GÉOPOLITIQUE
DÉFENSE
ÉCONOMIE

de Jacques Raimond
M

  • GÉOPOLITIQUE :
  1. Egypte, le coup d’Etat permanent
  2. Géopolitique du sable, entre rareté, conséquences environnementales et enjeux diplomatiques
  3. Elections espagnoles : vers quel transit post transition démocratique ?
  • DÉFENSE :
  1. Le 13ème régiment de dragons parachutistes recevra deux vecteurs nautiques d’infiltration « Squale » de plus
  2. Parution au bulletin officiel de l’instruction ministérielle sur les opérations d’armement
  3. Selon Mme Parly, le budget des armées ne servira pas à financer les mesures prises après le grand débat
  • ÉCONOMIE :
  1. Chantier naval : la Fremm Alsace mise à flot à Lorient
  2. Les failles informationnelles des certificats de conformité dans l’affaire Boeing
  3. La zone de libre-échange continentale (ZLEC) de l’union africaine : 8 défis à relever
  4. Les Super-Etendard modernisés quittent la France
  • TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPÉCIALISÉS
  • TEXTES PARUS AU JOURNAL OFFICIEL

 

 

GÉOPOLITIQUE

 

ESPRIT SURCOUF.fr propose à ses lecteurs trois sujets très différents, concernant la géopolitique, cette semaine. L’Egypte, où le général Al-Sissi prend un pouvoir quasi absolu, la question mondiale de l’emploi du sable, et les élections espagnoles, qui posent le problème épineux de la stabilité dans la péninsule ibérique.

 

1   EGYPTE. LE COUP D’ÉTAT PERMANENT (Orient XXI, Bahey Eldin Hassan, traduit de l’anglais par Françoise Feugas)

Le Parlement égyptien devrait adopter en début de semaine une réforme de la Constitution qui éradiquera les dernières conquêtes de la révolution de 2011 et permettre à Abdel Fattah Al-Sissi de rester au pouvoir jusqu’en… 2030.

Tout au long des six années qui ont suivi son coup d’État de 2013 contre le premier président égyptien civil, Abdel Fattah Al-Sissi en a orchestré plusieurs autres, politiques, sécuritaires, législatifs, constitutionnels et électoraux. Et il prépare actuellement un putsch constitutionnel qui lui permettra de rester en fonction jusqu’en 2034. Il a cependant, ce faisant, commis une erreur tragique. Non seulement il accorde aux militaires une couverture constitutionnelle pour le démettre de ses fonctions, mais il a aussi donné à tous ceux qui s’opposent à lui au sein et à l’extérieur de son régime un objectif qui comble leurs irréconciliables divisions. Sissi pourrait être victime de son propre fait, à l’instar des anciens présidents égyptiens qui ont amendé la Constitution pour consolider leur pouvoir et ont fini par le perdre. Peu après le coup d’État, Sissi a annoncé qu’il ne se présenterait pas à la présidence. Il dirige pourtant le pays depuis lors. Moins d’un an plus tard, il trahissait sa promesse en annonçant sa candidature à la présidentielle et se retournait contre ses alliés laïcs, les éliminait du gouvernement et emprisonnait leurs militants. Au cours de son premier mandat de quatre ans et derrière l’écran de fumée de la « lutte contre le terrorisme », l’Égypte a connu la plus grande répression de son histoire moderne contre une opposition pacifique, qu’elle ait été islamiste ou laïque. Pendant sa première année à la tête du pays, Sissi a mené un coup d’État législatif en promulguant des centaines de lois, dont beaucoup sont inconstitutionnelles. Le Parlement qui, selon un ancien conseiller de Sissi aujourd’hui emprisonné, a été composé par les services de renseignement, a approuvé ces lois en masse lors de ses premières sessions. À la fin de son premier mandat, Sissi a commencé à régler des comptes avec des officiers supérieurs de l’armée et de la sécurité. Il a congédié le chef d’état-major de l’armée et le directeur du renseignement général, les a assignés à résidence et a nommé le chef d’état-major de son bureau et le fils de ce dernier aux deux plus hauts postes du renseignement général. Il a fait emprisonner des candidats à la présidentielle qui se présentaient contre lui lors de sa réélection ou les a assignés à résidence (un fait sans précédent dans l’histoire de la République), dont un ancien chef d’état-major militaire et un ancien premier ministre.

ÉCHEC DE LA GUERRE ANTITERRORISTE AU SINAÏ

Après avoir mené les élections sans opposition, Sissi a mené la plus grande campagne d’arrestations massives de personnalités politiques laïques depuis 1981 et a limogé le ministre de la défense dont la loyauté envers lui a été mise en doute, pour nommer à sa place le chef de la garde présidentielle. Parallèlement à la répression contre les anciens généraux, il a ordonné aux militaires de lancer une grande opération antiterroriste dans le Sinaï (« Sinaï 2018 », NDLR), qui a été perçue par beaucoup comme une manière de détourner l’attention du scandale des élections. La campagne, qui devait durer trois mois, s’est prolongée pendant un an et s’est terminée sans cérémonie lorsque le porte-parole militaire a cessé d’en parler dans ses déclarations. L’organisation de l’État islamique (OEI) continue de mener des attaques dévastatrices dans le Sinaï et utilise les crimes commis par les militaires contre les civils comme outil de propagande. Selon certains travaux de recherche, le facteur décisif constant dans la politique égyptienne depuis le premier coup d’État de l’armée en 19521 est le conflit entre les officiers supérieurs au pouvoir. Ces études constatent également que cette pernicieuse discorde a consumé le pays et conduit à l’épuisement de ses ressources et à l’érosion de ses compétences. Cette situation a également eu de graves répercussions sur le professionnalisme et l’efficacité de l’armée et a contribué à la défaite militaire la plus humiliante de l’histoire de l’Égypte, celle de la guerre israélo-arabe de juin 1967.

Le général devenu président a très vite compris très vite qu’il allait devoir composer tous les jours avec un équilibre très délicat entre deux considérations vitales, mais contradictoires. La première est que l’armée est son principal électorat, et la seconde est qu’elle constitue une menace et qu’il doit contenir les aspirations des officiers supérieurs à le remplacer. Le dilemme de Sissi, et de tous les présidents qui l’ont précédé au cours des 67 dernières années, est de savoir comment gérer un équilibre aussi délicat sans être écrasé par des soulèvements populaires ou des coups militaires.

UNE AUTORITÉ TOTALE SUR LE POUVOIR JUDICIAIRE

L’amendement constitutionnel qui permet à Sissi de rester au pouvoir pendant douze années supplémentaires a laissé dans l’ombre d’autres amendements qui renforcent le régime dictatorial. Selon les déclarations de deux hauts responsables judiciaires, ces amendements donneront à Sissi une autorité totale sur le pouvoir judiciaire et constitutionnaliseront la domination de l’armée sur la politique. 

