-GÉOPOLITIQUES : relations internationales, zones géographiques …
-DÉFENSES : militaire, sécurité intérieure, terrorisme …
-ÉCONOMIES : entreprise, industrie ….

Par Jacques Raimond

La revue de presse « Esprit Surcouf » vous propose une sélection hebdomadaire d’une dizaine d’articles, peu diffusés dans les médias traditionnels, présentés dans trois rubriques : géopolitiques, défenses, économies. La revue de presse y ajoute un tour d’horizon des médias spécialisés, ainsi que les textes officiels parus dans la semaine passée, utiles à consulter et à retenir.

 

GÉOPOLITIQUES

 

Cette semaine, Esprit Surcouf se penche sur la relation Russie – Turquie, avec cet excellent article, qui analyse finement le nouvel environnement stratégique à partir de l’intervention russe en Syrie ; Le mouvement de résistance des Palestiniens est toujours aussi fort, quant à lui, dans le deuxième article, avec une remise à plat des jeux d’influence ; le troisième article de cette semaine évoque la gouvernance du cyberespace, avec ses opportunités, mais aussi ses menaces.

 

1. Les déterminants de la relation Russie-Turquie (Institut méditerranéen des hautes études stratégiques, Ana Pouvreau)

Un article d’Ana POUVREAU, spécialiste des mondes russe et turc, chercheur en sciences politiques, docteur ès lettres de l’Université de Paris IV-Sorbonne et diplômée de la Boston University en relations internationales et études stratégiques. Elle est auditrice de l’IHEDN et éditorialiste à l’institut FMES.

Le Président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan – Tous droits réservés.

 Dans la défense du flanc sud-est de l’Alliance atlantique, la Turquie, membre de l’OTAN depuis 1952, a constitué, pendant la guerre froide, un rempart permettant d’endiguer l’expansion de l’Union soviétique, tel que le préconisait la doctrine Truman dite du « containment » (1947). Dès l’effondrement du bloc soviétique en 1991, un rapprochement turc avec la puissance russe a été amorcé, notamment en matière économique, conduisant la Russie à devenir le premier partenaire commercial de la Turquie à partir de 2008. La Turquie est, pour sa part, devenue le 3ème partenaire commercial de la Russie derrière la Chine et l’Allemagne. A titre d’exemple, 60% de ses importations de gaz proviennent de Moscou. Cette consolidation des relations russo-turques a récemment été illustrée en août 2018, par le rejet turc de l’imposition de nouvelles sanctions contre Moscou par les Etats-Unis, à la suite de l’affaire Skripal[1]. Cependant, dans le nouvel environnement géostratégique résultant de l’intervention russe en Syrie dès le 30 septembre 2015, les relations russo-turques s’étaient, dans un premier temps, détériorées. Le 24 novembre 2015, un avion Soukhoi avait été détruit par deux avions de chasse de l’armée de l’air turque à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Le pilote russe avait été tué. Cet événement avait d’abord fait craindre à l’OTAN une escalade. Mais quelques mois plus tard, les Alliés occidentaux se sont trouvés confrontés à une double « surprise stratégique » avec une tentative de putsch en Turquie, le 15 juillet 2016, suivie d’un rapprochement inédit entre les dirigeants russes et turcs. Cette évolution inattendue est devenue un sujet de préoccupation occidental et rend donc nécessaire une analyse des déterminants de la relation qui se tisse, pour l’heure, entre les deux pays, alors qu’une crise financière et monétaire a récemment affecté les relations entre les Etats-Unis et la Turquie.

 Etat des lieux du débat stratégique en Turquie concernant les relations avec la Russie

Les perceptions turques

Cette volte-face turque vis-à-vis de ses Alliés transparaît à travers plusieurs déclarations du ministre turc des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu qui, en août 2016, s’exprimant auprès de l’agence d’informations russe Sputnik  a indiqué que « l’Alliance atlantique est réticente à coopérer avec l’allié turc » et que « l’Occident traite la Turquie et la Russie comme des “pays de second ordre” »[2]Certains think tanks turcs, tels que l’éminent centre Bilgesam[3] ont également favorisé le rapprochement russo-turc. Cependant, en raison de l’extrême polarisation observée au sein de la société turque après la tentative de coup d’Etat de juillet 2016, on constate que cette tendance rencontre un écho particulièrement défavorable auprès de  certains dirigeants politiques. A titre d’exemple, Kemal Kilicdaroglu, leader du parti d’opposition kémaliste, le Parti républicain du peuple (Cumhuriyet Halk Partisi, CHP), un parti démocrate, socialiste et laïc, déplore, pour sa part, la dépendance croissante du pays vis-à-vis de la Russie, notamment en matière gazière et nucléaire[4]. De même, en dépit de son alliance avec le pouvoir, Devlet Bahceli, président du Parti d’Action nationaliste d’extrême-droite (Milliyetçi Hareket Partisi, MHP), a sévèrement critiqué la Russie notamment lors des bombardements russes sur la ville syrienne d’Al-Bab, alors aux mains de l’Etat islamique : 3 soldats turcs avaient été tués et 11 blessés accidentellement dans un raid aérien mené par un Tupolev de l’armée de l’air russe le 2 février 2017[5]. Par contraste, en ce qui concerne les consortiums turcs de l’industrie d’armement, la collaboration avec l’Etat russe est en pleine expansion, comme en témoigne la participation active de Rosoboronexport, l’agence fédérale russe en charge des exportations d’armement, lors des salons biannueIs IDEF turcs (International Defence Industry Fair) à Istanbul.

Les points de friction dans la relation russo-turque

Le récent rapprochement russo-turc aurait pu se trouver menacé par l’assassinat de l’ambassadeur de Russie à Ankara, Andreï Karlov, par un policier turc, en décembre 2016, ainsi que par la mort de soldats turcs à Al-Bab en février 2017. Il n’en a rien été. Pourtant, de nombreux points de friction opposent depuis plusieurs années les puissances russe et turque. Par exemple, la reconnaissance du génocide arménien constitue une pierre d’achoppement entre les deux pays. Par ailleurs, dès la première guerre de Tchétchénie en 1994, Ankara a accueilli des réfugiés tchétchènes parmi lesquels se trouvaient de nombreux opposants pourchassés par Moscou, dont l’activisme pose encore problème aujourd’hui, en raison des affiliations de certains de ces réfugiés avec des groupes djihadistes combattant à l’étranger. Le gouvernement turc a souvent apporté son aide à des belligérants, en raison de leur appartenance ethnique et civilisationnelle – la turcité – souvent opposés à la politique étrangère menée par Moscou. Dans le conflit en Syrie, Ankara soutient des groupes armés turkmènes qui luttent contre le régime de Damas, soutenu par la Russie. En Crimée, annexée par la Russie en mars 2014, la Turquie a toujours soutenu les Tatars pro-Ukrainiens depuis leur retour de déportation en Asie centrale dans les années 1990. Dans les conflits du Caucase, la Turquie soutient l’intégrité territoriale de la Géorgie et ne reconnait donc pas – à la différence de Moscou – les indépendances de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, deux territoires sécessionnistes. Ankara a également demandé à la Géorgie le retour en Turquie des Turcs meskhètes, un peuple turc dispersé dans plusieurs  ex-républiques soviétiques[6]. Dans les conflits au Haut-Karabagh ou au Nakhitchevan, la Turquie a  apporté un soutien indéfectible à l’Azerbaïdjan alors que Moscou a soutenu les Arméniens. C’est d’ailleurs au Nakhitchevan qu’en 2009, le Conseil turcique qui rassemble les représentants de peuples turcs du Caucase et d’Asie centrale, a été établi.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://fmes-france.org/les-determinants-de-la-relation-russie-turquie/

