucial qu’il accomplit. L’UE soutient tous les efforts de réconciliation nationale et continuera de préconiser le recours à la justice transitionnelle. Le Conseil condamne en outre l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien et Daech, confirmée par les rapports du mécanisme d’enquête conjoint OIAC-ONU, rappelant à cet égard la décision qu’il a prise en mars d’adopter de nouvelles mesures restrictives à l’encontre des personnes responsables. Le Conseil soutient tous les efforts menés en vue de l’identification des personnes disparues.

f)             soutenir la résilience de la population syrienne et de la société syrienne

L’UE continuera de soutenir la résilience par la fourniture de services d’enseignement, la création d’emplois, et l’aide qu’elle apporte aux structures de gouvernance civile locales dans les régions contrôlées par l’opposition, y compris en travaillant avec le gouvernement de transition syrien, et cherchera à éviter l’effondrement de l’administration publique. L’UE s’emploiera à accroître son aide, en associant l’assistance transfrontière à un soutien depuis l’intérieur de la Syrie, et visera à acheminer de l’aide dans le cadre d’un effort de plus grande ampleur pour répondre aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire syrien, pour prévenir l’extrémisme violent et le sectarisme et pour renforcer les capacités locales de résilience. L’UE n’entreprendra pas d’actions visant le relèvement/la stabilisation rapides du pays qui risqueraient de favoriser l’ingénierie sociale et démographique.

  1. L’UE réaffirme qu’elle ne sera disposée à contribuer à la reconstruction de la Syrie que lorsqu’une transition politique globale, véritable et inclusive, négocié par les parties syriennes au conflit sur la base de la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité des Nations unies et du communiqué de Genève de 2012, aura réellement été amorcée. À partir de là, le Conseil étudiera une éventuelle assistance post-conflit aussi détaillée que celle figurant dans la communication conjointe. À cet égard, l’UE pourrait revoir les mesures restrictives en vigueur, s’employer à reprendre la coopération avec les autorités transitoires, mobiliser des fonds en faveur du relèvement et de la reconstruction après la guerre, y compris pour ce qui a trait au patrimoine culturel, et faire usage des outils appropriés prévus par la politique européenne de voisinage et d’autres programmes de l’UE pour s’attaquer aux problèmes liés à la transition et stabiliser les communautés grâce au développement économique. L’UE appuie activement les efforts déployés par les Nations unies en termes de coordination des activités de planification à mener en vue de la stabilisation civile une fois l’accord intervenu, et travaillera avec les Nations unies, les institutions financières internationales et d’autres donateurs. De plus, les coûts de reconstruction devraient plus particulièrement être pris en charge par ceux qui ont alimenté le conflit.

  2. L’UE est consciente des répercussions du conflit syrien sur les États voisins et confirme l’engagement qu’elle a pris de soutenir la Jordanie, le Liban et la Turquie, ainsi que l’Iraq et l’Égypte, qui ont apporté la preuve de leur détermination et de leur résilience en accueillant des millions de réfugiés syriens ces dernières années. Le Conseil salue ces efforts, et il convient de la nécessité de poursuivre ce soutien au moyen de la mise en œuvre des pactes UE-Jordanie et UE-Liban, ainsi que de la déclaration UE-Turquie, en tant qu’instruments devant contribuer à assurer le respect des engagements pris à Londres à l’égard de chacun de ces pays.

  3. Le Conseil attend avec intérêt la tenue de la conférence de Bruxelles sur l’aide à apporter pour l’avenir de la Syrie et des pays de la région, qui se tiendra les 4 et 5 avril 2017; cette conférence s’inscrira dans le prolongement de la conférence de Londres de février 2016, des conférences des donateurs qui se sont tenues au Koweït entre 2013 et 2015 et des conférences de Berlin et d’Helsinki de 2014 et de 2017. La conférence de Bruxelles permettra de renforcer le soutien international en faveur du processus politique mené sous l’égide des Nations unies et de lever des fonds pour répondre aux besoins décrits dans les appels coordonnés par les Nations unies, ainsi que d’appuyer la résilience des pays accueillant des réfugiés. Le Conseil note que cette stratégie de l’UE sert d’orientation stratégique pour l’approche que suivra l’UE lors de la conférence.