-GÉOPOLITIQUE : relations internationales, zones pays
-DÉFENSE : militaire, sécurité intérieure, terrorisme
-ÉCONOMIE : entreprise, industrie

La revue de presse de Jacques Raimond

ESPRIT SURCOUF.fr a repéré trois grands sujets, qui ont trait à la quête de la stabilité, partout dans le monde. Si les relations entre l’Inde et le Pakistan sont traditionnellement et historiquement tendues, on voit, en Afrique, l’Egypte proposer un pacte et une aide au Soudan, alors qu’en Amérique, le président Trump, bien qu’affaibli selon les médias français, n’en prépare pas moins les élections de 2020, avec l’érection du « mur ».

Notre défense connaît des succès importants dans le domaine militaire de la lutte contre le terrorisme, mais également dans les questions financières relatives au surcoût des opérations extérieures. Cependant, la menace qui pèse sur l’espace Cyber atteint la caractéristique mondiale.

Airbus, CNES, Naval Group, Ariane Group,  quatre entreprises françaises de premier plan, en ce qui concerne l’économie dans ce qu’elle donne le ton à l’industrie de défense. Cependant, l’arrêt de la fabrication de l’Airbus A 380 continue de susciter des inquiétudes, alors que les nouveaux acteurs de l’espace doivent être pris en compte par les concepteurs, et que Naval Group affiche une solidité pour le moins rayonnante.

 

  • GÉOPOLITIQUE :
  1. Les tensions entre le Pakistan et l’Inde « pourraient conduire les deux pays au bord de la guerre »
  2. L’Egypte au secours du président soudanais Omar Al-Bachir
  3. Etats-Unis : le « mur », pierre angulaire de la campagne présidentielle de 2020 ?
  • DÉFENSE :
  1. Communiqué de la ministre des armées : remerciements pour une victoire sur le terrorisme (Dicod)
  2. En 2018, 164 millions d’euros économisés par les Armées sur des contrats d’armement ont servi à payer les surcoûts OPEX
  3. Piratage : l’incroyable attaque informatique mondiale                                                                         
  • ÉCONOMIE :
  1. Airbus A380 : la triste fin d’un magnifique paradoxe
  2. Coopération spatiale entre la France et l’Allemagne « NewSpace: a Franco-German Perspective »
  3. Pourquoi Naval Group est la société la plus solide de son secteur en Europe 
  4. Préparation des lanceurs du futur Le CNES et ArianeGroup lancent la plateforme d’accélération ArianeWorks
  • TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPÉCIALISÉS
  • TEXTES PARUS AU JOURNAL OFFICIEL

 

 

 

GÉOPOLITIQUE

 

ESPRIT SURCOUF.fr a repéré trois grands sujets, qui ont trait à la quête de la stabilité, partout dans le monde. Si les relations entre l’Inde et le Pakistan sont traditionnellement et historiquement tendues, on voit, en Afrique, l’Egypte proposer un pacte et une aide au Soudan, alors qu’en Amérique, le président Trump, bien qu’affaibli selon les médias français, n’en prépare pas moins les élections de 2020, avec l’érection du « mur ».

 

1- Les tensions entre le Pakistan et l’Inde « pourraient conduire les deux pays au bord de la guerre »(La Croix, Georges Lefeuvre)

L’Inde accuse le Pakistan de soutenir le groupe terroriste qui a revendiqué l’attaque ayant fait 41 morts chez les paramilitaires au Cachemire le 14 février. Elle menace d’une intervention militaire. Faut-il prendre cette crise au sérieux ?

Depuis quelques années, le Pakistan se retrouve dans la situation de l’arroseur arrosé. Certes il a soutenu des groupes terroristes par le passé pour se prémunir de la menace afghane et indienne, mais il n’arrive plus à les contrôler aujourd’hui. Or ce n’est plus dans son intérêt de faire monter la pression contre l’Inde. Ce qui se passe est assez grave parce que des attentats de ce type-là pourraient conduire les deux pays au bord de la guerre. Et c’est ce que veulent les terroristes. Le Jaish-e-Mohammed (JeM), qui a revendiqué l’attaque de la semaine dernière, n’en est pas à son coup d’essai en Inde. Ce sont des tenants de l’islam wahhabite. Ils dénient le concept d’État-nation et veulent recréer un califat islamique.

L’Iran a aussi demandé des comptes à Islamabad sur un attentat commis, à un jour d’intervalle de celui en Inde, sur son sol. Cette dégradation des relations entre les deux pays menace-t-elle d’isoler le Pakistan ?

Le groupe qui a revendiqué l’attentat, Jaïch al-Adel (Armée de la Justice), est en réalité une résurgence du groupe disparu du Jundallah, assimilé à Al-Qaida. Ces terroristes sunnites radicaux ne sont pas installés au Pakistan (comme l’affirme le commandant des gardiens de la Révolution, le général Mohammad Ali Jafari, NDLR) mais dans le Sistan-Baloutchistan iranien, au sud-est du pays. Mais les groupes terroristes ne connaissant pas les frontières, ils ont très bien pu se cacher dans la partie désertique du Pakistan après l’attaque. En tout cas, ce n’est donc pas ce pays qui l’a commanditée. Il ne s’agit pas pour autant d’une crise majeure entre les deux pays. N’oublions pas que l’Iran soutient les talibans au Pakistan et en Afghanistan, bien qu’ils soient sunnites : à ses yeux ils sont moins dangereux que Daech car ils n’ont pas vocations à s’étendre à l’international. Alors que Daech, même en l’état de faiblesse actuelle, peut essaimer des cellules et déstabiliser l’Iran. Du point de vue économique, Téhéran a également un intérêt commun avec le Pakistan. Il existe un projet de gazoduc et d’oléoduc entre l’Iran, l’Inde et le Pakistan. Les Pakistanais ont aussi besoin de cette relation avec l’Iran pour pouvoir avoir du gaz et du pétrole.

Le Prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane effectue actuellement une tournée en Asie. Au Pakistan puis en Inde, il a appelé cette semaine à la désescalade entre les deux pays. Quel poids peut-il avoir ?

Mohammed ben Salmane (MBS) achète les amitiés dont il a besoin, aussi bien en Inde qu’au Pakistan. Ce n’est pas étonnant qu’il se présente comme temporisateur. Mais cela n’aura pas beaucoup plus d’effet que l’effervescence médiatique actuelle. Ce n’est pas MBS qui mène le jeu. Aujourd’hui, nous avons affaire à un nouveau grand jeu géopolitique autour de la zone Pachtoune entre le Pakistan et l’Afghanistan. Tous les groupes terroristes et insurgés sont à cheval entre les deux pays. Tout se joue désormais sur la compétition entre Moscou et Washington, qui tentent chacun de négocier avec les talibans. Mais il y a aussi Pékin. La Chine investit énormément dans les nouvelles routes de la soie, qui passent dans les zones de peuplement pachtoune au Pakistan.

