-GÉOPOLITIQUE : relations internationales, zones pays
-DÉFENSE : militaire, sécurité intérieure, terrorisme
-ÉCONOMIE : entreprise, industrie

La revue de presse de Jacques Raimond

 

La revue de presse « Esprit Surcouf » vous propose une sélection hebdomadaire d’une dizaine d’articles, peu diffusés dans les médias traditionnels, présentés dans trois rubriques : géopolitiques, défenses, économies. La revue de presse y ajoute un tour d’horizon des médias spécialisés, ainsi que les textes officiels parus dans la semaine passée, utiles à consulter et à retenir.

Esprit Surcouf invite ses fidèles lecteurs à une réflexion géopolitique sur les menaces, en général, dans un cadre de défense et de sécurité nécessairement global et parfaitement cohérent. Sur le point suivant, Moscou et Washington semblent ne pas rompre avec le souci d’éviter à tout prix une guerre qui les opposerait. Enfin, l’émergence de l’Amérique latine peut surprendre, mais elle paraît bien présente, dans des comportements internationaux singuliers, notamment au vu de la culture géopolitique occidentale.

Trois informations et sujets qui démontrent l’efficacité de nos conditions de défense. Tout d’abord, un succès de nos armes, ensuite la recherche de meilleures mesures de sécurité pour nos bases aériennes, et enfin la rencontre entre nos ministres et ceux du Japon, partenaire incontournable de l’Extrême-Orient.

Une pertinence qui ne se démontre pas, c’est bien celle de la mise sur orbite des satellites, avec Arianespace, et les investissements en faveur de l’ONERA, annoncés par Florence Parly sont des avancées stratégiques en matière spatiale. Par ailleurs, Mayotte constitue l’exemple même de la souveraineté maritime.

 

En hommage aux deux officiers décédés dans l’accident de leur Mirage 2000, ci-dessous le communiqué de presse de la ministre aux armées :

Les opérations de recherche du Mirage 2000D, dont le signal avait été perdu mercredi dans la matinée, ont malheureusement conduit à la confirmation du décès des deux membres d’équipage, le Capitaine Baptiste CHIRIÉ et la Lieutenant Audrey MICHELON. Florence Parly, ministre des Armées, exprime toutes ses condoléances à la famille, aux proches et aux frères d’armes des militaires décédés. Toute la communauté de défense est aujourd’hui en deuil. Les circonstances précises de cet accident restent à établir. Des enquêtes ont d’ores-et-déjà été lancées. La France perd deux officiers de valeur, morts à son service. Chaque jour, à l’entraînement ou en opérations, soldats, marins et aviateurs acceptent le danger et risquent leurs vies pour défendre la France, protéger les Français. Ce drame nous le rappelle durement.

 

En hommage aux deux sapeurs décédés le 12 janvier dans l’explosion d’un immeuble à Paris, ci-dessous le communiqué de presse de la ministre aux armées et du ministre de l’intérieur :

Florence Parly, ministre des Armées, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur et Laurent Nunez, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, font part de leur immense émotion à la suite du décès de deux militaires de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP). Ces deux sapeurs-pompiers de Paris intervenaient lors de l’explosion survenue ce samedi matin rue de Trévise dans le 9e arrondissement de Paris. Les ministres et le secrétaire d’Etat adressent leurs sincères condoléances à leurs familles, à leurs proches et à leurs frères d’armes sapeurs-pompiers. Ils les assurent de leur soutien le plus total dans cette douloureuse épreuve. Dix autres personnes, dont un sapeur-pompier de Paris ont aussi été sérieusement blessées au cours de ce drame. Les ministres tiennent également à saluer le courage de tous les services de secours, sapeurs-pompiers, personnels des SAMU et bénévoles de la Croix-Rouge française et de la Protection civile qui ont permis de sauver la vie et de porter assistance à de nombreuses personnes ce matin. L’ensemble de ces services et la Ville de Paris demeureront mobilisés dans les 48h à venir pour sécuriser le site et les bâtiments endommagés. Une enquête a été ouverte par le procureur de Paris pour déterminer les causes de l’explosion. Une fois de plus, ce drame nous rappelle que les sapeurs-pompiers risquent chaque jour leur vie pour protéger celle de nos concitoyens. Les ministres tiennent à les assurer à nouveau de leur profond respect et de leur gratitude.

 

Esprit Surcouf s’associe aux condoléances et aux soutiens apportés aux familles.

 

 

  • GÉOPOLITIQUE :
  1. Géopolitique des menaces
  2. Moscou s’interroge sur le retrait américain de Syrie
  3. L’Amérique latine réactive la guerre froide
  • DÉFENSE :
  1. 20 membres de groupes armés terroristes mis hors de combat au Mali
  2. L’agence de l’innovation de défense lance un défi pour améliorer la sécurité des bases aériennes
  3. Rencontre des ministres (affaires étrangères et défense) Français et Japonais
  • ÉCONOMIE :
  1. Lancement de satellites : le leader, c’est qui ? C’est Arianespace
  2. Annonce des investissements en faveur de l’ONERA – discours de la ministre aux armées
  3. La question de la souveraineté maritime : le cas de Mayotte
  • TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPÉCIALISÉS
  • TEXTES PARUS AU JOURNAL OFFICIEL

 

de Jacques Raimond

 

GÉOPOLITIQUE

 

Esprit Surcouf invite ses fidèles lecteurs à une réflexion géopolitique sur les menaces, en général, dans un cadre de défense et de sécurité nécessairement global et parfaitement cohérent. Sur le point suivant, Moscou et Washington semblent ne pas rompre avec le souci d’éviter à tout prix une guerre qui les opposerait. Enfin, l’émergence de l’Amérique latine peut surprendre, mais elle paraît bien présente, dans des comportements internationaux singuliers, notamment au vu de la culture géopolitique occidentale.