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://orientxxi.info/magazine/egypte-le-coup-d-etat-permanent,3027

 

2  GÉOPOLITIQUE DU SABLE. ENTRE RARETÉ, CONSÉQUENCES ENVIRONNEMENTALES ET ENJEUX DIPLOMATIQUES (Diploweb, Julien Bueb, Lina Pamart)

Les auteurs s’expriment ici à titre personnel. Julien Bueb est diplômé de l’Université de Franche-Comté. Il a débuté sa carrière d’économiste au ministère des Affaires étrangères au sein de la Direction générale de la mondialisation puis l’a poursuivi au Centre d’analyse, de prévision et de stratégie. Structure directement rattachée au cabinet du Ministre, Julien fut en charge, d’une part, des questions macroéconomiques, financières et commerciales et, d’autre part, des sujets environnement, matières premières et développement. Julien Bueb est également professeur associé à Paris I Panthéon-Sorbonne et à l’Université ouverte de Franche-Comté. Lina Pamart est diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Lille. Lina travaille depuis au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Dans le contexte de la mondialisation, comment notre utilisation du sable en fait-elle un facteur de déstabilisation ? Dans un contexte de raréfaction, le sable devient un aggravateur de tensions, révèlent Julien Bueb et Lina Pamart dans cette étude novatrice. Obnubilés par d’autres facteurs de risques davantage médiatisés, nous oublions que nos sociétés sont construites sur du sable.

AU même titre que l’énergie, le sable est constitutif de notre économie et plus largement de notre société. Les granulats [1] sont la matière première la plus demandée au monde après l’eau. Ils font l’objet d’une extraction intensive et d’un commerce mondial, qui génèrent des conséquences néfastes sur l’ensemble des continents. Sous-jacent de tensions géopolitiques – car il agit comme un déstabilisateur régional –, mais fruit de pressions environnementales, le sable est un symbole des nouveaux enjeux de ce siècle : son extraction crée des vulnérabilités environnementales, économiques et sociales indissociablement liées, qui s’expriment à travers diverses formes selon les réalités locales et le niveau de développement des pays. Il paraît urgent d’améliorer la gouvernance de la ressource, tant pour des raisons économiques (le tourisme), géographiques (l’érosion des côtes, les territoires d’Outre-mer), environnementales (biodiversité, climat, écosystème) que de développement (migrations, destructions des activités vivrières). Dans un contexte de raréfaction – surprenante au premier abord, mais bien réelle – faisant du sable un aggravateur de tensions, la France, l’Union européenne ou les institutions internationales appropriées pourraient encourager des mesures allant vers une réduction de la consommation globale et une meilleure gouvernance.

I. Une dépendance croissante, génératrice de rareté

L’accroissement rapide de la demande globale de sable ces dernières décennies connaît deux explications principales. Premièrement, le sable est utilisé pour la production d’une grande variété de produits, allant du verre aux puces informatiques en passant par les produits cosmétiques. Au total, ce sont entre 30 et 50 milliards de tonnes de granulats (sables et graviers) qui sont extraits chaque année [2]. Au premier plan des secteurs économiques concernés figurent la construction et l’aménagement du territoire, le sable étant une composante fondamentale de la production de ciment. Cette dernière a été multipliée par trois depuis 1995 [3]. En second lieu, la hausse de la demande est principalement attribuée à la croissance rapide des pays asiatiques ces trente dernières années [4]. Aujourd’hui, la Chine domine très largement le marché mondial du ciment [5]. Le Parti communiste chinois a notamment pour objectif d’arriver à un taux de 60 % de population urbaine d’ici à 2020 [6] et conduit parallèlement de grands projets d’infrastructures mobilisant des quantités massives de ciment. L’Asie n’est toutefois pas le seul gros consommateur de sable. Aux premiers rangs des importateurs figurent après la Chine l’Inde et Singapour, mais également les Pays-Bas et l’Allemagne [7]. Un autre cas significatif est celui de Dubaï : afin de poursuivre ses projets immobiliers et la construction d’îles artificielles, l’émirat a déjà épuisé les réserves de ses littoraux, si bien qu’il importe désormais du sable d’Australie Les granulats ne sont pas si abondants qu’il n’y paraît, car le sable utile aux activités humaines est loin d’être aisément accessible en tous lieux. Il peut en effet être extrait des carrières et cours d’eau, mais son rythme d’extraction est bien supérieur à celui de son renouvellement. Le sable peut aussi être prélevé des mers et des océans, mais il doit être lavé de son sel corrosif et le coût de son extraction s’élève au fur et à mesure de l’éloignement des côtes. L’essentiel du sable marin est inexploitable, car profondément enfoui dans les océans ou sous d’autres sédiments [8]. Quant au sable des déserts, en apparence inépuisable, il se trouve généralement inadapté à la production de ciment ou à la construction d’îles artificielles, car ses grains sphériques et lisses ne s’agglomèrent pas aisément. La raréfaction des granulats touche plus particulièrement certaines zones géographiques pour lesquelles la disponibilité de la ressource à un prix abordable selon des techniques accessibles n’est plus un acquis. À ce titre, l’Asieest particulièrement concernée, l’Est et le Sud-est asiatiques étant les régions dont le déficit commercial dans ce secteur est le plus important [9]. Les autres continents ne sont toutefois pas à l’abri, car la raréfaction est un phénomène global : l’extraction couplée à la montée des eaux fait reculer 75 % à 90 % des plages du monde, au risque d’une disparition totale d’ici à 2100 [10]. Enfin, il est nécessaire de considérer la dimension énergétique de la raréfaction : la question de l’approvisionnement deviendra d’autant plus sensible à mesure que les ressources les plus accessibles diminueront, l’énergie nécessaire à l’extraction des ressources disponibles augmentant en parallèle. Ceci affecte doublement le coût économique de l’extraction, puisqu’il faut de plus en plus d’énergie pour produire de l’énergie [11], et élargit la problématique du sable à celles des dérèglements climatiques et de la disponibilité des ressources.

II. L’extraction des granulats, un puissant déstabilisateur environnemental aux nombreuses conséquences socio-économiques

L’extraction des granulats provoque de sévères nuisances environnementales, elles-mêmes sources de tensions économiques et sociales à différents niveaux.

