• ACTUALITÉS INTERNATIONALES
  • LES ENJEUX DE LA DÉFENSE FRANÇAISE
  • INDUSTRIE ET ÉCONOMIE
  • GRANDS PROBLÈMES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ 

Jacques Raimond

  • ACTUALITÉS INTERNATIONALES :
  1. La stratégie de la Chine sur l’intelligence artificielle, face aux Etats-Unis
  2. Mike Pence, les sionistes chrétiens et les contradictions de la politique étrangère US
  3. Sommet franco-britannique : du bilatéralisme comme béquille diplomatique
  • LES ENJEUX DE LA DÉFENSE FRANÇAISE :
  1. Selon le général Bosser, la Loi de programmation militaire prévoit d’accélérer le renouvellement des blindés de l’armée de terre
  2. Christian Cambon : « La menace est connue, donnons-nous les moyens de la combattre ! »
  3. Une ordonnance au service du soutien médical des forces
  • INDUSTRIE ET ÉCONOMIE :
  1. Missiles Nord-Coréens : la longueur de retard du Japon
  2. Pénurie et souveraineté
  3. L’Arctique, carrefour de routes maritimes « pleines d’avenir »
  • GRANDS PROBLÈMES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ :
  1. Données personnelles : la Commission presse les Etats d’agir
  2. Autorité palestinienne : diplomatie ou violence ?
  3. Opération « Rameau d’Olivier » : un embrasement prémédité ?

 

 

ACTUALITÉS INTERNATIONALES


1 –
La stratégie de la Chine sur l’intelligence artificielle, face aux Etats-Unis (Le portail de l’IE, Mathis Felardos) 

Depuis le début de la décennie, le domaine de l’intelligence artificielle (IA) s’est grandement développé et perfectionné. La combinaison des facteurs entre la disponibilité de nouvelles capacités de calcul et des algorithmes d’apprentissage profonds a entraîné une augmentation de l’intérêt sur le domaine. L’IA n’est plus simplement une technologie en développement, mais devient un enjeu de puissance. La Chine et les États-Unis ont énormément investi dans le secteur et ont ainsi créé un nouveau front dans leur rapport de force. L’enjeu de cette technologie est double : c’est un facteur de croissance économique important et un sujet critique pour la sécurité nationale. Le commentaire de Vladimir Poutine à ce propos en dit long : « celui qui deviendra le leader de cette sphère sera celui qui dominera le monde. » De ce fait, de nombreux pans de l’économie sont en cours de révolution grâce à l’IA qui impacte le traitement automatique des images, de la voix ou encore les véhicules autonomes comme les drones ou les voitures. La Chine est une superpuissance dite « émergente », à fort potentiel économique. Ayant pendant de nombreuses années essayé de rattraper son retard économique et industriel par une politique de raccourcis, elle est désormais en mesure de développer ses propres technologies. L’IA est l’une d’entre elles et se développe notamment grâce aux BATX (BaiduAlibabaTencent et Xiaomi) qui sont un pilier de son économie numérique. Les États-Unis sont présents sur le marché des nouvelles technologies depuis le début, c’est-à-dire depuis l’avènement d’Internet dont ils sont les créateurs. Le développement des GAFA (GoogleAppleFacebook et Amazon) et de la Silicon Valley en sont des illustrations incontestables. Ils ont également su attirer de nombreux talents au fil des années, notamment dans le domaine de l’IA : le français Yann LeCun, reconnu dans ce milieu et aujourd’hui directeur de l’IA chez Facebook, en est un bon exemple. Pour ces raisons, ils sont habituellement considérés comme les leaders du marché. Or, la Chine y est de plus en plus présente et se pose ouvertement comme leur concurrente.

L’intelligence artificielle devient un sujet de sécurité nationale

 L’automatisation du travail, qui est maintenant un sujet d’État, est grandement favorisée par l’intelligence artificielle. Cette dernière devient de facto un enjeu de souveraineté par son impact sur l’économie. Avec un marché estimé à 59,8 milliards de dollars en 2025 et qui devrait atteindre 15,7 mille milliards de dollars en 2030, la Chine et les États-Unis ambitionnent d’y imposer leur hégémonie, avec les retombées économiques que cela impliquera. Mais l’enjeu de souveraineté est surtout visible sur le plan de la sécurité nationale. La Chine en fait d’ailleurs mention de manière très explicite dans son plan stratégique sur l’intelligence artificielle : « [il faut] renforcer la recherche et l’évaluation de l’influence de l’intelligence artificielle sur la sécurité nationale ». Les États-Unis, quant à eux, en font également mention mais sont moins explicites dans leur plan de développement stratégique. Les types d’attaques impliquant l’IA sont variés. Sur le plan physique, on pourrait voir l’émergence de frappes automatiques par drones autonomes. Sur le plan immatériel, ce seraient des attaques informatiques de type APT (Advanced Persistent Threat), ou encore l’utilisation de techniques de désinformation pour créer de toute pièce des preuves vidéo ou audio. Cependant, l’IA peut également être mise à profit pour contrôler des populations comme le montre la tentative chinoise.

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https://portail-ie.fr/analysis/1730/la-strategie-de-la-chine-sur-lintelligence-artificielle-face-aux-etats-unis

 2 –  Mike Pence, les sionistes chrétiens et les contradictions de la politique étrangère US (L’Orient le Jour, Fady Noun)

Est-il possible qu’un État de droit comme les États-Unis accepte qu’un territoire qu’il considère officiellement comme occupé soit désigné comme la capitale de l’occupant ? 