Propos recueillis par Caroline Vinet

 

2- L’Egypte au secours du président soudanais Omar Al-Bachir ( Orient XXI, Ashaman Soliman)

La stabilité avant tout · Depuis deux mois, des manifestations se succèdent au Soudan pour en finir avec une dictature vieille de trente ans. Bien que les relations avec son voisin du sud soient toujours tendues, l’Égypte soutient le statut quo. La stabilité avant tout, et ne pas donner de mauvaises idées aux Égyptiens exaspérés par leur propre dictateur. .L’Égypte prend parti pour la stabilité du Soudan. La « stabilité » à ses yeux signifie maintenir en place le président Omar Al-Bachir. Voilà ce que confie à Mada Masr un responsable égyptien1 qui suit la politique régionale de son pays. Selon cette source, le président égyptien a informé son homologue français Emmanuel Macron lors de leur dernière rencontre fin janvier 2019 que l’Égypte soutenait Al-Bachir de peur que sa disparition « sans les préparatifs nécessaires à la transition ne fasse basculer un nouvel État failli ». En effet, précise-t-il, « la composition ethnique complexe du Soudan, les divisions tribales, les hostilités avec le Sud-Soudan, tous ces facteurs ajoutent aux craintes des Égyptiens si Al-Bachir devait subitement disparaître ». En réponse à une question sur les révélations faites à Mada Masr par plusieurs diplomates en résidence au Caire quant à la fourniture par l’Égypte de renseignements sensibles au Soudan et les pressions exercées sur deux chefs d’État — l’un occidental, l’autre arabe — en vue de les amener à soutenir Omar Al-Bachir, cette source indique : « Je ne vais pas entrer dans les détails. Je dirai simplement que nous nous concertons avec nos partenaires sur la nécessité d’éviter une vacance brutale du pouvoir au Soudan, car cela ouvrirait la porte à des scénarios de chaos dans un pays de la vallée du Nil qui occupe de surcroît une position stratégique sur la mer Rouge. »

PAS DE NOUVEAU PRINTEMPS ARABE

Omar Al-Bachir est confronté depuis le 19 décembre 2018, à travers tout le territoire, à une vague de protestations contre la dégradation des conditions de vie. La contestation a toutefois rapidement pris un tour plus radical, avec des revendications demandant la destitution du président. Les rapports des organisations de défense des droits humains évoquent le chiffre de 50 morts durant les manifestations. Le président soudanais a effectué une visite d’une journée au Caire le 27 janvier pour des entretiens avec son homologue égyptien, à l’issue desquels il a déclaré dans une conférence de presse : « Il y a une tentative de rééditer le printemps arabe au Soudan, mais le peuple soudanais est tout à fait conscient, il fera échouer toute manœuvre de déstabilisation et n’autorisera pas le désordre qui a submergé les autres pays de la région avec la vague des printemps arabes. » La critique virulente du printemps arabe par Al-Bachir ne devait rencontrer aucune objection de la part d’Abdel Fattah Al-Sissi qui déclarait pour sa part dès le lendemain, à l’occasion de sa conférence de presse conjointe avec le président français, et en réponse à des questions de journalistes français sur la situation des droits humains en Égypte, que le printemps arabe avait débouché sur le chaos. Au cours de la même conférence de presse, le maréchal Al-Sissi estimait que le printemps arabe avait été conçu dans le but précis de mettre les islamistes au pouvoir dans tous les pays arabes. Vision à laquelle Al-Bachir pouvait difficilement souscrire, étant lui-même lié à l’islam politique. Mais cette divergence de vues n’empêche nullement Sissi de soutenir Al-Bachir. Selon la source indiquée plus haut, ce soutien trouve partiellement son explication dans l’extrême sensibilité à l’égard des manifestations qui peuvent réclamer la destitution d’un chef d’État. « Le fait que ces manifestations aient été motivées par des revendications économiques », ajoute-t-il, hérisse également le régime de Sissi, alors qu’il a lui-même adopté un train de mesures d’austérité en Égypte. Et de relativiser : « Mais bien évidemment nous ne pouvons comparer la situation économique en Égypte à celle qui prévaut au Soudan. »

L’ENJEU DU PARTAGE DES EAUX DU NIL

Ce responsable essaie par ailleurs de minorer l’aide égyptienne en disant qu’elle est conditionnée. « Nous faisons en effet face à une situation difficile avec le grand barrage éthiopien de la Renaissance qui va se répercuter négativement sur nos ressources annuelles d’eau du Nil. Pendant longtemps nous avons été mécontents de l’hésitation que marquait le Soudan à nous soutenir ; nous avons aujourd’hui le sentiment qu’il est prêt à se montrer plus coopératif lors des pourparlers tripartites »,dit-il. L’Égypte et le Soudan, qui se trouvent en aval du Nil, sont engagés depuis 2015 dans des pourparlers politiques et techniques avec l’Éthiopie pour parvenir à un accord régissant le partage des eaux sur une base annuelle, rendu nécessaire à leurs yeux par la mise en œuvre du barrage de la Renaissance dont la capacité atteint 70 milliards de mètres cubes. Jusqu’à ce jour, le Soudan soutenait les positions éthiopiennes selon lesquelles la part annuelle de l’Égypte devrait dépendre du volume des précipitations. Le Soudan avait même accusé l’Égypte d’utiliser un certain pourcentage de sa propre part des eaux du Nil qu’il n’exploitait pas localement. L’Égypte souhaite parvenir à une convention qui lui garantisse la part annuelle qui lui avait été attribuée en vertu d’un accord plus ancien, qui remonte aux années 1950 du siècle précédent. Le responsable égyptien interrogé estime que la visite d’Al-Bachir au Caire fin janvier donnait le signal d’une disposition du Soudan à soutenir dorénavant les revendications égyptiennes en matière de partage des eaux. Il ajoute que l’Égypte n’éprouve aucun embarras à se retrouver sur la même ligne que ses plus grands adversaires régionaux, à savoir la Turquie et le Qatar, s’agissant du soutien à accorder à Al-Bachir. Pour lui, il est normal que les États soient sur certains dossiers en accord avec leurs adversaires et en désaccord avec leurs amis.

 Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
:
https://orientxxi.info/magazine/l-egypte-au-secours-du-president-soudanais-omar-al-bachir,2923

 

3- Etats-Unis : le « mur », pierre angulaire de la campagne présidentielle de 2020 ? (IRIS, le point de vue de Marie-Cécile Naves)

Le président Donald Trump a décrété, vendredi 15 février, l’urgence nationale pour débloquer des financements supplémentaires afin de construire son mur à la frontière avec le Mexique, ouvrant une féroce bataille judiciaire avec ses opposants. Quelles sont les motivations de Donald Trump derrière la construction du mur ? Comment le parti démocrate s’oppose-t-il non seulement au mur, mais également à la mise en place de l’état d’urgence nationale ? Avons-nous, avec ce mur, l’un des principaux éléments préludant la campagne présidentielle américaine de 2020 ? Le point de vue de Marie-Cécile Naves, chercheuse associée à l’IRIS.