 

1 –  Géopolitique des menaces (Comité Valmy, Alain Corvez)

Introduction

Afin de définir sa politique de défense et de sécurité, chaque état, qui répond des intérêts de chaque nation, doit avoir une vision claire des menaces auxquelles il est confronté. Il devra alors les analyser dans le détail pour envisager les parades qu’il peut leur apporter. La menace principale de la France et de l’Europe aujourd’hui est la menace du terrorisme islamique qu’on devrait plutôt appeler terrorisme takfiri, du nom arabe « takfiri » qui désigne ceux qui accusent les autres, y compris les musulmans, juifs, chrétiens ou athées, de non-croyance en Dieu, venant du verbe kafara : devenir incroyant, d’où koufar ou kafar, incroyant, suivant la prononciation latine. Il apparaîtra alors aux responsables de la politique de sécurité que leur action doit être coordonnée avec celles des états qui sont menacés par les mêmes attaques terroristes aveugles et sanglantes frappant les civils, les femmes et les enfants innocents et avec celle des états dont sont originaires ces flux. Un état ne peut pas se contenter de renforcer seulement ses frontières car, d’une part, les flux migratoires peuvent les traverser assez facilement et, d’autre part, une partie des terroristes potentiels sont déjà dans les populations endogènes à nombreux pays européens. Le terrorisme takfiri est une menace commune à toute l’Europe, au Moyen-Orient et à beaucoup de pays asiatiques, menace désormais prioritaire. Son caractère multiforme, ses sources internationales et son terrain d’action ne s’arrêtant à aucune frontière, nécessite pour y faire face une coopération entre les états qui en subissent les attaques et en premier lieu une coopération des services de renseignement et de police. En effet, il faut d’abord déceler les réseaux terroristes et connaître leurs modus operandi pour les combattre efficacement et essayer de déjouer avant leurs réalisations les attaques en préparation.

Géopolitique des menaces

Pour définir une politique de défense et de sécurité nationale cohérente, et envisager des échanges d’informations avec d’autres états, il est important de définir d’abord clairement quelles sont ces menaces. C’est un point fondamental qui n’est pas toujours compris, notamment par les stratèges occidentaux qui font souvent des amalgames ou des confusions entre les différentes sources du terrorisme et, même, confondent les véritables soutiens des terroristes, qu’ils soient à l’évidence étatiques ou seulement des hybrides d’états qui se cachent derrière des organisations non gouvernementales (ONG) ou des organisations para-étatiques. Nous savons aujourd’hui parfaitement, à la lumière des évènements d’Afghanistan, d’Irak et de Syrie, que le terrorisme takfiri a été initié pour des objectifs stratégiques par les Etats-Unis et ses alliés musulmans, notamment les monarchies du Golfe : on peut tracer un lien entre la création d’Al Qaïda contre les Soviétiques en Afghanistan et ses métamorphoses en Al Nosra, DAESH et autres nombreuses organisations aux financements multiples mais aux objectifs communs. Dans un entretien pendant sa campagne présidentielle, le candidat Donald Trump avrorisme et le chaos là où l’ordre régnait et où l’islam restait cantonné dans son rôle séculier. Il semble qu’il veuille sagement mettre un terme à cette situation, au grand mécontentement de « l’état ait été clair à cet égard, reprochant aux précédentes administrations de G.W. Bush et Barack Obama d’avoir assassiné Saddam Hussein et Khadafi et voulu chasser du pouvoir Bachar el Assad, installant le terprofond » américain, qui fera tout pour retarder la mise en œuvre de cette décision présidentielle. Comme il avait commencé son mandat sous les pressions de complotistes mécontents que les citoyens américains l’aient porté au pouvoir, il a dû lâcher du lest en plusieurs occasions, chaque fois qu’il manifestait l’intention d’appliquer sa stratégie de désengagement. Sans doute sera-t-il obligé encore de retarder un peu les retraits de ses troupes mais ils restent néanmoins inéluctables. On se souvient de son voyage dans le Golfe en juin suivant son intronisation, au cours duquel il incitait les alliés traditionnels des Etats-Unis à réunir leurs forces pour lutter contre le terrorisme, accusant l’Iran d’en être la source pour plaire aux monarques du Golfe, alors qu’il ne pouvait pas ignorer que la République Islamique d’Iran est justement en première ligne pour combattre ce terrorisme qui trouve sa source, ses financements et ses soutiens, sous diverses formes et différentes obédiences chez ses amis arabes et israéliens. Il y avait là une telle incohérence de raisonnement qu’un esprit averti décelait tout de suite dans les déclarations de ce Chef d’état manifestement intelligent et retors, un objectif stratégique non formulé, qui ne répondait qu’au besoin de l’argent des riches monarchies et au soutien d’Israël, devenu de facto leur allié. Depuis ces danses du sabre à Riyad, en peu de temps les équilibres internationaux au Moyen-Orient ont changé : en Irak, en Syrie grâce à l’aide militaire apportée au gouvernement de Damas par l’Iran et la Russie, dans la péninsule avec un jeune monarque séoudien inconséquent ostracisant le Qatar et le rapprochant de ce fait de la Turquie, de l’Iran et du Pakistan, déclenchant une guerre catastrophique au Yémen qui lui inflige un échec militaire cuisant et enfin, assassinant dans un de ses Consulats en Turquie le journaliste Jamal Kashoggi du Washington Post, dans des conditions tellement barbares qu’il ne devrait pas se relever de ce geste qui démontre son incompétence et une brutalité déjà avérée.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://comite-valmy.org/spip.php?article10789

 

2 – Moscou s’interroge sur le retrait américain de Syrie ( Orient XXI, Régis Genté)

Le retrait annoncé des 2 000 soldats américains présents en Syrie a été accueilli à Moscou positivement, mais avec un certain scepticisme. Et les responsables russes s’interrogent sur les étapes suivantes de la crise syrienne et aussi sur sa place dans leurs relations avec les Etats-Unis.

Si les États-Unis « ont choisi de retirer leurs troupes, c’est la bonne décision ». Voilà ce que déclarait Vladimir Poutine le 20 décembre 2018 à l’occasion de sa grande conférence de presse annuelle. À vrai dire, ces mots viennent conclure un propos du chef de l’État russe soulignant que l’armée américaine n’avait aucune base légale pour justifier sa présence en Syrie, ni résolution des Nations unies ni invitation des autorités légitimes syriennes. Mais au-delà de cet argument « juridique », dont le maître du Kremlin ne s’était pas embarrassé pour les interventions russes en Géorgie (2008) ni en Ukraine (2014), la phrase de Poutine révèle d’autres dimensions en creux : doute quant à la réalité du retrait américain — confirmé par Donald Trump, qui ajoutait quelques jours plus tard qu’il sera « progressif » —, réalités du terrain qui montrent que ce n’est pas forcément qu’une bonne nouvelle, ou encore que la Russie perd du coup un prétexte pour négocier avec les États-Unis, alors que cette volonté était au cœur de la décision de s’engager en Syrie en 2015.

