MÉTAUX STRATÉGIQUES :
LA FRANCE EN DIFFICULTE

Jean-Yves Leloup (*)
Ingénieur général de l’armement


Le Conseil Économique, Social et Environnemental (Cese) a publié un « avis » sur « La dépendance aux métaux stratégiques : Quelles solutions pour l’économie ? ». Son rapporteur, Philippe Saint-Aubin, part du constat que la dépendance française à des métaux essentiellement importés (terres rares, cobalt, aluminium), s’est rappelée lors de crises successives, dont la fréquence risque d’augmenter fortement au fur et à mesure que s’accroît la demande mondiale.

Du point de vue d’une entreprise, les métaux stratégiques désignent ceux qui sont nécessairesà son développement et à celui de sa filière. Du point de vue de l’État, il s’agit de ceux qui sont essentiels à sa politique économique et/ou régalienne. A l’origine,  ils concernaient principalement le secteur de la sécurité et de la défense. Actuellement, ils se rapportent à des métaux nécessaires pour des secteurs d’importance économique comme l’aéronautique, la construction automobile, le spatial, la défense, le nucléaire ou encore l’électronique.

La liste de ces métaux est longue. On y trouve des métaux rares, dont la quantité moyenne dans la croûte terrestre est faible, comme le plomb, le cuivre, le zinc, le nickel, le cobalt ou le tungstène, voire très faible, comme l’antimoine, le sélénium ou l’indium, ou les métaux précieux (or, argent, platinoïdes….). On y trouve aussi des terres dites rares (pas si rares en réalité) qui entrent dans la fabrication de la plupart des objets de transition énergétique et numérique, mais aussi de défense.

Une demande en forte croissance


Des pressions de plus en plus fortes  s’exercent  pour exploiter les ressources naturelles dont la demande est amplifiée pour le besoin des récentes transitions énergétiques et numériques. La transition énergétique implique certes le recul des énergies fossiles mais sollicite de plus en plus fortement les ressources en métaux. La transition numérique soutient la demande de tantale, indium, cuivre, galium, argent, lithium, terres rares, germanium et or. De nombreux secteurs industriels sont dépendants de ces métaux en France : l’aéronautique et le spatial, la défense, l’automobile, la chimie et les engrais, l’alimentation et les technologies de l’information et de la communication, les énergies renouvelables et l’industrie nucléaire.

Il n’y a plus aucune activité minière en France métropolitaine. Photo DR

La France hexagonale importe en effet la grande majorité des métaux qu’elle consomme, puisqu‘elle n’en extrait plus de son sol et que ce qu’elle pourrait recycler n’est pas suffisant pour satisfaire la demande. Les cours de ces matériaux sont instables : ils anticipent la demande (par exemple des batteries électriques) mais ils sont aussi liés à la spéculation et à la géopolitique de l’offre. Certaines de ces substances  se trouvent dans des pays sans stabilité politique tentés parfois de les utiliser comme « armes ». La volatilité des prix complique les décisions d’investissement et  de production industrielle et donc la compétitivité d’un pays.

Une offre sous contrainte


La définition de l’offre de métaux stratégiques et la compréhension de ses enjeux nécessitent d’intégrer à la fois l’état et l’évolution des réserve (quantités, concentration géographique, modalités d’exploitation, situation politique….). Le nombre de gisements reste à déterminer car tous n’ont pas encore été découverts, d’autant que la connaissance du sous-sol reste circonscrite à la tranche de 0 à 100 m, alors que l’on sait exploiter jusqu’à 3000 m sous terre.

La notion de ressources est une notion essentiellement géologique. A contrario la notion de réserve minière prend davantage en compte les données économiques. Elle désigne la part des ressources qui peut être exploitée dans des conditions techniques, économiques, sociétales et environnementales satisfaisantes. En pratique, il ne semble pas y avoir de risque d’épuisement physique des ressources à l’horizon 2050.

Avant qu’un métal n’apparaisse dans une batterie ou dans le composant électronique d’un téléphone, le minerai effectue un long voyage depuis son extraction jusqu’à sa production. Chaque étape de sa transformation est soumise à des contraintes réglementaires toujours plus exigeantes, à des restrictions commerciales qui viennent bouleverser la totalité de la chaîne de valeur, ainsi qu’à un certain nombre de risques pour la santé humaine et l’environnement (érosion des sols, déforestation, perte de biodiversité, contamination de l’eau, des sols, de l’air et des écosystèmes par des métaux et des produits chimiques).

