GÉOPOLITIQUE
DÉFENSE
ÉCONOMIE

de Jacques Raimond

GEOPOLITIQUE

  1. Le processus de réforme des services de renseignement en Turquie
  2. Géopolitique de la mondialisation maritime. La thalassocratie criminelle, acteur démasqué ?
  3. La France face à la Chine, que faire ? (1/4) les bénéfices stratégiques réciproques des années 1960

DEFENSE 

  1. Selon le général Bosser, les préoccupations liées au pouvoir d’achat « fragilisent » le moral au sein de l’armée de terre
  2. Entretien du CEMA avec le président du comité militaire de l’OTAN
  3. L’innovation, nouvelle arme de pointe de la défense 4.0

ECONOMIE 

  1. Salon du Bourget : un très bon millésime malgré une baisse des commandes
  2. (CR-JDR) Des métiers charnières du Risk management au service de la cybersécurité
  3. « Guerre des talents » : la révolution numérique change la donne

TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPECIALISES

TEXTES PARUS AU JOURNAL OFFICIEL

GEOPOLITIQUE

ESPRIT SURCOUF.fr, cette semaine, a choisi trois thèmes d’actualité de première ampleur.
Sur le processus de réforme du renseignement en Turquie, avec l’effort de « civilianisation » qui en est le moteur, le pouvoir éprouvant une méfiance certaine pour les militaires ; le sujet de l’extension au monde maritime de la mondialisation est abordé sous l’aspect criminel ; enfin, les défis de la France face à la Chine nous rappellent toute l’histoire mouvementée des relations entre les deux Etats, pas toujours au goût des Américains : la France demeure, dans ce contexte maîtrisé, fortement indépendante sur le plan stratégique.

1 – LE PROCESSUS DE REFORME DES SERVICES DE RENSEIGNEMENT EN TURQUIE ( FMES , Ana Pouvreau)

Ana Pouvreau – Spécialiste des mondes russe et turc, chercheur en sciences politiques, docteur ès lettres de l’Université de Paris IV-Sorbonne et diplômée de Boston University en relations internationales et études stratégiques. Elle est auditrice de l’IHEDN et éditorialiste à l’institut FMES.

Engagés aux côtés des Etats-Unis pendant la Guerre froide afin de contrer l’ingérence soviétique, les services de renseignement turcs, alors sous la houlette des sécularistes, se recentrèrent, après la chute de l’empire soviétique, sur trois ennemis intérieurs principaux : les islamistes, les séparatistes kurdes et l’extrême-gauche. A l’arrivée au pouvoir, en novembre 2002, du Parti de la justice et du développement (Adalet ve Kalkınma Partisi, AKP), un vaste processus de transformation et  notamment de « civilianisation » de l’appareil d’Etat a été amorcé. Avec le déclenchement des vagues d’arrestations menées dans le cadre de l’affaire « Ergenekon » à compter de 2007, l’AKP s’est engagé dans une lutte contre « l’Etat profond » (Derin devlet), sorte d’ « Etat dans l’Etat » animant en sous-main « une nébuleuse ultranationaliste »[1] prête à mener des actions subversives et à renverser le pouvoir en place. En 2014, le gouvernement a fait voter une loi controversée visant à accroître considérablement les pouvoirs de surveillance de l’Organisation nationale du renseignement (MIT, Milli İstihbarat Teşkilatı) et à renforcer simultanément les sanctions pénales à l’encontre des medias révélant des failles ou des abus de la part des services de renseignement. La tentative de putsch du 15 juillet 2016 a contribué à accélérer les changements. En août 2017, une réforme inédite des services de renseignement a permis, entre autres, le rattachement du MIT au président de la République, alors que depuis 1965, celui-ci était placé sous l’autorité du Premier ministre[2]. Toute entrave au contrôle exercé par le président est ainsi éliminée. Ce dernier peut poursuivre comme il l’entend une lutte multidirectionnelle sans merci à la fois contre les éléments agissant au profit de « l’Etat profond », contre les partisans de l’imam Gülen, accusés d’avoir fomenté le coup d’Etat de 2016[3], tout en continuant à combattre les séparatistes kurdes du PKK, les combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) en Syrie[4], ainsi que l’Etat islamique (EI) et enfin les groupuscules d’extrême-gauche tel que le Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C)[5].