 « Si je t’oublie Jérusalem, que ma droite se dessèche, que ma langue s’attache à mon palais, si je perds ton souvenir, si je ne mets Jérusalem au plus haut de ma joie », chante le psaume 138. Il faut garder les paroles de cet hymne à l’esprit pour mesurer le retentissement dans la conscience juive de la décision des États-Unis de transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, ainsi reconnue officiellement comme capitale d’Israël. La décision du président Donald Trump ne vient pas de nulle part, même si elle a créé la surprise. Deux déclarations officielles solennelles sur Jérusalem précèdent cette reconnaissance. La première est une loi adoptée le 30 juillet 1980 par la Knesset (le Parlement israélien), qui annexe Jérusalem-Est et proclame Jérusalem « une et indivisible » comme la capitale de l’État d’Israël ; la seconde est une loi adoptée par le Congrès US en 1995 déclarant officiellement Jérusalem comme capitale « indivisible » d’Israël et appelant au déménagement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. La tournée moyen-orientale que vient d’effectuer le vice-président américain, Mike Pence, en Égypte, en Jordanie et en Israël s’inscrit donc dans une logique. Si elle révèle un peu plus le désarroi des dirigeants palestiniens devant la décision américaine et le recul du processus de paix, elle révèle aussi une grave contradiction dans la politique de l’administration américaine. En effet, la décision du 6 décembre 2017 du président américain a été largement interprétée comme une concession à l’électorat évangéliste américain. Mais la question que tout le monde se pose désormais est la suivante : cette décision de transfert contient-elle, implicitement, une décision de reconnaître l’annexion de Jérusalem-Est, conquise avec la Cisjordanie, le Golan et le Sinaï, au cours de la guerre-éclair de 1967, par Israël ? Car enfin, est-il possible qu’un État de droit comme les États-Unis se laisse aller à pareille contradiction et accepte qu’un territoire qu’il considère officiellement comme occupé soit désigné comme la capitale de l’occupant ? Ce faisant, en effet, ce n’est pas seulement contre le monde entier ou contre les résolutions internationales que les États-Unis vont, mais aussi et surtout contre eux-mêmes ! Si, implicitement, en décidant le transfert de l’ambassade, ils reconnaissent la décision israélienne d’annexion de Jérusalem-Est, les États-Unis auraient rompu avec « le » dogme fondamental de leur diplomatie pour ce qui a trait au conflit israélo-palestinien qui s’énonçait ainsi : « En cas de conflit, les États-Unis ne se permettent aucune décision pouvant anticiper sur un accord entre les deux parties impliquées dans le conflit. » Qu’est-ce donc qui a poussé le président américain à rompre avec cette tradition de façon aussi brusque et à créer une telle zone d’ombre, sachant que les États-Unis, ainsi d’ailleurs que toute la communauté internationale, considèrent toujours les territoires conquis par Israël en 1967 comme des « territoires occupés » ? La réponse à cette question réside dans les motivations religieuses de l’électorat évangélique du président Trump, dont le vice-président Mike Pense partage les convictions, au point, dit-on, d’avoir exercé une influence prépondérante sur la décision initiale du président. Effectivement, selon l’ancien ministre libanais de la Culture Tarek Mitri, qui a également été responsable au bureau des relations œcuméniques du Conseil œcuménique des Églises (COE) à Genève, « le vice-président américain, né catholique, est un converti au protestantisme évangélique et appartient à cette mouvance du Parti républicain qui se dit engagée dans une croisade pour la préservation de l’identité et des valeurs chrétiennes de l’Amérique ».

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https://www.lorientlejour.com/article/1096346/mike-pence-les-sionistes-chretiens-et-les-contradictions-de-la-politique-etrangere-us.html

3 – Sommet franco-britannique : du bilatéralisme comme béquille diplomatique (IRIS, Olivier de France)

Le sommet franco-britannique qui s’est déroulé à Sandhurst ce jeudi dans un contexte de turbulences politiques lié au Brexit était d’importance pour Emmanuel Macron et Theresa May. Rappeler les liens qui unissent les deux pays et réaffirmer que la coopération entre Londres et Paris en matière de défense surplombe les aléas de la conjoncture politique. L’analyse d’Olivier de France, directeur de recherche à l’IRIS.

Quels auront été les principaux enjeux du sommet franco-britannique de Sandhurst et les attentes respectives de la France et de l’Angleterre ?

La rencontre entre la Première ministre britannique et le Président français aura fait ressortir des enjeux d’ordre politique, sécuritaire et stratégique. Du côté de Theresa May, après avoir tenté de donner corps sa vision d’un pays ouvert à la globalisation en arpentant les couloirs des chancelleries de Washington à Delhi – et avoir touché des doigts les limites de cette stratégie auprès de Donald Trump notamment – il s’agissait de montrer que le Royaume-Uni est toujours engagé auprès de ses partenaires européens les plus proches malgré le Brexit, sur des questions comme la défense, la sécurité et les migrations. L’obstacle majeur qui se dresse face à cette stratégie de liens bilatéraux se situe à Bruxelles, qui garde la responsabilité des tractations économiques et commerciales sur la future relation UE/ Royaume-Uni après 2019. Ce sommet franco-britannique, le 35e du nom, est donc pour la Première ministre l’opportunité de discuter des sujets dont elle peut parler, dans un contexte certes particulier du fait du Brexit. Le Traité du Touquet étant une initiative purement bilatérale, de même que la coopération militaire entre les deux pays, elle a tout loisir de les creuser. En dehors de ces thématiques, il est risqué que d’autres dossiers soient mis sur la table sans que Paris ait l’air de mettre en jeu l’unité européenne sur l’autel de ses propres intérêts nationaux.