Un contexte tendu


La plupart des grands gisements mondiaux sont fortement concentrés dans un cercle de pays assez restreint : Chine, Russie, États-Unis, Brésil, Afrique du Sud, République Démocratique du Congo (RDC) et quelques autres encore. La Chine en a développé une approche commerciale et industrielle étatique affirmée. Sa domination émane d’abord de ses disponibilités intérieures en termes de minerai et d’une moindre attention aux contraintes environnementales et sociétales, au moins jusqu’à présent.

Pour l’extraction de ses minerais, la Chine ne tient pas trop compte de l’environnement.
Photo DR

Elle mène également une politique offensive d’investissement capitalistique dans des ressources minières hors Chine, notamment en Afrique. Aujourd’hui la Chine comptabilise 90 % de la production mondiale de terres rares ainsi que 80 % de celle de tungstène. Elle vend des produits de plus en plus transformés pour augmenter leur valeur ajoutée. À terme sa stratégie s’étend jusqu’aux produits finis : elle se positionne déjà comme leader sur les marchés des énergies renouvelables et de la mobilité électrique. En définitive la consolidation de sa domination passe par la réalisation de faibles marges, voire de pertes en amont, compensées par d’importants profits en aval. La Chine entretient également une grande opacité autour de ses réserves.

De nombreux pays utilisent également leurs ressources minérales comme  « arme » stratégique dans un contexte de guerre commerciale mondiale. Ce fut ainsi le cas de la Chine qui, profitant de sa position monopolistique, vendait ses ressources jusqu’à 20 % plus cher aux clients étrangers.

Stratégie européenne


La criticité est donc un concept dynamique dans un monde où les évolutions géopolitiques, réglementaires, sociétales et technologiques sont fréquentes. La Commission Européenne considère qu’une matière première est critique quand elle présente à la fois une grande importance économique et un risque élevé de pénurie d’approvisionnement. Dès 2008, l’Union européenne a adopté une stratégie des matières premières intitulée « initiative matières premières ». Cet outil a pour but d’orienter les mesures commerciales, industrielles, écologiques et d’innovation destinées à renforcer la compétitivité de l’industrie européenne.

La Commission a publié en septembre 2017 un catalogue actualisé de 27 matières premières.

La liste doit notamment permettre de négocier des accords commerciaux et de stimuler la production de matières premières critiques, en renforçant les activités de recyclage ou en facilitant le lancement de nouvelles activités minières en Europe.

Ces dernières années, l’initiative s’est renforcée avec une série d’actions dans le domaine de l’innovation, de la recherche et du développement, qui correspondent à un effort financier communautaire de plus d’un milliard d’euros pour la période 2014-2020. Mais l’absence de compétence communautaire limite les actions de l’union européenne à la publication de cette liste de matières premières, à la promotion du recyclage, et au financement de R&D. Raison de plus pour maintenir les initiatives de coordination de la R&D et les financements associés.

Stratégie française


Jusqu’au début des années 1990, la France a mené une politique de portée limitée pour assurer son approvisionnement en matières premières. Cette politique a été peu à peu abandonnée en même temps que l’industrie perdait du terrain dans l’économie nationale. En 2011 néanmoins, conscient des difficultés que pouvaient rencontrer les entreprises françaises, le gouvernement a créé le Comes (Comité pour les métaux stratégiques), issu du « Plan d’action pour les métaux stratégiques » lancé en 2010.

Le lithium, terre rare, de plus en plus exploitée par la téléphonie.
Phptp JPF

La France distingue deux catégories de substances. D’abord les métaux largement disséminés dans les biens de consommation (certaines terres rares dans les aimants permanents, lithium et cobalt dans les piles et batteries d’appareils nomades, certains platinoïdes dans la catalyse automobile, le nickel pour les outils de coupe, etc.). Ensuite les métaux utilisés dans des industries de pointe importantes pour la France (aéronautique, espace, défense) comme le tungstène, le molybdène, le titane, le tantale etc.