La transformation du MIT

Afin d’en faire un instrument efficace sous le contrôle de la présidence, Recep Tayyip Erdogan s’est appuyé sur de fidèles collaborateurs nommés à des postes-clés au sein des services de renseignement, tel que Hakan Fidan à la tête du MIT depuis 2010. A l’instar d’autres institutions, le MIT aurait vu ses effectifs militaires chuter au fil des années, passant de 35% en 1990 à 4,5% en 2007[6]. A partir de 2014, l’agence monte en puissance grâce au passage d’une législation qui lui est très favorable. En avril 2014, le vote de la loi N°6532[7] portant modification de la loi de 1983 sur les services de renseignement de l’État et l’Agence nationale du renseignement.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://fmes-france.org/le-processus-de-reforme-des-services-de-renseignement-en-turquie-par-ana-pouvreau/

2 – GEOPOLITIQUE DE LA MONDIALISATION MARITIME. LA THALASSOCRATIE CRIMINELLE, ACTEUR DEMASQUE ? ( Diploweb, Florian Manet, Pierre Verluise)

Colonel de gendarmerie, Florian Manet commande un service régional de police judiciaire. Ancien élève de l’École Spéciale Militaire de Saint Cyr, diplômé de l’École de Guerre, ancien auditeur de l’IHEDN, cet officier a commandé des unités opérationnelles en métropole, en outre-mer comme en opérations extérieures. Il publié de nombreux articles sur les problématiques de sécurité. Il est l’auteur de “Le crime en bleu. Essai de thalassopolitique”, Préfaces du général d’armée Richard Lizurey et de l’amiral Christophe Prazuck ed. Nuvis.

Dans le contexte de la mondialisation, comment l’océan peut-il devenir chaque jour davantage théâtre d’opérations criminelles et même vecteur du crime ? Quelles sont les caractéristiques majeures de la criminalité maritime ? Comment et pourquoi une thalassocratie criminelle émerge-t-elle ? Les moyens pour contrer la criminalité maritime sont-ils à la hauteur des enjeux ? Sinon, pourquoi ? Quelle est la part de l’ignorance, de l’incapacité et de la complicité ? Voici quelques-unes des questions posées au colonel Florian Manet l’auteur de “Le crime en bleu. Essai de thalassopolitique”, ed. Nuvis. Propos recueillis par Pierre Verluise, Fondateur du Diploweb.com.

Pierre Verluise (P. V) : Dans le contexte de la mondialisation, comment l’océan peut il devenir chaque jour davantage théâtre d’opérations criminelles et même vecteur du crime ?

Florian Manet (F. M.) : Nos sociétés et nos économies sont intrinsèquement tributaires du fait maritime à tel point que l’on ne peut envisager de développement sans un recours à un moment donné à un vecteur maritime ou à l’espace océanique. Un rapide survol de cette inexorable dépendance suggérera en creux des enjeux de sûreté posés par le phénomène de maritimisation. Ainsi, la terre est … bleue avec 70% de la surface du globe recouverte par la mer soit 360 millions de km². La mer devient un cadre de vie pour 60 % de la population mondiale qui réside dans la frange littorale des 15 kilomètres. Nombre de grandes agglomérations sont situées en zone littorale comme Marseille, Shanghai, Bombay, Buenos Aires, Dakar, Sydney… ce qui atteste du rôle de catalyseur joué par l’économie bleue. D’ailleurs, les littoraux sont devenus progressivement des espaces aménagés à des fins de commerce. Ces environnements naturels fragiles se sont au fur et à mesure « artificialisés » par la construction d’équipements portuaires avec des extensions conquises sur la mer. Le port maritime de Rotterdam, situé au 1er rang européen mais 8 ème mondial, est symbolique : de nouveaux terminaux pétroliers comme conteneurs sont implantés au large de l’estuaire de la Meuse afin d’accueillir les nouveaux mastodontes des mers qui transportent 300 000 tonnes de brut ou quelques 20 000 conteneurs soit l’équivalent ferroviaire de 150 kilomètres. 90 % de nos approvisionnements en matières premières comme en biens manufacturés empruntent la voie maritime tandis que 99 % de nos informations (internet, ordre financiers..) se diffusent à travers le monde par des câbles sous-marins. L’économie bleue contribue à l’alimentation d’une part croissante de la population mondiale qui trouve dans les produits de la mer les protéines nécessaires à sa subsistance. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, 7 milliards de personnes dépendront, dans 20 ans, de l’océan pour leur principale source de nourriture alors qu’en 50 ans, la consommation mondiale apparente de poisson a doublé pour atteindre 19 kilogrammes par personne et par an. Facteur de croissance, la pêche et l’aquaculture font vivre 10 à 12 % de la population mondiale.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.diploweb.com/Geopolitique-de-la-mondialisation-maritime-La-thalassocratie-criminelle-acteur-demasque.html