Donald Trump a pris la décision de décréter l’état d’urgence pour pouvoir construire un mur à la frontière mexicaine rapidement. Comment le président américain peut-il justifier une telle décision ? Sa stratégie peut-elle s’avérer payante pour arriver à ses fins ?

Trump, déjà très affaibli par la défaite de son camp aux élections de mi-mandat du 6 novembre 2018, a dû céder aux démocrates, désormais majoritaires à la Chambre, afin que le pays sorte du shutdown le plus long de son histoire. Le blocage d’une partie des administrations fédérales résultait d’un désaccord sur le budget entre républicains et démocrates, le point de crispation étant précisément les milliards à dégager pour construire le mur. Les sondages s’enchaînaient qui attribuaient, dans l’opinion, la responsabilité de ce blocage à Trump plus qu’aux démocrates. De plus, les élus républicains du Congrès, et notamment au Sénat où ils sont majoritaires, avaient tenté de le dissuader de se lancer dans cette épreuve de force sur le shutdown, alors même qu’ils étaient parvenus à un compromis en décembre, y compris avec Trump lui-même ! Et sans doute que le camp républicain se serait fracturé si le blocage s’était prolongé. C’est un risque que Trump ne peut pas prendre à ce stade ; pas avant d’être officiellement le candidat investi pour le parti en 2020. C’est donc un président fragilisé politiquement qui prend cette décision de l’état d’urgence, d’une part parce que sa stratégie, à court terme, mais aussi pour la prochaine présidentielle, est de se concentrer sur sa base électorale la plus dure, d’autre part parce que c’est un homme qui raisonne en termes de « gagnants-perdants ». Il n’accepte pas d’apparaître comme celui qui a cédé à l’adversaire ; il n’accepte pas, pour le dire autrement, de « perdre la face » (surtout face à une femme, Nancy Pelosi, la speaker de la Chambre) et de devoir se soumettre aux institutions. Disons-le : l’idée qu’il ne puisse pas mettre le fonctionnement démocratique complètement au service de ses intérêts politiques lui est insupportable. Sur le fond, cette obsession du mur montre que Trump mise encore sur la peur de l’étranger, de l’immigré (qui menacerait les emplois, les salaires, la sécurité des « vrais » Américains), de la fermeture de la nation ; autrement dit les crispations identitaires, la « whiteness » (l’Amérique blanche). L’idée d’un « smart wall » (« mur intelligent »), selon les termes de Trump, qui est déjà, prétendument, en train d’être construit, dit-il sur Twitter, photos de pelleteuses à l’appui, est devenue une véritable obsession parce que c’est sa promesse de campagne de 2016 la plus emblématique et il ne parvient pas à la tenir. Le mur, c’est la concrétisation la plus visible de son projet d’Amérique (re)fermée sur elle-même sur les plans économique, ethnique, religieux ; il invente un nouveau mythe. L’historien Greg Grandin qualifiait du reste il y a quelques jours dans le New York Times cette « nouvelle » nouvelle frontière de « pierre tombale » de l’Amérique du XXIe siècle, i.e. la fin des idéaux de liberté et d’espoir. Pour l’heure, et il l’a réaffirmé lors de son discours sur l’état de l’union au début du mois, Trump recherche plutôt les soutiens de la droite dure, notamment chez les ultra-religieux (nouvelles annonces pour limiter l’avortement, par exemple) et les anti-immigration. Cette droite l’a qualifié de « pleutre » après qu’il a accepté de signer la fin du shutdown en cédant sur le mur. Son problème est aussi qu’il a perdu en crédibilité, dans son propre camp, sur des sujets où il était cependant facile d’apparaître comme un homme d’État fort, par exemple l’économie, alors qu’un ralentissement de la croissance est prévu pour 2020, voire dès 2019… Néanmoins, il faut toujours rester très prudent sur la suite des événements quand il s’agit de Trump. D’une part, sa force est d’entretenir les divisions, le chaos. D’autre part, rien ne dit qu’il ne modifiera pas en partie sa stratégie électorale l’an prochain ; peut-être notamment qu’il devra se résoudre à des compromis avec les démocrates sur quelques sujets de l’agenda comme un grand plan national d’infrastructures, une fiscalité plus juste pour les classes moyennes, ou la réforme des aides sociales, parce que le thème de l’identité ne suffira pas à séduire ses électeurs potentiels (après tout, plusieurs swing states ont rebasculé en faveur des démocrates le 6 novembre dernier). Trump est un président « toujours déjà » en campagne, il ne faut pas croire qu’il n’anticipe pas la suite, qu’il n’évalue pas les forces en présence.

Seize États américains ont déposé plainte contre cette décision, tandis que les élus démocrates de la Chambre des représentants déposeront ce vendredi un texte visant à annuler l’état d’urgence nationale décrété par Donald Trump. Ces mesures de riposte peuvent-elles être efficaces ? Au-delà du mur, est-ce la bataille des élections présidentielles qui s’engagent ?

Ces États, presque tous aux mains des démocrates, ont déposé plainte devant un tribunal fédéral de San Francisco. Ils estiment que le président outrepasse ses pouvoirs et viole la Constitution. Ce qui serait un comble pour un homme qui a nommé à la Cour suprême deux partisans d’une lecture « à la lettre » de la Constitution des pères fondateurs. La séparation des pouvoirs est un point essentiel des institutions américaines, et on ne transige pas avec le principe de limiter l’action d’un État fédéral qui viserait à sortir de son périmètre. C’est le Congrès, le pouvoir législatif, qui décide de la manière dont l’argent du pays est dépensé. Or, Trump vise à prendre une partie des fonds fédéraux destinés au Trésor et à la Défense (entre 5 et 8 milliards de dollars) pour construire un mur dont peu de gens, y compris chez les élus républicains, croient à son intérêt autre qu’électoraliste. Et du reste le Congrès peut refuser l’état d’urgence. Il est probable que Trump joue la montre : il fera traîner les procédures judiciaires, s’il le faut jusqu’à la Cour suprême comme il l’a dit lui-même, pour que le mur soit l’objet d’un « teasing », comme il sait si bien le faire. Si ce suspense dure jusqu’aux élections de 2020, il n’aura pas tout perdu, il pourra dire qu’il se bat « pour le peuple américain » contre « l’establishment ». Plus que la construction du mur en soi, ce qu’il cherche, c’est montrer à son électorat qu’il aura tout fait pour l’ériger, mais que le « système » l’en aura empêché. Cela peut même devenir un argument de campagne ! Comme une nouvelle série TV : « Build the wall »… Même si pour le moment l’opinion publique est très majoritairement contre cette procédure d’état d’urgence, assimilée à un abus de pouvoir. Mais Trump n’a pas besoin de la majorité pour remporter l’élection. Il l’a prouvé en 2016. De leur côté, les républicains, qui savent ce mur inefficace contre l’immigration clandestine, craignent que si Trump parvient à faire passer l’état d’urgence sur ce sujet, un futur président (ou une future présidente) ne s’en serve à son tour pour imposer des décisions sur le contrôle des armes, ou encore la hausse des impôts ou des dépenses sociales. Ils redoutent donc le début d’une « jurisprudence », d’une banalisation de l’état d’urgence. Ce n’est pas le problème de Trump qui vise juste sa réélection.