Pour la France les métaux présentant les aléas d’approvisionnement les plus élevés sont ceux dont la production est très concentrée dans un nombre restreint de pays : notamment le tungstène, les terres rares, l’antimoine, le cobalt (métal) extraits et produits principalement en Chine, mais aussi le cobalt (minerai) extrait en RDC, ainsi que les platinoïdes pour lesquels l’Afrique du Sud et la Russie se partagent environ 80 % de la production et des ressources mondiales

La loi sur la transition énergétique pour une croissance verte d’août 2016, sans être centrée sur la question des métaux stratégiques, contribue également à la sécurisation des approvisionnements des entreprises françaises : elle définit des objectifs de recyclage, hiérarchise l’utilisation des ressources et annonce la stratégie relative à l’économie circulaire.

Les pouvoirs publics français réagissent en cas de crise mais la France est dénuée de véritable politique structurante qui lui permettrait de relever le défi d’une puissance industrielle.

Dans un contexte géostratégique instable, l’Union Européenne et la France ont ainsi dû rapidement redéfinir leurs stratégies, mais leurs réponses ne semblent pas à la hauteur des enjeux. A l’inverse, des pays comme l’Allemagne, les États-Unis, le Japon ou la Corée du Sud, et bien sûr la Chine, ont construit des politiques actives de sécurisation de leurs approvisionnements.

Une boussole : l’économie circulaire


Les menaces réelles sur la durabilité de notre mode de vie et l’indépendance économique de la France sont difficiles à quantifier métal par métal. Mais l’enjeu est de concilier développement et emploi avec une consommation plus sobre, en découplant la croissance économique des besoins en matière. La mise en œuvre effective de la « Feuille de route sur l’économie circulaire » et ses 50 mesures annoncées en mai 2018 par le ministère de la Transition écologique et solidaire, est donc une opportunité à ne pas manquer. L’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a défini 7 piliers de l’économie circulaire. Ils constituent les maillons essentiels d’une solution au problème de la dépendance.

En France, la consommation des ménages a triplé en 60 ans.


1 – Consommation responsable : pour les ménages, le volume annuel de consommation est aujourd’hui trois fois plus élevé qu’en 1960. La prise de conscience de la « partie immergée » de l’iceberg de la consommation est la première étape. Il faut donc prendre le problème à la source, c’est-à-dire dès la conception des produits. Mais cela suppose également la possibilité, en termes de pouvoir d’achat pour chacun, d’accéder aux produits durables. En effet, le consommateur ne peut exercer un choix que si le marché lui propose des produits faciles à réparer à coût raisonnable et faciles à recycler.

2 – Ecoconception : c’est en tenant compte très en amont de l’ensemble des impacts d’un produit, dès la phase du bureau d’études, qu’on sera à même de les limiter. L’écoconception est donc à la base de toutes les étapes suivantes de l’économie circulaire. Elle doit viser à conserver la valeur matière. En pratique, les entreprises industrielles visent bien sûr toujours à réduire les coûts de fabrication et donc l’utilisation de matières premières. C’est aussi au moment de la conception du produit qu’on prépare sa réparabilité en veillant à supprimer les produits toxiques ou impropres au recyclage.

3 – Economie de la fonctionnalité : l’économie de la fonctionnalité est définie comme un système privilégiant l’usage plutôt que la vente d’un produit, dans une perspective le développement durable. Ainsi l’échange économique ne repose plus sur le transfert de propriété de biens, mais sur le consentement des usagers à payer une valeur d’usage. Les activités de prêt et de location de matériel ou les coopératives d’achat s’inspirent depuis longtemps de ces principes.

4 – Ecologie industrielle et territoriale : l’écologie industrielle est une notion et une pratique récentes du management environnemental. A l’image du fonctionnement des chaînes alimentaires dans le milieu naturel, les déchets et coproduits d’une activité deviennent une ressource pour une autre activité. Les entreprises peuvent les réutiliser entre elles. Ils peuvent aussi être utiles pour les collectivités voire les particuliers.

