DÉFENSE EUROPÉENNE : MYTHE MORIBOND …

Guillaume Berlat

 « Tout état doit se créer une utopie lorsqu’il a perdu le contact avec le mythe » nous enseigne Ernst Jünger. Le moins que l’on puisse dire est que cette maxime pertinente trouve un point d’application dans la pratique quotidienne des relations internationales. Utopique, elle l’est souvent, mythique, elle l’est également. Les internationalistes, peu au fait des us et coutumes de la diplomatie, ont tendance à minorer cette dimension romanesque, liturgique qui explique bien des choses que la raison ne parvient pas à éclairer. La problématique, le paradigme, pour ne pas dire le serpent de mer de la défense européenne, entre à l’évidence dans cette catégorie d’objets diplomatiques non identifiés (ODNI).

On le croit perdu dans les entrailles de l’Histoire et c’est alors que tel Lazare il renaît de ses cendres au moment où personne ne l’attend. Le « Brexit » ; l’incurie du SEAE ; les prudences de gazelle d’une immense majorité ; les instabilités nées des élections en Allemagne, en Autriche, en Espagne… ; la diminution d’appétit des peuples pour la chose européenne… contribuent à mettre en sommeil ce désir de doter l’Union d’une authentique politique étrangère, de défense et de sécurité commune (les acronymes de ce machin évoluent avec le temps). Il est vrai qu’à Bruxelles existe un bidule qualifié d’Alliance atlantique ou de NATO pour les anglo-saxons qui s’occupe de sujets de défense, un joujou, voire un redresseur de torts universel auquel semble être particulièrement attaché l’oncle Sam qui veille, comme le lait sur le feu, de la sécurité des citoyens européens. Mais en cette période de « transformation » générale voulue par le président de la République, Emmanuel Macron, la défense européenne ne fait pas exception. Jupiter parvient au tour de force de redonner corps à l’automne 2017 à ce qui n’était plus qu’un fantasme.

Mais, quelques mois après, à Munich en février 2017, les espoirs de relance de cette noble idée sont douchés tant la curée est impressionnante. Le rêve tourne au cauchemar.

 

LA BRÈVE RÉSURRECTION JUPITÉRIENNE : LE SURSAUT DE LA SORBONNE

Emmanuel Macron prend à bras-le-corps le problème européen avec son discours refondateur de la Sorbonne qui comporte un important volet relance de la politique européenne de défense et de sécurité. Il suscite un regain d’intérêt qui se concrétise à travers quelques premiers pas concrets.

Un discours refondateur de l’Europe

Emmanuel Macron ne fait partie de la lignée des présidents de la République qualifiés trivialement de « fainéants ». Il ferait plutôt partie de la catégorie des hyperactifs (certains esprits chagrins iraient jusqu’à le qualifier d’agité), des agitateurs ou des passeurs d’idées. La construction européenne n’échappe pas à sa volonté de refondation devenue plus importante encore en raison d’une période de sommeil prolongée de la Belle au bois dormant. Tel est l’objectif poursuivi avec son discours de la Sorbonne prononcé quelques jours après celui devant l’Assemblée générale de l’ONU, véritable déclaration d’amour au multilatéralisme. Les commentateurs éclairés évoquent un sursaut salutaire pour le projet européen au moment où l’Allemagne entre dans la dernière ligne droite avant les élections législatives, laissant le champ libre à l’intrépide Jupiter. Le projet de refondation européen d’Emmanuel Macron est accueilli avec intérêt et politesse dans les capitales européennes sonnées par un projet aussi abouti mais peu désireuses de se quereller avec notre fringant président de la République philosophe. Un grand destin national est inséparable d’une grande politique extérieure.

Une relance de la politique européenne de défense et de sécurité

Que déclare Emmanuel Macron sur le volet défense et sécurité de son discours à la Sorbonne ? Citons-le in extenso afin de ne pas trahir la pensée jupitérienne.