Des nuisances graves pour la biodiversité, les écosystèmes, l’eau ou le climat

 La biodiversité et les écosystèmes sont les premières victimes de l’extraction des granulats, qui porte atteinte à la soutenabilité des organismes et des habitats [12]. En plus de mettre en péril une diversité essentielle au bon fonctionnement des écosystèmes marins, les bouleversements de la faune et de la flore générés par l’extraction ont lieu au détriment d’autres secteurs économiques, comme la pêche par exemple. En Indonésie où 96 % des poissons du pays proviennent de la pêche traditionnelle, le dragage intensif dégrade le massif corallien et menace la subsistance des populations locales, alimentant ainsi les phénomènes migratoires. Le secteur agricole peut aussi être touché à cause de l’érosion des terres arables bordant les cours d’eau et de la diminution du niveau des nappes phréatiques. L’usage de l’eau, ressource la plus demandée au monde, est lui aussi lié à l’extraction du sable. Non seulement l’activité d’exploitation génère de la pollution, mais elle peut aussi élargir le lit des rivières, ralentir ou accélérer le rythme d’écoulement, réduire la capacité de stockage d’eau dans l’aquifère, accroître la fréquence et l’intensité des inondations et exacerber l’occurrence et la gravité des sécheresses [13]. En résumé, l’extraction de sable compromet la qualité et la disponibilité de l’eau, alors que seulement 0,75 % des réserves totales d’eau sur terre est à disposition pour la subsistance, et que les besoins augmentent avec l’accroissement de la population mondiale et l’adoption des régimes alimentaires occidentaux [14]. Enfin, l’enjeu climatique est lui aussi lié à celui du sable, étant donné que la production de ciment est très énergivore et que les substances extraites sont souvent transportées sur de longues distances, ce qui génère d’importantes émissions de gaz à effet de serre.

Les vulnérabilités et les déplacements de populations générés par l’érosion

L’extraction modifie l’équilibre de la formation des plages et génère une érosion source de vulnérabilités pour les populations côtières [15]. Or à ce jour, les littoraux abritent trois quarts des grandes métropoles et la moitié de la population du monde. L’érosion des côtes affecte les bâtiments et les infrastructures, et provoque aussi une plus grande exposition aux événements extrêmes, car les plages constituent une protection contre les inondations, les sécheresses et les tempêtes. Au point que certaines mégalopoles comme Londres, New York ou Guangzhou ont déjà mis en œuvre des plans d’urbanisme et d’aménagement pour faire face à ces difficultés. Enfin, la disparition des îles et des ressources halieutiques pose la question de la gestion politique, juridique, économique et sociale des migrations environnementales. Aux Maldives, l’extraction de sable couplée à la montée des eaux a forcé l’évacuation de 120 îles.  Malgré l’alerte lancée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) dès 2014 [16], l’enjeu autour de la raréfaction du sable reste relativement peu débattu et publicisé. La question est certes prise en considération par les institutions internationales à travers certains programmes du PNUD et du PNUE, et les principaux impacts environnementaux de l’extraction figurent dans les Objectifs de Développement Durable (ODD) [17]. Le sable n’apparaît cependant pas comme une problématique en soi.

III. Des tensions territoriales générées ou aggravées par les utilisations du sable

Outre les facteurs environnementaux, l’extraction du sable prend une dimension géopolitique dès lors qu’elle contribue à modifier les territoires, sous la forme d’une érosion ou dans le sens d’une extension. D’une part, des îles peuvent disparaître sous l’effet de dynamiques physiques consécutives à l’extraction en mer, et ainsi redessiner les cartes maritimes de certains États. D’autre part, les extensions marines territoriales, sources de récentes tensions géopolitiques, pèsent sur l’exploitation de la ressource. L’extraction de sable a pour impact direct de provoquer la disparition de plages, d’îlots et d’îles, modifiant ainsi les territoires. En effet, un banc de sable s’étend de la dune sur la côte à quelques centaines de mètres sous la mer. Le sable est une ressource côtière et ne recouvre pas l’ensemble des fonds marins. Ainsi, lorsque du sable est extrait, le vide créé dans les fonds est progressivement comblé sous l’effet des mouvements des masses d’eau et de la gravité, « aplanissant » le banc de sable et donc érodant la dune : la combinaison des phénomènes naturels et de l’extraction peut ainsi provoquer la disparition des plages et îles voisines [18]. Ces phénomènes soulèvent de profondes problématiques territoriales : qu’adviendrait-il d’un État archipélagique et des ressources de sa mer territoriale en cas de disparition ? Cesserait-il d’exister ou pourrait-il obtenir un statut d’État en exil conservant ses droits sur les espaces maritimes ? La question se pose pour certaines îles de l’archipel indonésien érodées par l’extraction de sable. À ce jour, la question n’est pas tranchée juridiquement. Certains estiment qu’un État, pour exister, doit disposer d’un territoire terrestre. D’autres défendent la conservation pour l’État immergé de ses droits sur ses espaces maritimes, sur la base des principes d’équité et de justice défendus par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.

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https://www.diploweb.com/Geopolitique-du-sable-Entre-rarete-consequences-environnementales-et-enjeux-diplomatiques.html


3
ELECTIONS ESPAGNOLES : VERS QUEL TRANSIT POST TRANSITION DEMOCRATIQUE ? (IRIS, Jean-Jacques Kourliansky)

Le 28 avril 2019, les Espagnols sont appelés aux urnes pour désigner leurs 350 députés. Et qui sait, permettre la formation d’un gouvernement disposant d’une majorité, introuvable depuis la dernière consultation. Le président sortant, le socialiste Pedro Sanchez, avait réussi le 1er juin 2018 à renverser le populaire Mariano Rajoy, fragile vainqueur des législatives du 26 juin 2016. Il a dû, faute de périmètre parlementaire suffisant, ne disposant que de 85 députés sur 350, jeter l’éponge huit mois plus tard. Cette instabilité est inattendue dans une Espagne où pendant plusieurs années droite et gauche ont alterné sans problème. Les raisons objectives ont sans doute joué. L’insubordination constitutionnelle catalane « gèle » une part importante des électeurs catalans espagnols de droite et de gauche. L’afflux de migrants dans un pays ayant envoyé les siens pendant longtemps aux Amériques et en Europe l’a déstabilisé. La longue crise économique et le chômage de masse ont dilué bien des allégeances partisanes. Le culte du futur – des artistes de la « movida » au parti Ciudadanos – a opacifié le passé en l’instrumentalisant. La transition espagnole de la dictature franquiste à la démocratie faisait figure de modèle il y a encore quelques années. Avec la crise économique de 2008, les certitudes sont tombées. D’indignations juvéniles en nostalgies médiévales, le passé antérieur a repris des couleurs. L’Espagne serait sortie de la transition. Pour entrer en transit, un transit pour l’instant réduit à la salle des pas perdus, décorée de symboles franquistes, de bannières républicaines et de senyeras catalanes. Au point d’égarer dans un nouveau labyrinthe les « amis » étrangers de l’Espagne. 41 sénateurs français, de toutes obédiences, ont dénoncé le retour du franquisme, l’existence de prisonniers politiques. Le président mexicain, Andrés Manuel Lopez Obrador, a de son côté réactualisé une Espagne de la « légende noire ». Donald Trump, en mettant les firmes espagnoles ayant investi à Cuba sur le banc des accusés aux États-Unis, a complété le tableau. La monarchie, l’une des clefs de voûte de la transition, est interpellée de divers côtés. Par les indépendantistes catalans, mais aussi par le parti de gauche Podemos. La loi de mémoire historique, visant à réhabiliter les vaincus républicains de la guerre d’Espagne, est ignorée par la droite espagnole. L’Espagne fait débat en Catalogne en ordre dispersé, chez les indépendantistes, et ailleurs au sein des droites nationales, Parti populaire, Ciudadanos et Vox. Le féminisme, valeur phare de la modernité démocratique espagnole, est remis en question par la droite espagnole. Difficile de faire table rase du passé. Le défaut de la cuirasse démocratique fabriquée par les acteurs de la transition est sans doute là. On a recyclé les franquistes, on a ajouté les anciens exclus démocrates de tout poil. Puis ensemble on a tourné la page solennellement avec une loi d’amnistie, une Constitution et l’État des autonomies régionales. Le vaisseau a été regardé comme un modèle de sortie de dictature, en Amérique latine et en Europe de l’Est.