L’Allemagne étant en retrait relatif sur la scène européenne du fait de ses déboires domestiques, Emmanuel Macron peut-il apparaître auprès de l’Angleterre comme l’interlocuteur privilégié de la relation post-Brexit avec l’Union européenne ?

Il y a beaucoup de scénarisation politique et médiatique à tout cela. Alors que la France était considérée il y a peu par certains comme l’homme malade de l’Europe, et voilà que l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République et les difficultés internes d’Angela Merkel auraient brusquement changés la donne. La réalité des déterminants économiques ne change pas au gré des manchettes des quotidiens. Même si l’Allemagne mettait un an pour constituer un nouveau gouvernement, il me semble que l’impact sur le PIB allemand ne serait pas significatif. Structurellement, le pays reste et restera la puissance économique de premier plan en Europe. Cela ne remet pas en cause le fait que l’élection d’Emmanuel Macron donne une image beaucoup plus dynamique de la France à l’international, qui peut en sus aider à faire accepter certaines réformes sur le plan intérieur. 

Londres souhaite également renforcer sa coopération avec Paris en matière de défense et plus particulièrement dans la lutte contre l’insécurité au Sahel. Quel est l’état actuel du partenariat militaire entre les deux pays et sous quelle forme ce futur engagement en Afrique subsaharienne peut-il s’illustrer ?

La relation entre les deux pays est ancienne tout particulièrement du point de vue militaire, et cette coopération est assez peu soumise aux aléas politiques. Elle est pragmatique et se décline dans les domaines opérationnel, capacitaire et nucléaire. Au niveau opérationnel, il s’agit du CJEF (Combined Joint Expeditionary Force). Il s’agit d’une force expéditionnaire commune franco-anglaise. Concrètement, c’est la possibilité d’envoyer des bataillons mixtes en opération extérieure.

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http://www.iris-france.org/106078-sommet-franco-britannique-du-bilateralisme-comme-bequille-diplomatique/

 LES ENJEUX DE LA DÉFENSE FRANÇAISE

 

1 – Selon le général Bosser, la Loi de programmation militaire prévoit d’accélérer le renouvellement des blindés de l’armée de terre (Opex360, Laurent Lagneau)

Après avoir gagné la « bataille des effectifs », le général Jean-Pierre Bosser, le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT) vient d’en gagner une autre, également très importante : l’accélération du programme SCORPION [Synergie du contact renforcée par la polyvalence et l’infovalorisation] dans le cadre de la prochaine Loi de programmation militaire [LPM]. Pour rappel, selon les plans actuels, le programme SCORPION prévoit la livraison de 1.668 Véhicules blindés multi-rôles de type « Griffon » et de 248 Engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC) de type « Jaguar » afin de remplacer les Véhicules de l’avant blindé (VAB) qui ont largement fait leur temps ainsi que les chars AMX-10RC et ERC-90 Sagaie. En outre, le premier Groupement tactique interarmes (GTIA) « SCORPION » est prévu pour être projetable à partir de 2021, et la première brigade « SCORPION » en 2023. Accélérer le ce programme permettrait à l’armée de Terre de disposer, d’ici 2025, de 1.310 Griffon au lieu de 800 et de 143 Jaguar au lieu de 110. Lors de ses voeux au personnel de l’armée de Terre, diffusé via Twitter (où, a-t-il dit, il a l’intention d’intervenir très régulièrement à l’avenir), le général Bosser a estimé que cette future LPM serait « exceptionnelle », en étant à la fois à « hauteur d’homme et de haute technologie. » « Nous devrions moderniser nos équipements, accélérer les livraisons de SCORPION et du [fusil d’assaut] HK-416F, par exemple, et donc favoriser la modernisation notamment du segment médian », a annoncé le général Bosser. L’accélération du programme SCORPION était l’un des chevaux de bataille du CEMAT. Et c’est une mesure de bon sens. En effet, maintenir en service des véhicules très éprouvés par le rythme opérationnel auquel ils ont été soumis pendant des années ne peut faire qu’augmenter les dépenses pour leur maintien en condition opérationnelle (MCO), sans pour autant régler les problèmes d’obsolescence et d’usure. Dans ces conditions « retaper » un VAB selon les exigences de SCORPION coûterait ainsi 1,4 million d’euros alors que l’accélération des livraisons des Griffon, même si elle est plus coûteuse dans l’immédiat (188 millions d’euros de plus), est cependant plus avantageuse sur le long terme. En effet, comme l’a expliqué le député Thomas Gassiloud dans un récent rapport, « au regard des coûts d’entretien et des durées d’amortissement de chacun de ces matériels, la possession d’un Griffon est plus économique que celle d’un VAB modernisé ». Qui plus est, et comme l’a souvent souligné le général Bosser lors de ses auditions au Parlement, accélérer la livraison des Griffon permettrait d’améliorer grandement la protection et l’efficacité de ses troupes.

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http://www.opex360.com/2018/01/26/selon-general-bosser-loi-de-programmation-militaire-prevoit-daccelerer-renouvellement-blindes-de-larmee-de-terre/

2 –  Christian Cambon : « La menace est connue, donnons-nous les moyens de la combattre ! » (Défense, armée de terre)

Ce jeudi 25 janvier, le chef d’état-major de l’armée de Terre a invité une trentaine de sénateurs de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat sur le camp de Carpiagne (Bouches-du Rhône). Objectif : leur faire découvrir de façon concrète et pratique les capacités de l’armée de Terre, au début d’une année qui verra la signature de la Loi de programmation militaire 2019-2025. A cette occasion, Christian Cambon, président de la commission, réaffirme ses engagements et ses grandes orientations en vue d’inscrire dans la durée la remontée en puissance de l’armée de Terre.