« En matière de défense, notre objectif doit être la capacité d’action autonome de l’Europe, en complément de l’OTAN. Le socle de cette autonomie a été posé, avec des progrès historiques intervenus ces derniers mois. En juin dernier, nous avons posé les bases de cette Europe de la Défense ; une coopération structurée permanente, permettant de prendre des engagements accrus, d’avancer ensemble et de mieux nous coordonner ; mais aussi un Fonds européen de défense afin de financer nos capacités et notre recherche. Ce socle indispensable, nous sommes en train de lui donner un contenu, à travers les échanges des différents Etats-membres qui souhaitent avancer en cette direction.

Mais il nous faut aller plus loin. Ce qui manque le plus à l’Europe aujourd’hui, cette Europe de la Défense, c’est une culture stratégique commune. Notre incapacité à agir ensemble de façon convaincante met en cause notre crédibilité en tant qu’Européens. Nous n’avons pas les mêmes cultures, parlementaires, historiques, politiques ni les mêmes sensibilités. Et nous ne changerons pas cela en un jour. Mais je propose dès à présent d’essayer de construire cette culture en commun, en proposant une initiative européenne d’intervention visant à développer cette culture stratégique partagée.

Pour créer ce rapprochement, nous avons besoin d’un changement profond. Je propose ainsi à nos partenaires d’accueillir dans nos armées nationales – et j’ouvre cette initiative dans les armées françaises – des militaires venant de tous les pays européens volontaires pour participer, le plus en amont possible, à nos travaux d’anticipation, de renseignement, de planification et de soutien aux opérations. Au début de la prochaine décennie, l’Europe devra ainsi être dotée d’une Force commune d’intervention, d’un budget de défense commun et d’une doctrine commune pour agir. Je veux que cette culture commune s’étende, dans la lutte contre le terrorisme, à nos services de renseignement. Je souhaite ainsi la création d’une Académie européenne du renseignement pour renforcer les liens entre nos pays, par des actions de formation et d’échanges ».

La première phrase est au cœur de la politique du « en même temps » du chef de l’État. Mais, ne comporte-t-elle pas en elle-même les germes d’une contradiction ontologique ? Comment disposer d’une défense européenne autonome qui soit complémentaire de l’Alliance atlantique. Si les mots ont encore un sens dans la langue de Molière, nous sommes au cœur de la subsidiarité. L’Union européenne est cantonné au rôle de voiture balai de « l’otanne ».

Un regain d’intérêt à travers quelques pas concrets

Fautes de grives on mange des merles. C’est à dire qu’on doit se contenter de ce qu’on a, quitte à être privé de ce qu’on avait espéré. La valeur n’attend pas le nombre des années. Emmanuel Macron parvient dès le mois de juin 2017, ce qui constitue un exploit dans un aussi court laps de temps à obtenir, comme il souligne à la Sorbonne, à quelques avancées significatives dans le domaine de la défense européenne qui soient compatibles avec les évangiles otaniennes. Il résume en quelques mots les grands axes de ces avancées en ces termes : « nous avons posé les bases de cette Europe de la Défense ; une coopération structurée permanente, permettant de prendre des engagements accrus, d’avancer ensemble et de mieux nous coordonner ; mais aussi un Fonds européen de défense afin de financer nos capacités et notre recherche. Ce socle indispensable, nous sommes en train de lui donner un contenu, à travers les échanges des différents Etats-membres qui souhaitent avancer en cette direction ». C’est presque l’unanimité qui se rallie à cette percée inespérée dans pareil climat morose. Sur la lancée, les plus optimistes envisagent d’autres pas significatifs avec la nouvelle année et la formation d’une coalition en Allemagne comprenant le chef du SPD, l’europhile, Martin Schultz.

Mais, dans la sphère diplomatique, en général et dans le domaine de la construction européenne, tout homme sensé n’est pas sans savoir qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Parfois, après une belle éclaircie vient le gros temps.