3 LA FRANCE FACE A LA CHINE, QUE FAIRE ? (1/4) – LES BENEFICES STRATEGIQUES RECIPROQUES DES ANNEES 1960 ( IRIS, Edito de Pascal Boniface)

Comment la France doit-elle organiser sa relation avec la Chine ? Comment faire face à la future première puissance mondiale, dotée d’un système politique bien différent et qui ne constitue ni un allié ni un rival ? Quelles sont les divergences et les convergences à prendre en compte ? En somme, comment la France peut-elle définir ses intérêts ?
 Les relations franco-chinoises ont longtemps été marquées, côté français, par une nostalgie des années 1960, sur laquelle Pékin sait encore parfois habilement jouer. Le général de Gaulle avait en effet reconnu la Chine populaire dès 1964, rompant avec le front commun occidental et enfreignant les consignes de Washington. À cette époque, les pays occidentaux reconnaissaient Taiwan, et non la République populaire de Chine (RPC), à l’exception du Royaume-Uni, qui, Hong-Kong oblige, n’avait pas rompu ses relations avec Pékin en 1949. La Chine continentale, pour sa part, condamnait alors la politique « révisionniste » de l’Union soviétique, l’accusant de trahir le véritable marxisme-léninisme et dénonçant la politique de détente mise en place par Moscou et Washington, qui constituait à ses yeux une concession faite à l’impérialisme. Mao Zedong fustigeait chaque jour l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et les États-Unis, un affrontement nucléaire avec ces derniers étant même parfois évoqué. La reconnaissance de la RPC par le général de Gaulle constituait donc l’un de ses faits d’arme pour affirmer l’indépendance de la France face aux États-Unis, montrant que sur un sujet majeur, elle prenait ses décisions de façon autonome. Ces derniers – comme leurs relais d’opinion en France – l’avaient d’ailleurs bien interprété comme tel et avaient largement critiqué cette décision. « Le poids de l’évidence et de la raison pesant chaque jour davantage, la République française a décidé de déplacer ses rapports avec la République populaire de Chine, sur un plan normal, autrement dit, diplomatique […] En vérité, il est clair que la France doit pouvoir entendre directement la Chine et aussi s’en faire écouter. […] En nouant avec ce pays, cet État, des relations officielles, comme maintes d’autres nations libres l’ont fait auparavant, et comme nous l’avons fait avec d’autres pays qui subissent des régimes analogues, la France ne fait que reconnaître le monde tel qu’il est. », disait alors le général[1]. Et Washington de déclarer, au moment où les gouvernements français et chinois annonçaient, par un communiqué conjoint, l’établissement de relations diplomatiques : « Les États-Unis regrettent la décision de la France. Nous avons à plusieurs reprises, exprimé au gouvernement français nos propres raisons pour lesquelles nous considérons cette décision comme une mesure malencontreuse particulièrement à un moment où la Chine communiste encourage activement l’agression et la subversion dans le Sud-est de l’Asie et ailleurs »[2].