Cette transition qui a mal digéré son histoire récente peut-elle paradoxalement faciliter le transit vers un équilibre consensuel ?

À première vue c’est mal engagé. Pedro Sanchez, a tenté, sans succès, de déménager le corps du dictateur. Le caudillo, Francisco Franco, repose en effet dans un sanctuaire, subventionné par l’État de la transition. Pablo Casado, jeune taureau du Parti populaire, diffuse rumeurs, attaques personnelles et fantômes de la défunte ETA, en guise de campagne. Le Centre a basculé à droite toute. En acceptant les votes d’un tout nouveau parti d’extrême-droite, Vox qui a fait irruption le 2 décembre 2018 aux régionales andalouses. Les indépendantistes catalans avec la compréhension de Podemos, de la droite flamande, et d’un cocktail de sénateurs français vendent l’image d’une Espagne définitivement marquée par ses antécédents franquistes.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.iris-france.org/135905-elections-espagnoles-vers-quel-transit-post-transition-democratique/

Le site IRIS est répertorié 
dans la rubrique "ThinkTanks" de la "Communauté Défense et Sécurité" d'ESPRITSURCOUF.fr

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DÉFENSE

 

Quelle inquiétude peut venir du grand débat, si ce n’est celui de voir le budget des armées servir à nouveau de variable d’ajustement ? Nos forces ont besoin de matériels, et c’est bien là que se pose la question la plus juste, que ce soit pour les forces spéciales, avec cette attribution supplémentaire au 13ème RDP, ou dans la lecture de l’instruction ministérielle sur les opérations d’armement.

 

1LE 13è RÉGIMENT DE DRAGONS PARACHUTISTES RECEVRA DEUX VECTEURS NAUTIQUES D’INFLITRATION « SQUALE » DE PLUS (OPEX 360, Laurent Lagneau)

 

Généralement, les commandes passées auprès des chantiers navals par le ministère des Armées sont destinées à la Marine nationale ou la Gendarmerie maritime. Et il moins fréquent que l’armée de Terre en soit la bénéficiaire, alors qu’elle dispose d’unités nautiques, comme par exemple le 2e escadron du 13e Régiment de Dragons Parachutistes [RDP], dont la mission est de s’infiltrer en territoire hostile via la mer,  les fleuves et les rivières. Pour cela, l’escadron dispose, depuis décembre 2017, d’un « Vecteur Nautique d’Infiltration » appelé SQUALE. Financée par le budget de fonctionnement de l’État-major de l’armée de Terre [EMAT], cette embarcation a été conçu en collaboration avec la Section technique de l’armée de Terre [STAT], le chantier naval UFAST et le commandement des Forces spéciales Terre [CFST], avec l’expertise de la Direction générale de l’armement [DGA]. « Ce processus vertueux a abouti, dans un délai particulièrement contraint (1an) à la satisfaction du besoin opérationnel », avait expliqué le Sirpa Terre, à l’époque. Combien de « SQUALE » avaient été livrés au 2e escadron du 13e RDP? Cela n’avait pas été précisé. En revanche, on sait, depuis ce 19 avril, que deux autres exemplaires ont été commandés à l’occasion de visite, à Quimper, des installations d’UFAST par la ministre des Armées, Florence Parly.

Retrouvez l’intégralité de cet article avec ce lien :
http://www.opex360.com/2019/04/19/le-13e-regiment-de-dragons-parachutistes-recevra-deux-vecteurs-nautiques-dinfiltration-squale-de-plus/

 

2 –   PARUTION AU BULLETIN OFFICIEL DE L’INSTRUCTION MINISTÉRIELLE SUR LES OPÉRATIONS D’ARMEMENT (Défense, DICOD)

Les instructions ministérielles IM 100, relative aux opérations d’investissement du ministère des armées, et IM 1618, sur le déroulement des opérations d’armement, ont été publiées au Bulletin officiel (BO) des armées, respectivement le 4 avril et le 11 avril 2019.

L’IM 100 : c’est l’instruction « Faîtière ». Elle définit les objectifs et principes applicables aux investissements du ministère des armées, leur gouvernance et les modalités de conduite et de suivi des projets. En particulier applicable aux opérations d’armement, elle précise les modalités particulières de leur conduite et, en particulier, le contenu des travaux à réaliser au cours de leurs différentes phases. L’IM 1618 (ex-« 1516 NG » : littéralement baptisée instruction ministérielle sur les opérations d’armement (IMOA), elle définit le déroulement des opérations d’armement. ’Elle découle de l’IM 100. Elle est un des piliers de la transformation de la DGA . Elle permet de simplifier et d’accélérer le cycle d’acquisition des équipements. Accompagnée de son guide d’application co-signé par le délégué général pour l’armement, Joël Barre, et le chef d’état-major des armées, François Lecointre, le 19 février 2019, l’IMOA est la référence et la nouvelle méthode de travail plus simple et plus collaborative en matière de conduite des opérations d’armement.

