-GÉOPOLITIQUE : relations internationales, zones pays
-DÉFENSE : militaire, sécurité intérieure, terrorisme
-ÉCONOMIE : entreprise, industrie

La revue de presse de Jacques Raimond

La revue de presse « Esprit Surcouf » vous propose une sélection hebdomadaire d’une dizaine d’articles, peu diffusés dans les médias traditionnels, présentés dans trois rubriques : géopolitiques, défenses, économies. La revue de presse y ajoute un tour d’horizon des médias spécialisés, ainsi que les textes officiels parus dans la semaine passée, utiles à consulter et à retenir.

Esprit Surcouf vous donne la possibilité de réfléchir sur trois sujets qui montrent avec clarté toute la puissance des Etats-Unis face aux déclarations russes sur le traité des forces nucléaires intermédiaires, le désengagement américain amène l’Afghanistan à se tourner vers d’autres partenaires, comme l’Inde ; quant à la Turquie, sa stratégie contre les Kurdes entraîne les relations qu’elle entretien avec les Etats-Unis à osciller entre la rupture et la stabilité sans jamais atteindre ni l’une ni l’autre.

Trois articles intéressent la discipline « défense », qui suscite toujours des explications quand on lui adjoint l’adjectif « européenne », et c’est madame Parly qui se prête à cet exercice auprès  du quotidien Le soir ; l’armée de terre dévoile son projet de combattant 2020, avec des équipements performants ; le chef d’état-major des armées participe aux travaux du G5 Sahel, au sein du comité de défense et de sécurité, dont la France assure le soutien de ses bataillons.

Un aperçu de trois enjeux majeurs, sur le plan économique global et de défense sont à consulter cette semaine sur Esprit Surcouf. L’économie stratégique fait un pas de géant en lisant les propos de Frédéric Piérucci, qui suggère de fusionner General Electric et Alstom, notamment en ce qui concerne les questions de stabilité dans la guerre économique. Les Chantiers de l’Atlantique et Naval Group se réjouissent d’un nouveau contrat important, et la pression américaine se fait sentir sur les banques européennes pour qu’elles adoptent des systèmes technologiques d’Outre-Atlantique.

  • GÉOPOLITIQUE :
  1. Traité sur les forces nucléaires intermédiaires
  2. Afghanistan : Washington, Kaboul et la « carte indienne »
  3. Turquie : puissance régionale incontournable aux capacités limitées
  • DÉFENSE :
  1. Le gendarme de la sécurité informatique redoute un « cyber-Pearl-Harbor 
  2. Pour Thales, il n’est pas question de doter des « robots tueurs » d’une intelligence artificielle
  3. Intervention du CEMA devant les auditeurs de l’institut des hautes études de la défense nationale
  • ÉCONOMIE :
  1. Frédéric Piérucci : « Il y a une opportunité stratégique de rachat à GE de la branche nucléaire d’Alstom »
  2. Mégacontrat de 1,7 milliard d’euros pour les Chantiers de l’Atlantique et Naval Group
  3. Les enjeux cachés de la sécurisation des moyens de paiement bancaire
  • TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPÉCIALISÉS
  • TEXTES PARUS AU JOURNAL OFFICIEL

 

GÉOPOLITIQUE

 

Esprit Surcouf vous donne la possibilité de réfléchir sur trois sujets qui montrent avec clarté toute la puissance des Etats-Unis face aux déclarations russes sur le traité des forces nucléaires intermédiaires, le désengagement américain amène l’Afghanistan à se tourner vers d’autres partenaires, comme l’Inde ; quant à la Turquie, sa stratégie contre les Kurdes entraîne les relations qu’elle entretien avec les Etats-Unis à osciller entre la rupture et la stabilité sans jamais atteindre ni l’une ni l’autre.

 

1- Traité sur les forces nucléaires intermédiaires ( Déclaration de la porte-parole du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, service presse Quai d’Orsay)

Avec ses partenaires et alliés, la France est parvenue à la conclusion que la Russie a développé un système de missile, le 9M729, qui viole le traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI). La Russie n’a pas répondu aux demandes d’explications ni aux appels à une application conforme du traité formulés de façon répétée ces derniers mois. La France regrette d’arriver à une situation dans laquelle les États-Unis ont dû notifier leur retrait du traité FNI. La France appelle la Russie à utiliser la période des six mois ouverte par la suspension des obligations américaines prévue par le traité FNI pour revenir pleinement en conformité. Durant ce laps de temps, la France continuera à encourager un dialogue approfondi avec la Russie et à se concerter étroitement avec ses alliés de l’OTAN. Dans ce contexte, la France rappelle son attachement aux instruments de maîtrise des armements, qui contribuent à garantir la stabilité stratégique. Nous appelons à cet égard les Européens et l’ensemble des parties à redoubler d’effort pour préserver les instruments de maîtrise des armements conventionnels et nucléaires existants. À ce titre, la France encourage la Russie et les États-Unis à prolonger au-delà de 2021 le traité New Start sur leurs arsenaux nucléaires et à négocier un traité successeur.

 

2- Afghanistan : Washington, Kaboul et la « carte indienne » (Asialyst, Olivier Guillard)

Sur quel pays l’Afghanistan peut-il compter ? Alors que les États-Unis de Donald Trump parlent de désengagement ou négocient sans prévenir avec les Talibans, l’Inde émerge comme un acteur fiable et au concours financier apprécié.