Retrouvez l’intégralité des deux articles avec ces liens :
http://www.iris-france.org/130963-etats-unis-le-mur-pierre-angulaire-de-la-campagne-presidentielle-de-2020/

 
Le site IRIS est répertorié 
dans la rubrique THINKTANKS de la "Communauté Défense et Sécurité" d'ESPRITSURCOUF.fr

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DÉFENSE

 

Notre défense connaît des succès importants dans le domaine militaire de la lutte contre le terrorisme, mais également dans les questions financières relatives au surcoût des opérations extérieures. Cependant, la menace qui pèse sur l’espace Cyber atteint la caractéristique mondiale.

 

1- Communiqué de la ministre des armées : remerciements pour une victoire sur le terrorisme (Dicod)   

Florence Parly, ministre des Armées, salue l’action des forces françaises ayant abouti au décès de Yahia Abou Hamman, numéro deux du RVIM (Rassemblement pour la victoire de l’islam et des musulmans) et chef de l’Emirat de Tombouctou, et remercie tous ceux qui y ont contribué. Il était le chef d’un des principaux groupes armés terroristes sévissant au Sahel, le concepteur et le financier de nombreuses attaques contre les valeurs et intérêts communs que nous partageons et défendons avec les pays du G5 Sahel : le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Cette action spectaculaire concrétise des années de recherche. Ainsi, dans la journée du 21 février, la force Barkhane a intercepté Yahia Abou Hamman identifié dans un groupe de véhicules en progression au Nord de Tombouctou. Dans cette opération associant moyens terrestres et aériens, les commandos de Barkhane ont neutralisé plusieurs terroristes. C’est un coup très dur pour les groupes terroristes agissant au Sahel. Concernant le RVIM, il aura perdu trois de ses principaux chefs en l’espace d’une année. Tous étaient des adjoints proches de Iyad Ag Ghaly. La disparition d’un chef de premier plan permet de démanteler les réseaux et d’enrayer la dynamique du terrorisme dans la région. Sans chef, plus de direction ni de coordination : les combattants sont désemparés. C’est ce à quoi l’opération Barkhane s’emploie depuis des mois en relation avec nos partenaires du G5 Sahel, dans le but de créer les conditions du retour de l’Etat de droit, de la sécurité et du développement dans la région.   

 

2- En 2018, 164 millions d’euros économisés par les Armées sur des contrats d’armement ont servi à payer les surcoûts OPEX (OPEX 360, Laurent Lagneau)

L’automne dernier, et afin de financer le surcoût des opérations extérieures [OPEX] et des missions intérieures [MISSINT] au-delà des 750 millions d’euros initialement prévus, le ministère de l’Action et des Comptes publics annonçait une annulation de 404,2 millions d’euros de crédits, supportée, pour l’essentiel, par le programme 146 « Équipements des forces ». Et, dans le même temps, il créditait d’un montant équivalent le programme 178 « Préparation et Emploi des forces ». Cette décision fut l’objet de vifs débats à l’Assemblée nationale, lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative [PLFR] et le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, dut s’employer à convaincre certains députés, y compris sur les bancs de la majorité, du bien fondé de cette approche. Et plusieurs amendements visant à rétablir les crédits annulés furent déposés, au nom du respect de l’article 4 de la Loi de programmation militaire 2014-19, qui prévoit la prise en charge financière des surcoûts OPEX et MISSINT par un financement interministériel. Âprement discutés, aucun ne fut adopté. Au Sénat, la commission des Affaires étrangères et des Forces armées dénonça un « coup de rabot » portant « en particulier sur les investissements, avec plus de 3 % des crédits d’équipements rayés d’un trait de plume, retardant l’indispensable modernisation des armées. » Et son président, Christian Cambon, lança une charge virulente contre « les vieilles habitudes de la technostructure de Bercy, qui contredisent le vote du Parlement » tout en dénonçant des « pratiques intolérables ». Lors d’une récente audition devant la commission de la Défense, à l’Assemblée nationale, la ministre des Armées, Florence Parly, est revenue sur cet épisode. Ainsi, a-t-elle rappelé, le montant des surcoûts OPEX et MISSINT s’est élevé « à 1,37 milliard d’euros, dont 1,22 milliard au titre des opérations extérieures et 156 millions d’euros pour les missions intérieures », soit 11% de moins par rapport à 2017, notamment en raison d’une réduction des coûts liés à l’opération Chammal, au Levant. Au passage, la ministre a précisé que les opérations menées contre Daesh [État islamique ou EI] en Syrie et en Irak ainsi que les groupes jihadistes du Sahel représentent « 86 % des coûts OPEX. » En outre, ceux des MISSINT a également baissé de 59 millions d’euros, grâce à « la rénovation du dispositif Sentinelle, à l’automne 2017 », a-t-elle ajouté. Pour couvrir ces dépenses, 650 millions d’euros avaient été prévus par la loi de finances initiale 2018, de même que 100 millions d’euros aut titre de la masse salariale des MISSINT et 40 millions d’euros de contributions internationales. « Ce sont donc 790 millions d’euros qui avaient été pré-identifiés pour assurer le financement des surcoûts. Ce n’est pas rien : avant même les travaux de fin de gestion, nous disposions de près de 60 % de la facture – nous savions comment payer 60 % des OPEX et des MISSINT. En 2017, nous n’avions pré-identifié que 30 %, puisque la provision était de 450 millions d’euros : il avait fallu, en gestion, trouver un milliard d’euros », a fait valoir Mme Parly. Pour trouver l’argent nécessaire au financement des OPEX et des MISSINT, le ministère des Armées a trouvé des marges de manoeuvre sur sa masse salariale. « Je le dis tout de suite : ce n’est pas une bonne nouvelle » car « cela montre que […] la fidélisation et l’attractivité des carrières des personnels militaires, dont les compétences sont très recherchées par les entreprises et le secteur privé, n’est pas théorique », a commenté la ministre. En clair, le recrutement n’a pas été à la hauteur de ce qui était espéré… « Mais on ne peut pas non plus se dissimuler le fait que cette sous-consommation a facilité les conditions du bouclage pour 2018. J’espère ne pas avoir à me présenter devant vous l’année prochaine avec une sous-consommation équivalente », a-t-elle ensuite ajouté. Ensuite, une partie des 404,2 millions manquants a été financée par « environ la moitié de la réserve de précaution que nous avions constituée en début de gestion, précisément pour faire face aux aléas […] en mobilisant des lignes budgétaires considérées comme les plus indolores « , a enchainé Mme Parly, avant de préciser que le « reste de cette reserve, soit 272 millions, a bénéficié d’un dégel en novembre. » S’agissant de ces « lignes budgétaires » considérées comme « indolores », la participation du ministère des Armées à la trésorerie de l’Organisme conjoint de coopération en matière d’armement [OCCAr], laquelle est excendentaire, en fait partie. « Il n’y a pas de raison que le budget de l’État verse par anticipation des sommes qui ne lui sont pas utiles », a justifié la ministre, qui a dit étudier « les modalités pour reprogrammer ces dépenses, en prévision du jour où l’OCCAr aura besoin de cette contribution. » Enfin, 164 millions ont pu être trouvés grâce à des « moindres dépenses en gestion », lesquelles résultent, a souligné « avec fierté » Mme Parly, de « gains sur des négociations qui ont été menées sur le missile à moyenne portée [MMP], sur des drones tactiques [Patroller] et sur les véhicules blindés de combat d’infanterie [VBCI]. » À noter que cette somme ainsi économisées représente environ la moitié des 319 millions de crédits annulés sur le programme 146 « Équipement des forces » Cela étant, Mme Parly a décoché quelques flèches en évoquant des « remarques malveillantes » et des « contre-vérités » formulées lors des débats sur le projet de loi de finances rectificative. « Il ne s’agissait pas de 800 millions d’euros, comme j’ai pu parfois l’entendre, mais bien de 404 millions, qui ont été redéployés », a-t-elle dit. « La mission ‘Défense’ en 2018 n’a pas subi d’annulation dans le cadre du projet de loi de finances rectificative, qui prévoyait 600 millions d’euros d’annulations sur le budget de l’État. La mission ‘Défense’ n’a pas non plus contribué aux dépenses exceptionnelles des autres ministères », a souligné la ministre qui, sous réserve des résultats du bilan de la gestion 2018, a indiqué que les Armées ont bénéficié d’un budget de 34,65 milliards d’euros l’an passé [contre 34,2 milliards annoncés].