 

2. Le point de vue de Georges Corm sur la situation au Moyen-Orient ( Les clés du Moyen-Orient, Georges Corm)

Propos recueillis à Beyrouth par Mathilde Rouxel

Georges Corm, économiste libanais, est un des éminents spécialistes du Moyen-Orient et de la Méditerranée. Outre son statut de consultant économique et financier international, il est professeur depuis 2001 à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, dans le cursus des sciences politiques. Ses ouvrages les plus célèbres sont L’Europe et l’Orient (La Découverte) ; Orient-Occident, la fracture imaginaire (La Découverte) ; La question religieuse au XXIè siècle (La Découverte) ; Le nouveau gouvernement du monde, idéologie, structures, contre-pouvoirs (La Découverte) ; Pour une lecture profane des conflits (La Découverte) ; Le Proche-Orient éclaté 1956-2012, 2 volumes (Folio/histoire). Ils sont traduits en plusieurs langues.
Il vient de publier La Nouvelle Question d’Orient aux Editions La Découverte.

Existe-t-il encore en Palestine et hors de la Palestine un mouvement de résistance ?

Oui, aujourd’hui ce mouvement de résistance est très fort, notamment à Gaza. Les gens se sacrifient, offrent leurs vies pour repousser les frontières, et montrer qu’elles n’ont pas lieu d’exister, que la Palestine est la Palestine. Cette résistance est extrêmement intéressante, même s’il y aura sûrement des tentatives pour arrêter ce mouvement. Une voiture qatariote qui amenait des vivres, des aides matérielles, s’est notamment faite attaquer par les Palestiniens. Cela montre un degré de conscience très important chez les Palestiniens aujourd’hui. Il y a également le phénomène de la jeune et formidablement courageuse Ahed Tamimi, qui a montré le chemin à suivre.

Et qu’en est-il des camps de réfugiés à Beyrouth ou en Jordanie ? Quel type de mobilisation est aujourd’hui visible, notamment vis-à-vis des symboles, en particulier celui porté par Ahed Tamimi ?

Le problème est qu’il y a des factions palestiniennes diverses et opposées dans les camps. Au Liban par exemple, des batailles rangées dans les camps entre factions différentes explosent souvent. Le factionnalisme est malheureusement une « maladie » arabe. Or, la bataille pour l’existence palestinienne est extrêmement importante pour l’avenir de la région, je dirais même pour l’avenir de ce qu’on peut appeler la « culture » dans le monde. Il est clair que, de même que les révoltes arabes ont inspiré beaucoup de mouvements en Occident, aujourd’hui je pense que la résistance palestinienne sous toutes ses formes est elle aussi très exceptionnelle.

Elle s’inscrit cependant dans une dynamique moyen-orientale qui soutient de moins en moins la cause palestinienne ?

Il me semble que c’est un signe que les dirigeants arabes sont de plus en plus coupés de leurs peuples. Il y a des contrôles de plus en plus étroits de la presse, de la télévision ; de très nombreuses chaînes satellitaires arabes appartiennent aux potentats de la péninsule arabique dont certains voudraient en finir avec la question palestinienne. Là aussi, la bataille médiatique est très forte, car vous avez en revanche deux chaînes très regardées qui défendent les droits palestiniens. Il existe aussi ce que j’appelle la « résistance juive antisioniste » qui est très forte. Les dernières productions sont celles de Shlomo Sand, que là aussi la grande presse tente d’ignorer, bien qu’il ait tout de même eu de grands succès de librairie. Personnellement, je pense que ce sont les élites gouvernantes dans les pays occidentaux qui sont attachées à Israël, et non les opinions publiques, ce qu’ont prouvé des sondages d’opinion.

Peut-être pourrait-on dire que la question palestinienne a été écartée au profit de l’Arabie saoudite et de l’Iran, qui tentent tous deux de s’imposer dans la région ?

Il y a un gros problème d’iranophobie dans lequel tout le monde oublie que l’Iran n’a jamais envahi un pays arabe et que c’est l’Irak qui a envahi l’Iran en 1980, poussé par les pays occidentaux, l’Arabie saoudite, le Koweït, etc. Il l’a fait pour le compte de tiers. Cette vérité première est complètement passée sous silence, de même que la crise des otages (otages occidentaux kidnappés au Liban en 1980) a donné lieu ensuite à l’Irangate, scandale des scandales puisque les Américains ont fini par fournir des armes à l’Iran pour que les otages pris au Liban soient libérés. Donc, toute la crise des otages du Liban était due au fait que l’Iran voulait aussi recevoir des armes pour faire face à l’invasion de Saddam Hussein. La question, on le voit, est très compliquée. L’iranophobie aujourd’hui cristallise aussi l’hostilité au chiisme. On oublie que le régime iranien s’appelle « république ». L’association « république » et « islamique » me semble toujours détonante, et provoque de grandes ruptures avec le passé, avec la tradition de quiétisme chiisme – qui appelle le retrait de toute vie politique, en attendant le retour de l’imam caché. Cela provoque des changements massifs, qui ne sont pas qu’iraniens, que l’on peut observer dans toutes les communautés chiites. De plus, la politique occidentale a été de susciter une querelle entre sunnites et chiites, appelant à prendre parti pour les sunnites. En Occident, des médias taisent les faits réels de la querelle irano-arabe notamment irano-saoudienne. Aujourd’hui la politique de la République islamique d’Iran – à part sur la question de la Palestine – n’est pas différente de la politique du Shah d’Iran qui lui aussi avait bénéficié de soutien pour acquérir des installations d’énergie atomique du consortium français Eurodif. Du temps du Shah d’Iran, il était toléré qu’il s’érige en gendarme du Golfe, puisqu’il entretenait de très bonnes relations avec l’État d’Israël. Aujourd’hui, l’influence iranienne n’est plus tolérée, tout simplement parce que l’Iran semble avoir une politique de libération de la Palestine. Est-ce seulement de la rhétorique ou un prétexte pour s’immiscer dans les affaires arabes ? Seul l’avenir nous le dira.

Vous dites que l’on pousse aujourd’hui à la lutte entre sunnites et chiites, mais l’on constate cependant une réalité de volonté hégémonique d’un côté de l’Iran et de l’autre de l’Arabie saoudite dans la région, notamment d’un point de vue diplomatique et économique