– Monsieur le président, avant cette journée de présentation, quelle vision aviez-vous de l’armée de Terre ?

L’armée de Terre à mes yeux, c’est un triptyque : engagement, Hommes, territoire. L’engagement car l’armée de Terre française est engagée à très haut niveau en opérations, à l’extérieur et à l’intérieur de nos frontières. Au total, 20 000 hommes et femmes de l’armée de Terre sont en posture opérationnelle : opérations extérieures, opérations intérieures, forces de présence et forces de souveraineté. Les Hommes car l’armée de Terre, c’est avant tout des hommes et des femmes, des valeurs humaines de solidarité, de fraternité d’armes, d’autorité aussi. C’est le contact avec la population. Par ses valeurs, par sa connaissance du terrain, l’armée de Terre est avant tout l’armée de la relation humaine. L’armée de Terre c’est aussi, évidemment, le territoire. Ce lien, quasi charnel, transformé par la fin de la conscription, altéré par les fermetures de régiments qui ont fait apparaître de véritables déserts militaires, est désormais régénéré par la présence plus visible des militaires -au premier rang desquels l’armée de Terre- sur le territoire national. L’armée de Terre est la forme de résilience la plus ultime de la Nation : les Français savent pouvoir compter, en dernier lieu, sur leur armée. À la suite du passage de l’ouragan Irma, l’armée de Terre a été une nouvelle fois au rendez-vous face au désarroi des populations. L’armée de Terre est aujourd’hui l’un des premiers vecteurs d’intégration républicaine. C’est une armée de soldats jeunes : plus de 70% des soldats sont des contractuels. Le flux de recrutements (environ 12 500 par an) maintient ce dynamisme. C’est un facteur d’intégration à la fois verticale (70% des recrutements de sous-officiers se font chez les militaires du rang), mais aussi horizontale : l’esprit de corps, la solidarité des armes développent le sentiment de cohésion nationale.

– Quels sont les principaux défis et échéances qui attendent la commission dans les mois à venir ?

Après la revue stratégique, nous allons entrer dans la phase d’examen de la Loi de programmation militaire 2019-2025, qui sera présentée en conseil des ministres le 8 février, pour un examen parlementaire au printemps, à l’Assemblée nationale et au Sénat. C’est une échéance que le Sénat a préparée depuis plusieurs mois. Notre commission aurait d’ailleurs souhaité que le Conseil de défense du 6 avril 2016 soit suivi d’une deuxième actualisation de la programmation militaire, pour éviter la situation « d’impasse budgétaire » dans laquelle nous nous sommes trouvés, avec des décisions non financées. Nous n’avons hélas pas été entendus par le précédent gouvernement. Le Sénat a également prôné la formule de la « revue stratégique » plutôt que celle, plus lourde, d’un Livre blanc, dans une logique, précisément, d’efficacité. La menace est connue ; ne perdons pas des mois à la décrire, donnons des moyens pour la combattre ! La revue stratégique a décrit le durcissement des engagements, la dispersion des crises, leur multiplication, leur mutation, depuis les immensités sahéliennes jusqu’au cyberespace, et au cœur même de nos sociétés démocratiques abreuvées de désinformation. Terrorisme, politique de puissance, militarisation des relations internationales : le diagnostic porté par le Président de la République dans ses vœux aux armées procède du même sombre réalisme. L’armée de Terre, les armées en général, ne doit donc pas s’attendre à pouvoir baisser la garde. Ma conviction, c’est que ce contexte commande de garder un modèle complet d’armée.

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https://www.defense.gouv.fr/terre/actu-terre/christian-cambon-la-menace-est-connue-donnons-des-moyens-pour-la-combattre

3 – Une ordonnance au service du soutien médical des forces (défense, service de santé des armées 

Lors du conseil des ministres du 17 janvier 2018, la ministre des armées Florence Parly a présenté une ordonnance relative au service de santé des armées (SSA) et à l’Institution nationale des invalides. Cette ordonnance, prise en application de l’article 222 de la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, a été élaborée conjointement avec le ministère des solidarités et de la santé. Elle renforcera la capacité du SSA à remplir sa mission prioritaire de soutien médical des forces armées et facilitera la mise en œuvre de la politique d’ouverture vers le système public de santé. Cette ordonnance favorisera le développement de synergies entre le SSA et les acteurs de santé au bénéfice tant des forces armées que de la population. Le SSA confortera, pour sa part, sa place comme un acteur à part entière du système public de santé contribuant ainsi à la protection de la santé du pays et à la résilience de la nation. Ses compétences spécifiques et son expertise en matière de préparation et de gestion des situations sanitaires exceptionnelles pourront être mises à profit efficacement, notamment en cas d’attentat majeur ou de menace nucléaire, radiologique, biologique ou chimique. Parallèlement, les autres acteurs du système de santé pourront contribuer à répondre aux besoins spécifiques de la défense.  Enfin, l’ordonnance favorisera un parcours de soins coordonné au profit des blessés militaires par la mise en place d’une coopération renforcée entre les hôpitaux des armées d’Ile-de-France et l’Institution nationale des invalides. Cette ordonnance va maintenant être déclinée par des textes d’application.

 

INDUSTRIE ET ÉCONOMIE 

 

1 – Missiles Nord-Coréens : la longueur de retard du Japon (IRIS, Jean-François Heimburger)

 Jean-François Heimburger, historien et géographe, chercheur spécialiste du Japon. Ses travaux portent en particulier sur les risques naturels, technologiques et sociaux dans l’Archipel.