 

3- Piratage : l’incroyable attaque informatique mondiale (Capital, Marine Thoron)

Selon l’ICANN, des gouvernements et des entreprises sont visés par des piratages de noms de domaine internet.

C’est une attaque inédite à laquelle internet est confronté ! L’alerte a été lancée par l’ICANN, l’organisme international qui attribue les noms de domaine internet, vendredi 22 février. « Il y a déjà eu des attaques ciblées, mais jamais comme ça », ont prévenu ses responsables. Selon l’ICANN, l’attaque qui a lieu consiste à modifier les adresses des sites internet pour les pirater. Selon des experts extérieurs à l’ICANN, dont franceinfo se fait l’écho, les pirates ciblent aussi bien des gouvernements que des services de renseignement ou de police, des compagnies aériennes ou l’industrie pétrolière, que ce soit au Moyen-Orient ou en Europe. « Avec cet accès, ils pourraient faire cesser de fonctionner des pans d’internet. Ils ont choisi d’intercepter [les données] et d’espionner les gens », précise l’un d’eux.

Des États qui veulent espionner ?

Toujours selon ces experts, les pirates pourraient appartenir à deux catégories : des individus ou des groupes de « hackers » qui veulent gagner de l’argent ou bien des Etats, qui souhaitent espionner d’autres pays et/ou y semer des dissensions politiques. Ce type d’attaque peut avoir des répercussions pour les entreprises et les internautes avec des coupures de service, voire un black-out total pendant quelques heures. Certains sites ou applications pourraient également devenir inaccessibles. Même si les systèmes de sécurité des sites dits vitaux (pétroliers, aériens…) sont plus importants, ils peuvent aussi être touchés. Pour se protéger, l’utilisateur lambda ne peut pas faire grand-chose. Il faut avoir certaines compétences techniques. Ainsi, ce sont plutôt aux professionnels de se montrer vigilants et d’intervenir en cas d’alerte. L’ICANN appelle à déployer un protocole de protection appelé « Domain Name System Security Extensions » (DNSSEC), qui crée une sorte de clé de vérification.

 

ECONOMIE 

 

 Airbus, CNES, Naval Group, Ariane Group, quatre entreprises françaises de premier plan, en ce qui concerne l’économie dans ce qu’elle donne le ton à l’industrie de défense. Cependant, l’arrêt de la fabrication de l’Airbus A 380 continue de susciter des inquiétudes, alors que les nouveaux acteurs de l’espace doivent être pris en compte par les concepteurs, et que Naval Group affiche une solidité pour le moins rayonnante.

 

1- Airbus A380 : la triste fin d’un magnifique paradoxe (La Tribune,  Jérôme Bouchard)

Très rapidement, l’avion a conquis les passagers, qui sont près de 200 millions à avoir pris l’A380 depuis son lancement, pour 300 vols par jour en moyenne.  Malgré sa popularité auprès des passagers, la complexité de l’A380 ne lui a pas permis de s’imposer auprès des compagnies aériennes et des aéroports, poussant Airbus à arrêter la production de l’appareil à horizon 2021.

Autopsie de l’échec malheureux du vaisseau amiral de la flotte Airbus. Après son premier vol en 2005, personne n’aurait pu prévoir son arrêt une dizaine d’années plus tard tant l’A380 répondait sur le papier si bien aux défis du secteur aéronautique et notamment à un enjeu particulièrement important : l’augmentation constante du trafic des passagers.

Un avion qui avait tout pour réussir…

En effet, alors que le trafic de passagers et des flottes des compagnies
aériennes devrait augmenter d’environ 4% par an sur les 10 prochaines années, que les aéroports européens et nord-américains sont de plus en plus congestionnés et ne peuvent plus absorber ces flux croissants, le fait de transporter plus de passagers par avion semblait être la réponse à cette équation, et l’A380 faisait figure de candidat idéal. Très rapidement, l’avion a conquis les passagers, qui sont près de 200 millions à avoir pris l’A380 depuis son lancement, pour 300 vols par jour en moyenne. Espace, silence, luxe sans précédent pour les classes avant (notamment avec Emirates et Singapore Airlines), il a introduit des nouveaux standards de confort pour les voyages d’affaires ou de loisir. Il est rapidement devenu une icône : reconnaissable au premier coup d’œil, les passagers étaient prêts à adapter leur voyage pour avoir une chance de profiter d’un vol inoubliable. C’est bien le but de l’application I Fly A380, unique en son genre, permettant de visualiser et réserver uniquement des vols effectués en A380. « Love at first flight », comme l’a justement peint Airbus sur les flancs de son vaisseau amiral pour fêter les 10 ans de l’appareil en 2015.