Empruntant un registre grave et tristement familier, l’actualité afghane de ce début d’année 2019 ne rompt hélas guère avec le crépuscule fébrile du (tragique) millésime précédent. Le contraire eut été à maints égards surprenant. En atteste le meurtrier attentat suicide perpétré par les talibans le 21 janvier dernier dans la capitale du Wardak, cette province septentrionale proche de la capitale Kaboul. L’attaque visait une base de l’armée afghane utilisée par les services de renseignement. La cinquantaine de victimes dénombrées, dont des recrues et des forces locales en formation, et la violence du mode opératoire retenu augurent d’une entrée en matière brutale dans cette ultime année de la décennie. Pourtant, à entendre certains interlocuteurs, se dérouleraient parallèlement en d’autres lieux des événements de nature à insuffler quelque espoir aux 35 millions d’Afghans. Alors que le deuil enveloppait le nord du pays dans le chaos du 21 janvier, des émissaires talibans, apprenait-on, ont repris contact dans la capitale qatarie avec des représentants de l’administration américaine, dans le dessein d’évoquer, selon un calendrier encore flou, une possible trame de discussions de paix : « Suite à l’acceptation par les États-Unis du programme visant à mettre fin à l’invasion de l’Afghanistan et à empêcher que l’Afghanistan ne soit utilisé contre d’autres pays à l’avenir, des pourparlers avec des représentants américains ont eu lieu aujourd’hui à Doha », s’enorgueillissait un porte-parole des Talibans. L’annonce ne remonta guère le moral des autorités afghanes. Ces dernières se désolèrent à la fois de ne pas être associées à ce processus de négociations, d’entendre à nouveau les responsables de l’insurrection talibane clamer leur opposition à tout dialogue avec Kaboul, et de voir les représentants de Washington daigner prêter l’oreille aux doléances des « étudiants en théologie » de feu le mollah Omar. Or le mois dernier, le vitupérant et imprévisible locataire de la Maison Blanche laissait entendre son souhait de rapatrier à court terme la moitié des 14 000 soldats américains encore déployés, après dix-sept années de présence, dans ce théâtre de crise sans fin. Comme il se doit, l’annonce a été effectuée sans information préalable du gouvernement afghan, des alliés de l’OTAN présents dans ce pays enclavé, voire des fonctionnaires du Département d’État et du Pentagone… Passons. Passons également sur les récentes élucubrations fantaisistes du président américain sur l’histoire afghano-sovieto-russe* et la fin de la guerre froide. Oublions aussi ses propos dédaigneux sinon insultants** quant à la nature de l’engagement de l’Inde en Afghanistan, de très loin supérieure à ce que le locataire de la Maison Blanche croit en connaître. Le gouvernement afghan est de plus en plus isolé. A la perspective d’un retrait américain dont tout reste à préciser, s’ajoute des relations de plus en plus tendues entre Kaboul et Washington. Sans compter l’appétit aiguisé et concurrent d’Islamabad, Moscou ou Téhéran, autant de capitales plus ou moins investies dans les laborieuses entreprises de négociations de paix en cours. Bref, le pouvoir afghan compte sur les doigts d’une main les acteurs étatiques extérieurs bien disposés à son endroit, coopérants plutôt qu’ingérants, et au crédit solide auprès de la population. Au premier rang de ces rares élus se trouve l’Union indienne. A l’automne 2011, New Delhi et Kaboul ont paraphé un accord de partenariat stratégique, formalisant les contours de l’assistance de l’Inde à la reconstruction du « voisin »* afghan, projet complexe entrepris au lendemain de la chute du régime taliban à l’automne 2001. Voilà une assistance concrète, visible et appréciée des Afghans. Grâce au concours et au financement du partenaire indien, le Parlement de Kaboul a été reconstruit, l’emblématique palais Stor restauré, le barrage Salma (Afghan-India Friendship Dam) remis en état, la ligne électrique Pul-e-Khumri/Kaboul finalisée tout comme le stade de Kandahar, ou encore la route Zaranj-Delaram*. L’assistance de New Delhi se mesure également dans le quotidien de la population, laquelle profite de la mise à disposition ces dernières années de plusieurs centaines d’autocars, d’avions de ligne, d’ambulances, d’hélicoptères civils et militaires et de véhicules de transports de troupes. Mentionnons encore la contribution de la patrie de Gandhi à la formation dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’ingénierie ou de la sécurité, sans oublier le financement de bourses d’études chaque année pour plusieurs centaines d’Afghans. Le 21 janvier dernier, le quotidien indien Economic Times rappelait ainsi un chiffre méconnu : pour la période 2005-2021, l’Inde est engagée en Afghanistan dans le financement de 577 projets de développement. Excusez du peu. Ce concours extérieur apprécié fait le bonheur de la population et reste hautement plébiscité par le pouvoir afghan, ainsi qu’en attesta une nouvelle fois le président Ashraf Ghani lors de son dernier séjour dans la capitale indienne en septembre 2018. Lors de ses échanges avec son visiteur, le Premier ministre indien Narendra Modi réitéra quant à lui « l’appui de l’Inde à un processus de paix et de réconciliation dirigé, contrôlé et contrôlé par les Afghans, lequel permettrait à l’Afghanistan de demeurer une nation unie, pacifique, inclusive et démocratique et de devenir un pays économiquement dynamique »*. Cette synergie de longue date, cette bonne intelligence contemporaine entre Kaboul et New Delhi ne sont en revanche pas applaudies des deux mains par certains acteurs régionaux. Certains crient à « l’ingérence » de l’Inde dans ce pays déjà exposé à un florilège d’interférences. Parmi les plus véhéments, Islamabad est historiquement hostile à tout ce qui pourrait renforcer l’axe Kaboul-New Delhi. Est-il besoin de décrire par le menu aux lecteurs* la litanie des actions douteuses entreprises dans ce que les généraux pakistanais et l’ISI, les services de renseignements, considèrent comme leur pré carré stratégique naturel. Certes, en décembre dernier, le chef de la diplomatie du Pakistan, S. M. Qureshi, esquissa sur le sujet un geste très inhabituel d’apaisement en direction de New Delhi. Il suggéra au gouvernement indien de s’engager plus avant dans les efforts de paix. Une initiative timide dont la portée et le crédit restent un mois plus tard à confirmer**.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://asialyst.com/fr/2019/01/30/afghanistan-washington-kaboul-carte-inde-trump-taliban/

 

3- Turquie : puissance régionale incontournable aux capacités limitées ( Iris, Didier Billion)