ÉVITER UNE GUERRE POUR « L’HÉRITAGE AMÉRICAIN »

Vue de Moscou, l’annonce du 23 décembre de Donald Trump de retirer les 2 000 soldats américains de Syrie n’est donc pas perçue en noir et blanc. Mais, rappelle Max Souchkov, responsable de la page « Russie/Moyen-Orient » d’Al-Monitor, « Moscou plaidait depuis longtemps pour le départ américain. La Russie a souvent été irritée par les critiques de Washington, que ce soit au sujet des discussions d’Astana avec les Turcs et les Iraniens, des tentatives de saboter ses diverses initiatives ou par le fait que nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde quant à la façon de lutter contre le terrorisme ». En outre, la décision de Trump va en théorie dans le sens voulu par le Kremlin : « Ses prétentions à s’attribuer la victoire deviennent encore plus crédibles et l’intégrité du régime de Bachar Al-Assad plus probable à l’avenir. Moscou se retrouve maintenant véritablement au centre des négociations pour un règlement politique du conflit », relève Vladimir Frolov, spécialiste de la politique étrangère de la Russie. Dans l’immédiat, avant même de poursuivre le dialogue politique au centre duquel Moscou place la rédaction d’une nouvelle Constitution pour la République arabe syrienne, « Moscou est obligé de manœuvrer entre Damas et Ankara pour empêcher l’émergence d’une “guerre pour l’héritage américain”. Le retrait des Américains comporte de nombreux nouveaux risques pour la Russie », prévient Kirill Semenov, directeur du Centre de recherche sur l’islam de l’Institut du développement de l’innovation, à Moscou. Risques d’autant plus élevés que désormais, « les Russes ne pourront plus s’appuyer sur les Américains pour contenir tant le régime d’Assad que les Iraniens. Ce qui fait, par exemple, qu’il va falloir aussi gérer les choses afin d’éviter un affrontement direct entre Iraniens et Israéliens en Syrie », note Frolov.

GÉRER LA QUESTION KURDE

Manœuvrer entre Damas et Ankara, c’est d’abord gérer la question kurde, notamment au nord-est de la Syrie, à l’est de l’Euphrate où les Américains soutiennent les Unités kurdes de protection du peuple (YPG). « C’est délicat pour Moscou parce qu’il faut prendre en compte les intérêts souvent contradictoires de Damas et d’Ankara. Avec la Turquie, la volonté de s’écouter est bel et bien là : Ankara accepte de discuter de la transition politique syrienne selon les termes définis par la Russie, tandis que Moscou prend en compte les impératifs sécuritaires turcs »,insiste Semenov. Moins d’une semaine après l’annonce du retrait américain, une délégation turque de haut niveau se rendait à Moscou, notamment pour obtenir des homologues russes l’autorisation d’utiliser l’espace aérien syrien (afin de contenir les forces kurdes à la frontière turque). Sans que l’on sache encore si quelque chose y a été décidé, on peut noter que « lors de la réunion du 29 décembre, Russes et Turcs ont fait montre de bonne volonté l’un envers l’autre, la Russie pour ce qui est de la question kurde telle que la comprennent les Turcs, ces derniers pour ce qui est de l’intégrité territoriale de la Syrie et du maintien d’Assad à la tête du pays, pour le moment du moins », observe Max Souchkov. « La Turquie cherche à agir selon un schéma basé sur l’expérience de ses opérations militaires en Syrie : Bouclier de l’Euphrate et Rameau d’olivier. Mais la situation est autre cette fois en ce sens que les Forces démocratiques syriennes, dans lesquelles les YPG jouent le rôle principal, n’ont jamais prôné le renversement d’Assad. Cela donne à Moscou de l’espace pour négocier. La Russie continue d’insister pour que les Kurdes prennent leur part au processus politique. Une nouvelle étape dans les relations entre Damas et les Kurdes, qui a débuté après l’annonce du retrait américain, ouvre la voie à une résolution du problème kurde avec Damas, sans que cela se fasse au détriment de la Turquie », explique Amour Gadjiev, spécialiste de la Turquie à l’Institut d’études orientales de Moscou. Cependant, la solution acceptable pour chaque partie est loin d’être trouvée. « Il y a beaucoup de théories à ce sujet à Moscou. L’une d’elles est que les YPG pourraient accepter un quiproquo dans le genre de celui d’Idlib, à savoir que la Turquie laisserait Damas reprendre le contrôle sur le nord-est syrien en échange de concessions qu’elle dicterait concernant les YPG. C’est éminemment complexe, mais il y a de quoi trouver un terrain d’entente »,estime Max Souhkov. Amour Gadjiev se veut optimiste : « Moscou a toujours été déterminée dans ce conflit à s’opposer aux projets séparatistes d’acteurs internes et externes. Cela a de quoi rassurer la Turquie. Et cette dernière, selon ce que j’entends à Moscou, comprend qu’on ne peut ignorer la réalité démographique du nord-est de la Syrie. Ce qui inquiète Ankara, ce ne sont pas les Kurdes en tant que tels, mais les détachements militarisés d’autodéfense populaire. Avec un certain retour de Damas dans cette zone, ses inquiétudes diminuent. »

PRÉSENCE-ABSENCE DE WASHINGTON

Le retrait américain de Syrie ouvre aussi des questions concernant les autres acteurs du conflit. 

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://orientxxi.info/magazine/interrogations-a-moscou-sur-le-retrait-americain-de-syrie,2845

 

3 – L’Amérique latine réactive la guerre froide ( IRIS, Jean-Jacques Kourliansky)