…. mais un vecteur de complexité pour les aéroports et les compagnies aériennes

Alors pourquoi l’A380 ne s’est-il pas envolé vers le succès escompté ? Un problème de taille a rapidement vu le jour. Face à un monstre volant aux dimensions hors norme (73m de long pour 80m d’envergure, quand son concurrent le Boeing 747 fait 71m de long et seulement 64m d’envergure), les infrastructures des aéroports nécessitaient des adaptations complexes et couteuses, comme par exemple une longueur de piste à augmenter ou encore les espaces dans les terminaux à aménager pour garantir un embarquement rapide et efficace des 2 étages de cet appareil. Même combat pour les compagnies aériennes. L’A380 est un avion plus coûteux à l’achat que son concurrent direct (environ 400 millions de dollars en prix catalogue, quand le 747 coûte 200 millions). Comme tout nouvel appareil intégrant la flotte d’une compagnie aérienne, il nécessite également de former les pilotes et le personnel navigant à ses spécificités. Par ailleurs, les coûts de maintenance de l’appareil sont largement plus élevés notamment à cause de ses quatre réacteurs et sa fiabilité opérationnelle n’a pas toujours été au rendez-vous. Des problèmes de performance sur de longues distances ont également limité son essor, avec un rayon d’action à pleine charge plus faible qu’initialement envisagé. Enfin, il faut que les compagnies aient une flotte suffisamment conséquente pour exploiter efficacement l’appareil (un A380 qui ne peut pas décoller, c’est deux avions à affréter pour assurer le même vol). Aujourd’hui, seule la compagnie Emirates a la taille critique pour une exploitation fluide de l’A380 car elle a décidé d’adapter son business model aux caractéristiques de cet appareil.

Une fin annoncée et anticipée, dont Airbus devrait se relever sans difficulté

Malgré ses atouts et sa popularité, et à cause de sa trop grande complexité pour les compagnies aériennes, la demande n’a donc jamais été au rendez-vous pour Airbus, avec environ 250 appareils vendus entre 2007 et 2015, alors qu’il aurait fallu en vendre au moins 150 de plus pour rentabiliser l’investissement initial, probablement compris entre 22 et 25 milliards d’Euros au total. Airbus a bel et bien tourné la page de ce programme qui a tant contribué à son intégration en tant que société européenne et a déjà lancé la transition industrielle : les équipes sont en cours de redéploiement sur d’autres programmes, et notamment l’A320neo, l’A220 et l’A350. Concernant la politique produit, c’est l’A350-1000 qui devrait s’imposer comme le remplaçant naturel de l’A380 : il présente le triple avantage d’être biréacteur et d’avoir une capacité d’emport de 440 passagers, pour des dimensions se rapprochant de celles du 747. Le défi pour Airbus est désormais de positionner ce modèle mis en service en 2018 et qui a la lourde charge de devenir le plus grand module du portefeuille produit d’Airbus. De manière surprenante, Emirates n’a pas sélectionné l’A350-1000 au moment de reconvertir sa commande d’A380, préférant un plus grand nombre d’avions long-courrier de taille plus modeste.

Un avion arrivé 10 ans trop tôt

Aujourd’hui, malgré la congestion des aéroports et la hausse du trafic passagers, les compagnies aériennes (en particulier dans le Golfe et en Asie) font encore le pari d’investir dans des avions biréacteurs comportant entre 300 et 400 places, ce qui augmente la fluidité de leur exploitation (notamment en cas d’aléas) et permet d’atteindre une taille critique des flottes concernées, entrainant des économies d’échelles certaines. L’A380 est définitivement arrivé trop tôt, en désynchronisation avec les attentes des compagnies et l’évolution du marché qui croît sans être encore arrivé à saturation. L’histoire aurait probablement été différente si on avait lancé ce programme aujourd’hui, à l’heure où au contraire le rideau se tire. Grâce aux avancées technologiques et une meilleure compréhension du marché, l’A380 aurait pu diminuer ses coûts de maintenance, simplifier son exploitation, et améliorer encore ses performances opérationnelles, sans rien changer de l’expérience passager unique qu’il propose.. Mais avec des si… on mettrait l’A380 en bouteille !

 

2- Coopération spatiale entre la France et l’Allemagne « NewSpace: a Franco-German Perspective » (CNES, communiqué de presse)

Jeudi 21 février 2019, le CNES a participé au débat organisé par l’Ambassade d’Allemagne en France et l’Institut Montaigne, sur le thème « NewSpace: a Franco-German Perspective ». Un message de Jean-Yves Le Gall, Président du CNES a été délivré par Gilles Rabin, Directeur de l’Innovation, des Applications et de la Science, en conclusion de cette journée au cours de laquelle ont été abordées différentes perspectives qui permettent à l’Europe de se situer au meilleur niveau mondial dans un contexte en pleine évolution. Le NewSpace est une opportunité dans laquelle la France et le CNES sont plus que jamais impliqués. Avec l’arrivée de nouveaux acteurs, l’espace devient un outil potentiel remarquable décuplé par la transformation numérique. L’innovation est au cœur des activités du CNES et permet de répondre aux mutations profondes du secteur spatial. Le développement des coopérations à l’international est un pilier majeur de la stratégie du CNES dans un marché en pleine mutation. La coopération franco-allemande est d’ailleurs l’une des plus ambitieuses, que ce soit dans différentes missions d’exploration, dans la lutte contre le changement climatique ou l’innovation. Le traité de coopération et d’intégration franco-allemand, signé le 22 janvier 2019 par le Président de la République et la Chancelière, fait également référence à la coopération spatiale entre les deux pays. En 2015, l’organisation du CNES a été revue afin de permettre l’émergence d’approches originales et créatives, d’apporter des réponses aux transformations liées au numérique, à la miniaturisation et à la multiplication des acteurs publics et privés. Les nombreux partenariats entre les utilisateurs de l’espace et le CNES ont également permis de développer une relation plus étroite et collaborative. En parallèle, de nouveaux outils ont aussi été développés par le CNES : l’initiative Fédération qui vise à créer un cadre et faire vivre un environnement permettant de se lancer dans des projets de création d’infrastructures spatiales, Space’ibles, l’observatoire de prospective spatiale pour étudier le champ des possibles, ou encore Connect by CNES, l’expertise du CNES au service des entreprises. Ils permettent une prise directe avec les utilisateurs du spatial et sont au service de la compétitivité de l’industrie spatiale européenne.

 

3- Pourquoi Naval Group est la société la plus solide de son secteur en Europe (La Tribune, Michel Cabirol)

Naval Group confirme son redressement. Et le résultat est très spectaculaire en 2018 grâce à une revue sévère des programmes. Notamment sur le plan financier. La marge opérationnelle du groupe s’est élevée à 7,4%, pour un résultat opérationnel avant amortissement des écarts d’évaluation (Ebitda) de 265,9 millions d’euros. Soit un bond vertigineux de plus de 170% (contre 98 millions d’euros d’Ebitda pour une marge de 3,1% en 2017). La progression du résultat net (178,2 millions d’euros) est un peu moins vertigineuse mais reste très appréciable (91%). Ce résultat porte les fonds propres de Naval Group « à plus de 1 milliard d’euros, renforçant ainsi sa capacité à financer sa croissance future », a expliqué le groupe dans un communiqué publié jeudi.