De quelques centaines de milliers à plusieurs millions de morts. Le bilan humain estimé suite à l’explosion d’un engin nucléaire à Tokyo varie en fonction de sa puissance. Après les nombreux tirs balistiques de ces derniers mois et l’essai nucléaire de septembre dernier, les spécialistes ne doutent plus des progrès significatifs des programmes militaires de la Corée du Nord, désormais considérée par certains comme une puissance nucléaire. Si les États-Unis et la Corée du Sud sont menacés, le Japon l’est aussi. Il n’est pas non plus à l’abri d’un dérapage et se prépare à y faire face. Tant bien que mal. La défense de l’Archipel repose d’abord sur sa capacité à abattre les missiles avant qu’ils n’atteignent son sol. Les systèmes actuels, en développement depuis 2004, semblent toutefois insuffisants. En mer, les quatre destroyers Aegis sont censés permettre une interception au niveau supérieur, hors de l’atmosphère terrestre, lorsque les engins à neutraliser se situent près de leur apogée. Toujours est-il que le nombre de missiles antibalistiques est limité et que le navire dans la zone de survol devrait se situer juste sous la trajectoire pour effectuer un tir de meilleure précision. Sur terre, pour abattre des engins au niveau inférieur, c’est-à-dire en fin de phase de descente, les unités PAC-3, réparties en dix-sept endroits, sont dotées d’un nombre limité de missiles et leur portée n’est que de 20 km. La majeure partie du territoire japonais se trouve ainsi vulnérable. Le taux de succès des deux systèmes lors des exercices passés est en outre inférieur à 90 %, le second étant légèrement moins fiable que le premier. Le Japon entend certes augmenter ses capacités antimissiles. Il devrait doubler le nombre de destroyers Aegis d’ici 2021 et les doter de missiles antibalistiques plus performants. Le renforcement de son système de défense terrestre est également en cours. Il s’agit d’une part de remplacer les PAC-3 par des PAC-3 SME, et d’autre part de mettre en place un troisième système, appelé Aegis Ashore, la version terrestre d’Aegis – le ministère de la Défense comptant en particulier sur la coopération des États-Unis pour son déploiement rapide. Outre des questions de coûts, qui pourraient atteindre plusieurs centaines de milliards de yens, la défense rencontrera toujours des limites techniques : la portée des PAC-3 SME ne sera ainsi allongée que d’une dizaine de kilomètres. Pour l’heure, si le système de défense japonais est en voie d’amélioration, les programmes balistique et nucléaire nord-coréens semblent avancer bien plus vite. Face à ces barrières, d’autres mesures, de protection cette fois, consistent à alerter la population de l’arrivée de missiles et à l’inciter à se mettre à l’abri. Or la performance du système n’est pas optimale et demanderait à être améliorée, compte tenu de dysfonctionnements et d’une préparation non satisfaisante, à la fois des autorités et des habitants. Dès qu’un tir est détecté, après estimation de la trajectoire, le gouvernement envoie un message d’alerte aux collectivités qui pourraient être survolées ou touchées, celles-ci diffusant l’information aux habitants, principalement via un réseau de haut-parleurs. Mais 2 % des collectivités locales du pays (une trentaine) ne disposent toujours pas aujourd’hui de moyens de transmission. En plus, lors des situations réelles et des exercices récents, des problèmes techniques n’ont pas permis de prévenir la population dans certaines localités. Pour adopter les bons gestes rapidement, en moins de trois ou quatre minutes, des entraînements sont également indispensables. Pourtant, le premier exercice d’évacuation en cas d’alerte aux missiles, lancé sous l’impulsion du gouvernement, n’a eu lieu qu’en mars 2017. À la fin de l’été, au moment où le Japon a été survolé par un missile à deux reprises, seules quelques dizaines de municipalités en avaient organisé. Nombre des citoyens ciblés ne savaient pas comment réagir à l’information de protection les appelant, lors du tir du 29 août, à évacuer « dans un bâtiment solide ou dans un souterrain ». Ce manque de réactivité, facile à comprendre, est également observé en cas d’alerte précoce déclenchée quelques secondes avant l’arrivée de secousses sismiques destructrices.

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http://www.iris-france.org/106466-missiles-nord-coreens-la-longueur-de-retard-du-japon/

2 – Pénurie et souveraineté (TTU Online)