Le 10 janvier 2019 le président vénézuélien, Nicolas Maduro, élu le 20 mai 2018, est entré en fonction.Delenda es Venezuela ! Maduro démission ! À bas le communisme ! Les petites filles en rose et les petits garçons en bleu !  De Lima à Buenos Aires, de Brasilia à Santiago du Chili, l’Amérique latine a dépoussiéré depuis quelques mois les règles antagonistes de la guerre froide. La crise économique et sociale de ces dernières années en Amérique latine, l’accession à la présidence des États-Unis de Donald Trump, ont ravivé et libéré l’égoïsme des plus riches. Lima, capitale du Pérou, a accueilli dans le salon d’honneur de sa chancellerie, le 4 janvier 2019, 13 ministres des affaires étrangères d’Amérique latine et du Canada. Avec un seul point à l’ordre du jour, exiger du président Nicolas Maduro qu’il renonce à assumer ses fonctions présidentielles le 10 janvier. 13 ministres ont effectivement adopté une résolution proclamant l’illégitimité du président vénézuélien. Le Mexique, seul, s’étant abstenu. Rien d’étonnant à ce que le 4 janvier, il n’ait été question que du Venezuela. Le groupe dit de Lima a été créé le 8 août 2017, pour gérer un voisinage considéré comme incongru. Celui de pays majoritairement dirigés par des autorités de droite, tournées vers les États-Unis, avec un Venezuela qui se définit « bolivarien », ami de la Chine et de la Russie[1]. La résolution est tout à la fois incohérente et révélatrice de la marche du monde. Elle est factuellement incohérente. Il est absurde d’attribuer aux autorités de Caracas la décision prise par une partie de l’opposition de ne pas présenter de candidat aux élections du 20 mai 2018. D’autres secteurs ont participé à cette consultation. Les conditions de la campagne n’ont sans doute pas été équitables. Mais le scrutin s’est déroulé de façon correcte, comparable à ce que l’on peut constater dans d’autres pays d’Amérique latine. La résolution est incohérente dans la mesure où elle est unilatérale. Aucun des gouvernements latino-américains représentés à Lima n’a condamné le coup d’État parlementaire ayant destitué la présidente élue du Brésil, Dilma Rousseff en 2016. Aucun gouvernement latino-américain, présent à Lima, ne s’est ému des conditions constitutionnelles douteuses ayant accompagné l’élection du président hondurien, Juan Orlando Hernandez en 2018. Aucun de ces gouvernements latino-américains ne s’est inquiété de la bataille engagée par le président guatémaltèque, Jimmy Morales, contre la « Commission internationale contre l’impunité ». Il est vrai que Brésil, Guatemala et Honduras sont membres du groupe de Lima… La résolution, enfin, est incohérente aussi du point de vue de ses initiateurs. La partialité de la condamnation du Venezuela surprend. La Bolivie, Cuba et le Nicaragua sont liés au Venezuela idéologiquement comme diplomatiquement. Ces pays sont en effet membres de l’Alliance bolivarienne de notre Amérique, dont le siège est à Caracas. Leurs ministres des affaires étrangères n’étaient certes pas invités à Lima. Mais ces pays alliés du Venezuela n’ont pas fait l’objet de la moindre allusion critique. Alors que Cuba non seulement est membre de l’ALBA, mais aussi se définit comme un pays socialiste. Mais telle qu’elle est, cette résolution est révélatrice de l’air du temps. Un air du temps rappelant dans son expression celui des années de guerre froide. Les gouvernements ayant accédé au pouvoir en Amérique latine ces derniers temps ont affiché sans pudeur un discours violemment antisocial, sous couvert de défense des libertés contre le communisme. Le plan de gouvernement de Jair Bolsonaro, chef de l’État brésilien entré en fonction le 1er janvier dernier, est truffé de références anti-communistes, au nom de la liberté d’entreprendre. Il valorise le rejet des mesures visant à réduire les inégalités entre hommes et femmes au nom des valeurs traditionnelles défendues par les églises pentecôtistes, acteurs essentiels avec les médias, de la captation du vote populaire. Ces gouvernements soucieux de défendre les intérêts étrangers avant ceux de leurs peuples ont privilégié leurs relations bilatérales avec les États-Unis. Ils ont défait, en tout ou partie, les institutions collectives construites dans le passé, CELAC, MERCOSUR, UNASUR. Le Venezuela, qui a mené dans les années 2000/2013 une diplomatie agressive à l’égard des États-Unis et de leurs alliés, qui a signé des accords de coopération avec la Chine, l’Iran et la Russie, aujourd’hui affaibli est paradoxalement devenu le bouc émissaire de gouvernements conservateurs et libéraux en mal de dénominateur partagé.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.iris-france.org/127962-lamerique-latine-reactive-la-guerre-froide/


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dans la rubrique THINKTANKS de la "Communauté Défense et Sécurité" d'ESPRITSURCOUF.fr

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DÉFENSE

 

Trois informations et sujets qui démontrent l’efficacité de nos conditions de défense. Tout d’abord, un succès de nos armes, ensuite la recherche de meilleures mesures de sécurité pour nos bases aériennes, et enfin la rencontre entre nos ministres et ceux du Japon, partenaire incontournable de l’Extrême-Orient.

 

1 – 20 membres de groupes armés terroristes mis hors de combat au Mali ( Lignes de défense, Philippe Chapleau)

Coordonnée avec les forces armées maliennes (FAMa), conduite par le groupement tactique désert (GTD) Picardie et s’appuyant sur des hélicoptères du groupement tactique désert aérocombat (GTD-A), les groupements de commandos de montagne et parachutistes, ainsi que des avions de chasse, cette opération vise à démanteler des sites d’entraînement de groupes armés terroristes repérés dans la forêt de Serma (au sud de la RN16). Elle s’inscrit dans la continuité de deux opérations menées mi-décembre et début janvier au nord de la RN16, ayant permis la mise hors de combat de terroristes, la découverte d’armement lourd et léger ainsi que du matériel de confection d’engins explosifs improvisés. Dans la nuit du 04 au 05 janvier, deux opérations héliportées au nord et au sud de la forêt de Serma ont été appuyées par une frappe aérienne. L’une d’entre elle a conduit à la neutralisation de terroristes. A la suite de ces actions, la force Barkhane a engagé en coordination avec les FAMa une vaste opération de reconnaissance de la forêt de Serma. Dans la nuit du 8 au 9 janvier, une opération de force a été menée sur un groupe de terroristes. La fouille approfondie des zones boisées a permis de mettre à jour une zone d’entraînement et une véritable base logistique terroriste, et de saisir des véhicules, de l’armement lourd et léger et des munitions de tout calibre, des engins explosifs improvisés et le matériel servant à les confectionner.Selon l’EMA, au total, une vingtaine de membres des groupes terroristes a été mise hors de combat.