Retrouvez l’intégralité de cet article avec ce lien (notamment pour la vidéo) :
https://www.defense.gouv.fr/dga/actualite/parution-au-bulletin-officiel-de-l-instruction-ministerielle-sur-les-operations-d-armement

Le site de la DICoD est répertorié 
dans la rubrique "Institutions gouvernementales" de la "Communauté Défense et Sécurité" d'ESPRITSURCOUF.fr

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3 SELON MME PARLY, LE BUDGET DES ARMEES NE SERVIRA PAS A FINANCER LES MESURES PRISES APRES LE GRAND DEBAT (OPEX 360, Laurent Lagneau)

Certains, notamment au sein des « gilets jaunes », se sont émus des 700 millions d’euros de dons annoncés par de grands groupes industriels pour financer la reconstruction de la cathédrale de Notre-Dame de Paris. Ainsi, Ingrid Levavasseur, une des « figures » du mouvement, a dénoncé « l’inertie des grands groupes face à la misère sociale alors qu’ils prouvent leur capacité à mobiliser en une seule nuit ‘un pognon de dingue’ pour Notre-Dame. » Mais quand on fait un simple calcul, si l’on devait distribuer 700 millions d’euros ne serait-ce qu’aux 10 millions de Français les plus modestes, chacun d’entre-eux recevrait un peu moins de 6 euros par mois pendant un an. Autrement dit, cela reviendrait à disperser des moyens sans que la condition des bénéficiaires aient évolué significativement. Est-ce de la bonne politique? À chacun de se faire une opinion. En tout cas, retirer des moyens aux armées pour financer des mesures sociales [ou équilibrer les finances publiques] est la tentation de beaucoup, comme l’a montré la restitution des contribution au grand débat national. Et tant pis si l’on envoie de jeunes soldats en opération avec des blindés vieux de 40 ans ou si la Marine nationale doit annuler des missions de police des pêches ou de lutte contre les trafics parce que l’une de ses frégates a une grosse avarie. D’ailleurs, c’est l’angle qu’a choisi le journaliste Jean-Pierre Elkabbach pour mettre sur le grill Florence Parly, la ministre des Armées, qu’il recevait ce 19 avril sur le plateau de CNEWS. En effet, l’incendie de Notre-Dame ayant bousculé l’agenda de l’Élysée, le président Macron devait annoncer cette semaine des mesures décidées à l’issue du grand débat national. D’après des fuites dans la presse, il était notamment question de suspendre les fermetures d’écoles d’ici à 2022, de réduire l’impôt sur le revenu ou de réindexer les petites retraites sur l’inflation. Et cela ne sera pas sans conséquences sur les finances publiques, surtout après les 10 milliards déjà débloqués en décembre dernier pour répondre à certaines revendications exprimées lors du mouvement des « gilets jaunes ». D’où la question posée par M. Elkabbach à la ministre des Armées. « Souvent, le budget de la Défense sert de variable d’ajustement. Quelles économies on vous a demandé de faire ou vous promettez de faire? », a-t-il demandé. Visiblement, pour Mme Parly, ceux qui lorgnaient sur le budget des Armées en seront pour leurs frais. « On m’a permis de présenter une Loi de programmation militaire il y a moins d’un an au Parlement. […] Et le président de la République comme le Premier ministre ont récemment rappelé que, en un an, les menaces qui pèsent sur le monde […] n’ont pas diminué, ni faibli », a-t-elle souligné. Par conséquent, et se fiant aux déclarations faites par le Premier ministre, Édouard Philippe, devant le Parlement, les « moyens qui étaient destinés au budget du ministère des Armées seront préservés », a assuré Mme Parly. Effectivement, à l’Assemblée nationale, M. Philippe avait été très clair lors de la déclaration du Gouvernement relative au grand débat national, le 8 avril dernier. L’un des grands absents « de ce grand débat, c’est la sécurité. Les sujets régaliens ne figuraient pas dans les questionnaires adressés aux Français. Ces thèmes auraient pu, comme d’autres, s’imposer. Cela n’a pas été le cas, et il faut relever que, lorsqu’on interroge les Français sur les économies à faire en matière de dépenses publiques, ceux qui ont répondu proposent d’abord de réduire notre effort de défense. Ce n’est pas, mesdames et messieurs les députés, le choix que nous avons fait, au contraire », avait déclaré le Premier ministre. Et d’insister : « Le monde dans lequel nous vivons est dangereux, et il ne va pas l’être moins dans les années qui viennent. Ce danger peut être loin de nos frontières. Il peut aussi se manifester au plus près de chacun d’entre nous. Nous en avons été témoins très douloureusement ces dernières années. Nos intérêts doivent pouvoir être défendus. Nous n’allons donc pas changer d’orientation sur ces sujets. Mettre plus de policiers et de magistrats sur le terrain, donner à nos armées les moyens dont elles ont besoin, c’est plus que jamais notre engagement pour notre pays. »

Retrouvez l’intégralité de cet article avec ce lien :
http://www.opex360.com/2019/04/19/selon-mme-parly-le-budget-des-armees-ne-servira-pas-a-financer-des-mesures-prises-apres-le-grand-debat/

 

ÉCONOMIE 

 

Cette semaine, EspritSurcouf a retenu quatre grands thèmes, liés à l’industrie, et aux relations géo-économiques du monde moderne. Tout d’abord, dans le domaine de la défense, et des conditions du neuf et de l’occasion, deux articles nous montrent les conditions du progrès industriel ; ensuite, ce sont les défis auxquels doit faire face l’Afrique, dans sa zone de libre-échange ; enfin, la question des certificats de conformité se pose pour Boeing, après les derniers crashs largement commentés.

 

1 CHANTIER NAVAL. LA FREMM ALSACE MISE A FLOT A LORIENT (Ouest France, Marion Durand)

Après 13 mois de construction, la Fremm Alsace, neuvième Frégate multimissions de Naval group, a été mise à flot, jeudi 18 avril à Lorient. Destinée à la Marine nationale, c’est la première des deux frégates de défense aérienne du programme. Elle sera livrée à l’été 2021. La frégate Fremm Alsace (Frégate multimissions) est sortie de la forme de construction du site Naval Group de Lorient. Treize mois après le début de sa conception, le navire de 6 000 tonnes a été mis à flot jeudi 18 avril 2019. L’Alsace (142 m de long, 20 m de large, vitesse maximale de 27 nœuds) embarquera jusqu’à 165 personnes à son bord. Cette neuvième frégate est la première à bénéficier de capacités de défense aérienne renforcées, d’où son nouvel acronyme Fremm DA (défense aérienne). À la différence des précédentes unités, spécialisées dans la lutte anti-sous-marine, l’ Alsace conserve« l’architecture des premières Fremm auquel s’ajoutent des capacités accrues en matière de lutte antiaérienne » , détaille Laurent Moser, directeur du site Naval Group de Lorient. Le navire bénéficie d’équipements plus puissants en matière de radar et de missiles aériens. Trois consoles multifonctions s’ajoutent aux 17 déjà présentes pour « améliorer les capacités de surveillance » .