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.iris-france.org/138552-la-france-face-a-la-chine-que-faire-les-benefices-strategiques-reciproques-des-annees-1960-1-4/

Le site IRIS est répertorié dans la rubrique THINKTANKS de la "Communauté Défense et Sécurité" d'ESPRITSURCOUF.fr Cliquez ici


DEFENSE

Esprit Surcouf propose trois réflexions de premier plan en ce qui concerne la stratégie globale à appliquer à notre défense. Si le moral est bon, le CEMAT tient à rappeler que sa condition demeure fragile ; le CEMA confirme avec le président du comité militaire de l’OTAN les directions prises et à prendre en matière de dialogue ; l’innovation notamment pour la maîtrise navale est bien un des enjeux mondiaux.

1 – SELON LE GENERAL BOSSER, LES PREOCCUPATIONS LIEES AU POUVOIR D’ACHAT « FRAGILISENT » LE MORAL AU SEIN DE L’ARMEE DE TERRE ( OPEX 360, Laurent Lagneau)

Dans sa dernière revue annuelle, publiée en décembre 2018, le Haut Conseil d’Évaluation de la Condition Militaire [HCECM], a dressé un constat identique aux années passées. Ainsi, dans sa revue éditée en 2016, le HCEM écrivait : sur la période 2008-13, « comparé au niveau de vie annuel moyen des ménages, toutes catégories socioprofessionnelles confondues, celui du ménage dont la personne de référence est un militaire est inférieur de plus de 6 % alors que celui du ménage dont la personne de référence est un fonctionnaire civil de l’État est supérieur de 12 %. » Deux ans plus tard, le HCECM aurait pu faire un copié-collé si l’écart qu’il décrivait en 2016 ne s’était pas aggravé. « Comparé au niveau de vie annuel moyen des ménages, toutes catégories socioprofessionnelles confondues, celui du ménage dont la personne de référence est un militaire est inférieur de 6,8 %, alors que celui du ménage dont la personne de référence est un fonctionnaire civil de l’État est supérieur de 12,3 % », lit-on dans la revue 2018. Alors qu’elles ont dominé l’actualité économique et sociale de ces derniers mois, les questions relatives au pouvoir d’achat et au niveau de vie constituent une source de fragilité du moral des militaires de l’armée de Terre. C’est, en tout cas, ce qu’a affirmé le chef d’état-major de cette dernière [CEMAT], le général Jean-Pierre Bosser, lors de sa dernière audition à l’Assemblée nationale avant de ses adieux aux armes. Le moral au sein de l’armée de Terre est « bon, légèrement à la hausse », a dit le CEMAT. Seulement, a-t-il ajouté, « je considère qu’il demeure fragile ». En effet, a-t-il expliqué, comme « l’armée de Terre est le reflet de la société, elle n’est pas immunisée contre ses fragilités et ses mots. Toutes les tables rondes auxquelles je participe me le confirment : […] il y a des préoccupations liées au pouvoir d’achat. » « Les rémunérations et leur faible évolution sont problématiques, dans un contexte de pression fiscale et d’augmentation du coût du logement. Cette pression est renforcée par le coût de la mobilité », a enchaîné le général Bosser.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.opex360.com/2019/06/21/selon-le-general-bosser-les-preoccupations-liees-au-pouvoir-dachat-fragilisent-le-moral-au-sein-de-larmee-de-terre/

2 – ENTRETIEN DU CEMA AVEC LE PRESIDENT DU COMITE MILITAIRE DE L’OTAN ( Dicod, EMA)