Le site Ligne de Défense est répertorié dans la rubrique REVUES et LETTRES de la “Communauté Défense et Sécurité” d’ESPRITSURCOUF.fr Cliquez ici

 

2L’agence de l’innovation de défense lance un défi pour améliorer la sécurité des bases aériennes ( OPEX 360, Laurent Lagneau)

Dans un rapport pour avis sur le « soutien et la politique de défense », publié en novembre 2016, et alors que le Plan Cuirasse avait été activé depuis les attentats de janvier 2015, il avait été fait état de 31 tentatives d’intrusion dans des enceintes militaires, soit cinq fois plus par rapport à l’année précédente. Les tentatives d’intrusion dans une base aérienne font partie des menaces auxquelles les aviateurs doivent se préparer dans le cadre des exercices BASEX, organisés deux fois par an. Ainsi, à Luxeuil, en avril 2018, un scénario prévoyait une prise d’otage de personnels de la base aérienne 116, avec l’intervention du PSIG Sabre de la Gendarmerie nationale, avec coordination avec l’escadron de protection et avec la brigade de gendarmerie de l’Air. La menace terroriste n’est pas la seule. Des intrusions peuvent aussi avoir pour objet le vol d’équipement, l’espionnage ou encore le sabotage. Aussi, afin d’améliorer la sécurité et la protection des bases aériennes, l’Agence de l’innovation de Défense [AID] vient de lancer un défi aux industriels, chercheurs, start-up et autres PME, avec le soutien de la Direction générale de l’armement (DGA) et de l’armée de l’Air. Ce defi s’adresse à ceux qui disposent [ou sont susceptibles de disposer] de solutions technologiques dans les domaines de la « surveillance par drone, des applications mobiles, de la biométrie, des systèmes de communication [phonie, transmission de données…], du traitement de l’image et de la vidéo, du Big Data, de l’intelligence artificielle, du design d’interfaces numériques centrées sur les usages, etc… ». D’autres « briques technologiques » intéressent l’AID, notamment dans les domaines de « l’hypervision, de la fusion, du traitement, de l’analyse, d’aide à la prise de décision, de moyens de conduite d’opération de sécurisation, de la diffusion et du partage de données complexes structurées et non structurées [images, textes, données chiffrées, géolocalisées…]. L’objectif, est-il expliqué dans le dossier de présentation de ce défi appelé « Systèmes de Protection des bases aériennes » [ProDef], est de faire « émerger des solutions technologiques innovantes, pour les forces dans le cadre d’une démarche d’innovation ouverte, permettant d’améliorer l’efficacité et l’agilité du système de sécurisation d’une base aérienne, en utilisant des moyens mobiles déployables facilement. » Nul doute que cela intéressera également l’armée de Terre et la Marine nationale… Visiblement, ceux qui auront relevé ce défi ne devront pas perdre de temps. Après la clôture des inscriptions [le 3 février], une journée de présentation sera organisée cinq jours plus tard, l’objectif étant de faire découvrir aux candidats la problématique de la protection des bases aériennes (environnement, géographie, contraintes, etc). Puis les candidats auront jusqu’au 11 mars pour élaborer une proposition et la soumettre à l’AID. Enfin, deux semaines plus tard, un jury se réunira pour sélectionner les projets les plus pertinents.

 

3 – Rencontre des ministres (affaires étrangères et défense) Français et Japonais (défense.gouv.fr, DICOD, La Rédaction)

Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la République française, Florence Parly, ministre des Armées de la République française, Taro Kono, ministre des Affaires étrangères du Japon, et Takeshi Iwaya, ministre de la Défense du Japon, se sont réunis le 11 janvier 2019 pour la cinquième session des consultations politico-militaires ministérielles (« 2+2 ») franco-japonaises.

La 8e session du dialogue stratégique entre les ministres des Affaires étrangères s’est tenue en marge de cette réunion ainsi que la rencontre entre les ministres de la Défense. A cette occasion, les quatre ministres ont exprimé leur volonté de continuer à renforcer le « partenariat d’exception » franco-japonais. Tout au long de l’année 2018, la célébration du cent-soixantième anniversaire de l’établissement de nos relations diplomatiques a permis de constater l’intensité et l’ampleur de notre amitié et d’envisager notre avenir commun avec confiance. Afin de concrétiser cette ambition, les deux pays ont exprimé leur volonté d’établir une nouvelle feuille de route pour la période 2019-2023 en vue d’inscrire leur partenariat d’exception dans une dynamique d’avenir. Les ministres ont réaffirmé leur engagement à agir en faveur de la paix, de la stabilité et de la prospérité de la région indopacifique, en se fondant sur leurs valeurs communes et le respect du droit international et le multilatéralisme. Ils sont convenus également de promouvoir des coopérations concrètes dans les domaines tels que la sécurité maritime et l’aide pour le renforcement de capacités des pays en développement. Les deux pays ont confirmé leur engagement en faveur de l’objectif de démantèlement complet, vérifiable et irréversible de l’ensemble des armes de destruction massive et des missiles balistiques de la Corée du Nord ainsi que des programmes et installations connexes, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Dans ce contexte, la France a fait part de son intention de renforcer sa participation aux activités de surveillance engagées contre les activités maritimes illicites, par l’envoi de moyens militaires tels qu’un avion de surveillance maritime et un navire, au cours du premier semestre 2019. Sur la situation en mers de Chine orientale et méridionale, les ministres ont souligné l’importance de la liberté de navigation et de survol, du commerce sans entrave, de la retenue et du règlement pacifique des différends par des moyens diplomatiques et juridiques. S’agissant de l’Iran, les deux pays sont attachés à la préservation du Plan global d’action commun entre l’Iran et les E3+2 (Royaume-Uni, France, Allemagne, Russie et Chine). Quant à la Syrie, les deux pays rappellent que la première priorité demeure la victoire durable contre le terrorisme, en particulier contre Daech. La France et le Japon ont également souligné l’importance du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Les ministres ont convenu de conduire un exercice conjoint franco-japonais à l’occasion du déploiement prévu d’un groupe aéronaval autour du porte-avions Charles-de-Gaulle dans l’Océan Indien. Ils prévoient de renforcer leur coopération, y compris à travers l’utilisation du Centre régional de formation à Djibouti (DRTC).

 

ÉCONOMIE 

 

 Une pertinence qui ne se démontre pas, c’est bien celle de la mise sur orbite des satellites, avec Arianespace, et les investissements en faveur de l’ONERA, annoncés par Florence Parly sont des avancées stratégiques en matière spatiale. Par ailleurs, Mayotte constitue l’exemple même de la souveraineté maritime.