Oui, mais les influences sont à mon sens très différentes. L’influence saoudienne, qui a exporté dans le monde entier la doctrine wahhabite qui a inspiré les mouvements terroristes actuels est une chose ; l’Iran qui est sans aucun doute un régime très autoritaire, voire tout à fait dictatorial, est par ailleurs aussi une société où il existe une vie culturelle intense, où les femmes – en nombre limité certes – peuvent accéder également à des postes de responsabilités. Maintenant, il faut noter que le régime iranien est impitoyable avec ses opposants internes, et ne pratique guère le respect des droits de l’homme. Il faut essayer – c’est ce que j’enseigne depuis des années – d’évacuer la religion de tous les débats et d’en sortir. Nous nous sommes enfermés dans l’idéologie du conflit de civilisation, contre laquelle je me bats depuis très longtemps en montrant qu’elle n’a aucun sens, mais aujourd’hui, les médias ont intégré Huntington, lequel n’a fait que mettre au goût du jour les thèses racistes de Renan et de Bernard Lewis sur l’islam. La lecture du Coran qui s’est imposée aujourd’hui à coup de pétrodollars est la lecture wahhabite. Il me semble nécessaire de « déwahhabiser » la lecture du Coran, et de revenir à des lectures modérées et ouvertes, tels que l’on fait les pionniers de la Nahda arabe – ce dont on est aujourd’hui incapable. Mais il y a cependant déjà quelques efforts en ce sens ici ou là, notamment en Egypte. J’explique très souvent la chose suivante : comment peut-il y avoir conflit de civilisation, alors que les Arabes très aisés envoient leurs enfants étudier en Occident et s’y achètent des châteaux, des hôtels particuliers de grand luxe. Les classes moyennes envoient aussi leurs enfants étudier en Occident, d’où 50% ne reviennent pas, et les classes pauvres risquent leur vie en traversant la Méditerranée pour arriver en Occident. Où est donc ce conflit de civilisation ? Cette imposture intellectuelle est la continuation de l’islamophobie de Renan incarnée selon lui dans « la lourdeur de l’esprit sémite », ce qui rejoint ce que j’ai montré à plusieurs reprises : dans la psychologie occidentale, Israël est un espace protégé par les couches dirigeantes européennes, et bien sûr les Etats-Unis. En revanche, dans les sondages, l’opinion est très défavorable à Israël.

Malgré tout, l’iranophobie dont vous parliez est très forte aux États-Unis, peut-être parce qu’on a fait le choix d’une diplomatie liée aux énergies fournies par l’Arabie saoudite et le reste du Golfe

Oui, mais Trump a laissé de nombreux pays européens libres d’importer du pétrole et du gaz iranien. Il n’a pas pris de mesure drastique à ce sujet. Parce qu’il ne veut pas que le prix du pétrole remonte trop.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.lesclesdumoyenorient.com/Le-point-de-vue-de-Georges-Corm-sur-la-situation-au-Moyen-Orient.html

 

3Cyberespace : vers quelle gouvernance ? (IRIS, le point de vue de Charles Thibout, chercheur à l’IRIS)

Le 12 novembre, à l’occasion de la réunion à l’UNESCO du Forum de gouvernance de l’internet (FGI), le président de la République française, Emmanuel Macron, a lancé l’Appel de Paris pour la confiance et la sécurité dans le cyberespace. Cette déclaration de haut niveau en faveur de l’élaboration de principes communs de sécurisation du cyberespace a déjà reçu l’appui de nombreux États, mais aussi d’entreprises privées et d’organisations de la société civile. Que faut-il retenir de l’Appel de Paris ? Quels sont les principaux enjeux inhérents au cyberespace ? Le point de vue de Charles Thibout, chercheur à l’IRIS. 

Lundi 12 novembre, le président français Emmanuel Macron lançait, en présence du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, l’Appel de Paris pour pacifier les relations internationales dans le cyberespace. Qu’en est-il ressorti ? L’approche française sur la question fait-elle consensus ?

Emmanuel Macron a appelé à soutenir un cyberespace ouvert, sûr, stable, accessible et pacifique. Le président de la République a également fait le constat que le cyberespace est de plus en plus un espace de conflictualité où se mêlent différents acteurs, étatiques et non-étatiques. Or, l’approche française ne fait pas consensus. En réalité, seule une cinquantaine d’États ont signé l’Appel de Paris. De surcroît, plusieurs acteurs majeurs du système international ne l’ont pas signé, notamment les États-Unis, la Chine et la Russie. Côté américain, aller dans le sens d’une régulation du cyberespace signifie d’une certaine manière limiter leur hégémonie en la matière, les États-Unis étant l’acteur prédominant de la sphère cybernétique. Ainsi, toute tentative de régulation se traduirait par un contrôle de leurs capacités. Quant à la Russie et à la Chine, ces pays considèrent le cyberespace comme un vecteur de renforcement de leur puissance dans les relations internationales afin de pallier leur faiblesse relative en termes de capacités militaires et économiques conventionnelles. La Chine a, par exemple, dans les années 1990, bien compris qu’elle ne pouvait pas rattraper son retard technologique et militaire vis-à-vis des États-Unis. Par contre, elle a très bien assimilé qu’en maîtrisant parfaitement les technologies cybernétiques, elle pouvait affaiblir la puissance américaine. Par conséquent, vous pouvez avoir la plus grande puissance militaire du monde, si vos bâtiments, troupes et infrastructures sont incapables de communiquer, d’un seul coup, votre puissance se trouve considérablement affaiblie. En outre, il existe deux visions du cyberespace dans le monde. La sphère occidentale (Amérique du Nord, Union européenne) est plus encline à parler de cybersécurité et de cyberdéfense, alors que la sphère orientale, Russie et Chine en tête, parle plutôt de guerre informationnelle ou de sécurité de l’information. Ces différences de vocabulaire empêchent ces grands acteurs de se réunir et de débattre de façon constructive des normes et des formes de régulation communes qu’il conviendrait d’édicter.

Le cyberespace, toujours plus au centre de nos existences, est un lieu d’opportunités, mais aussi de nouvelles menaces. Quelles sont-elles ? 

La principale menace est la prééminence de l’attaque sur la défense dans le cyberespace. C’est-à-dire qu’il est aujourd’hui plus facile d’attaquer que de se défendre avec les armes cybernétiques. La deuxième menace est la grande difficulté à attribuer les attaques informatiques. Il est très difficile de savoir qui est l’auteur d’une attaque. Ce qui est problématique dans le jeu international classique puisque cela freine la capacité d’un État à se défendre de façon légitime. Ensuite, les armes numériques sont de plus en plus volatiles et en constante mutation ; de nouvelles armes sont créées et développées tous les jours. Car, évidemment, il est plus facile d’élaborer une arme informatique que de fabriquer une arme conventionnelle. Mais le défi majeur est celui de la dissémination de la puissance. Avec le cyberespace, les outils de puissance ne sont plus seulement l’apanage des États. Ils le sont aussi d’acteurs non-étatiques. Effectivement, à la fois de très grandes entreprises technologiques comme les GAFAM aux États-Unis et les BATX en Chine, mais aussi des pirates informatiques, des groupes criminels, terroristes, des organisations mafieuses, etc., sont dorénavant inextricablement impliqués dans le cyberespace. De plus, ils entretiennent des relations très équivoques avec les États, entre concurrence et coopération, voire connivence. Beaucoup de pirates deviennent des « proxies », sortes de corsaires informatiques, au service d’États qui s’appuient sur leur expertise, mais qui, surtout, se servent de ces intermédiaires pour lancer des attaques sans que l’on puisse remonter jusqu’à eux. Cette implication des acteurs non-étatiques est l’un des enjeux majeurs du XXIe siècle : elle accentue le passage d’une violence internationale (interétatique) à une violence transnationale, où la conflictualité n’est plus l’affaire des seuls États-gladiateurs.

Comment définiriez-vous la géopolitique d’internet d’aujourd’hui ? Des guerres numériques sont-elles à craindre ? Existe-t-il aujourd’hui une gouvernance d’internet ?