Jeudi 19 juin 2019, le général d’armée François Lecointre, chef d’état-major des armées (CEMA), s’est entretenu avec le président du comité militaire (CMC) de l’OTAN, l’Air Chief Marshall Stuart Peach. Cette rencontre, organisée en marge du salon du Bourget, s’inscrit trois semaines après le dernier comité militaire de l’alliance (MCCS) et à une semaine de la ministérielle de l’OTAN. Le CEMA et son interlocuteur sont revenus sur les différents thèmes abordés lors du dernier MCCS. Ils ont ainsi confirmé leurs volontés communes de conforter le rôle de l’Alliance face aux nouveaux enjeux de sécurité. Se félicitant de la signature de la stratégie militaire de l’OTAN, ils ont réaffirmé la complémentarité de l’Alliance avec les actions menées dans le cadre de l’Union Européenne en rappelant que la réactivité de l’OTAN demeurait un atout essentiel. Le CEMA et l’Air Chief Marshall Peach ont ainsi convenu qu’il était essentiel de continuer à développer la force de réaction de l’alliance (NRF) à travers, notamment, la force interarmées à très haute réactivité (VJTF). Alors que les activités opérationnelles de l’OTAN à l’Est se poursuivent, concourant ainsi à la posture dissuasive, défensive et réactive de l’Alliance, le CEMA et le CMC ont convenu que cela devait s’inscrire dans la perspective d’un dialogue ouvert dans la région. Enfin, à l’occasion du salon international de l’aéronautique et de l’espace, le CEMA a insisté sur la nécessité de renforcer l’interopérabilité au sein de l’alliance et de saisir les opportunités pour valoriser les capacités développées par les industriels.

Le site DICOD est répertorié dans la rubrique INSTITUTIONS GOUVERNEMENTALES de la "Communauté Défense et Sécurité" d'ESPRITSURCOUF.fr 


3 – L’INNOVATION, NOUVELLE ARME DE POINTE DE LA DEFENSE 4.0 (La Provence, Marguerite Degez)

C’est en Provence-Alpes-Côte d’Azur qu’est né cet hiver Gimnote. Ce cluster qui rassemble industriels et start-up autour des enjeux navals redessine l’écosystème économique local Un programme d’armement, c’est environ 10 ans de développement pour 30 ans d’exploitation.” La Défense française peut-elle encore se permettre de compter en decénnies au XXIe siècle ? À l’heure où un ordre militaire prend quelques millisecondes à franchir des milliers de kilomètres, où quelques heures suffisent à parachuter des combattants sur un théâtre d’opération, à l’heure où une bataille navale entre deux navires ennemis pourrait se déclencher et s’achever en quelques minutes à peine, la réponse est simple : non. Depuis plusieurs années, une réflexion a donc été engagée pour faire évoluer le processus traditionnel. Ce dernier consistait jusqu’alors dans les grandes lignes pour les autorités militaires à fournir un cahier des charges à un industriel, puis à veiller à son respect. Un fonctionnement linéaire, rigide, peu adapté aux enjeux actuels qui réclament agilité, flexibilité, rapidité. En novembre dernier, c’est la ministre des Armées, Florence Parly elle-même qui, officialisant la création de l’Agence de l’innovation pour la défense (AID), a posé la première pierre d’une nouvelle méthode de travail. Dans la foulée, à Toulon, se créait Gimnote, un cluster rassemblant Marine nationale (à son initiative), antenne locale de la Direction générale de l’armement, industriels de l’armement et start-up pour travailler sur l’innovation navale. C’est à quelques kilomètres de Marseille, qu’on invente la Marine du futur.