 

1 –     Lancement de satellites : le leader, c’est qui ? C’est Arianespace  (La Tribune, Michel Cabirol )

 Selon le PDG d’Arianespace, Stéphane Israël, la société de services de lancement européenne a réaffirmé “de façon incontestable” son “leadership sur le segment géostationnaire”.

Année après année (à l’exception de 2014), Arianespace réaffirme son leadership en matière de lancements de satellites commerciaux. 2018 n’a pas dérogé à la bonne habitude prise par la société de services de lancement européenne. L’an dernier, Arianespace a effectué 11 lancements (6 Ariane 5, 3 Soyuz et 2 Vega) depuis le Centre spatial guyanais. Ces lancements réalisés pour 13 clients, dont cinq au profit d’institutions européennes, ont permis de mettre en orbite 21 satellites (dont 13 satellites commerciaux) pour près de 57 tonnes de charge utile, et d’atteindre un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros. Notamment Ariane 5 a effectué quatre lancements doubles vers l’orbite géostationnaire sur les six réalisés en 2018. “Nous en avons envoyé huit (satellites géostationnaires, ndlr), cela représente la moitié des satellites géostationnaires commerciaux qui ont été mis en orbite l’an dernier”, a fait observer le PDG d’Arianespace, Stéphane Israël.  “L’an dernier, il y a eu de façon incontestable, la réaffirmation de notre leadership sur le segment géostationnaire”, a-t-il précisé.

 Une très bonne année commerciale en 2018

Sur le plan commercial, Arianespace a signé 18 contrats en 2018, dont le premier contrat commercial pour Ariane 64 dans le cadre d’un accord multi-lancements portant sur cinq satellites avec Eutelsat et le premier vol Vega SSMS. Côté institutionnel, le CNES et la DGA ont signé pour le satellite d’observation CSO-3 un lancement à bord d’une Ariane 62. Cela représente au total 15 clients différents afin de mettre en orbite 26 nouveaux satellites (de neuf kg à plus de six tonnes). C’est l’équivalent de deux Ariane 5, deux Ariane 64, une Ariane 62, trois Vega et/ou Vega C (dont le vol de démonstration du service de lancement multiple de petits satellites SSMS), ainsi que deux premières opportunités pour le vol SSMS 2 sur Vega et deux nanosatellites du CNES (ANGELS et EyeSat), qui embarqueront sur Soyuz en 2019. En outre, le satellite Taranis, signé également avec le CNES en 2012, volera sur Vega en 2020. Dans le contexte d’un marché des satellites de télécoms géostationnaires très resserré, Arianespace a réaffirmé son leadership sur ce segment, avec le gain de huit satellites supplémentaires (cinq Eutelsat, deux ISRO, un B-SAT), portant à 28 les satellites GEO dans son carnet de commandes et devançant nettement ses concurrents en termes de part de marché, notamment SpaceX qui s’est focalisé sur les missions institutionnelles. Vega confirme également ses succès dans le domaine de l’observation de la Terre, avec trois satellites supplémentaires gagnés. La commercialisation du vol de démonstration du service de lancement multiple de petits satellites (SSMS) a entraîné la signature d’accords commerciaux avec sept clients pour un lancement en 2019. Début 2019, le carnet de commandes d’Arianespace atteignait 4,2 milliards d’euros. Soit l’équivalent de 54 lancements : 70% commerciaux, 30% institutionnels en valeur ; 40% pour des missions géostationnaires (GEO) et 60% pour des missions non GEO ; et, enfin, 68% pour les télécoms, 24% pour l’observation de la Terre, 4% pour la navigation et 4% pour la science et la technologie. Cela représente 18 Ariane (13 Ariane 5, trois Ariane 62 et deux Ariane 64), 26 Soyuz et 10 Vega/Vega C.

Jusqu’à 12 lancements en 2019

Arianespace prévoit jusqu’à 12 lancements depuis le CSG en 2019, dont deux missions institutionnelles. Dans le détail, la société compte jusqu’à cinq Ariane 5, toutes en lancements doubles vers l’orbite de transfert géostationnaire, dont la première prévu le 5  février 2019 pour les clients Arabsat, Hellas Sat et “King Abdulaziz City for Science and Technology” d’une part et l’ISRO, l’agence spatiale indienne, d’autre part. Elle vise jusqu’à trois Soyuz avec notamment le premier lancement de la constellation OneWeb le 19 février, qui ouvrira la voie à de prochains lancements depuis Baïkonour à partir du dernier trimestre 2019. Le lanceur russe lancera également une cinquième mission pour la constellation O3b (SES), la mission COSMO-SkyMed/CHEOPS pour l’agence spatiale et le Ministère de la Défense italiens et l’ESA.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/lancement-de-satellites-le-leader-c-est-qui-c-est-arianespace-803256.html

 

2 –   Annonce des investissements en faveur de l’ONERA – discours de la ministre aux armées (Dicod, communiqué de presse)

Florence Parly, ministre des Armées, a annoncé sur le site de Palaiseau de l’ONERA, un financement exceptionnel de 160 millions d’euros afin de réaliser le regroupement des sites de l’ONERA d’Ile de France. Elle a également annoncé un prêt de 47 millions d’euros de la Banque Européenne d’Investissements pour permettre à l’ONERA de moderniser ses grandes souffleries. Elle a enfin remis à l’ONERA la médaille aéronautique pour récompenser sa contribution majeure à l’aérospatial française et européen. Florence Parly, ministre des Armées, s’est rendue jeudi 10 janvier sur le site de l’ONERA de Palaiseau (Essonne) à la rencontre des personnels de l’ONERA, établissement public sous tutelle du Ministère des Armées. La ministre a annoncé qu’un montant exceptionnel de 160 millions serait accordé par l’Etat à l’ONERA afin de regrouper ses trois sites d’Ile de France (Meudon, Châtillon, Palaiseau) sur celui de Palaiseau. Cette opération immobilière de grande ampleur sera pour partie financée grâce à la cession des terrains ainsi libérés. Ce projet, souhaité depuis de nombreuses années, permettra de renforcer les synergies internes à l’ONERA, tout comme avec les autres acteurs situés sur le plateau de Saclay. Florence Parly a également annoncé la signature d’un prêt exceptionnel de 47 millions d’euros accordé par la Banque Européenne d’Investissement (BEI) pour moderniser le parc de souffleries de l’ONERA, le plus important en Europe. Ce prêt, le premier que la BEI accorde en Europe à un organisme de défense, permettra de consolider les infrastructures et de moderniser les instruments de métrologie de l’ONERA afin de lui permettre de rester au meilleur niveau mondial, alors que la concurrence internationale s’intensifie. Compte tenu de la priorité accordée par le Président de la République et la ministre des Armées à la mise en place d’une stratégie spatiale de défense ainsi que de l’émergence de nouvelles menaces, la France doit se mettre en ordre de marche et innover. La ministre a ainsi exprimé de fortes attentes vis-à-vis de l’ONERA, qui remporte depuis plusieurs années de très nombreux succès dans le domaine spatial – appels à projets de recherche de la Commission Européenne (H2020) et de l’ESA. Enfin, Florence Parly a remis la médaille de l’aéronautique à l’ONERA en reconnaissance de la contribution de ses personnels à la recherche et l’innovation en matière de défense, d’aéronautique et d’espace.