Il ne se passe pas une semaine sans que la Turquie ne fasse l’objet de nombreux commentaires tant la situation à sa frontière méridionale est délétère et connaît de multiples évolutions contradictoires. Pour Ankara, les enjeux se concentrent sur le combat contre les forces kurdes liées au Parti de l’union démocratique (PYD) et sur la situation de la région d’Idlib. Depuis l’été 2016, la Turquie a efficacement su se replacer au centre du jeu sous-régional en abandonnant brutalement ce qui avait constitué son crédo politique depuis l’été 2011 et qui se traduisait alors par la volonté obstinée de faire tomber le régime de Bachar Al-Assad. Le relatif isolement qui en découla et, surtout, la progression des forces politico-militaires liées au PYD, franchise syrienne de Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qualifié d’organisation terroriste par Ankara, l’ont ainsi contrainte à changer d’orientation en se rapprochant notamment de la Russie, incontestable maître du jeu dans le dossier syrien. L’annonce de Donald Trump, le 19 décembre 2018, de retirer les troupes états-uniennes de Syrie entraîna une série de conséquences en chaîne. La première fut la démission quasi immédiate du secrétaire à la Défense, le général Mattis, qui comprenait, manifestement plus clairement que son président, que ce retrait allait créer une sorte de vide stratégique que Russes et Iraniens ne manqueraient pas de combler rapidement. Cette décision trumpienne faisait suite à plusieurs entretiens téléphoniques avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdoğan, dans un contexte très particulier, puisque ce dernier avait annoncé, le 12 décembre précédent, à l’occasion du Sommet de l’industrie de défense d’Ankara, le déclenchement « d’ici quelques jours » d’une intervention militaire qui, cette fois-ci, se déroulerait à l’Est de l’Euphrate. L’objectif fixé était clairement d’éradiquer le PYD et ses Unités de protection du peuple (YPG), ce qui semblait favorisé par le départ annoncé des troupes états-uniennes, et donc la fin de la protection que ces dernières fournissaient aux milices kurdes. C’est au cours des journées qui suivirent qu’un déploiement de troupes et de matériels militaires turcs fut organisé le long de la frontière turco-syrienne, dans la région de Manbij, et que les déclarations martiales de R. T. Erdoğan se multiplièrent. Pour autant, il y a un pas entre l’affichage et la réalité des possibles. Au sein même de l’administration états-unienne, les contrefeux à l’annonce présidentielle s’organisèrent rapidement, n’hésitant pas à prendre le contrepied de D. Trump. En déplacement officiel en Israël le 6 janvier, John Bolton écartait ainsi toute perspective de retrait rapide des forces américaines déployées en Syrie. Il expliqua notamment qu’une des conditions à cette mesure était que « la défense d’Israël et d’autres amis dans la région soit absolument assurée », formulation qui semblait inclure les forces kurdes des YPG. Il martelait son propos en déclarant qu’aucune action militaire turque ne devrait être entreprise sans acceptation des États-Unis et sans une coordination avec eux. Inutile de préciser que l’accueil de J. Bolton fut assez frais lorsqu’il arriva à Ankara deux jours plus tard, R. T. Erdoğan refusant de le rencontrer. Ces péripéties, outre qu’elles montrent le caractère erratique de la politique du président des États-Unis, indiquent assez bien la réalité des relations entre Washington et Ankara. Ni parfaite convergence ni rupture, chacun sachant jusqu’où ne pas aller. Elles indiquent aussi qu’au-delà des postures guerrières du président turc, une intervention militaire, si elle se confirme, sera probablement de faible ampleur et de faible intensité. Non seulement les capacités opérationnelles et logistiques de l’armée turque ont d’abord été affectées par les purges successives dont elle a été l’objet depuis la tentative de coup d’État de juillet 2016. Mais surtout, l’on peut considérer que R. T. Erdoğan a parfaitement saisi que son pays bénéficie désormais d’atouts politiques et diplomatiques qu’il lui vaut mieux tenter d’utiliser plutôt que la seule force militaire, même si le recours à cette dernière reste plausible dans les limites évoquées précédemment. Enfin, les Kurdes liés au PYD-PKK, craignant les conséquences négatives du départ des troupes états-uniennes, ont approfondi les contacts avec le régime de Damas, ce dernier ayant même accepté de déployer des troupes à la proximité de la ville de Manbij, ce qui vaut protection pour ces milices kurdes. On imagine en effet difficilement un affrontement direct entre les troupes restées loyales à Bachar Al-Assad et l’armée turque, d’autant que la Russie s’y opposerait de tout le poids qu’elle peut avoir sur les deux protagonistes. Parmi les atouts dont la Turquie dispose figure en effet l’incontestable proximité avec la Russie, une nouvelle fois illustrée par la visite du président Erdoğan à son homologue russe le 23 janvier. Un seul point à l’ordre du jour lors d’un entretien en tête à tête de deux heures, la Syrie. C’est en fait la question de l’instauration d’une zone de sécurité le long de la frontière avec la Syrie qui concentre les tractations aujourd’hui : revendication ancienne d’Ankara qui pourrait bien se concrétiser au vu de l’évolution des rapports de forces et qui lui permettrait de se prémunir contre ce que les dirigeants turcs appellent le « territoire terroriste » administré par les forces du PYD, qui serait de facto repoussé vers le sud. Cette hypothèse impliquerait que Damas accepte une certaine forme d’autonomie des régions de peuplement majoritairement kurde, à la condition qu’elle puisse exerce sa souveraineté et ses droits régaliens sur la totalité du territoire syrien. On le voit, si la Turquie possède d’incontestables atouts, elle n’en reste pas moins limitée dans ses initiatives par une série d’obstacles. Facteur aggravant, Ankara se trouve confrontée à une poussée djihadiste à Idlib, qu’elle n’a su juguler. La région d’Idlib fait partie des « zones de désescalade » en Syrie définies par le processus d’Astana regroupant la Russie, l’Iran et la Turquie. En septembre 2018, à la demande pressante d’Ankara, Moscou avait accepté de surseoir aux bombardements massifs sur Idlib, où sont désormais concentrées les forces djihadistes et des débris de l’Armée syrienne libre. La Turquie craignait que ces bombardements ne génèrent une nouvelle vague de réfugiés sur son sol, elle qui en accueille près de 3,5 millions.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.iris-france.org/129755-turquie-puissance-regionale-incontournable-aux-capacites-limitees/

 
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DÉFENSE

 

Trois articles intéressent la discipline « défense », qui suscite toujours des explications quand on lui adjoint l’adjectif « européenne », et c’est madame Parly qui se prête à cet exercice auprès  du quotidien Le soir ; l’armée de terre dévoile son projet de combattant 2020, avec des équipements performants ; le chef d’état-major des armées participe aux travaux du G5 Sahel, au sein du comité de défense et de sécurité, dont la France assure le soutien de ses bataillons.