 

LES ILLUSIONS PERDUES : LE DAVOS DE LA SÉCURITÉ

Une fois la trêve des confiseurs passée et le retour des vieux démons, l’embellie apparaît malheureusement de très courte durée. C’est que le lobby américano-otanien ou atlantiste reprend des couleurs et parvient à enfoncer un coin entre les Européens à la faveur de la conférence sur la sécurité internationale (Munich, 16-18 février 2018) qui a succédé à la « Wehrkunde ».

La saillie américano-otanienne

Le Davos de la sécurité (la CSM) fournit l’occasion aux grincheux de rappeler à la raison tous ceux qui seraient tentés par quelques velléités irrédentistes en matière de défense européenne5. Il faut savoir que cela frise l’hérésie vu de Washington. Nous ne sommes plus dans le domaine de la raison froide mais de la passion chaude, du dogme et de la liturgie transatlantique. S’attaquer frontalement au dogme frise l’hérésie. Autant faire dans le registre pornographique diplomatique. Il revient à l’idiot utile de service, le gardien de la maison bruxelloise, le norvégien, Jens Stoltenberg de sonner le tocsin lors de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN, en présence du cardinal, James Mattis, secrétaire d’état américain à la Défense : « nous soutenons l’initiative européenne à condition qu’elle soit complémentaire et n’enlève pas des activités et des besoins de l’OTAN ». L’avertissement est clair et net même si le propos est pudique (« complémentarité »). Le pitbull est lâché au cas où les hérétiques n’auraient pas encore compris les versets pertinents de l’Ancien Testament. À Davos, l’occasion est toute trouvée pour remettre les pendules à l’heure. « Les Américains demandent aux Européens de partager le fardeau de la dépense mais se cabrent lorsque l’Europe augmente ses dépenses militaires et prend un peu d’autonomie »7.

Dans les couloirs de la Conférence, les généraux américains rappellent aux Occidentaux qu’il y a lieu de tenir compte ni des propos de leur président sur l’obsolescence de l’OTAN ni sur le contenu de ses tweets compulsifs dans lesquels il n’adopte pas la ligne traditionnelle sur l’Alliance atlantique. Les Européens doivent continuer à être aux ordres et à répondre présents lorsqu’on les siffle tels de petits toutous obéissants. Aux alliés indépendants, on préfère les courtisans serviles. Telle est la dure réalité qui imprègne la relation transatlantique depuis la création de l’OTAN. Les mauvaises habitudes ont la vie dure dans les relations internationales, Donald Trump ou pas !

La division européenne

Comme toujours quand la cavalerie américaine sonne la charge, c’est le sauve-qui-peut dans la mauvaise troupe européenne, c’est la débandade. C’est la même Sylvie Kauffmann qui claironnait urbi et orbi le retour de l’Europe, quinze jours plus tôt. Et cela alors même qu’un fossé se creuse entre l’Est et l’Ouest du continent qui rend difficile, voire improbable la constitution d’un front commun dans le domaine de la défense. Par la voix de son premier ministre, Édouard Philippe et de la ministre des Armées, Florence Parly, la France appelle à l’unité européenne. La ministre défend la nécessité pour l’Europe d’acquérir « son autonomie stratégique dans le bon sens du terme » et en appelle à oublier les « chagrins périodiques de ceux qui opposent l’UE et l’OTAN » car il s’agirait selon elle, d’un « faux débat ».

En dépit du fait que Florence Parly ait été choisi par les organisateurs (Wolfgang Ischinger) pour ouvrir les débats avec Ursula von der Leyen (deux femmes ministres de la Défense, une Française et une Allemande) et de traduire ainsi une forme d’unité franco-allemande sur le sujet européen, de réelles divergences subsistent entre Paris et Berlin qui ne peuvent être réduites par un coup de baguette magique. Les plaies sont plus profondes et sont toujours à vif quoi qu’on en dise. Les faits sont têtus. Le trait étant grossi dans une période unique pour l’Allemagne depuis l’après-guerre, celle où elle n’a toujours pas de gouvernement depuis la fin du mois de septembre 2017. Que faire avec un gouvernement qui expédie les affaires courantes et que la CDU/CSU et le SPD voient leur assise se fissurer lentement mais sûrement au profit de l’AFD ?