Pour définir la géopolitique d’internet, on peut reprendre le concept d’anomie de Durkheim revisité par Bertrand Badie. Plus précisément, on se trouve actuellement dans une zone de non-droit ; aucun accord multilatéral n’a pu être trouvé jusqu’à présent pour réguler les relations internationales dans le cyberespace, ce qui accroît bien sûr le risque de guerres numériques. Depuis 2004, l’ONU a mis en place un groupe d’experts gouvernementaux sur la cybersécurité. Ce groupe s’est réuni à cinq reprises. En 2013, ces experts se sont mis d’accord sur le fait que le droit international était applicable au cyberespace. En 2017, en revanche, le cycle de négociations a échoué.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.iris-france.org/123908-cyberespace-vers-quelle-gouvernance/

 
Le site IRIS  est répertorié 
dans la rubrique THINKTANKS de la "Communauté Défense et Sécurité" d'ESPRITSURCOUF.fr

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DÉFENSES

Dans l’actualité de défenses, on trouve la commémoration des 60 ans de la direction des applications militaires, la recherche en cours pour détecter les fausses nouvelles, et les récompenses décernées à trois jeunes chercheuses par la DGA. La dynamique impulsée par l’ensemble forme bien la base globale dont nous avons besoin, dans le cadre du rôle dissuasif de la défense

 

1. 60 ans de la direction des applications militaires ( discours de Florence Parly, DICOD)

Mesdames et messieurs les élus, Monsieur le chef d’état-major des Armées, Madame la secrétaire générale de la défense et de la sécurité nationale, Monsieur le délégué général pour l’armement, Monsieur l’administrateur général du CEA, Monsieur le directeur des applications militaires, Mesdames et messieurs les officiers généraux, Mesdames et messieurs,

« Plus jamais ça ». Cette phrase a suivi bien des guerres, bien des conflits. Elle résonne en nous comme autant de souvenirs douloureux, de récits hantés par la peur et le poids des disparus. « Plus jamais ça ». Voilà ce qui a forgé dans nos esprits une certitude : la paix n’a pas de prix, la liberté a besoin d’un glaive et d’un bouclier. Notre Nation avait besoin d’une arme qui la protège. D’une arme qui montre que, jamais, on ne peut se jouer de la France. La France devait affirmer son indépendance, elle devait s’assurer que sa voix soit écoutée, entendue. En un mot, la France avait besoin de la dissuasion. Elle avait besoin de ses ingénieurs, de ses chercheurs, de ses militaires et de ses diplomates. Elle avait besoin du Commissariat à l’énergie atomique, de la Direction des Applications Militaires. La naissance de la DAM correspond à celle de la Ve République. Ce n’est pas un hasard. La Ve République nous a donné la stabilité, la capacité à agir et nous défendre. La DAM a donné à la France son assurance vie. Car en deux ans à peine, grâce au travail acharné de tous, la France réalisait son premier essai nucléaire et le 13 février 1960, suivant le mot fameux du Général de Gaulle : « Hourra pour la France : depuis ce matin elle est plus forte et plus fière ». En 60 ans d’histoire, la DAM a permis de garantir l’adaptation de notre dissuasion aux évolutions des menaces, de concevoir des têtes nucléaires adaptées à la nécessité du mirvage, de développer des compétences en électromagnétisme pour concevoir des têtes nucléaires furtives, indétectables aux radars. La DAM a assuré la persistance et la fiabilité de la composante aéroportée. Elle a relevé le défi, si délicat, de la composante océanique. Elle a permis des avancées technologiques, elle a placé notre pays à la pointe de la modernité, de la recherche et de la sureté nucléaire. Elle a réussi le programme simulation, véritable pari scientifique et technique, lancé après l’arrêt des essais nucléaires. François Mitterrand, au moment d’ouvrir cette nouvelle page, avait alors exprimé sa confiance dans la capacité des scientifiques de la DAM à relever cet immense défi: « Il faut que le programme de simulation se fasse sans essais nouveaux. C’est difficile ? Alors, il faut chercher. C’est votre métier de chercher et vous en avez la compétence. Nous disposons d’assez de savants, d’assez de chercheurs, d’assez d’ingénieurs, d’assez d’imagination et de courage ». Vous lui avez donné raison. La DAM a surmonté chaque changement, chaque obstacle. Et à chaque étape, elle a poussé nos technologies, toutes nos technologies vers le haut. Le rôle de la DAM a évolué, aussi, avec de nouvelles missions, comme la lutte contre la prolifération, la propulsion nucléaire, la contribution aux activités non nucléaires intéressant la Défense, l’ouverture du programme « Simulation vers le monde scientifique et de l’industrie ». Cette évolution du rôle de la DAM, elle s’est traduite par la participation du Directeur des applications militaires au Conseil des armements nucléaires, mais aussi par l’intégration de scientifiques de la DAM dans les équipes diplomatiques, comme pour les négociations sur l’accord nucléaire iranien. La Direction des applications militaires, c’est donc bien plus que les concepteurs de notre dissuasion. C’est un cœur stratégique. C’est l’épicentre de l’innovation, de l’expertise et de la sécurité. C’est l’acteur indispensable, sur le long terme, de notre souveraineté. J’ai vu ces dernières semaines les forces garantes de notre dissuasion. J’ai vu la force océanique stratégique, dont nous avons célébré la 500e patrouille d’un SNLE. J’ai rencontré à Istres les forces aériennes stratégiques, à qui le nouvel A330 Phénix ouvre des horizons décuplés. J’étais avec la semaine dernière encore avec la force aéronavale nucléaire, qui bénéficie d’un porte-avions rénové. Il y a un an, je vous rencontrais à Bruyères-le-Châtel. Aujourd’hui, je retrouve le CEA et la DAM, vous les concepteurs, les réalisateurs et les garants de la crédibilité de notre dissuasion. Sans votre travail, l’engagement de nos forces pour la dissuasion serait inutile, vain. Vous êtes ces femmes et ces hommes, capables de vous dépasser, d’exceller, de relever tous les défis. Vous êtes ces serviteurs de la France, dévoués, essentiels. Vous acceptez bien souvent d’agir dans l’ombre mais notre pays n’oublie pas ce qu’il vous doit. J’ai rencontré successivement chacun de ceux qui offrent à la France sa dissuasion. Mais nul ne peut vous imaginer une seconde, les uns sans les autres. L’Œuvre commune n’est pas un vain mot. L’Œuvre, car la minutie, la précision et l’extrême vigilance sont impératifs. Commune, car chacun a sa place, son rôle, précis, exigeant, et que quiconque y manquerait, mettrait en péril la sécurité de toute la France. L’Œuvre commune n’est pas une formule qui aurait perdu son sens au fil des ans et des discours. Non. L’Œuvre commune, c’est l’exigence qui se rappelle à tous. C’est bien plus qu’un partenariat entre CEA, DGA Armées, entre politiques, militaires, ingénieurs et diplomates. C’est une intimité d’objectifs, d’ambitions et de moyens. C’est un lien puissant, une famille, indéfectiblement soudée pour assurer la souveraineté de la France. En 60 ans d’histoire, en 60 ans de ce lien, les défis ont changé. Nous avons assisté à plusieurs révolutions technologiques. Nous avons réussi tant de succès techniques, tant d’aventures humaines. Nous avons vu le monde changer, des blocs s’affronter et connu l’angoisse d’un conflit nucléaire. Aujourd’hui, la Guerre froide est finie. Nos espoirs de paix étaient nombreux, forts. Beaucoup ont cru à la fin de l’Histoire. Elle s’est durement rappelée à nous. Mais loin des blocs, comment prouver l’utilité d’une Arme dont le paradoxe est de ne jamais être utilisée ? Comment justifier à l’heure où nos adversaires évoluent, de conserver un outil que certains dénoncent et trouvent daté ? Ma réponse est simple : la naïveté ne doit pas être une menace supplémentaire. Regardons le monde en face, sans ambages ni idéologie. La prolifération est une réalité et nul ne peut deviner le comportement de certaines nations si elles venaient à maîtriser l’arme nucléaire Les menaces sont plus vives, les attaques plus imprévisibles, les adversaires plus nombreux. Leurs méthodes changent et la diffusion des nouvelles technologies peut remettre en cause, durablement, notre supériorité militaire. Et dans ce monde qui a tant besoin de stabilité, les alliances vacillent et les accords internationaux volent en éclat. L’accord iranien, brisé, ouvre la voie à des risques insondables. Le traité sur les forces nucléaires intermédiaires est menacé et l’avenir du traité New Start plus que jamais incertain. Alors que le Royaume-Uni s’est engagé dans la voie du BREXIT, la France restera le seul Etat doté de l’Union Européenne J’espère infiniment la paix, mais je constate la brutalisation, le recours plus systématique aux politiques d’intimidation et à la compétition stratégique. Je n’ai fait ici qu’une simple addition de constats. Alors ma question est simple : pouvons-nous nous permettre de baisser la garde ? Pouvonsnous risquer, aujourd’hui, d’exposer nos intérêts vitaux, notre indépendance, notre Liberté ? Non. Résolument non. Ce n’est pas seulement un anniversaire que nous célébrons aujourd’hui. C’est surtout une étape, presque un maillon. Votre travail n’est pas fini, au contraire. Les étapes qui s’annoncent pour la DAM, pour notre dissuasion sont majeures, nous ne pouvons pas les négliger. Il nous faut d’abord, comme l’a voulu le Président de la République, et grâce aux moyens prévus dans la loi de programmation militaire, renouveler les deux composantes de notre dissuasion. Entre 2019 et 2023, ce sont 25 milliards d’euros qui seront investis pour la dissuasion. Cet investissement majeur va nous permettre de maintenir la cohérence de notre dissuasion. Il nous permettra de disposer des meilleures capacités, des plus sûres, des plus innovantes. Cette rénovation enverra aussi un message : la dissuasion française est crédible et elle le restera.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.defense.gouv.fr/salle-de-presse/discours/discours-de-florence-parly/discours-de-florence-parly-ministre-des-armees-60-ans-de-la-dam