 

1- Mme Parly explique ce qu’il faut entendre par « armée européenne » ( OPEX 360, Laurent Lagneau)

Quand, à l’antenne d’Europe1, le 6 novembre dernier, le président Macron a évoqué l’idée d’une « vraie armée européenne » sans avoir eu le temps de préciser sa pensée, nombreux ont été les commentateurs et les éditorialistes à y voir un retour du projet de « Communauté européenne de défense » [CED], qui fit long feu dans les années 1950. Et, beaucoup ont estimé, non sans raison, que de créer une « armée européenne », au sens strict du terme, était impossible au regard des règles d’engagements propres à chaque État membre de l’Union européenne ainsi que des différences culturelles, capacitaires, historiques et doctrinales. C’est, d’ailleurs, ce qu’a récemment rappelé le général Marc Compernol, le chef de la Défense belge, dans un entretien donné au quotidien Le Soir. « S’entrainer à intervenir ensemble en ayant le même matériel, oui. Par contre je ne crois pas à une armée européenne sous la même bannière, comme celle des Etats-Unis », a-t-il dit. D’autres, certes moins nombreux que les premiers, ont en revanche laisser libre court à leur imagination, voyant déjà, non sans un certain enthousiasme, s’installer à Bruxelles un « Comité de défense européen »… Plus tard, le président Macron a eu l’occasion de s’expliquer sur l’expression qu’il avait utilisée précédemment. Dans son esprit, il n’est nullement question de créer une armée fédérale au service de l’UE mais d’arriver à construire une « vraie capacité de défense européenne », qui plus est autonome par rapport aux États-Unis. D’où l’Initiative européenne d’intervention [IEI] portée par la France, afin de développer une culture stratégique commune entre les pays du Vieux continent volontaires pour y participer. Et c’est ce qu’a expliqué Florence Parly, la ministre des Armées, lors d’un entretien donné à Bucarest, le 31 janvier. « L’expression armée européenne est une image utilisée par le président Macron pour mieux faire comprendre ce que l’Union européenne fait pour sa défense », a-t-elle en effet affirmé. « CSP [coopération structurée permanente], Fonds de défense, personne ne comprend. Parler d’armée permet de faire comprendre que l’UE veut être en mesure d’assurer sa propre sécurité », a ensuite expliqué Mme Parly. En tout cas, ce projet européen ne plaît pas à tout le monde. Le président américain, Donald Trump, n’a en effet pas manqué l’occasion d’en dire tout le mal qu’il en pensait tandis que le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a multiplié les mises en garde. Comme encore le 30 janvier. « Il est hors de question que l’UE se substitue à l’Otan. Elle doit être complémentaire, pas concurrente », a-t-il dit, en arrivant à Bucarest, où il était invité à assister à une réunion des ministres de la Défense de l’UE. « L’Otan reste la pierre angulaire de la défense collective. Tout ce que nous faisons dans l’UE, nous le faisons en complément, pas en concurrence avec l’Otan », a une nouvelle fois affirmé Mme Parly. « Mais il y a des débats sur les modalités », a-t-elle dit.  » « On ne peut pas exiger de l’UE qu’elle augmente ses contributions pour sa défense et s’offusquer du fait que les Européens s’organisent pour le faire » et « si le message est payer plus pour acheter Américain, alors certains Européens ne seront pas nécessairement d’accord avec cette ligne », a fait valoir la ministre française. Cela étant, l’autonomie stratégique européenne avance, même si elle « prendra du temps », comme l’a souligné Mme Parly, pour entrer dans les faits. « 17 nouveaux projets ont été lancés dont certains très importants, comme la modernisation de l’hélicoptère d’attaque franco-allemand Tigre », a-t-elle rappelé. En outre, la Commission européenne a lancé un fonds Européen de défense, dont la dotation doit être portée à 13 milliards d’euros pour la période 2021-2027. Et l’Initiative européenne d’intervention, qui est hors cadre de l’UE, mobilise 10 pays, dont le Royaume-Uni et le Danemark [ce pays ne participe pas à la politique européenne de sécurité et de défense, ndlr]. « Le Royaume-Uni a été parmi les premiers à adhérer à cette initiative », a souligné Mme Parly. « Mon espoir est que le jour où il quittera l’UE, il restera déterminé à poursuivre cette coopération dans un cadre différent », a-t-elle avancé.