« Naval Group est la société européenne la plus solide de la filière grâce à à une forte croissance de ses résultats en 2018 », a souligné à La Tribune le PDG Hervé Guillou. « On a fait 85 millions de plus de résultats nets qu’en 2017 ».

Ces résultats ont permis de recruter plus de 1.500 nouveaux personnels en 2018 et Naval Group devrait en embaucher plus de 1.000 en 2019. En outre, Naval Group a réalisé un chiffre d’affaires de 3,6 milliards d’euros (+13%). Il a été porté essentiellement par les grands programmes nationaux, principalement les sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda et les FREMM. A l’international, le groupe naval a bénéficié « des bonnes contributions du Brésil et de l’Australie ». Dans les services, les programmes de modernisation du porte-avions Charles de Gaulle et l’adaptation au missile M51 du sous-marin nucléaire lanceur d’engin Le Téméraire ont été les principaux contributeurs du chiffre d’affaires.

Un carnet de commandes solide

En dépit de la baisse des prises de commandes, l’année 2018 a été satisfaisante avec un book-to-bill (ratio chiffre d’affaires/commandes) qui est supérieur à 1. Elle aurait pu être meilleure mais les clients peuvent parfois être capricieux (Roumanie) et certaines campagnes peuvent s’étirer dans le temps (Egypte, Emirats Arabes Unis…). Au final, Naval Group a engrangé 3,7 milliards d’euros de commandes (contre 4 milliards d’euros en 2017). Ce qui porte le carnet de commandes à 13,83 milliards d’euros à fin 2018. Les principales notifications dans le domaine des constructions neuves ont concerné des programmes nationaux : sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) Barracuda et frégates multi-missions (FREMM). Dans les services, Naval Group a fait le plein avec la Marine nationale en signant plusieurs contrats de disponibilité pluriannuels (SNLE Le Terrible), frégates FREMM, les SNA et les chasseurs de mines. A l’international, Naval Group a finalement pu imputer en 2018 le contrat des quatre patrouilleurs hauturiers achetés par la marine argentine en dépit de sa mise en vigueur tardive, le 14 février. Le groupe a également décroché en Australie une tranche de travaux complémentaires au premier contrat signé en 2016 portant sur le programme de sous-marins.

2019, une année internationale?

2019 pourrait être une belle année à l’international. Naval Group devrait signer dans quelques semaines en Australie un contrat portant sur le design des sous-marins d’un montant de 1,5 milliard d’euros, découpé en trois tranches (environ 500 millions en 2019). Il est possible aussi que Naval Group parviennent à achever les négociations aux Emirats Arabes Unis lancées en novembre 2017 (deux corvettes Gowind), en Egypte (deux autres Gowind) voire en Azerbaïdjan (trois patrouilleurs Gowind). En cas de succès, les deux premiers prospects généreraient de la charge pour le site de Lorient. Le groupe naval suivra également avec attention la situation explosive en Roumanie (quatre Gowind) et partira outsider au Brésil (quatre Gowind) et en Belgique (douze chasseurs de mines). Enfin, Naval Group devrait en principe faire partie d’une sélection de deux à trois constructeurs sélectionnés par les Pays-Bas pour la fourniture de quatre sous-marins de type océanique. En France, l‘Etat a déjà confié début 2019 aux Chantiers de l’Atlantique et à Naval Group un contrat de 1,7 milliard d’eurospour la construction de quatre bâtiments ravitailleurs de force (BRF) et de leurs six premières années de maintien en condition opérationnelle (MCO). Pour le groupe naval, ce contrat représente environ 340 millions d’euros (maîtrise d’oeuvre et système de combat). Enfin, il attend pour cette année la notification de la commande du sixième sous-marin Barracuda. Par ailleurs, il prévoit de sortir le premier exemplaire autour du 14 juillet. Des perspectives et un bilan qui font dire à Hervé Guillou que « notre robustesse est durable ». D’autant que Naval Group va investir dans l’avenir en portant son effort global d’investissement au-dessus de 400 millions d’euros, dont 200 millions dans la R&D (Recherche et Développement).

 

4- Préparation des lanceurs du futur Le CNES et ArianeGroup lancent la plateforme d’accélération ArianeWorks (Ariane Group, CNES, communiqué de presse)

En présence de Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Jean-Yves Le Gall, Président du CNES et André-Hubert Roussel, Président exécutif d’ArianeGroup, ont signé jeudi 21 février 2019 à Paris, un protocole d’accord pour la mise en place d’une plateforme d’accélération destinée à préparer les lanceurs du futur. Avec des équipes réunies sur un même plateau et connectées à l’écosystème spatial européen, ArianeWorks va accélérer l’innovation pour le développement des lanceurs du futur. Le CNES et ArianeGroup, deux acteurs historiques de la filière Ariane, sont aujourd’hui parties prenantes dans le développement d’Ariane 6 pour le compte de l’ESA. Dès 2015, ils ont imaginé ensemble le moteur Prometheus, avant que l’ESA propose avec succès le programme correspondant lors de la Conférence ministérielle de 2016. Prometheus est aujourd’hui en cours de développement avec l’objectif de tester un premier prototype dans deux ans. Le CNES et ArianeGroup sont aussi associés, avec le DLR et la JAXA, pour développer le démonstrateur de premier étage réutilisable Callisto. Pour intensifier la préparation des lanceurs du futur, le CNES et ArianeGroup ont décidé de franchir une nouvelle étape, en créant un partenariat innovant regroupant des collaborateurs travaillant dans un environnement agile, ouvert à l’international et aux nouveaux acteurs et dont la mission principale est d’accélérer la feuille de route d’Ariane Next et en particulier sa première étape, le démonstrateur Themis. ArianeWorks s’inscrit dans la préparation de la Conférence ministérielle de 2019 et ses résultats seront mis à la disposition de l’ESA. A l’heure du NewSpace et dans un contexte de compétition féroce, ArianeWorks permettra d’accélérer l’innovation par capillarité, à la faveur des ETI et des start-ups, avec comme impératif une volonté forte de réduction des coûts. L’objectif est de travailler en étroite collaboration dans une première phase d’ici avril 2020, en inspirant et en impliquant de nouveaux acteurs, notamment des start-up innovantes, des laboratoires, des PME ou encore des industriels. ArianeWorks doit aussi être capable d’éclairer, c’est-à-dire d’analyser au mieux le contexte technologique, pour faire les bons choix dans les délais les plus courts. Ceci se traduit par une démarche résolument tournée vers l’Open Innovation, favorisant les échanges en matière de savoir-faire et permettant l’émergence d’un nouvel écosystème innovant. « Ariane fait partie des plus belles réussites technologiques, industrielles et commerciales de l’Europe et il faut poursuivre l’aventure face à une forte compétition mondiale. ArianeWorks a pour mandat de préparer au niveau français, les dossiers des lanceurs du futur, qui seront présentés à la prochaine Conférence ministérielle européenne, en particulier la feuille de route d’Ariane Next et de sa première étape, le démonstrateur Themis. » a déclaré Jean-Yves Le Gall, Président du CNES. « Les missions d’ArianeWorks sont d’une part, l’accélération des processus d’innovation pour préparer les futures évolutions d’Ariane, en impliquant de nouveaux acteurs et en activant de nouveaux types de financement. C’est aussi une opportunité d’accompagner l’éclosion de la deep tech via l’accès à des financements dédiés, avec une volonté assumée de prendre des risques en matière d’investissement et de développements technologiques » a ajouté André-Hubert Roussel. « Accélérer, inspirer, éclairer, telle est la devise d’ArianeWorks, traduisant sa volonté de promouvoir les innovations disruptives via l’arrivée de nouveaux acteurs, mais aussi en mettant l’accent sur l’expérimentation et l’agilité » ont conclu MM. Le Gall et Roussel.