Les grandes armées occidentales connaissent en ce moment une pénurie d’explosifs RDX et HMX nécessaires à la fabrication de bombes, missiles et obus d’artillerie. Le RDX, ou hexogène, est un composé explosif largement utilisé pour les chargements de bombes ou d’obus, alliant stabilité et puissance. Le HMX, ou octogène, est un explosif plus performant – et plus cher – utilisé notamment dans les têtes de missiles antichars ou les armes de pénétration. Cette pénurie touche en particulier les Etats-Unis, qui ne disposent que d’un seul site de production opéré pour le Pentagone par BAE Systems à Holston (Kingsport, Tennessee). Un site aujourd’hui en incapacité de répondre à la forte demande interne, notamment pour le recomplètement des stocks (les Etats-Unis tirent en moyenne 40 000 bombes et missiles par an) : une situation qui a contraint les principaux munitionnaires américains (ATK, General Dynamics, Raytheon et BAE) à solliciter les deux grands producteurs euro­péens, le français Eurenco et le norvégien Chemring Nobel. Cette brusque augmentation de la demande, confirmant le caractère stratégique des matériaux énergétiques, a poussé Eurenco à investir pour accroître ses capacités de production. Sur son site suédois de Karlskoga, les lignes de production de RDX et HMX vont être modernisées par dégoulottage alors qu’en France, la ligne de production actuelle d’hexogène de Sorgues, qui devait fermer, va être prolongée jusqu’en 2019, en attendant l’ouverture de la nouvelle Unité de fabrication d’hexogène (UFH) en 2020. Les besoins de l’armée de l’Air (essentiellement des bombes Mk82 et Mk84), un client privilégié pour Eurenco, ne devraient pas être impactés par cette pénurie, qui touche aussi d’autres clients du groupe en Europe et dans le reste du monde. L’armée de Terre française, qui n’utilise pas de RDX ou HMX pour ses obus de Caesar, est un peu moins impactée par ce retournement du marché. Tout comme la Chine, la Russie et leurs clients, qui recourent plus largement au TNT, un explosif plus ancien et technologiquement inférieur. En fin d’année dernière, Eurenco a décroché l’une des plus grosses commandes de son histoire auprès de BAE UK pour fournir des centaines de tonnes d’explosifs destinés aux munitions d’obus de mortiers et d’artillerie.

3 – L’Arctique, carrefour de routes maritimes « pleines d’avenir » (Le Temps, Frédéric Faux)

Le réchauffement climatique ouvre la région polaire au transport maritime et à l’exploitation de nouveaux sites riches en gaz, pétrole ou minerai. Une course aux ressources dans laquelle les Russes

Igor Godzish, géant russe à la moustache soigneusement entretenue, ne passe pas inaperçu dans les rues de Tromsø. Flanqué de son interprète, le maire d’Arkhangelsk s’est rendu dans cette ville norvégienne, la plus au nord du continent européen, pour écouter les élus, scientifiques et chefs d’entreprise qui se sont réunis toute cette semaine au sein d’un forum intitulé Arctic Frontiers. Contrairement à Tromsø, fief de l’explorateur Roald Amundsen, Arkhangelsk n’a rien d’un lieu de villégiature. Située dans le nord-ouest de la Russie près du cercle polaire, exportatrice de bois et de papier, la cité du Grand Nord perd même régulièrement des habitants, découragés par des conditions de vie difficiles. Mais pour Igor Godzish, cette époque est révolue: «Grâce au réchauffement climatique, notre port est maintenant accessible toute l’année. En juillet dernier, un cargo s’est même rendu à Shanghai sans l’aide d’un brise-glace. Nous étions auparavant au bout du monde, nous sommes maintenant au milieu d’une nouvelle route maritime, pleine d’avenir.» Le destin d’Arkhangelsk pourrait être celui d’autres villes autour de l’Arctique, où vivent quatre millions d’habitants. A Tromsø, les scientifiques ont en effet confirmé que la carte du monde telle qu’on la connaît, avec une immense tache blanche et infranchissable entre l’Asie et les Amériques, doit être redessinée. «Dans vingt ou trente ans, probablement, il n’y aura plus de glace au pôle pendant l’été, et l’océan Arctique va devenir navigable», résume Ole Arve Misund, directeur de l’Institut polaire norvégien. Le réchauffement climatique, dans l’Arctique, est en effet deux fois plus important qu’ailleurs. La surface de la calotte glaciaire, en septembre 2017, était déjà d’un quart moins étendue que dans les années 1980. Le plancton se multiplie dans les eaux plus chaudes, la toundra reverdit, le gaz carbonique se libère des sols anciennement gelés, accélérant un processus dont il est difficile de prévoir les conséquences ultimes.

Nouveaux horizons industriels

Catastrophe écologique pour nombre d’espèces adaptées au froid, comme les ours polaires, cette fonte des glaces ouvre aussi de nouveaux horizons pour les industriels des pays riverains: plus de 20% des réserves de pétrole et de gaz sont enfouies dans cette région, sans oublier d’importants gisements de minerai. Aux Etats-Unis, Donald Trump veut de nouveau ouvrir l’Alaska à l’exploration pétrolière. La Chine, présente dans la plupart des projets miniers de l’archipel canadien ou du Groenland, va d’ailleurs financer dans cet Etat américain un projet d’extraction et de transport du gaz liquide pour un montant de 43 milliards de dollars, soit le plus important investissement jamais réalisé dans la zone arctique. Les annonces se multiplient aussi en dehors du cercle restreint des grandes puissances. La Norvège a attribué la semaine dernière 74 nouvelles licences d’exploration d’hydrocarbures, dont huit dans la mer de Barents. En novembre dernier, le Canada a de son côté inauguré la première route reliant l’océan Arctique au reste du continent américain.

Plan russe ambitieux

Dans cette course, la Russie part avec un certain avantage. Le recul des glaces, ou leur moindre épaisseur, lui permet d’accéder à de nouvelles matières premières, mais aussi de les exporter via le passage du Nord-Est. Cette route maritime, qui permet de relier l’Europe à l’Asie en réduisant les distances d’un tiers, avait été quasiment abandonnée après l’effondrement de l’Union soviétique. Aujourd’hui, elle renaît. Le volume des cargaisons empruntant cet itinéraire a augmenté de 25% en 2017, atteignant 10 millions de tonnes. Le Ministère russe des ressources naturelles prévoit 40 millions de tonnes en 2020, 67 millions en 2025. Un objectif que le pouvoir central de Moscou veut atteindre en sécurisant une navigation qui reste difficile (lire l’encadré): à terme, les cargos pourront compter sur dix postes de sauvetage, seize ports en eau profonde et dix stations radar. Rien ne dit que les finances russes permettront de réaliser ce plan ambitieux, mais pour Igor Neverov, représentant du Ministère russe des affaires étrangères dépêché à Tromsø, il s’agit d’abord d’un choix stratégique: «Notre côte arctique se déroule sur 22 000 kilomètres, et la région représente 10% de notre PIB, 20% de nos exportations… Il est vrai que nous avions délaissé ce Grand Nord, mais maintenant nous sommes de retour.» Le signe le plus éclatant de ce «retour» reste la mise en service du champ gazier de Yamal, inauguré par Vladimir Poutine en décembre dernier.