 

2- L’armée de terre précise son projet « combattant 2020 » (OPEX 360, Laurent Lagneau)

Pour l’armée de Terre, l’évolution des équipements individuels du combattant [EIC] est aussi un élément clé de sa modernisation, au même titre que le programme SCORPION [Synergie du contact renforcée par la polyvalence et l’infovalorisation], qui est plus « visible ». En outre, cela faut aussi partie de l’amélioration de la condition de ses soldats, conformément au mot d’ordre de la Loi de programmation militaire [LPM] 2019-25, qui doit être à « hauteur d’homme ». D’où son projet « Combattant 2020 », qui est une « première étape » pour améliorer « le quotidien du combattant’ et son « efficacité opérationnelle. » Il s’agit de fournir aux soldats de l’armée de Terre des « équipements adaptés » à la formation, à l’entraînement et aux missions. Pour le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], le général Jean-Pierre Bosser, la livraison de nouveaux équipements individuels doit être rapide afin que ses soldats puissent « constater la réalité physique de cette remontée en puissance » prévue par la LPM. Ainsi, d’ici 2024, les combattants de la Force opérationnelle terrestre [FOT] seront dotés du treillis F3. Résistant au feu, compatible avec tous les équipements de combat, il se déclinera en plusieurs versions [été/hiver et camouflage centre-Europe et désert]. Il sera évidemment compatible avec la version 1.3 du système FELIN [Fantassin à Equipements et Liaisons INtégrés], plus légère que les précédentes [-10 kg]. Confectionné avec du tissu « Ripstop », plus résistant, ce treillis F3, sera complété par un « ensemble intempéries » qui sera à la fois plus léger, compact, confortable et « moins bruyant ». Il y aura deux modèles, dont un pour le combat débarqué et l’infanterie de montagne. En complément, un nouveau poncho, pouvant offrir une « capacité d’abri de fortune » sera dans le paquetage. Tout comme des sous-vêtements de type Ullfrotté, un bonnet et des sous-gants pour se protéger du grand froid. L’armée de Terre assure que ces accessoires seront « plus performants et confortables », avec une « respirabilité plus importante ». Quant aux chaussures de combat, chaque soldat en percevra deux paires : l’une pour les milieux chauds [en espérant que les semelles ne se décolleront plus], l’autre pour les milieux tempérés. La protection de ce « combattant 2020 » sera accrue, avec l’entrée en dotation d’un nouveau casque composite et du gilet de protection balistique individuel, encore appelé « Structure modulaire ballistique électronique ». D’une masse de 12 kg et conçu pour le système FELIN, ce dernier résiste aux impacts de calibre 7,62 mm perforant [soit protection balistique de classe 4]. Un effort a été fait au niveau de l’ergonomie pour ne pas entraver la mobilité du combattant. Disposant du système d’attache rapide Tubes de First Spear, il se décline selon 8 configurations possibles. La protection auditive n’est pas oubliée, avec de nouveaux bouchons anti-bruit, censé être plus ergonomique. Des lunettes balistiques protégeront les yeux du combattant contre les impacts, la poussière et le soleil. Et elles pourront même être adaptée à l’acuité visuelle du combattant, l’armée de Terre ayant précisé qu’il sera possible de leur intégrer des « correctifs oculaires du Service de santé des armées. » Dans le même fil, des gants de combat, avec une ergonomie « adaptée au tir » et offrant une meilleure protection, seront compatibles avec l’utilisation des écrans tactiles. Un détail auquel il fallait penser. S’agissant de l’armement individuel, il reposera évidemment sur le fusil d’assaut HK-416F, qui remplace progressivement les FAMAS. Il sera complété par un couteau de combat « résistant, ergonomique et polyvalent. » Enfin, deux modèles de musettes de combat seront disponibles, l’une étant mieux adaptés pour le combat débarqué et la montagne. D’une capacité de 45 litres, elles présenteront une « ergonomie et une modularité » améliorées. « Les équipements individuels du combattant ont ainsi été entièrement repensés. Ils sont en effet conçus désormais comme un système global, cohérent avec les menaces et besoins actuels », souligne l’armée de Terre. Et de préciser : « La distribution des différentes composantes de ce nouvel équipement individuel a déjà commencé, l’objectif étant que toute la force terrestre soit équipée pour 2024. »

3- Le CEMA participe au comité de défense et de sécurité du G5 Sahel aux côtés de ses homologues africains (Défense.gouv.fr, EMA)

Les 27 et 28 janvier 2019, le général d’armée François Lecointre, chef d’état-major des armées (CEMA), s’est rendu à Niamey, au Niger, pour assister au Comité de défense et de sécurité du G5 Sahel.

Arrivé sur la base aérienne projetée (BAP) de Niamey le 27 janvier, le CEMA a été accueilli par les honneurs militaires avant de s’entretenir avec le chef du détachement, le colonel Patrice Morand et le représentant de Barkhane auprès des pays du G5, le colonel Pascal. Ces derniers ont fait le point sur la situation sécuritaire dans la bande sahélo-saharienne et l’engagement de la force Barkhane. Le lendemain, le CEMA a participé à la réunion des chefs d’état-major généraux africains (CEMGA) organisée dans le cadre plus global du comité de défense et de sécurité du G5 Sahel. Cette réunion visait à aborder la dimension « défense » de l’initiative conduite par les cinq partenaires africains (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) qui, face à la menace que font peser les groupes armés terroristes, ont pris l’initiative de s’allier en agissant dans les domaines de la sécurité et du développement. Ces derniers sont revenus sur les avancées réalisées dans le cadre de l’opérationnalisation de la force conjointe du G5 (FC G5) Sahel avec, entre autre, une présentation du rapport d’activité de la Force réalisée par le général mauritanien commandant la Force conjointe, le général Hanena. Les CEMGA ont salué l’implication de la France dans la mise en œuvre de la FC G5 Sahel et dans l’accompagnement de ses contingents. Soutenus par la France pour l’équipement de leurs bataillons, les partenaires de la Force conjointe G5 Sahel bénéficient de l’appui de Barkhane sur le terrain pour l’entraînement et pour certaines de leurs opérations. En 2018, plusieurs opérations transfrontalières conjointes ont ainsi été conduite avec les forces du G5 Sahel. Dans le même temps, ce sont près de 9 millions d’euros de matériels que la France a fourni aux pays partenaires, dont 51 véhicules, 600 gilets pare-balles, 300 jumelles à vision nocturne, et 24 combinaisons anti-explosifs. En matière de formation, les soldats de la force Barkhane et des Éléments Français au Sénégal (EFS) et au Gabon (EFG), ont participé à la préparation de plus de 7 000 soldats de la FC G5 Sahel. Ce comité a été l’occasion pour le général Lecointre de saluer le chemin parcouru par la force conjointe et d’apprécier la détermination de ses partenaires à poursuivre leurs efforts pour la rendre pleinement opérationnelle, en rappelant que la France demeurait engagée à leurs côtés.