Destinée à la Marine Nationale

Sur le site Lorientais, près de 1 400 personnes ont participé, de près ou de loin, à sa construction. Le navire rejoindra son port d’attache à Toulon à l’été 2021. En attendant, il restera plusieurs mois au quai Stosskopf, sur la rive gauche du Scorff afin de procéder à l’armement. « L’ Alsace assurera la défense des unités majeures, tels le porte-avions Charles de Gaulle ou encore des porte-hélicoptères amphibie » , explique le directeur. Il effectuera ses premiers essais en mer début 2021. La Fremm Alsace est la septième frégate destinée à la Marine française. La Normandie, dernière frégate mise à l’eau en février 2018, sera livrée cet été. Le programme prévoit un deuxième navire aux capacités de lutte antiaérienne, La Lorraine . Sa construction débutera en septembre 2019 pour une livraison à la Marine en 2022. La Lorraine, dixième et dernière frégate commandée, met fin à la phase construction des Fremm. « Le programme continue après 2022 car Naval Group assurera l’entretien, la garantie et améliorera les navires »

Retrouvez l’intégralité de cet article avec ce lien :
https://www.ouest-france.fr/bretagne/lorient-56100/la-fremm-alsace-mise-flot-lorient-6315121

 

2LES FAILLES INFORMATIONNELLES DES CERTIFICATS DE CONFORMITE DANS L’AFFAIRE BOEING (Infoguerre, Marine Jaluzot)

Le 10 mars 2019, un avion de la compagnie Ethiopian Airlines s’est écrasé au sud-est d’Addis Abeba, tuant les 157 personnes à bord. C’est le second accident meurtrier en cinq mois impliquant ce modèle entré en service en mai 2017. Un 737 MAX 8 de la compagnie indonésienne Lion Air s’était écrasé en octobre 2018, faisant 189 morts. Dans les deux accidents, les avions neufs se sont écrasés peu de temps après le décollage — six minutes après pour Ethiopian Airlines et 13 minutes pour Lion Air. L’enquête sur le crash de Lion Air avait mis en cause un problème sur le fameux système de stabilisation en vol appelé « MCAS ». En effet, le MCAS («Maneuvering Characteristics Augmentation System»), a été spécialement conçu pour le 737 MAX afin de le protéger du risque de décrochage. Cette anomalie semble avoir conduit l’ordinateur de bord à mettre l’avion en piqué au lieu de le redresser. La publication du rapport préliminaire sur l’accident d’Ethiopian Airlines met clairement en cause le système de contrôle de cet appareil et dédouane les pilotes. Que ce soit clair: Ethiopian Airlines croit en Boeing. C’est notre partenaire depuis de nombreuses années », affirme Tewolde GebreMariam dans un communiqué. »Malgré la tragédie, Boeing et Ethiopian Airlines continueront d’être liés à l’avenir », ajoute-t-il. De la même façon,  le PDG de Boeing, a redit la confiance «dans la sécurité intrinsèque du 737 MAX». (1 Malgré les déclarations du PDG de Boeing, cela n’a pas empêché une succession d’ interdictions de vol et de survol. Avant l’Europe, l’Asie avait déclenché l’offensive contre la gamme de Boeing, avec des suspensions ou interdictions de vols de l’Australie, de la Malaisie, de Singapour et du sultanat d’Oman, et surtout de la Chine, où 76 de ces appareils ont été livrés. L’agence européenne de sécurité aérienne (EASA) a décidé de suspendre, «à partir de 19h00 GMT», tous les vols de ces appareils, qu’il s’agisse des MAX 8 ou des MAX 9, qu’ils soient à destination, au départ, ou à l’intérieur de l’Union européenne, que les opérateurs soient européens ou issus de pays tiers. Toutes ces décisions s’ajoutent aux décisions de nombreuses compagnies aériennes de bouder ces appareils jusqu’à nouvel ordre, constituent une manifestation de défiance inédite dans l’histoire de l’aviation civile, mais ne devraient pas pour autant semer le chaos dans le trafic aérien mondial. Les 737 MAX sont entrés en service qu’en mai 2017. Plus de 370 appareils de cette famille volent dans le monde aujourd’hui, un chiffre à mettre en regard des quelque 19.000 avions d’au moins 100 passagers en service au niveau international.

 Boeing a-t-il privilégié la compétition économique par une démarcher d’auto-certification ?

n fin d’année 2013, Airbus totalise 51% en part de marché pour les avions de plus de 100 places et devance ainsi Boeing sur tous les créneaux. En effet, l’A320NEO a pris 56% du marché contre 44% pour le B737MAX. Face à cette perte de part de marché, Boeing décide de réagir en mettent la pression à la FAA. Selon les témoignages d’anciens et d’actuels ingénieurs chez Boeing rapportés dans  « Seattle Times » et «  La Tribune » racontent que la FAA([1]) aurait certifié le système MCAS de façon inappropriée en 2015, en déléguant une grande partie de la certification du 737 MAX et de son logiciel MCAS à des ingénieurs de Boeing pour pouvoir gagner du temps et rattraper le retard accusé face au modèle concurrent (l’A320 Neo d’Airbus). Modèle d’Airbus arrivé sur le marché neuf mois avant celui de Boeing. « Il n’y a pas eu d’examen complet et approprié des documents », a déclaré un ancien ingénieur au Seattle Times. “L’examen a été précipité pour atteindre certaines dates de certification.”Une version des faits réfutée par le régulateur américain auprès de l’AFP. En concevant le 737 Max, Boeing vendait aux compagnies aériennes des économies de carburant, des réductions de coûts d’exploitation et d’autres améliorations. Mais en même temps, il essayait d’éviter les modifications aérodynamiques et de maniabilité globales qui auraient pour effet d’inciter la F.A.A. à demander à ce que les pilotes de 737 suivent une nouvelle formation plus longue sur les différences de système entre la version actuelle de l’avion, le 737 NG, et le Max à l’aide de simulateurs En choisissant de limiter les différences entre les modèles, Boeing permettait aux compagnies aériennes de gagner du temps et de l’argent en ne plaçant pas leurs pilotes 737 dans des simulateurs pendant des heures pour s’entraîner sur le nouvel avion, ce qui rendrait le passage au Max plus attrayant. Mais les ingénieurs de Boeing ont eu un problème. Comme les nouveaux moteurs du Max étaient plus volumineux que ceux de la version précédente, ils devaient être montés plus haut et plus en avant sur les ailes pour offrir une garde au sol adéquate. Les premières analyses ont révélé que ce montage, fait différemment, aurait un effet déstabilisateur sur l’avion, en particulier à basse vitesse lors de manœuvres serrées en virage serré, a déclaré M. Ludtke. On pourrait parler d’auto-certification, pratique  que Boeing a semble-t-il déjà pratiqué dans le cas des batteries de lithium pour le Dreamliner. La motivation de leur alliance se fonderait sur les intérêts de compétitions économiques pour Boeing et en disposant de bureaux dans des usines Boeing, la FAA bénéficie du personnel de Boeing pour remplir ses missions. Opération gagnante pour les deux partenaires.