Retrouvez le discours de Florence PARLY avec ce lien (en bas de page) :
https://www.defense.gouv.fr/dga/actualite/florence-parly-annonce-des-investissements-pour-l-avenir-de-l-onera

 

3 –   La question de la souveraineté maritime : le cas de Mayotte (Info guerre, Faissoil Soihili)

Mayotte dispose de potentiels dans le développement économique au sein de la zone du canal de Mozambique par la voie maritime. Ces potentiels peuvent rester à l’état de promesse sans faire l’objet de réalisations concrètes dès lors qu’aucune stratégie d’expansion n’est mise en œuvre pour favoriser un accroissement des richesses. Les exemples des territoires qui ont su profiter de leur positionnement à travers les mers pour accroître leur richesse se sont souvent appuyés sur un État-Stratège qui déploie un partenariat compris et approuvé par les acteurs économiques et les partenaires sociaux dans l’objectif de sortir vainqueur dans les affrontements qui les opposent avec d’autres territoires. Les dysfonctionnements dus aux désaccords entre la sphère publique, les acteurs économiques et les partenaires sociaux au sujet du port de Longoni constituent l’héritage d’un déficit dans la définition d’une ambition identifiable et approuvée par le plus grand nombre. Cet héritage date du XIXème siècle, période à laquelle Mayotte cède sa souveraineté à la France pour cause des affrontements avec des territoires de la région. Aujourd’hui, l’enjeu et les affrontements se situent sur la reprise de la souveraineté pour le développement du commerce par la voie maritime avec une ambition d’expansion économique au sein de la région, niée par l’autorité de l’État et mal engagée par le Département qui occupe à ce jour la place de l’autorité portuaire.

 Le contexte historique

La perte de l’île de France en 1835 (île Maurice) face aux Anglais durant la bataille de Waterloo a nécessité une contre-offensive française avec comme ambitions, s’installer sur les points du globe, destinés à devenir de grands centres commerciaux et de navigation, permettant de se ravitailler et de chercher refuge. Dans un rapport rendu en 1839 au Ministère de la Marine, l’Amiral HELL alors gouverneur de l’île Bourbon (île de La Réunion) exprime les avantages pour la France de s’installer à Mayotte. Selon ses termes: “Le port de Mayotte est très remarquable par son étendue et sa sûreté (…).  La possession de Mayotte nous est indispensable parce que son occupation par les Anglais qui serait probablement la conséquence de notre établissement à Nosy-bé dominerait notre position(…)“. Le “Journal National“ de 1844 rendra public cette découverte en écrivant ceci: « Mayotte est la plus belle position maritime qu’il soit possible de voir. Quelle bonne fortune pour la France, et quel avenir de pouvoir jamais se montrer dans ces mers depuis que nous avions perdu l’île de France ». Derrière cette communication de masse, comprenons deux grandes ambitions dont la seconde ne sera malheureusement pas réalisée, elles consistaient à se doter:

  • d’un port fortifié qui servira de point d’observation et de refuge. Depuis, l’île de Dzaoudzi et l’île de la Réunion abritent toutes deux le FAZSOI (Forces Armées de la Zone Sud de l’Océan Indien)
  • et d’une station commerciale ouverte vers la côte-est de l’Afrique sur le port de Mamoudzou. Aujourd’hui, il abrite quelques plaisanciers qui déplorent le désengagement de l’autorité publique pour agir en faveur du développement des activités de loisirs.

Une prolifération de moustiques et toutes formes d’insalubrité auraient eu raison sur l’idée d’investir dans une entreprise, faisant de Mayotte un centre commercial qui relierait la France au pays du Canal de Mozambique, cependant jugée comme trop onéreuse. Le milieu du XIX ème siècle coïnciderait-il avec le début d’une guerre de l’information qui saperait cette deuxième ambition?