Emmanuel Macron avait formé de nombreux espoirs sur la chancelière Angela Merkel pour l’épauler dans son désir de relancer l’Europe. La France vient de passer au quatrième rang des partenaires commerciaux de l’Allemagne, démontrant l’asymétrie de puissance entre nos deux pays. Il y a trois ans, nous étions encore le premier partenaire. Nous sommes passés derrière la Chine, les États-Unis et les Pays-Bas. Bravo la diplomatie économique… Nous pesons donc moins en termes de diplomatie d’influence.

Contrairement à ce que pensent nos « toutologues » et à ce qu’écrivent nos folliculaires, le double fossé, entre les deux rives de l’Atlantique et au sein de l’Union européenne, est plus ancien et plus profond qu’il n’y paraît à première vue. Il est loin d’être conjoncturel. Il est structurel. C’est ce que nous allons tenter de démontrer avec ce qui suit.

 

LA FIN D’UN RÊVE : LE MUNICH DE LA DÉFENSE

La situation est relativement simple, du moins à ce jour. Elle pourrait se résumer selon la formule bien connue : il faut tout changer pour que rien ne change. Elle pourrait s’expliquer en deux mots d’ordre : l’OTAN, d’abord et avant out ; l’Europe, après et silence dans les rangs. L’intégration européenne à la mode Macron n’est pas pour demain, en tout cas pas pour 2019.

NATO first and only

Au-delà de la dimension stratégique, importante à plus d’un titre, c’est la dimension économique et financière qui emporte des conséquences sur la posture américaine vis-à-vis de toute forme d’émancipation de l’Union européenne en matière de sécurité et de défense. C’est que les intérêts en jeu sont importants et dépassent les simples querelles sémantiques. Le très puissant complexe militaro-industriel américain craint, jusque et y compris le renforcement du pilier européen de l’Alliance, sans parler du renforcement de « l’autonomie stratégique » de l’Union européenne, quant à ses conséquences potentiellement négatives pour son monopole au sein de l’Alliance en matière d’équipements militaires. Au moment où America First est le slogan de Donald Trump, Washington ne souhaite pas laisser des emplois filer vers l’Europe.

À cet égard, la création d’un « Fonds européen de défense » ne sonnerait-elle pas le glas du « buy american » et ne créerait-elle pas des concurrents potentiels comme le sont encore Airbus (pour combien de temps encore en raison de sa mise à mort décidée à Washington ?) et Ariane ? Tout ceci est inacceptable pour Washington, sous quelque administration et sous quelque forme que ce soit. Les Américains continueront à peser de tout leurs poids à Bruxelles pour prévenir toute dérive européenne préjudiciable à leurs intérêts bien compris. Cette donnée ne doit pas être perdue de vue tant elle est prégnante dans la relation transatlantique et tant elle est prête à durer tant que l’Union européenne affichera ses divisions sur la question sensible de la mise en œuvre in concreto d’une défense européenne autonome. Washington ne peut que se féliciter de l’absence d’un ministre européen de la Défense et du manque de charisme de celle qui fait office de ministre européen des Affaires étrangères.

EU out and silent

À ce jour, une véritable défense européenne reste un vœu pieux, celui d’Emmanuel Macron. Force est de constater que des divergences de fonds persistent toujours entre l’Allemagne et la France sur ce sujet. Elles ne sont pas nouvelles. On peut les faire remonter à 1963, date à laquelle les anciens ennemis se réconcilient à la faveur de la conclusion du traité de l’Élysée. Souvenons-nous que, lors de la ratification, le 16 mai 1963, le Bundestag ajoute un préambule qui est à l’opposé des intentions de la France. Le préambule précise, en particulier, que l’application du traité sera orientée « vers les principaux buts » de la RFA, à savoir « une étroite association entre l’Europe et les États-Unis […], l’intégration des forces armées des États membres du Pacte [atlantique], l’unification de l’Europe […] en y admettant la Grande-Bretagne ». Bref, le préambule contient une liste de tout ce que Charles de Gaulle réprouve. Comment est-il possible qu’aussitôt après sa signature, le traité de l’Élysée soit ainsi vidé de son sens et la coopération préférentielle des deux pays remise en question ? Plus fondamentalement, la France est la seule à défendre l’idée d’une « Europe puissance » (le général de Gaulle souhaitait qu’elle soit un démultiplicateur d’influence de la France) dont le corollaire est qu’elle soit dotée d’une défense et d’une sécurité autonome et indépendante par rapport à l’OTAN.