 

2. Le ministère des Armées mise sur VerDi pour faire la chasse aux « fausses nouvelles » (OPEX 360, Laurent Lagneau)

En septembre, le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie [CAPS] du ministère des Affaires étrangères et de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire [IRSEM] ont publié un copieux rapport sur le phénomène des « fausses informations« , encore appelées « Infox » ou « fake news », dont il est beaucoup question actuellement. Pour les auteurs de ce document, il conviendrait de parler de « manipulation de l’information » par des acteurs étatiques ou non en vue d’influencer l’opinion publique d’un pays tiers. Usine à « trolls », complicité de médias d’État, chaîne de blogs, fuites massives de documents parmi lesquels des faux sont glissés, caisse de résonance des réseaux sociaux… Tels sont les outils de cette « guerre informationnelle« . D’autres, comme ceux consistant à truquer des vidéos et de faire dire n’importe quoi à une personnalité publique, seront encore plus redoutables. Le 20 novembre, le Parlement a adopté, dans la difficulté, une loi anti-infox, afin d’éviter toute interférences extérieures dans les processus électoraux. Ainsi, un candidat pourra saisir le juge des référés pour faire cesser la diffusion de fausses nouvelles le concernant dans les trois mois précédant un scrutin national tandis que les plateformes numériques devront faire preuve de davantage de transparence sur la diffusion de contenus contre rémunération. Enfin, le Conseil supérieur de l’audiovisuel [CSA] pourra suspendre la diffision de chaînes de télévision contrôlées par « un État étranger » si elles diffusent « de façon délibérée de fausses informations de nature à altérer la sincérité du scrutin. » Cela étant, ces fausses nouvelles ne concernent pas seulement les élections… Les forces françaises peuvent aussi en faire les frais, notamment lors des opérations dans lesquelles elles sont engagées. D’où l’intérêt de la Direction générale de l’armement [DGA] pour VerDI, une solution développée par la start-up Storyzy, via le dispositif RAPID [Régime d’APpui à l’Innovation Duale] et en partenariat avec la Direction générale des entreprises [DGE]. L’idée de Storyzy n’est pas tant de traquer l’infox que les sites qui en sont à l’origine. « La plupart de ces sites sont financés par la publicité. Leur contenu, parce qu’il est sensationnel, génère du « clic », donc de l’argent », explique Pierre-Albert Ruquier, directeur marketing à Storyzy. Pour les annonceurs, cela peut poser un sérieux problème d’image et de crédibilité. Le directeur technique de la start-up, Ramòn Ruti, a donné un exemple, dans un article publié par le ministère des Armées. « Une publicité ‘Gendarmerie recrute’ qui s’affiche sur un site complotiste mettant en cause le gouvernement français dans les attentats de Nice, c’est déjà arrivé et c’est problématique », a-t-il dit. Aussi, la technologie VerDi, commercialisée depuis septembre 2017, s’adresse aux annonceurs. Basée sur le traitement automatique des langues et l’intelligence artificielle, cette solution vise à « couper les vivres » aux sites propageant des infox, en leur coupant l’accès à la publicité « programmatique ». « Notre outil est en fait une gigantesque base de données, régulièrement mise à jour, en français et en anglais, de plus de 5.000 sites classés en dix catégories […] Pour l’alimenter, nous utilisons un algorithme qui extrait les citations de personnalités publiques rapportées par des sites web et qui les analyse et les compare entre elles. On se rend compte, in fine, que certaines ne sont partagées que par des sources identifiées fake news, que d’autres ont été tronquées ou utilisées dans un mauvais contexte », explique M. Ruti.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.opex360.com/2018/11/23/le-ministere-des-armees-mise-sur-verdi-pour-faire-la-chasse-aux-fausses-nouvelles/

 

3. Prix de thèse DGA 2018 : trois jeunes chercheuses distinguées (Défense, direction générale de l’armement)

A l’occasion de la première édition du Forum Innovation Défense organisé à la Cité de la mode et du design à Paris (13e), le Délégué général pour l’armement Joël Barre, le directeur de l’agence de l’innovation de défense Emmanuel Chiva et Hisham Abou-Kandil, conseiller scientifique du délégué général pour l’armement, ont remis le « prix de thèse DGA » à trois jeunes chercheuses,  en présence de la ministre des armées Florence Parly et de la secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées Geneviève Darrieussecq.

Louise JUMPERTZ, pour « Photonique non-linéaire dans les lasers à cascades quantiques moyen infrarouges » (thèse financée par la Direction générale de l’armement). La thèse de Mme Jumpertz a montré que les lasers à cascade quantique sont plus stables que les autres types de lasers et permettent d’assurer une communication efficace par rayon laser même dans des conditions fortement contraintes (conditions atmosphériques de type brouillard, neige ou pluie, ou lors de nombreuses communications simultanées). Cette démonstration ouvre la voie aux communications optiques en espace libre à très haut débit et sécurisées, qui pourraient trouver des débouchés pour les services de secours civils mais aussi pour les opérations militaires. Mme Jumpertz est actuellement post-doctorante à l’Institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis  (ISL).