 L’intérêt stratégique potentiel du port de Dzaoudzi

Jusqu’en 1992, à lui seul le port de Dzaoudzi servait aussi bien de zone de transit et d’importation  commerciale que de point d’observation et de refuge militaire. Pendant ce temps, la SMART (Société Mahoraise d’Aconage de Représentation et de Transit) créée en 1976 par le sénateur Marcel HENRY et la Chambre Professionnelle présidée par Adrien Giraud mettent en place une contre-offensive face à la volonté de faire de la ville de Mutsamadu un hub dans l’océan indien sous l’impulsion de l’État Comorien fraichement indépendant, d’Ahmed ABDALLAH.  Le transfert du port commercial de Dzaoudzi vers la ville de Koungou (Longoni) en 1992 marque un tournant majeur dans le rapport à établir sur la gestion portuaire. Bien que l’autorité portuaire n’affiche pas des ambitions à la hauteur des enjeux observés en 1839, l’espace portuaire de Longoni promet des possibilités d’extension favorables à une importante expansion économique. Dans un contexte de guerre économique contre les États-Unis, l’Empire du milieutisse des liens commerciaux à travers les mers par le développement des ports et notamment ceux de l’océan indien: la théorie de la “String Pearls“. En réponse à une absence de stratégie économique de la France sur la côte-est africaine, la Chine fragilise les rapports franco-djiboutiens, datant du XIX ème siècle en installant une base navale sur la “Corne de l’Afrique“, située au milieu de la voie maritime majeure du commerce pétrolier. Il était cependant question de répondre aux attentes de la gouvernance djiboutienne en matière de perspectives commerciales qui se trouvent au carrefour de l’Europe, de l’Extrême Orient, de l’Afrique et du Golfe Arabo-Persique. Au lendemain du premier acte de la décentralisation de 2004 à Mayotte, la gestion du port revenant à l’autorité territoriale, les cartes seront redistribuées en faveur de la nouvelle chambre consulaire qui connaitra des difficultés dans sa gouvernance et dans sa capacité à proposer une démarche ambitieuse à la hauteur de son positionnement au milieu du canal de Mozambique. À l’extrême opposée de la Cité-État de Singapour qui réussit à tirer profit de son positionnement dans le détroit de Malacca : il est le principal hub commercial à la croisée de l’Inde, de l’Asie du sud-est et de l’Australie. En comparaison aux autres ports de France et des départements d’Outre-mer, celui de Longoni est bien en dessous des standards en matière de trafic des marchandises. Par ailleurs, depuis ces vingt dernières années la croissance moyenne reste nettement positive. La modernisation des activités du port, la proposition de coûts portuaires compétitifs et l’extension de sa plate-forme pour recevoir les “liners“ sont les conditions pour que Mayotte profite de son positionnement privilégié qui la relierait à l’Afrique de l’Est, à l’Afrique du Sud, à Madagascar et au Péninsule Arabique. À ce jour, Port Louis ville de l’île Maurice occupe le premier rang en matière de hub dans l’océan indien malgré les contraintes liées à sa saturation et aux risques cycloniques. En l’absence d’une stratégie de recherche de souveraineté en matière d’échanges commerciaux, l’autorité territoriale et le secteur privé peinent à s’imposer entant qu’acteurs solidaires pour faire fronts aux obstacles empêchant le port de Longoni d’occuper la place qui lui reviendrait dans le canal de Mozambique. Depuis novembre 2013, la Délégation de Service Public attribuée à Mayotte Channel Gateway a fait l’objet de batailles judiciaires et médiatiques qui l’oppose perpétuellement au corps Syndical, à la SMART, à la gouvernance actuelle du Département et à l’État qui contestent cette procédure.

L’expansion économique et régionale du port ralentie par des affrontements internes

Dans un contexte de crises à répétition, l’État à travers le rapport de la cour des comptes et des courriers lancés par les différents ministères s’engage dans une offensive pour se positionner comme médiateur dans les désaccords entre le Département et son délégataire. Ces communications mettent en évidence les manquements des deux protagonistes pour montrer d’un côté le déficit en matière d’entretien des infrastructures et de l’autre côté les défaillances sur la gestion des activités portuaires.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://infoguerre.fr/2019/01/question-de-souverainete-maritime-cas-de-mayotte/

 

 

TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPÉCIALISÉS 
Esprit Surcouf vous offre un tour d’horizon des titres de fond propres à susciter la réflexion de défense et de sécurité.

 

«Le soin de la France vis-à-vis des chrétiens d’Orient n’est pas une révérence au passé mais un acte de foi dans l’avenir» (Figarovox, Eugène Bastié, interview de Charles Personnaz)
http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2019/01/10/31002-20190110ARTFIG00284-le-soin-de-la-france-vis-a-vis-des-chretiens-d-orient-n-est-pas-une-reverence-au-passe-mais-un-acte-de-foi-dans-l-avenir.php

Quelle défense pour quelle Europe ?  (iveris , Alain Corvez)   
PDF de l’article d’Alain Corvez

Espionnage Etats-Unis-Russie : la guerre des espions qui fait son grand retour ne s’est en fait jamais arrêtée (Atlantico, avec Alain Rodier)
https://www.atlantico.fr/decryptage/3563349/espionnage-etats-unis-russie–la-guerre-des-espions-qui-fait-son-grand-retour-ne-s-est-en-fait-jamais-arretee-alain-rodier

Xi Jinping demande “de plus grandes réalisations stratégiques” dans la gouvernance du PCC ( Xinhua, Wang Ye)
http://french.xinhuanet.com/2019-01/12/c_137738257.htm

Liban : Israël viole la résolution 1701 de l’ONU (L’Expression)
http://www.lexpressiondz.com/linformation_en_continue/307578-liban-israel-viole-la-resolution-1701-de-l-039-onu.html

Quelles sont les forces anti-régime dans le nord-ouest de la Syrie? (L’Orient le Jour, AFP)
https://www.lorientlejour.com/article/1152169/quelles-sont-les-forces-anti-regime-dans-le-nord-ouest-de-la-syrie.html

Le lieutenant-colonel Sauvé prend les commandes du Groupement tactique de présence avancée renforcée de l’OTAN en Lettonie (45° Nord, La Rédaction)
http://www.45enord.ca/2019/01/lieutenant-colonel-sauve-prend-commandes-groupement-tactique-presence-avancee-renforcee-lettonie-photos/

La brigade numérique en 5 questions (Gendarmerie)
https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/Zooms/La-brigade-numerique-en-5-questions


PARUS AU JOURNAL OFFICIEL
Textes à ne pas négliger pour comprendre l’actualité de défense et de sécurité.

 

Arrêté du 12 décembre 2018 relatif à la modification de la signalisation routière
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=2DE7E02ED1EA40DC6DA3561F36287294.tplgfr26s_3?cidTexte=JORFTEXT000037964816&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037964593

Décret n° 2019-19 du 9 janvier 2019 relatif au système d’information et de commandement unifié des services d’incendie et de secours et de la sécurité civile « NexSIS 18-112 » 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=2DE7E02ED1EA40DC6DA3561F36287294.tplgfr26s_3?cidTexte=JORFTEXT000037972196&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037972008

Arrêté du 4 janvier 2019 fixant les modalités d’autorisation pour l’acquisition et la détention des matériels de vision nocturne 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=2DE7E02ED1EA40DC6DA3561F36287294.tplgfr26s_3?cidTexte=JORFTEXT000037972220&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037972008

Décision du 21 décembre 2018 portant inscription au tableau d’avancement pour l’année 2018 – réserve 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=2DE7E02ED1EA40DC6DA3561F36287294.tplgfr26s_3?cidTexte=JORFTEXT000037972400&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037972008

Arrêté du 31 décembre 2018 modifiant l’arrêté du 17 novembre 2010 fixant les titres professionnels et la qualification exigés pour la promotion des sous-officiers de gendarmerie aux grades de maréchal des logis-chef et d’adjudant-chef 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=2DE7E02ED1EA40DC6DA3561F36287294.tplgfr26s_3?cidTexte=JORFTEXT000037995210&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037995082

 

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