5 – Réemploi et réparation : l’objectif est de remettre dans le circuit économique des produits ne répondant plus aux besoins du premier consommateur pour prolonger leur durée de vie. Les consommateurs n’ignorent pas qu’un objet en état de marche dont ils veulent se séparer a encore de la valeur. L’activité des sites de commerce de particulier à particulier en ligne le démontre bien. La réparation des objets qui ne sont pas réutilisables en l’état, conduit à s’interroger sur l’obsolescence programmée. Cette obsolescence se traduit le plus souvent par les obstacles apportés à la réparation.

Récupération et recyclage, deux sources d’approvisionnement indispensables en France.
Photo Pixabay

6 – Recyclage : les entreprises recyclent depuis toujours ce qui présente une valeur économique : les poussières d’or en bijouterie, le plomb des batteries, le cuivre des câbles électriques. Malgré tout, les taux de recyclage à l’échelle mondiale restent extrêmement bas. Si le cuivre, le fer, l’or et les platinoïdes sont recyclés à plus de 50%, les terres rares, le germanium, le sélénium ou le gallium le sont à moins de 1%. Les obstacles au recyclage sont surtout d’ordre technique et économique. Sur le plan technique il faut traiter des concentrations faibles avec des procédés venant de la métallurgie, ce qui demande des installations industrielles complexes et souvent polluantes. Sur le plan économique, le recyclage suppose l’existence de toute une filière : d’abord collecte, puis tri et traitement intermédiaire, avant passage dans une usine métallurgique. De plus, le cours des produits recyclés  dépend d’abord du cours de la matière première vierge, qui est extrêmement volatil..

7 – Approvisionnement sécurisé : les entreprises ont besoin de s’assurer un approvisionnement sécurisé en métaux pour lesquels la compétition mondiale d’accès aux ressources va s’intensifier. Toutes les étapes décrites ci-dessus sont nécessaires, mais elles ne suffiront pas à répondre aux besoins. L’accès direct à des ressources minières est donc incontournable. Une question connexe est celle de la constitution de stocks stratégiques, qui ne réglerait d’ailleurs pas celle de l’accès à la ressource pour alimenter ces stocks. Si la France possède des ressources potentielles non négligeables pour plusieurs substances stratégiques, elles sont mal connues faute d’avoir été explorées de manière approfondie et avec les méthodes les plus modernes. En cause notamment un intérêt économique limité face aux importations ainsi que les fortes oppositions locales de la population, et souvent des élus, à la délivrance de permis d’exploration et, à fortiori,  plus tard, d’exploitation. Le problème environnemental est majeur.

Volonté politique


En conclusion de son rapport, le CESE constate que la question des métaux stratégiques s’analyse dans le cadre de l’économie circulaire. Aussi préconise-t-il 17 initiatives à mettre en place rapidement. Mais surtout il appelle à une volonté politique forte, à une impulsion vigoureuse.

La France s’est pendant longtemps désintéressée de la sécurisation de ses approvisionnements. Mais la tendance  s’est peu à peu inversée avec la création du Comes et du CSF (Comité Stratégique de Filière) mine et métallurgie. Aujourd’hui il faudrait donc des signaux politiques affirmés

On peut citer en exemple un engagement financier en termes de postes dans les organismes publics ; une action diplomatique, notamment au niveau européen, y compris dans les accords commerciaux ; le développement des filières françaises et européennes porteuses pour le recyclage : batteries, téléphones portables, démantèlement des avions ou des bateaux,  aciers spéciaux, etc…

Enfin, le CESE  estime indispensable de vaincre un tabou : celui des mines en France, déplorant qu’un consensus sur la création d’une compagnie des mines de France n’ait pas été atteint.Il est impératif de réaliser la réforme du code minier, en définissant des engagements environnementaux, en articulant exploration et exploitation, en ouvrant des débats publics, sans oublier l’Outre-mer. Tout  aussi nécessaire est de mettre à jour l’inventaire minier et de relancer les formations pluridisciplinaires : géologie, métallurgie.

Publié le 06 avril 2020

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(*)  Jean-Yves Leloup est Docteur ès Sciences Physiques, ingénieur Général de l’Armement (2ème section). Il a commencé sa carrière au Centre d’Etudes de Gramat et a par la suite assumé de nombreuses responsabilités au sein de la DGA (Ministère de la Défense). Il y a été Directeur des systèmes de missiles tactiques et Directeur des Systèmes de Force et de la Prospective.   


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