Aucun État membre de l’Union européenne ne partage cette vision propre à Paris. Enfin la réintégration de la structure militaire intégrée de l’Alliance par Nicolas Sarkozy en 2009 (que n’a pas remis en cause François Hollande dans la suite du rapport Védrine13 et comme le démontre un chercheur français), n’a en rien contribué à faire avancer la défense européenne. Au contraire, elle prive la France d’un avantage non négligeable dans la négociation. Rentrée dans le giron atlantique, il lui est difficile, si ce n’est impossible de renier ce retour dans la « famille occidentale ».

Nos partenaires ont fait le choix de l’OTAN dont ils ne changeront pas. Cinq mois après le discours ambitieux d’Emmanuel Macron à la Sorbonne, le 26 septembre 2017, où en est l’Europe de la défense ? Pas bien loin… Pour ne prendre qu’un critère, mais particulièrement significatif, l’Europe seule ne peut toujours pas mettre sur pied des interventions extérieures urgentes. Les deux dernières grandes opérations unilatérales françaises, Serval au Mali (janvier 2013) et Sangaris en Centrafrique (décembre 2013), ont été décidées, déclenchées et conduites depuis Paris. Et ce n’est pas près de changer ! Sans parler du psychodrame de la PSDC depuis sa création en 1999. Force est de constater que la « démagogie est inhérente à la démocratie » !

« L’humanité n’est même plus une légende, elle est un mythe » nous déclare Romain Gary qui fut un temps diplomate français (1945-1960) Effectivement, comment se séparer d’un mythe tel celui du lien transatlantique célébré en grandes pompes à Evere en quelques clics et comment le mettre sur le même pied que quelques pétitions de principe sur « l’autonomie stratégique » déclamées au Berlaymont ? Tout hérétique, à qui il viendrait l’idée saugrenue de s’écarter de la liturgie atlantique et atlantiste saurait ce qu’il en coûte de pratiquer ce sport. Il subirait les foudres du grand frère américain : dénonciation (#balancetontraitre), excommunication (classement dans « l’axe du mal ») et lapidation (sanctions et autres traitement humiliant et dégradant du style « French Bashing » en 2003). Les téméraires n’ont jamais été très nombreux en période troublée. À Washington, on ne plaisante pas avec ce genre de sujet. C’est que l’Amérique est ointe par le Tout puissant d’une « destinée manifeste » qui la conduit à entourer sa mission à l’extérieur. Elle donne à la politique étrangère une dimension religieuse, dogmatique et liturgique. S’attaquer au lien transatlantique, c’est s’attaquer au dogme intangible de la primauté américaine dans la sphère de la défense et de la sécurité. C’est tout simplement impensable !

Cela relèverait de la transgression et de l’hérésie. En l’absence d’une position commune européenne sur le sujet, les propositions d’Emmanuel Macron n’ont pas la moindre chance de prospérer à avenir raisonnable. Elle évolue entre deux mythes : celui de la caverne de Platon (les choses véritables, nous dit Platon, se tiennent en elles-mêmes ailleurs, hors de la caverne) et celui du rocher de Sisyphe (pour avoir osé défier les dieux, Sisyphe fut condamné, dans le Tartare, à faire rouler éternellement jusqu’en haut d’une colline un rocher qui en redescendait chaque fois avant de parvenir au sommet). In fine, la grand-messe de Munich a servi de révélateur à la mort du mythe de la défense européenne après son éphémère résurrection à la Sorbonne.

 

 


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