Avec Gimnote l’union fait la force… et l’innovation

La Marine nationale aime les références glorieuses. Aussi le cluster d’innovation Gimnote, créé en décembre 2018 à Ollioules bénéficie-t-il d’un patronage prestigieux. Car le Gymnote – à l’origine, nom d’une espèce de poissons dotés d’organes électriques – est surtout le premier sous-marin torpilleur électrique de l’histoire, construit… à Toulon et mis en service en 1888. Audacieux et précurseur, donc, tout autant que le Groupe d’innovation pour la maîtrise navale en opération par la technologie et l’expérimentation (Gimnote) qui rayonne depuis plus de six mois dans la région toulonnaise. Le premier du genre en France, même si une structure similaire, prénommée Orion, s’est créée ensuite en Bretagne. “L’Agence d’innovation pour la Défense, (créée en novembre dernier par la ministre des Armées, Florence Parly, Ndlr), c’est le nouveau moteur, qui s’appuie sur le maillage territorial de la Direction générale de l’armement (DGA), explique Jérôme Perrin, directeur de la DGA Technique navale à Toulon. Dans la plupart des cas, et particulièrement à Toulon, à proximité du centre DGA, on trouve des unités armées et des industriels du domaine concernés : les trois acteurs qui ont toujours travaillé ensemble, mais de manière séquentielle. Là, ce qu’on veut, c’est casser cette séquence et mettre les trois acteurs ensemble pour accélérer le cycle de production des solutions technologiques par rapport aux besoins exprimés. D’où l’idée de mettre en place Gimnote, qui rayonne sur la région.” Avec une nouveauté. L’un des trois “patrons” de Gimnote, avec la Marine et la DGA, n’est autre que System Factory, association “concentratrice d’innovation” adossée à Toulon Var Technologies. Qui se charge de réceptionner les projets et monter les dossiers pour les présenter au comité de pilotage de Gimnote. Et ouvre donc la porte directe du marché à des PME et start-up, moins impliquées dans des programmes de Défense jusqu’alors, et uniquement via le truchement de grands groupes.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.laprovence.com/article/edition-marseille/5553120/linnovation-nouvelle-arme-de-pointe-de-la-defense-40.html

ECONOMIE

C’est avec un article en forme de bilan sur le salon du Bourget que commence l’analyse de cette semaine : « bon » millésime, à retenir ; la révolution numérique reprend ses pouvoirs, pour décliner ensuite et enfin tout l’enjeu de ses effets et des conséquences sur la cybersécurité, concept qui fait émerger des économies jusque là en simple développement, en faisant prendre conscience d’une « guerre des talents ».

1 – SALON DU BOURGET : UN TRES BON MILLESIME MALGRE UNE BAISSE DES COMMANDES (La Tribune, Fabrice Gliszczynski)

Un lancement de programme réussi (l’A321 XLR) qui peut changer la donne sur le marché long-courrier; une lettre d’intention pour une commande géante de 737 MAX  inespérée pour Boeing (200 exemplaires par IAG) qui redonne le moral au constructeur américain en pleine crise depuis l’accident mortel d’Ethiopian Airlines le 10 mars dernier;  une situation complètement incertaine sur le marché des avions moyen-courriers  (150-220 sièges), mais aussi sur le marché long-courrier de moyenne capacité (200-300 sièges); des projets dans tous les sens pour parvenir à tenir les objectifs de baisse des émissions de CO2 du secteur : le Salon aéronautique du Bourget, qui a fermé ses portes aux professionnels jeudi soir pour laisser place au grand public jusqu’à dimanche, a été riche en actualités.

 « Un bon Bourget »

En cela, ce fut un “bon Bourget”, malgré un niveau de commandes d’avions en retrait par rapport à l’édition précédente. Ce n’est pas étonnant. Les carnets de commandes des avionneurs sont pleins à craquer et la crise que traverse Boeing n’incite pas les compagnies à passer commande aujourd’hui. Sans surprise le match Airbus-Boeing a tourné à l’avantage du constructeur européen : 159 commandes fermes à zéro. Si l’on tient compte des intentions d’achat, l’avantage est moins net grâce à la lettre d’intention des 200 Boeing 737 MAX de IAG. Airbus totalise ainsi 393 commandes (dont 95 A220, l’ex C-Series de Bombardier dont il détient 51% du programme), contre 302 pour Boeing (dont 55 Embraer que l’Américain a rachetés récemment). Si l’on retire l’A220 et les avions Embraer, lesquels, ni l’un ni l’autre n’étaient encore sous la coupe des deux géants de l’aéronautique il y a deux ans, le match est plus serré : 298 commandes ou intentions d’achat pour Airbus, contre 247 pour Boeing. À eux deux, ils totalisent donc près de 550 commandes contre près 900 en 2017.