 

ECONOMIE 

 

Un aperçu de trois enjeux majeurs, sur le plan économique global et de défense sont à consulter cette semaine sur Esprit Surcouf. L’économie stratégique fait un pas de géant en lisant les propos de Frédéric Piérucci, qui suggère de fusionner General Electric et Alstom, notamment en ce qui concerne les questions de stabilité dans la guerre économique. Les Chantiers de l’Atlantique et Naval Group se réjouissent d’un nouveau contrat important, et la pression américaine se fait sentir sur les banques européennes pour qu’elles adoptent des systèmes technologiques d’Outre-Atlantique.

 

1-  Frédéric Piérucci : « Il y a une opportunité stratégique de rachat à GE de la branche nucléaire d’Alstom » (Le journal de l’économie, la rédaction)

Dans « Le Piège américain », Frédéric Pierucci, un ancien dirigeant d’Alstom, révèle comment l’américain General Electric a pu mettre la main sur la branche énergie d’Alstom en 2014. Livre-choc sur une guerre économique souterraine.

Frédéric Pierucci, vous êtes l’auteur du livre « Le piège américain » (JC Lattès) — avec Matthieu Aron, journaliste du Nouvel Observateur. Vous y donnez un éclairage pour le moins décapant sur la cession d’Alstom Energie à General Electric (GE) en 2014. En quelques mots, de quoi s’agit-il ? 

Le sous-titre du livre est suffisamment parlant : « L’otage de la plus grande entreprise de déstabilisation économique ». Cette cession du fleuron industriel français est bien le résultat d’une guerre économique que les États-Unis ont livré à la France pour s’emparer de la partie stratégique d’Alstom. 

Comment cette histoire a-t-elle commencé ? 

Pour mémoire, tout commence par l’affaire Taharan. Entre 2002 et 2009, Alstom, en consortium avec le japonais Marubeni, négocie, contre un concurrent américain, un contrat de 118 millions de dollars avec le gouvernement indonésien pour la construction d’une centrale électrique. Or, lors des négociations, Alstom décide de recruter deux consultants, rémunérés au total 3 % de la valeur du contrat d’Alstom (soit $1,8 m au total) pour les aider. Une partie de leur rémunération sera utilisée pour payer des pots-de-vin aux autorités indonésiennes et à l’entreprise publique d’électricité du pays. Toutes les procédures internes d’approbation de sélection des consultants avaient été suivies et les consultants validés par le département de la compliance. Comme beaucoup d’autres, j’avais contribué au recrutement de l’un de ces consultants. 

Quelle était votre fonction à l’époque au sein d’Alstom ? 

J’étais alors directeur des ventes et du marketing pour le « Business » chaudières d’Alstom Power au niveau mondial. J’étais donc basé dans le Connecticut, USA. 

Quand avez-vous su que le FBI avait ouvert une enquête pour corruption ? 

Le Department of Justice américain (DOJ) a commencé à enquêter en 2010 sur différents soupçons de corruption, y compris pour les pots-de-vin en Indonésie — versés donc par une filiale américaine Alstom. Je ne l’ai compris qu’en 2010-2011, à la lumière d’un rapport d’un cabinet d’audit réalisé pour Alstom sur les contrats indonésiens — dont on m’a dit qu’il me dédouanait. C’est ce qui explique ma surprise ensuite, lors de mon arrestation à New York le 14 avril 2013. 

Vous êtes arrêté à New York, le 14 avril 2013, le DOJ vous accusant de corruption et de blanchiment d’argent, en vertu du Foreign Corrupt Practices Act (FCPA) de 1977, qui permet à la juridiction américaine de sanctionner des entreprises étrangères. Qu’imaginiez-vous à ce moment-là ? 

J’ai d’abord été totalement surpris, pensant qu’Alstom allait payer une amende et que ce serait fini. Mais très vite, lorsque le procureur fédéral du Connecticut, David Novick, m’a semblé demander de l’aide pour approcher Patrick Kron, alors PDG d’Alstom et qui était leur ultime cible, j’ai compris qu’on me demandait de jouer l’infiltré et j’ai refusé. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde… Je renvoie à l’article paru dans The Economist le 17 janvier dernier qui suggère une intrusion, qui donna lieu à des heures et des heures d’enregistrements au DOJ. 

Le 15 avril 2013, en attente de jugement, vous êtes placé par les autorités américaines dans un centre de détention de haute sécurité, dans la terrible prison Wyatt à Rhode Island. C’est dans votre cellule que vous apprenez, le 24 avril 2014, que la cession d’Alstom Energie à GE est pour bientôt. C’est à ce moment-là que vous vous rendez compte que cette opération anticorruption masquait en réalité une véritable collusion entre le parquet américain et General Electric pour le rachat de l’entreprise française ? 

Subitement, en effet, je comprends pourquoi je suis encore en prison. Tout s’éclaircit et j’ai enfin les réponses à certaines de mes questions qui me taraudent depuis des mois. Je mesure à cet instant toute la réalité de la guerre économique menée par les États-Unis sous couvert de lutte anticorruption. Et je me dis que Patrick Kron imagine peut-être avoir trouvé la solution pour échapper aux procureurs en vendant à GE l’ensemble des activités énergies et réseaux que les Américains convoitent depuis tant d’années. 

Votre incarcération était donc un moyen indirect de faire pression sur le groupe Alstom comme vous l’expliquez dans votre livre ? 

De fait, je suis le seul à être condamné et emprisonné. Après avoir plaidé coupable devant le procureur en juillet 2013, afin d’alléger ma peine, mon incarcération devait durer six mois. Elle sera finalement de quatorze mois. Et, chose très inhabituelle dans la procédure, j’ai attendu ensuite mon jugement pendant quatre ans : ce n’est que le 25 septembre 2017 que je suis condamné par la justice américaine à deux ans et demi de prison et vingt mille dollars d’amende. Je retourne donc aux États-Unis en octobre 2017 pour purger mon reliquat de peine de douze mois. 