 Les limites des relations entre le constructeur aérien américain et les système de régulation

L’auto-certification a augmenté ces dernières années dans l’industrie aéronautique, alors que certains experts sont d’avis que les nouvelles technologies exigeraient, au contraire, un renforcement des organes d’expertise neutres. Les processus de certification de la FAA pour le Boeing 737 MAX, pourraient être remis en cause, En effet, le 737 MAX a été certifié comme une variante du 737 Next Generation, l’avion qu’il a remplacé, malgré des différences majeures dans le moteur et l’ajout du MCAS, selon des documents disponibles sur le site Web de la FAA. Boeing en tant que leader, pense qu’aucune communication particulière est nécessaire pour bien informer les pilotes des singularités du nouvel équipement. « Faire du neuf avec du vieux ». Il apparaît aujourd’hui que ce ne sont pas des experts de la FAA, mais bien les ingénieurs de Boeing eux-mêmes qui ont évalué de nombreuses particularités de l’appareil et les ont certifiées conformes aux critères de sécurité. Selon le quotidien américain, la FAA se serait contentée pour l’essentiel de jouer un rôle administratif. Ce manque de transparence dans leur communication peut aussi s’expliquer, compte tenu du fait des liens étroits entre Boeing et le régulateur. La FAA a déclaré qu’elle avait déjà ordonné à Boeing de mettre au point un correctif pour les problèmes liés au système MCAS.  En effet, des pilotes américains ont fait part à Boeing des problèmes qui ont suivi le crash de l’avion d’Air, dans la gestion des procédures du MCAS. Mais l’agence n’a pas été en mesure de décrire les modifications apportées à l’avion par Boeing après l’accident de Lion Air. Selon les ingénieurs et des responsables de la sécurité impliquée, cette décision aurait peut-être conduit Boeing à sous-estimer les risques potentiels et à ne pas relayer efficacement les informations aux pilotes et aux exploitants et voir même à minimiser le niveau de contrôle de MCAS sur les aéronefs qui en sont équipés. Dans le cadre des tests de la mise à jour du MCAS, Boeing a identifié « un aspect du logiciel -sans lien avec le MCAS- qui doit être corrigé », a indiqué par ailleurs un porte-parole de Boeing, qualifiant le problème de « mineur » et soulignant que le constructeur avait « déjà la solution ». Le groupe a qualifié le problème de «relativement insignifiant». Cependant, deux sources proches de l’enquête ont informé « The Washington Post », qu’il s’agissait d’une question revêtant une importance critique pour la sécurité des vols. Selon un expert de l’aviation qui a requis l’anonymat, Boeing avait déjà préparé quelques modifications pour le système à la fin de 2018, mais l’approbation réglementaire et l’installation ultérieure des modifications ont été retardées par la paralysie d’une partie de l’administration fédérale à cause de la longueur du conflit (5 semaines), entre la Présidence et le Congrès gouvernement américain. En attendant, les résultats des enquêtes, les déclarations d’Air Canada et WestJet Airlines viennent ajouter un sérieux trouble sur la construction du business modèle commercial de Boeing. Les deux compagnies ont indiqué avoir acheté des « voyants désaccord », utilisés par le système logiciel de l’avion pour éviter les décrochages. Le « New York Times » a indiqué que les avions d’Ethiopian Airlines et de Lion Air qui se sont écrasés au sol, n’auraient pas été équipés d’indicateurs d’incidence et de « voyants désaccords ». Selon l’article du quotidien new-yorkais, ces dispositifs de sécurité ne sont pas automatiquement inclus dans les avions et sont proposés par Boeing en tant qu’options supplémentaires. La porte-parole d’Air Canada, Isabelle Arthur, a indiqué que la compagnie aérienne avait acheté ces deux dispositifs pour sa flotte de 24 avions MAX 8. Cependant, la porte-parole de WestJet, Morgan Bell, a indiqué que les 13 avions MAX 8 du transporteur aérien de Calgary n’étaient pas équipés d’indicateurs d’incidence. Aucune des deux lignes aériennes n’a voulu divulguer le coût d’achat de ces options. Idem pour Sunwing Airlines, qui possède quatre MAX 8, et Boeing n’ont pas immédiatement répondu à une demande de commentaire. Dans la hâte d’utiliser la nouvelle plate-forme et en raison de contraintes budgétaires, La FAA a délégué une partie de la responsabilité de la conformité à la réglementation aux entreprises relevant de sa compétence. Depuis lors, de nombreuses affaires très médiatisées – dont certaines ont été révélées par des lanceurs d’alerte – ont mis en lumière la mesure dans laquelle la FAA maintenait ce que le président du Comité des transports et de l’infrastructure de la Chambre avait décrit en 2008 comme une « culture de convivialité » entre l’industrie et les régulateurs. Dans le cadre d’un programme appelé autorisation de désignation d’organisation (ODA)[2], les employés de Boeing sont agréés par la FAA pour aider à approuver l’autorisation de vol de l’aéronef ainsi que la formation des pilotes aux procédures des équipements. Cela a conduit à « des méfaits, à la limite de la corruption ». Le sénateur Richard Blumenthal a jugé que cette sous-traitance de la régulation était « défaillante », tandis que son collègue Ted Cruz a noté qu’une relation étroite entre l’industrie et les régulateurs » sapait la confiance du grand public.

Retrouvez l’intégralité de cet article avec ce lien :
https://infoguerre.fr/2019/04/failles-informationnelles-certificats-de-conformite-laffaire-boeing/

3 LA ZONE DE LIBRE-ECHANGE CONTINENTALE (ZLEC) DE L’UNION AFRICAINE, 8 DEFIS A RELEVER (IRIS, Pierre Jacquemot)

C’est au volontarisme de Paul Kagamé, le président du Rwanda qui fut en 2018 le président de l’Union africaine, que l’on doit la mise en orbite de la Zone de libre-échange continental (ZLEC), embryon d’un marché unique à l’échelle du continent africain. L’objectif est d’établir un marché intégré de plus de 1,2 milliard d’habitants, pour les biens et les services et incluant la libre circulation des personnes et des capitaux. Adopté par 44 chefs d’État à Kigali, le 21 mars 2018, l’entrée en vigueur effective de l’accord était conditionnée par sa ratification par au minimum 22 États. Avec la Gambie, au début avril 2019, ce fut fait : 22 Parlements nationaux l’ont désormais ratifié. Cet accord est l’aboutissement d’une longue histoire, née avec le panafricanisme des indépendances, le rêve de Kwame Nkrumah d’une « Union des États africains ». Si elle est effectivement mise en place, la ZLEC sera la plus grande du monde. Par périodes successives, cette initiative pourrait se transformer en un accord contraignant et fonctionnel.

