AU SERVICE DE …


Pascal Elouard (*)
Praticien en énergétique traditionnelle chinoise
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La crise sanitaire a provoqué une mutation de nos systèmes de référence. C’est le moment optimal pour publier ce précieux article de Pascal Elouard, qui souligne l’importance du travail au plus profond de soi, pour progresser plutôt que de réitérer une nouvelle lutte idéologique. En cela, le confinement aura peut-être favorisé les processus de révolution intérieure. Une fois n’est pas coutume, prenons donc le temps d’une approche autre de nos domaines de prédilection.
Pascal Le Pautremat, rédacteur en chef.

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Devant la multiplication des crises environnementales et sanitaires, face aux crises internationales et aux conflits d’intensité variable, un grand nombre d’êtres humains s’interrogent sur leurs façons d’exister. Ils se voient responsables de la pollution, de leur milieu biologique, de l’invention d’armes de destruction planétaire… dangers qui menacent à courte échéance la survie de l’espèce humaine. Beaucoup ressentent le désir sincère d’évoluer. Ils se voient dans une démarche authentique, écologique, philosophique ou religieuse. Ils veulent un monde meilleur ou plus sensé pour leurs descendants.

La plupart s’engagent socialement. Ils se mettent au service des autres, de causes ou d’idées pour tenter d’améliorer ce monde. Ils se regroupent ou s’engagent dans des associations ou des partis politiques. Ils peuvent élaborer des nouveaux modes de vie très différents, parfois incompatibles entre eux.

Or, les fondements de l’existence humaine donnent un éclairage qu’il serait salutaire de prendre en considération pour que cet élan pour le monde ne débouche pas sur une énième déception.

Le choix dans la dualité


Pour améliorer le monde, nous faisons des choix existentiels. Et compte tenu d’une conjoncture de plus en plus synonyme de tragédie polymorphe, des individus adoptent des postures nouvelles dans l’espoir de faire des choix plus judicieux, aux antipodes des postures antérieures jugées négatives ou destructrices.


Effectivement, nous nous sentons libres de choisir. Mais nous omettons que nos choix s’inscrivent dans un équilibre précaire, un déséquilibre permanent, qui échappe à notre compréhension et que l’on appelle la dualité. Tout relève donc de cycles, de mouvements qui ont souvent tendance à se répéter à travers le temps. Ainsi, les situations de complémentarités, peuvent devenir, à un moment, opposées pour redevenir complémentaires.

Notre pensée, elle-même, subit cette dualité car elle s’exprime par opposition-complémentarité et chaque argumentation induit d’autres argumentations, dans une spirale sans fin.

Les choix existentiels de l’être humain


Prenons un exemple très actuel de discussion : l’être humain face au choix entre complexité ou simplicité, dans le mode de vie quotidienne, de consommation ou de posture politique.
La pensée analyse ces termes comme des opposés ou des complémentaires dont la séparation pour la plupart d’entre nous n’est pas très nette. Notre pensée dualiste ne nous permet que trois formes de choix d’où découlent trois formes d’argumentations.

Le « ou » de l’éradication :
Nous tentons d’éradiquer un des deux opposés. Nous considérons ces opposés en rapport mais séparables. Par exemple : certains désirent mener ce monde à la simplicité, en optant par exemple pour des actions révolutionnaires, ou, en tout cas, suffisamment radicales qu’elles tendraient à faire table rase sur le passé. Ils décrivent ce cheminement comme un retour à l’essentiel, base d’un monde nouveau. Pour les adeptes de cette doctrine, la complexité doit être clairement définie pour être éradiquée car elle entraîne notre destruction. Ainsi, sont-ils convaincus que nous nous libérerions de la dualité. Par exemple, en considérant que les rapports de puissance ne seraient plus verticaux, qu’il n’y aurait plus de distinction criante entre privilégiés et individus communs.

Le « ou » de l’assimilation :
Autre cas de figure, nous tentons d’assimiler l’un des deux opposés pour rendre entier celui de notre choix. Le monde devient de plus en plus complexe et s’égare. Il nous faut revenir à la simplicité d’origine et à l’essentiel.