Entre-temps, le plan américain avait fonctionné ? 

Oui, parfaitement. Je rappelle qu’en 2014, à la demande de Bercy, l’Allemand Siemens fait une contre-proposition à l’alliance GE-Alstom. L’Américain réplique avec une offre inattendue et alléchante. Contre toute attente, GE assure en effet prendre à sa charge l’amende dont devra s’acquitter Alstom, sans même en connaître le montant. Résultat, le 1er novembre 2014, avec l’appui du Gouvernement français, Alstom signe son rachat par GE. Puis, le 22 décembre 2014, ayant plaidé coupable pour avoir violé le FCPA, Alstom est condamnée à payer une amende record de 772 millions de dollars ! En janvier 2016, Patrick Kron, PDG d’Alstom, quitte le groupe avec une prime de 6,5 millions d’euros… Ajoutons qu’au final les actionnaires d’Alstom vont supporter deux fois le prix de l’amende : une première fois parce que Alstom est condamnée à payer cette amende par le DOJ et une deuxième fois, car GE ne la paie pas, mais le prix de vente n’est pas ajusté à la hausse… Ce qui représente au total 1,4 milliard de dollars. Et tout le monde trouve cela parfaitement normal… 

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.journadeleconomie.fr/Frederic-Pierucci-%E2%80%89Il-y-a-une-opportunite-strategique-de-rachat-a-GE-de-la-branche-nucleaire-d-Alstom%E2%80%89_a6900.html

 

2- Mégacontrat de 1,7 milliard d’euros pour les Chantiers de l’Atlantique et Naval Group (La Tribune, Michel Cabirol)

 La France a sélectionné le design italien de Fincantieri pour équiper en pétroliers ravitailleurs la marine nationale (Crédits : Naval Group)L’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement a notifié pour le compte de la France un contrat de 1,7 milliard d’euros à Naval Group et au Chantier de l’Atlantique pour la fourniture de quatre pétroliers ravitailleurs destinés à la marine nationale. L’année commence très bien pour les Chantiers de l’Atlantique et Naval Group. Avec six ans de retard sur le planning initial, les deux groupes empochent un mégacontrat de 1,7 milliard d’euros pour la construction de quatre navires pétroliers ravitailleurs de 194 mètres de longueur dans le cadre du programme FLOTLOG (flotte logistique). Thales fait également partie du programme. Dans le cadre de la coopération entre Naval Group et le chantier naval italien Fincantieri, la France a rejoint le programme Logistic Support Ship (LSS), dont l’Italie a confié la gestion à l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAR).

De la charge pour Fincantieri

C’est donc l’OCCAR qui a notifié le 30 janvier aux deux industriels le contrat de soutien logistique (LSS), qui permettra à la Marine nationale de mettre en service quatre navires flambant neufs, dont les deux premiers seront livrés à partir de 2022 (contre 2017 à 2020). Les six premières années de maintien en condition opérationnelle (MCO) font également partie du contrat signé par les deux industriels. La livraison des quatre navires permettra le déclassement de la flotte actuelle à simple coque, qui est entrée en service actif dans les années 1970 et 80. Les LSS commandés pour la marine française seront basés sur la conception du LSS Vulcano commandé pour la marine italienne, dans le cadre d’une coopération italo-française gérée par l’OCCAR. “Afin de promouvoir l’efficacité industrielle, Fincantieri, concepteur du LSS Vulcano, fournira une assistance technique et érigera certaines parties de la coque”, a précisé l’OCCAR dans un communiqué. des modifications seront nécessaires pour s’adapter au soutien du groupe aéronaval constitué autour du porte-avions Charles de Gaulle. Par ailleurs, Naval Group sera en charge de fournir le système de combat des navires.

Garantir la posture de dissuasion

Cette commande a pour objectif de fournir à la Marine nationale les moyens navals pour déployer simultanément un groupe aéronaval et un ou deux groupes navals (groupe amphibie ou groupe de protection du trafic maritime) tout en garantissant la posture de dissuasion. Les moyens FLOTLOG doivent donner à ces groupes la capacité de durer jusqu’à 60 jours à la mer (15.000 km) par un flux logistique régulier, y compris lorsqu’ils sont déployés loin de la métropole ou d’un point d’appui logistique et pour une longue durée, de jour comme de nuit et quelles que soient les conditions météorologiques. Ils accueilleront des équipages de 130 marins et pourront héberger au total 190 personnes à bord. Les quatre navires doivent également participer au ravitaillement des forces maritimes alliées déployées, notamment dans le cadre des accords de défense. Enfin, ils sont en mesure de concourir, en complément d’autres moyens, au soutien logistique de tous types d’opérations interarmées. Les navires seront dotés d’une double coque conforme à la réglementation anti-pollution et permettront une optimisation de la protection des munitions stockées contre les attaques extérieures. Ils auront quatre mâts de ravitaillement polyvalents pour un soutien simultané de deux navires (dont le porte-avions). Enfin, la plate-forme et le hangar aviation de grandes dimensions pourront accueillir des hélicoptères et drones.

Une commande de 14 engins de débarquement amphibie

Le ministère des Armées a annoncé jeudi avoir commandé 14 engins de débarquement amphibie pour un montant de 65 millions d’euros en vue d’équiper les navires porte-hélicoptères (BPC). Plus précisément la direction générale de l’armement (DGA) a notifié le 16 janvier à CNIM la conception et la fabrication de 14 nouveaux engins de débarquement amphibie standard (EDA-S) ainsi que cinq ans de soutien. Ces nouveaux chalands remplaceront plusieurs types de navire actuellement en service. Huit EDA-S sont destinés à la flottille amphibie de Toulon tandis que les six autres EDA-S seront déployés outre-mer pour remplacer divers chalands logistiques à Djibouti, Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, aux Antilles et en Guyane.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/megacontrat-de-1-7-milliard-d-euros-pour-les-chantiers-de-l-atlantique-et-naval-group-805918.html

 

3- Les enjeux cachés de la sécurisation des moyens de paiement bancaire ( Info Guerre, Amélie Aïdi, Damien Buffet, Nicolas Fiocre, Loïc Giraud,  Marie Landini,  Marion Lachiver, Médéric Mezzano, Mickael Popovics et Ronan Wanlin, de la SIE 22 de l’Ecole de Guerre Economique.)