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GRANDS PROBLÈMES DE DÉFENSE 

ET DE SÉCURITÉ 

1 – Données personnelles : la Commission presse les Etats d’agir (Le Point, Emmanuel Beretta)

Le 25 mai prochain, la protection des données personnelles sera unifiée à l’échelle de l’Europe. Bruxelles s’inquiète des retards.

Le 25 mai prochain, l’Union europénne ne disposera plus que d’une seule législation sur la protection des données au lieu des 28 existantes. Un effort d’unification dans l’idée de contribuer à un marché unique du numérique, tout en protégeant mieux les internautes européens, qui sont 250 millions à se connecter tous les jours.  Mais ce scénario idéal soulève quand même l’inquiétude de la Commission de Bruxelles qui constate qu’à un peu plus de 100 jours de l’entrée en vigueur de son règlement européen, seuls deux États membres, l’Allemagne et l’Autriche, se sont mis en conformité… Deux bons élèves. La France n’est pas la plus en retard. Or, le temps presse…

Droit à l’oubli renforcé

Même si le règlement européen est d’application directe, les États membres doivent procéder aux aménagements législatifs ou règlementaires nécessaires. Les commissaires européens Andrus Ansip (en charge du marché unique) et Vera Jourova (justice, consommateurs) ont donc mis, mercredi, un petit coup de pression sur les législateurs nationaux. Ils invitent aussi les gouvernements à mettre à disposition des autorités nationales de protection des données (la Cnil, en France, par exemple) les moyens financiers nécessaires. Et Bruxelles d’accompagner le petit rappel à l’ordre par une enveloppe supplémentaire de 2 millions d’euros à la disposition des autorités nationales pour les aider à « sensibiliser les entreprises » – les PME en particulier – au bon usage des données personnelles. Quels seront les bénéfices pour les citoyens ? Le règlement européen renforce les droits des consommateurs et en premier lieu instaure, à leur profit, un « droit à l’information », de même qu’il favorise l’anonymisation des données à traiter. Toute personne a le droit de savoir qui possède ses données et pour quel usage. Le consommateur a un droit d’accès à celles-ci. Et il a également le droit que ses données soient « oubliées » (et non stockées à vie sans nécessité) s’il entend quitter un réseau social par exemple. Précision utile : cela ne concerne pas les personnages publics qui font l’objet d’un article de presse et qui voudraient qu’une de leurs déclarations malencontreuses soit effacée des sites d’information… Ce « droit à l’oubli » est aussi limité en vertu de considérations d’ordre public prévues par la loi.

Le consentement obligatoire des parents pour les services aux enfants

Il a été également institué un « droit à la portabilité » de ses données : un individu pourra transférer ses données d’un service à l’autre s’il entend changer d’application, par exemple. Aucune entrave ne saurait lui être opposée par l’ancien service. C’est une manière de permettre aux nouveaux entrants sur le marché numérique de se faire une place face aux géants déjà installés. La régulation européenne s’est également préoccupée du consentement, disons, fragile des enfants. Pour un service directement destiné aux enfants, le traitement des données doit donner lieu à l’accord préalable d’un parent responsable. Le seuil de « la fin de l’enfance » est à déterminer par chaque État membre entre 13 et 16 ans.

Des amendes dissuasives en cas de manquement

En cas de piratage, les plateformes qui traitent les données ont l’obligation de signaler la violation des données aux autorités nationales de contrôle dans un délai maximum de 72 heures. Les sanctions sont renforcées : en cas de manquement, les autorités nationales de contrôle pourront infliger des amendes importantes (jusqu’à 20 millions d’euros) ou, pour les entreprises, jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial. Dissuasif, en principe, pour les géants du Net. À noter que cette réglementation sera opposable à toutes les entreprises sans exception quel que soit l’endroit dans le monde, en Europe ou ailleurs, où les données sont stockées. Les Gafam (Google, Amazon,…) ne peuvent s’y soustraire. Cela dit, la Commission a aussi pensé à faciliter l’innovation technologique qui résulte de l’exploitation du « big data ». Par exemple, à l’avenir, l’exploitation d’un énorme flux de données (géolocalisation, etc.) devrait permettre aux réseaux routiers d’accueillir des voitures sans chauffeur dans de bonnes conditions de sécurité, de fluidifier le trafic, de repérer les routes les plus dangereuses, de réduire le nombre de feux de circulation…

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2 – Autorité palestinienne : diplomatie ou violence ? (TTU Online)