Le « et » qui équilibre (« ou » déguisé) :
Enfin, dans ce cas, nous réunissons les deux opposés dans un équilibre que nous construisons par rapport à notre analyse des deux et en lien avec l’image du monde que nous projetons. En somme, nous nous appliquerions à combiner les éléments constitutifs de divers systèmes pour les associer dans un même souci d’équilibre novateur… Dès lors que nous argumentons pour des solutions visant par exemple, à moins de destructions, d’oppositions, nous nous inscrivons dans une démarche d’unification . Nous nous pressentons unificateurs et capables de mener ce monde à une autre réalité. Par exemple, un monde de paix, sans guerre, est un monde idéal unifié.
Quand nous nous mettons au service d’un groupe, d’une idée, d’une valeur, pour aider, pour être utile ou pour sauver la planète, notre argumentation est au service de notre intention unificatrice. Et cette démarche – individuelle avant tout – est foncièrement structurelle dans une action collective.

Notre pensée en faveur de l’unification nous donne une existence propre au sein de l’humanité et une raison personnelle d’exister dans ce monde. Il y a autant de voies d’améliorations, d’unifications, de mondes idéaux que d’êtres humains. Cette intention unificatrice nous met dans une opposition aux autres, bien que nous soyons dans l’idée de dialogue, de compréhension, de tolérance, de vivre ensemble, car nous espérons être secrétement « ce qui » ou « celui qui » nous réunira dans notre réalité terrestre ou dans une autre réalité.

Seulement, le fait d’être dans ce projet nous met dans la peur ; la peur de ne pas pouvoir échapper à l’imperfection de ce monde et donc à l’inconnu du pourquoi de notre existence. Ce qui nous oblige à penser à « un avant » et à « un après » de l’être humain à notre convenance, afin de conforter notre utilité et notre intention dans ce monde.

Loin des peurs, l’introspection


Aujourd’hui, les populations sont d’ailleurs souvent dirigées, orientées par des pôles décisionnels qui jouent de la peur du manque, la peur du chaos. La grande majorité suit dans le doute et l’attente.

Il en va de même pour autrui ; nous ne pouvons envisager de l’accueillir totalement dans sa différence et ses imperfections sauf si nous sommes dans l’idée de l’assimiler ou de l’améliorer à notre image. Nous vivons dans une peur d’autrui qui nous oblige à mettre des limites à toute complémentarité pour ne pas y disparaître comme dans une fusion.
En revanche, nous n’avons aucune limite dans nos oppositions ; nous pouvons éradiquer l’Autre. Le sachant, notre peur d’être éradiqué augmente encore notre méfiance de la complémentarité.

Une introspection profonde nous permettra de découvrir ce que nous avons mis en place dans nos vies du fait de notre intention unificatrice. En renonçant à être l’unificateur, nous accueillerons mieux l’autre, cela découle de notre structure humaine.
Nous évoluerons lentement par nos choix, nos rencontres car l’unification se libérera dans notre argumentation.

Nous qui voulons prendre des responsabilités dans ce monde, nous devrions regarder ce qui se cache derrière nos certitudes, nos convictions et nos espérances.  En prenant cette responsabilité de l’unification, nous n’édifierions pas un monde basé sur la tolérance, la bienveillance, un « vivre ensemble » raisonnable au service de nos intentions personnelles. Nous ne sommes pas appelés à vivre ensemble en nous supportant, en nous tolérant mais à nous rencontrer dans la réciprocité.

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(*) Pascal Elouard, ostéopathe, praticien en énergétique traditionnelle chinoise, explore depuis une trentaine d’années les fondements de l’être humain, par l’étude et l’enseignement d’arts martiaux, d’un art du mouvement, le Kinomichi, et la création de la méthode « Mémoire de l’origine », www.memoiredelorigine.comwww.kinomichi-bretagnesud.com,  pascal.elouard@orange.fr
Il a écrit  «  LA MÉMOIRE  de l’ORIGINE, et si l’humanité était une chance ? ».
Dans la Rubrique LIVRES vous trouverez la présentation de l’ouvrage

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