Nadège KAINA, pour « Méta-matériaux localement résonnants : cristaux photoniques sub-longueur d’onde » (thèse DGA cofinancée par le CNRS). La thèse de Mme Kaina améliore la connaissance des méta-matériaux (matériaux artificiels aux propriétés électromagnétiques spécifiques) et étudie leur utilisation au profit du renseignement militaire. Ses résultats mettent en évidence de nombreuses applications prometteuses pour la conception de dispositifs acoustiques, de lentilles ou d’antennes particulièrement compactes. Mme Kaina est actuellement post-doctorante à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, au sein du laboratoire d’ingénierie des ondes. Elle a également été récompensée par le prix Madeleine Lecoq de l’Académie des sciences pour ses travaux.

Cécile PIERROT, pour « Le logarithme discret dans les corps finis » (thèse DGA cofinancée par le CNRS). La thèse de Mme Pierrot propose une solution à base d’algorithmes rapides permettant de casser le code de messages cryptés avec une capacité de calcul limitée. Ses travaux ont des applications dans la crypto-analyse et ont également mis en évidence le besoin de faire évoluer continument nos outils de cryptage pour les rendre plus performants. Mme Pierrot est actuellement chargée de recherche (Associate Professor) à l’INRIA (Institut de Recherche en Informatique et en Automatique) à Nancy. Depuis 2002, la DGA distingue chaque année de jeunes docteurs ayant bénéficié d’une allocation de thèse financée par le ministère des Armées et s’étant distingués par la qualité de leurs travaux. La sélection s’effectue en fonction de l’intérêt des recherches réalisées pour la communauté scientifique, de leur degré d’innovation, de la qualité des résultats obtenus et de l’impact que ces travaux ont eu sur l’insertion professionnelle du docteur.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.defense.gouv.fr/dga/actualite/prix-de-these-dga-2018-trois-jeunes-chercheuses-distinguees

 


ÉCONOMIES

 

La politique spatiale européenne est un sujet stratégique à de nombreuses acceptions. Clé d’une forme de puissance, cette politique devient un enjeu international et économique de premier plan ; la guerre commerciale entre USA et Chine est un autre défi planétaire de premier plan ; quant à l’espionnage industriel, il impacte évidemment tous les marchés à l’export, et se développe selon des cibles privilégiées, parmi lesquelles l’innovation est en première place.

 

1. Communiqué de presse sur la politique spatiale européenne (Assemblée nationale)

Commission des affaires européennes – Communiqué de Mme Aude Bono-Vandorme et de M. Bernard Deflesselles, rapporteurs, sur la politique spatiale européenne

Clé de la puissance européenne, la politique spatiale est aussi un creuset de l’identité européenne : en permettant à l’Europe de s’incarner de manière positive à travers tous ses succès depuis 50 ans, elle participe au premier plan à la construction de cette dernière. Elle en symbolise aussi peut-être les difficultés, avec sa gouvernance publique complexe, les divergences d’appréciation entre Etats membres sur les notions de souveraineté et de politique industrielle, et son relatif déficit de notoriété chez les citoyens. Face aux ambitions des autres grands acteurs et à la révolution du New Space, l’Europe n’est pas figée, la conférence Ministérielle de l’ESA en décembre 2014, la Stratégie spatiale pour l’Europe de la Commission européenne d’octobre 2016 et sa traduction dans le CFP 2021-2027 et le règlement sectoriel du 6 juin 2017, le Conseil Compétitivité Espace de 2017, et le mois dernier la réunion ministérielle informelle de l’ESA en vue de la Ministérielle prévue en novembre 2019, tout cela montre qu’elle élabore sa stratégie en réponse. Cette réponse, pour bienvenue qu’elle soit, n’est encore que trop partielle. Or le temps presse, et l’Europe spatiale n’a pas droit à l’erreur, faute de capacités financières et décisionnelles équivalentes à celles de ses principaux concurrents. L’Europe spatiale a déjà su changer, elle l’a montré, elle l’a prouvé. Mais ce nouveau contexte, caractérisé par un niveau et une vitesse de compétition inédits, nous impose :

– d’organiser enfin un système de gouvernance unifié et simplifié : les acteurs privés sont sortis de leur entre-soi et ont repensé leur fonctionnement pour s’adapter, la réforme de la gouvernance publique ne peut plus attendre ; il faut conserver une relation Union / ESA équilibrée qui permette à la fois de continuer à bénéficier de l’expertise de l’ESA, unique en Europe, et de renforcer le pouvoir de contrôle de l’Union qui finance les programmes et qui doit en assurer le pilotage stratégique, afin de préserver l’autonomie stratégique de l’Union et de ses États membres ;
– de maintenir un accès à l’espace et aux données autonomes : outre le maintien d’un rôle central pour Galileo et Copernicus, les États membres doivent enfin porter 6, et en même temps, faisons-là évoluer à échéance rapprochée afin de garantir sa compétitivité dans la durée. Un discours politique européen clair, c’est aussi que les engagements européens en matière de lancements institutionnels soient non seulement tenus mais étendus ! L’intérêt politique, et in fine économique, européen, c’est bien de choisir les lanceurs européens financés par les citoyens européens ;
– de mieux financer et soutenir l’innovation et la R&D spatiales, en rendant plus agile l’écosystème de recherche spatiale européen, y compris en assumant plus largement des financements publics à perte. La prise de risque doit être encouragée !
– de porter haut ses valeurs dans le mouvement « d’appropriation de l’espace » en train de se dessiner. Sur les débris, tant la Commission que l’Agence spatiale européenne font des propositions pour « muscler » le cadre européen de surveillance de l’espace et de suivi des objets en orbite existant – attention toutefois à la coordination des actions et aux moyens ! – ; les volontés exprimées çà et là d’exploiter les ressourceslunaires appellent une régulation dont laquelle l’Europe a un rôle à jouer.

clairement un projet politique de lanceur européen. Réalisons le plus vite possible Ariane

 

2. Impact de la guerre commerciale des USA envers la Chine ( IVERIS, Général Dominique Delawarde)

Le 8 mars dernier, les premières mesures protectionnistes américaines sur l’acier et l’aluminium ont marqué le début d’une véritable guerre commerciale entre les USA et la Chine. Cette guerre est allée en se durcissant, chacun des camps répliquant coup pour coup aux mesures hostiles prises par le camp adverse. Le but affiché des USA était de réduire le déficit de leur balance commerciale avec la Chine, mais il s’agissait aussi de ralentir la croissance chinoise et de retarder sa conquête, trop rapide, de la suprématie économique mondiale.

 Neuf mois après l’application de ces premières mesures peut-on entrevoir l’issue de cette guerre commerciale ?

La réponse aux trois questions suivantes permet de s’en faire une première idée.

– L’objectif de réduction du déficit commercial USA-Chine est-il en voie d’être atteint ?
– L’activité commerciale chinoise a-t-elle été affectée, tant au niveau planétaire qu’au niveau bilatéral USA-Chine ?
– Quels pays sont déjà, et seront plus encore demain, les « victimes » de cette guerre commerciale ?                                                                       *

L’ objectif de réduction du déficit commercial USA-Chine est-il en voie d’être atteint ?