Les responsables des renseignements militaires israéliens (Aman) ne sont pas impressionnés par les discours de Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, en réaction à la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. L’essentiel pour eux est que Mahmoud Abbas continue de refuser de prôner une nouvelle Intifada. Le pire scénario serait qu’il suive l’exemple de Yasser Arafat, qui en l’an 2000 avait clairement laissé entendre qu’il soutenait un deuxième soulèvement. Ce qui avait incité des policiers et des membres des services de sécurité palestiniens à se joindre au mouvement de protestation en ouvrant le feu contre les soldats israéliens. «En fait, tout le monde sait que Mahmoud Abbas est celui qui décide en dernière instance et, pour le moment, il n’est pas décidé à sauter le pas et à déclencher une vague de violences», diagnostique un officier. «Il maintient la position qu’il a prise du vivant de Yasser Arafat, à savoir que la voie du terrorisme mène à une impasse, que le peuple palestinien serait de nouveau la première victime d’un retour à la lutte armée», ajoute l’officier.Selon l’Aman, le président palestinien n’a pas l’intention de changer de stratégie. Il a tout misé sur la bataille diplomatique. «Tant que Mahmoud Abbas tiendra ferme sur cette position, les policiers mais aussi les Tanzim, les groupes armés du Fatah, la principale composante de l’OLP, n’utiliseront pas leurs armes», prévoit-il.Le danger représenté par le Hamas, les islamistes qui contrôlent la bande de Gaza, constitue un argument de poids pour ne pas chambouler les règles du jeu avec Israël. Le Hamas, selon les responsables israéliens, tente de lancer une campagne d’attentats tout en cherchant à déstabiliser l’Autorité palestinienne. Résultat : la répression menée par la police et les services de sécurité de Mahmoud Abbas contre les activistes du Hamas n’a, en fait, jamais cessé ni le flux d’informations transmises au Shin Beth sur les cellules du Hamas en Cisjordanie. Les contacts discrets entre les responsables des services de sécurité palestiniens avec la CIA se sont également poursuivis. La grande inconnue porte donc sur l’état de santé de Mahmoud Abbas. Il a été souvent présenté comme un malade en sursis, souffrant notamment de problèmes cardiaques. Mais à près de 83 ans, il a étonné les experts israéliens du profilage par sa vitalité lors de ses dernières apparitions publiques. Le coup très dur que lui a asséné Donald Trump l’a apparemment revigoré.

3 – Opération « Rameau d’Olivier » : un embrasement prémédité ? (IRIS, Didier Billon)

Avec le lancement de l’opération « Rameau d’olivier » dite « de sécurisation », le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis à exécution les menaces qu’il réitérait depuis de nombreux mois. La montée en puissance d’une entité kurde à la frontière turco-syrienne à la faveur des victoires militaires contre Daech constituait pour la Turquie un casus belli. Marginalisées diplomatiquement dans la région, les puissances occidentales n’ont pu enrayer cette marche à la guerre alors même que les milices kurdes de Syrie ont constitué leur fer de lance militaire dans la région. Le point de vue de Didier Billion, directeur adjoint de l’IRIS

Recep Tayyip Erdogan a mis sa menace à exécution avec le lancement d’une offensive à la frontière turco-syrienne. Comment comprendre l’intervention turque ? Celle-ci ne vient-elle pas rajouter du chaos dans une situation déjà passablement complexe ?

Depuis maintenant de nombreux mois, les autorités turques affirment leur forte préoccupation quant aux avancées des Forces démocratiques syriennes (FDS). Celles-ci sont structurées par les milices liées au Parti de l’Union démocratique (PYD), dont les Unités de protection du peuple (YPG) constituent la branche armée. La cause des multiples avertissements turcs réside dans le fait qu’Ankara considère que le PYD et les YPG sont la franchise syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le PKK est en guerre contre l’État turc depuis 1984, conflit dont on peut évaluer qu’il a fait près de 50 000 victimes au total. Cette organisation est qualifiée de terroriste par Ankara ainsi que par la plupart des puissances occidentales, dont l’Union européenne, la France et les États-Unis. Pour les autorités turques, les zones passées sous le contrôle du PYD, dans le nord de la Syrie, constituent « une entité terroriste » située à leur frontière. Il y a donc la perception d’une menace existentielle par le fait même de l’existence de cette entité de facto autonome au nord de la Syrie. À cela s’ajoute, facteur aggravant pour la Turquie, le fait que ces milices ont été entraînées et approvisionnées en armes et en argent par les États-Unis. Cependant, les événements se sont accélérés, il y a de cela une dizaine de jours, lorsque Washington a publiquement déclaré sa décision de créer une « armée », une force de sécurisation, composée d’environ 30 000 hommes qui serait dans le nord de la Syrie sur une partie des 920 kilomètres de la frontière turco-syrienne. Or, cette force serait structurée autour des Forces démocratiques syriennes et donc du PYD. Depuis l’annonce de cette décision, on assiste à une escalade progressive des tensions, avec en point d’orgue, la mise en œuvre de l’opération « Rameau d’olivier » le 20 janvier. Dans cette offensive, la marge de négociations avec R. T. Erdogan est extrêmement faible, car la Turquie considère, à tort ou à raison, que cette « entité terroriste » constitue un problème existentiel. Elle craint que la cristallisation de cette « entité terroriste » puisse influer sur les aspirations des Kurdes de Turquie liées au PKK. La marge de manœuvre des réponses de Washington et Moscou est limitée, car ni les Russes ni les Américains, qui avaient été prévenus par le gouvernement turc du déclenchement de l’opération, n’ont été en situation de l’empêcher. La situation est donc très préoccupante. Alors que la situation en Syrie – sans ignorer bien sûr les combats actuels dans la région d’Idlib, ou les faubourgs de Damas de la Ghouta orientale – tendait à voir décroître les opérations militaires, la dynamique engendrée par l’offensive turque est source d’une potentielle résurgence du chaos dans le nord du pays.

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http://www.iris-france.org/106412-operation-rameau-dolivier-un-embrasement-premedite/