Retrouvez l’intégralité de cet article avec ce lien :
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/salon-du-bourget-un-tres-bon-millesime-malgre-une-baisse-des-commandes-821263.html


2 – (CR-JDR) DES METIERS CHARNIERES DU RISK MANAGEMENT AU SERVICE DE LA CYBERSECURITE ( Le portail de l’IE, Marie Hennequin)

Retour sur l’interview de Pascal Foulon et Vincent Tostain, organisée le 25 avril dernier par le Club Risques, au sein de l’Ecole de Guerre Economique et en présence des étudiants, et jeunes professionnels de l’école.

Pascal Foulon, RSSI chez Doctolib, s’est formé en informatique par passion. Il a débuté sa carrière par l’offensif comme attaquant (pentesteur) pour des clients du CAC 40 afin de leur permettre d’évaluer leur niveau de sécurité opérationnelle. Il est ensuite passé du côté défensif pour soutenir les systèmes de l’entreprise Winamax pour laquelle il travaillait.

Vincent Tostain, expert technique chez Devoteam. Ingénieur en informatique de formation, il a travaillé 20 ans dans la cybersécurité. Il dirige actuellement, comme consultant, l’ensemble de la gestion des risques chez Total.

Club Risques (CR) : Comment définiriez-vous le management des risques des systèmes d’informations ?

Pascal Foulon (PF) : Il s’agit de mettre en place des processus et des méthodes qui permettent d’identifier, évaluer et gérer des risques réels et potentiels, afin de réduire tout danger pour l’entreprise. Les risques potentiels sont importants à considérer car sinon il est possible de mal évaluer et anticiper certains risques pour l’entreprise.

Vincent Tostain (VT) : Les risques ne sont pas tant dus uniquement à leur probabilité, qu’à leur criticité pour l’entreprise. C’est l’aspect clé du management de risques : évaluer son impact sur la société. Si on a un risque peu probable mais qui peut faire couler la boite, il sera à évaluer comme prioritaire. La gestion des priorités des risques est primordiale, c’est dans la façon d’évaluer la criticité du risque qu’on va lui donner une priorité plus ou moins forte.

Retrouvez l’intégralité de cet article avec ce lien :
https://portail-ie.fr/analysis/2145/cr-jdr-des-metiers-charnieres-du-risk-management-au-service-de-la-cybersecurite


3 – « GUERRE DES TALENTS » : LA REVOLUTION NUMERIQUE CHANGE LA DONNE ( Infoguerre, Karine Hare-Conan)

 40 millions serait, selon le cabinet McKinsey, le chiffre indiquant nombre de « talents » qui viendraient à manquer sur le marché du travail d’ici 2030. Les économies émergentes (indienne, sud-asiatique et africaines) seraient également touchées. En parallèle, le nombre de travailleurs faiblement qualifiés atteindrait le chiffre considérable de 90 millions : de quoi venir amplifier « la guerre des talents » qui existe déjà entre grandes entreprises. La révolution numérique et l’émergence du monde des start-up viennent amplifier ces affrontements. Même si l’enjeu global semble clair le concept de « talent » n’a pas de définition officielle : les critères peuvent varier selon le profil du poste, le secteur d’activité, de la culture d’entreprise et de son écosystème. Partons du postulat qu’un « talent » constitue avant tout un avantage concurrentiel voire un élément différenciant de l’offre d’une entreprise. En France, la pénurie de « talents » et les pourcentages de turn-over au sein des grands groupes ont atteint un niveau record en 2018 : les grandes entreprises rencontrent de réelles difficultés à attirer et à retenir leurs « talents ».

La montée en puissance des aspirations sur le mode de vie

En 1997, le cabinet McKinsey publiait l’étude « The War for Talent ». Parmi les conclusions de leur travail, deux « prophéties » qui impliqueraient une guerre « sans limites » pour capter les talents si les entreprises ne faisaient pas de leur politique RH une priorité dans leurs plans stratégiques :

  • Une assez forte probabilité que dans les années à venir, un petit groupe de travailleurs hautement qualifiés aurait un impact plus fort sur la performance des entreprises que leurs autres collègues.
  • Le développement toujours plus complexe du système économique mondial impliquerait un besoin croissant en personnel hautement qualifié.