L’analyse des chiffres publiés par le département US du commerce sont inquiétants. En fin d’année 2018, le déficit commercial US avec la Chine, pour l’échange des biens, pulvérisera son record de 2017 qui avait lui-même pulvérisé celui de 2016. Ce déficit était de 347 milliards de dollars en 2016, de 375 en 2017, il devrait atteindre entre 400 et 410 milliards de dollars en fin d’année 2018. Il continue de se creuser malgré les nouveaux tarifs douaniers US visant à le réduire. Rappelons, pour mémoire, que ce déficit n’était que de 6 millions de dollars en 1985 ; 10,4 milliards en 1990 ; 84 en 2000 ; 273 en 2010 et, qu’au rythme actuel, il pourrait atteindre 500 milliards en 2020… Plus inquiétant, le déficit se creuse toujours davantage et toujours plus vite, mois après mois, sans qu’aucun signe d’inversion de la tendance n’apparaisse. Ainsi pour la première fois en septembre (dernier chiffre connu), le déficit a dépassé les 40 milliards de dollars en un seul mois… On me rétorquera qu’il faut du temps pour que les mesures prises commencent à porter leurs fruits. Le problème est que les USA, plombés par une dette de 22 000 milliards de dollars en fin d’année, dette toujours non maîtrisée, n’ont plus vraiment beaucoup de temps, d’autant qu’une dé-dollarisation des échanges commerciaux a été initiée. Elle concerne toujours plus de pays et toujours plus d’échanges. Point n’est besoin d’être un grand expert pour réaliser que cette guerre commerciale ne tourne pas, aujourd’hui, à l’avantage des USA. Ces derniers ont d’ailleurs dû accorder une dérogation à la Chine pour l’achat du pétrole iranien parce qu’ils savaient fort bien que la Chine ne se soumettrait pas à leur diktat et risquait de répondre plus fortement à de nouvelles sanctions en remettant sur le marché toujours plus de créances US pour déstabiliser le dollar……

L’activité commerciale chinoise, à l’échelle de la planète et au niveau bilatéral USA-Chine, a-t-elle été vraiment affectée par les mesures US ?        

Pas vraiment, si l’on en croit les chiffres publiés par le service des douanes chinoises le 8 novembre 2018 qui nous disent ceci : « Les importations de la Chine ont augmenté de 26,3% en glissement annuel en octobre, tandis que ses exportations ont progressé de 20,1%, dépassant dans les deux cas les attentes. L’excédent commercial s’est élevé à 233,63 milliards de yuans (environ 33,76 milliards de dollars) le mois dernier, contre 213,23 milliards de yuans en septembre. Pendant les dix premiers mois de l’année, le commerce extérieur de la Chine a totalisé 25.050 milliards de yuans, en hausse de 11,3% par rapport à la même période l’année dernière. Le commerce extérieur avec l’Union européenne, le plus grand partenaire commercial du pays, a grimpé de 8,4% sur un an (3.680 milliards de yuans de janvier à octobre). Durant la même période, le commerce avec les États-Unis, le deuxième plus grand partenaire commercial de la Chine, a augmenté de 7,4%  (3.440 milliards de yuans), suivi par celui avec l’ASEAN, son troisième plus grand partenaire commercial, atteignant 3.180 milliards de yuans. »; soit une hausse de 13,7%. La simple lecture des chiffres ci-dessus se passe de commentaire. On peut les balayer d’un revers de main en prétendant qu’ils ne sont pas sincères et que l’on baigne dans la propagande. Le problème est que ces chiffres sont confirmés, à quelques détails près, mois après mois, par les publications du département du commerce US, ce qui devrait faire taire les sceptiques. A retenir : les USA ne sont plus les premiers partenaires commerciaux de la Chine. Devancés par l’UE aujourd’hui, ils le seront par l’ASEAN dès 2020. A retenir également que la Chine étend son emprise commerciale sur le monde entier en diversifiant toujours plus ses partenaires et en accélérant la réalisation de son grand projet « La ceinture et la route » qui dope son commerce. A noter enfin qu’une part croissante de ces échanges se négocie désormais en monnaies nationales (hors dollar). La part des USA dans le commerce chinois va donc progressivement et inéluctablement se réduire, ce qui ne peut que renforcer la capacité de résistance de la Chine aux mesures hostiles.

Quels seront les « victimes » de cette guerre commerciale USA-Chine ?

La lecture attentive des deux derniers rapports trimestriels du FMI (juillet et octobre 2018) fait apparaître les futures victimes de cette guerre commerciale initiée par les USA. Elles seront d’abord les économies les plus fragiles, qui auront de plus en plus de difficultés à trouver des financements pour réaliser leur développement. Le continent africain sera probablement le plus touché, avec deux effets collatéraux : celui d’exacerber la crise migratoire, qui affectera notamment l’Europe, la divisera et donc l’affaiblira toujours plus ; celui de pousser ces pays méprisés (qualifiés de « pays de merde » par le président US) dans les bras de la Chine et de la Russie. Selon le FMI, le Japon, le Canada et l’UE, tous alliés des USA, seront plus affectés, à court terme, que les États-Unis eux-mêmes. Leur croissance sera plus réduite qu’espérée en fin d’année 2018 : perte de 0,2 à 0,3 point de croissance par rapport aux prévisions de fin 2017. Les États-Unis pourraient, après cette année d’élection 2018 « euphorique », une liesse financée par la dette, connaître un recul de croissance dès 2019. Selon les scénarios envisagés par le FMI, ils pourraient perdre jusqu’à 0,9 point de leur croissance actuelle à moyen terme (-30%).

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.iveris.eu/list/tribunes_libres/384impact_de_la_guerre_commerciale_des_usa_envers_la_chine

 

3. Airbus espionné par les Etats-Unis ( Le portail de l’IE, Olga Agrelle)

 « Les acteurs américains déploient une stratégie de conquête des marchés à l’export qui se traduit, à l’égard de la France en particulier, par une politique offensive en faveur de leurs intérêts économiques », relatent les analystes de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) dans un document daté du 12 avril 2018 et adressé à l’exécutif.
« Les secteurs ciblés correspondent à des domaines d’avenir présentés […] commestratégiques par les autorités américaines». La note de la DGSI publiée par le Figaro décrit un véritable plan d’action mis au point par les Etats-Unis, visant à favoriser les entreprises américaines. Des entités publiques et privées en parfaite coordination seraient à la manœuvre : administration, entreprise, cabinet d’avocat, de conseil…

 Le fantôme d’une guerre fantôme?                               

La DGSI en est certaine, « les entreprises françaises évoluant dans ces secteurs (l’aéronautique, la santé la recherche…) font l’objet d’attaques ciblées, notamment par le biais de contentieux juridiques, de tentative de captation d’informations et d’ingérence économique ». Les États-Unis favoriseraient Boeing sur des marchés prometteurs, au moment même où Airbus cherchait à se mettre en « règle », après une enquête du Serious Fraud Office (SFO) enclenché en juillet 2016. S’efforçant d’échapper à la possibilité d’une lourde sanction américaine (8,9 milliards de dollars pour la BNP Paribas), le groupe Airbus fait appel en 2015 à John Harrison alors directeur juridique de Technip, et lance l’opération « mains propres ». Un audit interne de conformité en matière de lutte anticorruption est engagé et des cabinets d’avocats américains sont choisis pour cette tâche. Ces mêmes cabinets avaient auparavant été missionnés par Alstom et Technip dans des procédures analogues, ce qui n’avait pas empêché de lourdes sanctions. En effet, le droit américain impose aux juristes de rapporter à leur administration toute transgression de leur législation. Dès lors, la DGSI s’inquiète que depuis 2015, des avocats américains aient « un accès privilégié à des données stratégiques du groupe ». Ces données sont de toute nature, et permettent de « cartographier tous les intermédiaires et contacts du groupe, ainsi que ses axes de développement à l’international ». Christian Harbulot directeur de l’École de Guerre Économique, rappelle que l’espionnage économique américain sur le territoire français n’est pas nouveau. Cependant, une évolution est à noter par rapport aux « vieilles procédures d’espionnage industriel ». «Très habilement, les Américains s’appuient sur la nécessité d’appliquer des règles juridiques» obligeant ainsi les pays dépendants de l’économie américaine (échanges commerciaux, projets…) « d’ouvrir leur réserve informationnelle ». Dès lors, sous couvert du « respect de la loi,rien de plus», des données stratégiques sont récupérées et par la suite « exploitées pour des raisons purement commerciales ». Pour Patrick Cansell, enseignant à l’École des mines de Paris, « ce n’est pas le fond de l’affaire qui est surprenante […] », c’est  «  que la DGSI le note de manière officielle. […] elle en parle ouvertement ». Que la France subisse des « ingérences » de la part des États-Unis ou de la Chine, est un secret de polichinelle. La réelle nouveauté se situe dans le fait que la DGSI « officialise » ces pratiques, sans hésiter à parler « d’espionnage ».