 

TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPÉCIALISÉS :

ESPRIT SURCOUF.fr vous offre un tour d’horizon des titres de fond propres à susciter la réflexion de défense et de sécurité.

 

Moscou: les États-Unis transfèrent des troupes et du matériel vers le Venezuela
https://fr.sputniknews.com/international/201902221040120323-usa-moscou-troupes-venezuela/

Elections législatives israéliennes : les partis et les candidats en lice ( Les clés du Moyen-Orient, Inès Gil)
https://www.lesclesdumoyenorient.com/Elections-legislatives-israeliennes-les-partis-et-les-candidats-en-lice.html

Syrie – Quatre épouvantables scénarios possibles à court-terme et comment les éviter (Institut Montaigne, Michel Duclos et Andrey Kortunov)
https://www.institutmontaigne.org/blog/syrie-quatre-epouvantables-scenarios-possibles-court-terme-et-comment-les-eviter

Donald Trump mériterait-il vraiment moins un prix Nobel de la paix que ses lauréats précédents ? ( Atlantico, Jean-Vincent Brisset)
https://www.atlantico.fr/decryptage/3566423/donald-trump-meriterait-il-vraiment-moins-un-prix-nobel-de-la-paix-que-ses-laureats-precedents–jean-vincent-brisset

La menace poutinienne ou le retour d’expérience de Syrie ? 5Bruxelles 2, Nicolas Gros-Verheyde)
https://www.bruxelles2.eu/2019/02/23/la-menace-poutinienne-ou-le-retour-dexperience-de-syrie/

La lutte antijihadiste « obtient des résultats » au Sahel (Le Figaro, avec AFP)
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/02/23/97001-20190223FILWWW00016-la-lutte-antijihadiste-obtient-des-resultats-au-sahel-philippe.php

«Ligue du LOL» : des journalistes sanctionnés dans l’affaire de cyberharcèlement (Le Parisien, Robin Korda)
http://www.leparisien.fr/societe/ligue-du-lol-le-monde-des-medias-secoue-par-une-affaire-de-cyberharcelement-11-02-2019-8009121.php

Les grandes entreprises continuent à se développer prioritairement hors de France (IFRAP, Bertrand Nouel)
http://www.ifrap.org/emploi-et-politiques-sociales/les-grandes-entreprises-continuent-se-developper-prioritairement-hors

Quand la rivalité Saudo-iranienne s’invite en Asie du Sud  (Institut Montaigne, Christophe Jaffrelot)
https://www.institutmontaigne.org/blog/quand-la-rivalite-saudo-iranienne-sinvite-en-asie-du-sud

Chine-Europe : la conquête du rail- Institut Montaigne, Viviana Zhu)
https://www.institutmontaigne.org/blog/chine-europe-la-conquete-du-rail

La saga du Novitchok, arme chimique mortelle et ferment de désinformation massive (The Conversation, Jean-Louis Vigneresse)
https://theconversation.com/la-saga-du-novitchok-arme-chimique-mortelle-et-ferment-de-desinformation-massive-110003

Disparition des armes suisses : le gouvernement va-t-il lever l’ambiguïté ? (L’Orient le Jour, Jeanine Jakhl)
https://www.lorientlejour.com/article/1158645/disparition-des-armes-suisses-le-gouvernement-va-t-il-lever-lambiguite-.html

BURKINA FASO Les groupes jihadistes progressent (L’Expression)
http://www.lexpressiondz.com/internationale/310525-les-groupes-jihadistes-progressent.html

Les frères Clain, une famille djihadiste (Le Temps, Richard Werly)
https://www.letemps.ch/monde/freres-clain-une-famille-djihadiste


PARUS AU JOURNAL OFFICIEL 

Textes à ne pas négliger pour comprendre l’actualité de défense et de sécurité.

 

Décret n° 2019-111 du 19 février 2019 pris pour l’application des articles 8, 9 et 9-1 de la loi n° 88-227 du 11 mars 1988 modifiée relative à la transparence financière de la vie politique
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=AD76351E0B9FFC01A3FEA9296B394C2C.tplgfr32s_2?cidTexte=JORFTEXT000038143963&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038143786

Arrêté du 12 février 2019 portant attribution du brevet d’études militaires supérieures
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=AD76351E0B9FFC01A3FEA9296B394C2C.tplgfr32s_2?cidTexte=JORFTEXT000038144219&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038143786

Arrêté du 18 février 2019 relatif à la mobilisation de la réserve sanitaire
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=AD76351E0B9FFC01A3FEA9296B394C2C.tplgfr32s_2?cidTexte=JORFTEXT000038149359&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038149229

Ordonnance n° 2019-116 du 20 février 2019 portant transposition de la directive (UE) 2018/957 du Parlement européen et du Conseil du 28 juin 2018 modifiant la directive 96/71/CE concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d’une prestation de services
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=AD76351E0B9FFC01A3FEA9296B394C2C.tplgfr32s_2?cidTexte=JORFTEXT000038149580&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038149229

Décision du 22 février 2019 portant nomination d’un membre du Conseil constitutionnel
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=AD76351E0B9FFC01A3FEA9296B394C2C.tplgfr32s_2?cidTexte=JORFTEXT000038158008&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038158006

Décision du 21 février 2019 portant nomination d’un membre du Conseil constitutionnel
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=AD76351E0B9FFC01A3FEA9296B394C2C.tplgfr32s_2?cidTexte=JORFTEXT000038158011&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038158006

Décision du 21 février 2019 portant nomination d’un membre du Conseil constitutionnel
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=AD76351E0B9FFC01A3FEA9296B394C2C.tplgfr32s_2?cidTexte=JORFTEXT000038158015&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038158006

 

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