Mais à l’époque les entreprises estimaient qu’un salaire attractif suffisait et suffirait à attirer et fidéliser les talents. Aujourd’hui, elles doivent composer avec un changement des mentalités, les départs massifs en retraite des babyboomers mais surtout, en lien avec la révolution numérique, l’émergence de besoins en compétences qui n’existaient pas il y a encore quelques années. Selon Patrick Arnoux pour qui « la guerre pour les talents ne fait que commencer », la cotation en bourse d’une entreprise de services parapétroliers « été chahutée après l’annonce de retards dans la livraison de certains projets stratégiques, provoqués par une pénurie de main-d’œuvre et une incapacité temporaire à procéder aux nécessaires recrutements ». Les métiers du numérique et de l’ingénierie sont aujourd’hui les plus impactés par le manque de « main d’œuvre ». Et il apparaît que le rapport de force s’est inversé : les candidats sont en quête de sens et maintenant décisionnaires.

Retrouvez l’intégralité de cet article avec ce lien :
https://infoguerre.fr/2019/06/guerre-talents-revolution-numerique-change-donne/

TOUR D’HORIZON
DE MEDIAS SPECIALISES

ESPRIT SURCOUF.fr vous offre un tour d’horizon des titres de fond propres à susciter la réflexion de défense et de sécurité

Dossier géopolitique et stratégique : La puissance (Diploweb, Pierre Verluise)
https://www.diploweb.com/Dossier-geopolitique-et-strategique-La-puissance.html

Au Bourget, l’industrie aéronautique cherche ses futures recrues (Le Point, AFP)
https://www.lepoint.fr/societe/au-bourget-l-industrie-aeronautique-cherche-ses-futures-recrues-22-06-2019-2320399_23.php

Militaires morts en exercice : la douloureuse polémique (Le Point, Guéric Poncet)
https://www.lepoint.fr/societe/militaires-morts-en-exercice-la-douloureuse-polemique-22-06-2019-2320401_23.php

Près de 6 milliards d’euros le camp de drague, ça fait cher le SNU (Slate, Titou Lecoq)
http://www.slate.fr/story/178761/snu-service-national-universel-6-milliards-euros-drague-chagrins-amour “,

Donald Trump, propos guerriers, hésitations militaires (L’Orient le Jour, AFP, /AFP/ Jerome CARTILLIER et Sebastien SMITH)
https://www.lorientlejour.com/article/1175821/donald-trump-propos-guerriers-hesitations-militaires.html

Mexique: des militaires contiennent une émeute de migrants (L’Expression)
https://www.lexpressiondz.com/info-en-continu/mexique-des-militaires-contiennent-une-emeute-de-migrants-317345

PARUS AU JOURNAL OFFICIEL 

Textes à ne pas négliger pour comprendre l’actualité de défense et de sécurité.

Arrêté du 24 avril 2019 modifiant l’arrêté du 29 mai 2009 relatif aux transports de marchandises dangereuses par voies terrestres 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=5E76A0CA23316C719DB6055C5E0AFBE8.tplgfr24s_3?cidTexte=JORFTEXT000038669262&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038669250

Décret n° 2019-616 du 21 juin 2019 relatif au règlement des différends fiscaux dans l’Union européenne 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=5E76A0CA23316C719DB6055C5E0AFBE8.tplgfr24s_3?cidTexte=JORFTEXT000038669331&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038669250

Ordonnance n° 2019-610 du 19 juin 2019 portant harmonisation de la terminologie du droit de l’armement dans le code de la défense et le code de la sécurité intérieure 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=5E76A0CA23316C719DB6055C5E0AFBE8.tplgfr24s_3?cidTexte=JORFTEXT000038655728&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038655596

Décret du 17 juin 2019 portant convocation du Parlement en session extraordinaire 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=5E76A0CA23316C719DB6055C5E0AFBE8.tplgfr24s_3?cidTexte=JORFTEXT000038631816&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038631814

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