La question de la sécurisation des moyens de paiement est un enjeu important dans la lutte contre le terrorisme et les organisations criminelles ou la criminologie en matière de  cybersécurité. Les Etats-Unis  exercent aujourd’hui une pression de plus en forte auprès des banques notamment européennes pour qu’elles adoptent des solutions technologiques qui sont souvent d’origine américaine. Cette attention louable est pourtant sujette à interrogation. L’accès à la masse croissante de données pose problème car aucune garantie n’existe aujourd’hui sur la manière dont ces données peuvent être transmises à des entreprises du type GAFAM pour leur permettre de développer leur position monopolistique dans l’offre numérique sur les marchés où elles ne sont pas bloquées d’accès comme c’est le cas en Chine. Mis la Chine n’est plus tout-à-fait un exemple isolé. Visa et Mastercard sont bloqués en Inde. Ce pays semble s’orienter vers une meilleure maîtrise de ses flux informationnels dans un cadre de préservation de sa puissance économique et commerciale. Comme l’explique le site Voyage forum, « sous l’impulsion de l’aile droite du Bharatiya Janata Party, le parti dont est issu le Premier ministre Narendra Modi, le gouvernement travaille sur des mesures protectionnistes destinées à entraver la collecte, le stockage et la revente de données des 1,3 milliard de citoyens indiens (dont environ 500 millions d’internautes) par les géants américains et favoriser l’émergence de start-up locales. Alors qu’un prochain texte portant sur l’industrie du e-commerce est en préparation (et menace notamment Amazon et Walmart, qui a pris le contrôle du groupe indien Flipkart pour 16 milliards de dollars), c’est donc le secteur financier qui connaît les premiers soubresauts du souverainisme indien appliqué aux données. En témoigne l’émergence de RuPay, une société de paiement lancée conjointement par plusieurs banques indiennes et largement supportée par le gouvernement, qui revendique une croissance de 135 % en 2017″. Cette prise de conscience de l’usage des transferts de données comme élément vital dans la prise de parts de marché du monde immatériel, est encore loin d’être acquise en France comme dans l’Union Européenne.  Paris comme Bruxelles ont la particularité d’agir avec retard sur ces questions stratégiques.

 

TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPÉCIALISÉS :

Esprit Surcouf vous offre un tour d’horizon des titres de fond propres à susciter la réflexion de défense et de sécurité.

 

“Le traité d’Aix-la-Chapelle veut renforcer l’Union européenne” (L’Express, propos recueillis par Romain Rosso)
https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/le-traite-d-aix-la-chapelle-veut-renforcer-l-union-europeenne_2058341.html

Général Bonnet de Paillerets : « Il faut démystifier l’arme cyber  ! » (Le Point, propos recueillis par Cédric Poncet)
https://www.lepoint.fr/societe/general-bonnet-de-paillerets-il-faut-demystifier-l-arme-cyber-31-01-2019-2290311_23.php

Armes nucléaires: les Etats-Unis appellent Pékin et Moscou à la « transparence » (45° Nord, AFP)
http://www.45enord.ca/2019/01/armes-nucleaires-etats-unis-appellent-pekin-moscou-transparence/

Cybersécurité  : les objets connectés et les systèmes industriels de plus en plus attaqués (La Tribune, Gaëtane Deljurie)
https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/cybersecurite-les-objets-connectes-et-les-systemes-industriels-de-plus-en-plus-attaques-805175.html

L’idée de tradition au cœur de la politique du régime russe contemporain : un « conservatisme dynamique ? » (Géostratégia, CSFRS)
https://www.geostrategia.fr/lidee-de-tradition-au-coeur-de-la-politique-du-regime-russe-contemporain-un-conservatisme-dynamique/

Chasseurs de mines néerlando-belges : la proposition de Damen dévoilée  (Le Marin, Haude-Marie Thomas) – accès payant –
https://www.lemarin.fr/secteurs-activites/chantiers-navals/33408-chasseurs-de-mines-neerlando-belges-la-proposition-de

Après le califat, quid de la coalition internationale ? (L’Orient le Jour, Julie Kebbi)
https://www.lorientlejour.com/article/1155418/apres-le-califat-quid-de-la-coalition-internationale-.html

Xi Jinping encourage les soldats à livrer une performance exceptionnelle dans la nouvelle ère (Xinhua)
http://french.xinhuanet.com/2019-02/01/c_137792725.htm

 

PARUS AU JOURNAL OFFICIEL 

Textes à ne pas négliger pour comprendre l’actualité de défense et de sécurité.

 

Décret n° 2019-65 du 31 janvier 2019 adaptant les garanties d’assurance complémentaire santé des salariés mises en place en application de l’article L. 911-7 du code de la sécurité sociale aux dispositions assurant un accès sans reste à charge à certains frais de santé
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=B8F2DED8885B182B1AD7852BE8529295.tplgfr26s_1?cidTexte=JORFTEXT000038087099&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038087024

Décret du 30 janvier 2019 authentifiant la population des Français établis hors de France au 1er janvier 2019 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=B8F2DED8885B182B1AD7852BE8529295.tplgfr26s_1?cidTexte=JORFTEXT000038081444&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038081351

Ordonnance n° 2019-48 du 30 janvier 2019 visant à permettre la poursuite de la fourniture à destination du Royaume-Uni de produits liés à la défense et de matériels spatiaux 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=B8F2DED8885B182B1AD7852BE8529295.tplgfr26s_1?cidTexte=JORFTEXT000038073638&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038073626