 Le secteur de la recherche particulièrement visé par les fonds d’investissements américains

Les entreprises innovantes et les organismes de recherche français sont particulièrement surveillés par la puissance américaine. Des financements sont proposés « afin de soutenir des programmes ou des projets de développement à l’international » pour mieux « dépecer les fleurons tricolores », s’inquiète dans les colonnes du Figaro, un préfet souhaitant rester anonyme. Selon lui, « les Américains coopèrent très fortement avec la France […] au niveau opérationnel contre le terrorisme islamique et l’espionnage chinois ou russe, mais 60 % de leur activité reste centrée sur la recherche de renseignements stratégique ».  « Tous les moyens sont bons pour faire vivre leur patriotisme économique » conclue le fonctionnaire. La note de la DGSI évoque également la vente d’une société française à un fond américain. À la suite de celle-ci, « le siège de l’entreprise et ses activités de recherche […] ont été transférées aux États-Unis […] la société est désormais valorisée à […] un milliard de dollars. ». Le cas de Tornier est également développé, société spécialisée dans les prothèses orthopédiques qui est racheté par Wright Medical, société américaine en 2015. Cette société française ayant fait l’objet d’une prise de contrôle entre 2006 et 2015 finira en effet par être dissoute « dans le cadre d’une fusion avec la firme américaine ». Enfin, la note cite une entreprise bretonne, « disposant d’une avance technologique conséquente », et qui « envisageait […] de se présenter en concurrent de son partenaire américain et était susceptible de capter 20 % de son marché », mais qui ne résista pas à l’offre de rachat américaine. Selon la DGSI, « les PME ne sont pas suffisamment armées et les grands groupes français semblent également vulnérables, privilégiant des stratégies de repli et d’évitement, afin de ne pas s’exposer ». L’excellence française serait « particulièrement exposée ». Concernant les startups, Patrick Cansell note que la France est l’un des pays au monde déposant le plus de brevets : « on a du mal à passer de l’état de startup à une entrepris qui va devenir une PME voir une ETI (Entreprise de Taille intermédiaire) ». Il y a donc une forte tentation pour ces entreprises d’aller chercher des financements à l’étranger. Les « startuper vont être approchés. Ce sont des cibles technologiques, des pépites technologiques qui vont intéresser la souveraineté américaine » poursuit M. Cansell sur RFI.

Comment procèdent-ils ?

Comme l’explique Jean-Marx Leclerc, rédacteur de l’article du Figaro, les Américains disposent de larges ressources dissuasives, et en premier lieu l’extraterritorialité du droit. La DGSI la définit comme « une grande variété de lois et mécanismes juridiques conférant aux autorités américaines la capacité de soumettre des entreprises étrangères à leurs standards […] de capter leur savoir-faire, d’entraver les efforts de développement des concurrents […] contrôler ou surveiller des sociétés étrangères gênantes ou convoitées […]. ». Nous étions déjà revenus sur le cas d’Alstom, de la BNP Paribas ou encore d’Alcatel. Ces opérations d’acquisition et de fusion « pourraient s’interpréter » comme des « manœuvres de déstabilisation et de fragilisation» note la DGSI.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://portail-ie.fr/analysis/1987/airbus-espionne-par-les-etats-unis

 

TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPÉCIALISÉS 

Esprit Surcouf vous offre un tour d’horizon des titres de fond propres à susciter la réflexion de défense et de sécurité.


Dassault visé en France par une plainte sur le contrat Rafale en Inde
https://www.capital.fr/economie-politique/dassault-vise-en-france-par-une-plainte-sur-le-contrat-rafale-en-inde-1317115

Les pays du Golfe et la Turquie s’affrontent en Afrique
https://orientxxi.info/magazine/comment-les-divergences-dans-le-golfe-sont-exportees-en-afrique,2765

Le Royaume-Uni, champion des budgets de défense en Europe ? Vrai ou Faux
https://www.bruxelles2.eu/2018/11/23/le-royaume-uni-champion-des-budgets-de-defense-en-europe/

Rapport général fait par la commission des finances du Sénat Annexe 9 Défense
http://www.senat.fr/rap/l18-147-39/l18-147-391.pdf

Quai d’Orsay – Déclaration conjointe entre la France et les Émirats Arabes Unis
https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/emirats-arabes-unis/evenements/article/declaration-conjointe-entre-la-france-et-les-emirats-arabes-unis-22-11-2018

Il faut sauver le soldat « Kursk »
https://www.causeur.fr/kursk-film-russie-vinterberg-seydoux-156337#disqus_thread

Vega, ce lanceur italien qui fait un sans-faute et qui concurrence… Ariane 6
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/vega-ce-lanceur-italien-qui-fait-un-sans-faute-et-qui-concurrence-ariane-6-798205.html

 

PARUS AU JOURNAL OFFICIEL 

Textes à ne pas négliger pour comprendre l’actualité de défense et de sécurité.

LOI n° 2018-1001 du 19 novembre 2018 autorisant l’approbation de l’accord entre le Gouvernement de la République française et le Conseil des ministres de Bosnie-Herzégovine relatif à la mobilité des jeunes (1)
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=72E66BBC4CD232AE310306FC22DC1B90.tplgfr26s_2?cidTexte=JORFTEXT000037623589&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037623586

Décret n° 2018-1003 du 19 novembre 2018 modifiant les modalités de fonctionnement de la Commission d’accès aux documents administratifs
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=72E66BBC4CD232AE310306FC22DC1B90.tplgfr26s_2?cidTexte=JORFTEXT000037627155&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037627150

Arrêté du 16 novembre 2018 pris en application des articles R. 5, R. 6 et R. 60 du code électoral
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=72E66BBC4CD232AE310306FC22DC1B90.tplgfr26s_2?cidTexte=JORFTEXT000037627369&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037627150

Décret n° 2018-1007 du 21 novembre 2018 modifiant le code de la Légion d’honneur et de la Médaille militaire
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=72E66BBC4CD232AE310306FC22DC1B90.tplgfr26s_2?cidTexte=JORFTEXT000037629714&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037629709

Arrêté du 15 novembre 2018 portant attribution de la qualité de partenaire de la défense nationale
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=72E66BBC4CD232AE310306FC22DC1B90.tplgfr26s_2?cidTexte=JORFTEXT000037629872&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037629709

Arrêté du 19 novembre 2018 portant attribution de la qualité de partenaire de la réserve citoyenne de défense et de sécurité 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=72E66BBC4CD232AE310306FC22DC1B90.tplgfr26s_2?cidTexte=JORFTEXT000037636861&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037636805

 

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