Défi 1. Inclure le Nigeria

On retrouve dans la ZLEC des économies qui, par leur taille et leur potentiel, peuvent dynamiser l’intégration économique, avec au Nord, le Maroc et l’Égypte, à l’Est, le Kenya, et au Sud, l’Afrique du Sud. Seul manque au tableau le Nigeria, premier PIB d’Afrique. Ce pays a suspendu sa signature. Cette attitude s’explique par le défi que pose la ZLEC vis-à-vis de l’agenda économique national qui repose sur la substitution des importations et la protection des industries nigérianes. L’économie politique des réformes commerciales au Nigeria est complexe, car son marché intérieur est vaste et fortement protégé, elle exporte peu en Afrique (seulement 9 % de ses produits). Toutefois, le pays, qui compte 186 millions d’habitants, ne pourra rester longtemps à l’écart. Pour des raisons de diversification et de politique extérieure (le pays espère un jour devenir membre permanent du Conseil de sécurité), le Nigeria devrait s’inscrire tôt ou tard dans la ZLEC.

Défi 2. Synchroniser les Communautés existantes

La ZLEC se fonde sur une démarche de construction par blocs. Elle vise à capitaliser les acquis existants en matière de libéralisation et d’intégration régionales et à les consolider afin, à terme, d’arriver à un niveau égal sinon supérieur à l’échelle du continent. Un espoir qui s’inscrit dans le long terme et qui passe nécessairement par la consolidation puis par la synchronisation des socles régionaux existants. On en compte aujourd’hui 14 censés représenter autant d’espaces de libre circulation des personnes, des biens et des services. Certains États sont membres de plusieurs organisations à la fois. Elles forment « le bol de spaghettis » au sein duquel le commerce reste encore marginal, de l’ordre de 16 % en moyenne, avec une mauvaise note pour la CEEAC au centre de l’Afrique et une meilleure pour la CAE à l’Est. Cela signifie qu’il ne suffit pas de lever formellement les barrières douanières pour échanger.

Défi 3. Lever les « pratiques anormales »

L’idée de base qui sous-tend ce type de projet est qu’un marché régional au sein duquel la circulation des marchandises est libre et protégée vis-à-vis de l’extérieur par un tarif unifié est bénéfique pour tous. Sous réserve, cependant, de créer, au sein de l’espace concerné, les conditions de concurrence, d’économies d’échelle et de trafic nécessaires au développement des échanges. Les obstacles non tarifaires internes restent, en effet, nombreux et bien enracinés : contingentements imprévus, refus des conditions préférentielles, mauvaises conditions d’acheminement et de stockage… L’équivalent tarifaire de ces obstacles est évalué en moyenne à 40 %, un taux beaucoup plus élevé que les tarifs appliqués par la plupart des pays du monde. La ZLEC ne permettra pas de supprimer ipso facto toutes ces entraves, et pas davantage ce que les économistes appellent pudiquement les « pratiques anormales » : rançonnements aux frontières, « tracasseries routières », contrôles abusifs, etc. Il faut au moins 30 jours de dédouanement des marchandises en Afrique de l’Ouest, alors qu’en Europe cette démarche administrative ne dépasse pas 10 jours. D’autres mesures s’imposent pour réduire les délais opérationnels et bureaucratiques, lever les barrages routiers et alléger les distorsions introduites par des réglementations archaïques.

Défi 4. Jouer sur les spécialisations régionales

La taille des marchés dans les ensembles territoriaux encore modestes n’a pas permis d’obtenir des économies d’échelle raisonnablement significatives. En outre, des structures économiques proches, aux activités parfois similaires, n’ont que peu de biens complémentaires à échanger. Pour échanger, il faut des complémentarités : la Côte d’Ivoire ne vend pas son cacao au Mali qui ne lui vend pas son or ; ni le Kenya ses fleurs coupées à l’Éthiopie qui en produit aussi. Le cas de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) est typique d’une absence de complémentarité. L’appartenance commune pour six membres à la zone franc, c’est-à-dire à une monnaie unique, le franc CFA, supposée faciliter les échanges communautaires, n’a guère d’influence, puisque le taux d’intégration régionale, qui mesure la part du commerce entre les pays membres, demeure inférieur à 10 %. Pour autant, on peut considérer que le potentiel de croissance des échanges régionaux est élevé. L’exploitation de synergies peut s’illustrer en termes géographiques, au vu par exemple de la complémentarité naturelle entre pays côtiers et pays enclavés, en particulier en produits alimentaires. La densification potentielle des échanges est liée au niveau et au rythme de croissance de la consommation urbaine. Elle augmente à un rythme soutenu tiré à 60 % par l’augmentation de la population et le reste par la demande de biens et services des classes moyennes en croissance exponentielle. L’intérêt de répondre aux besoins spécifiques des consommateurs régionaux est manifeste non seulement pour l’alimentation, mais aussi dans plusieurs secteurs, comme l’industrie pharmaceutique et cosmétique, le textile, les matériaux de construction et les services financiers.

Défi 5. Lever les incohérences internes

L’objectif déclaré est de libéraliser 90 % des produits commercialisés dans le cadre de la ZLEC. Cela représente une part du commerce bien inférieure à la norme acceptée dans les accords régionaux. En effet, conformément à l’article 24 de l’OMC régissant les accords de libre-échange entre membres, ceux-ci devraient inclure « pratiquement tous les échanges ». Les accords euroméditerranéens entre l’UE et le Maroc, l’Égypte, etc., visent à libéraliser « tous » les échanges de produits manufacturés, tout en prévoyant des exceptions dans le secteur de l’agriculture. Par exemple, dans le cadre de l’ALE UE-Maroc, 100 % des produits manufacturés entrent dans l’UE en franchise de droits, tandis que 80 % des exportations agricoles le font.  Autoriser la protection sur 10 % des produits peut, en pratique, annuler une grande partie des avantages de l’accord en sélectionnant de manière stratégique des produits qui conserveront la protection. Pour jouer l’intégration régionale, il serait nécessaire que les produits devant être libéralisés à un stade précoce incluent ceux qui peuvent fournir une échelle significative de diversification en Afrique, notamment les produits manufacturés à forte intensité de main-d’œuvre, et les produits agricoles dans lesquels les pays peuvent développer un avantage comparatif. Certains analystes mettent en garde contre les risques qu’un accord tel que celui de la ZLEC pourrait avoir sur les pays les plus faibles et les populations fragiles. Le coût de l’intégration à une union douanière au sein d’une telle organisation à géométrie variable sera élevé pour des pays handicapés par leur enclavement et la modeste diversification de leurs activités. Pour eux, sans mécanisme de compensation et de péréquation, l’argument des bénéfices du libre-échange n’apparaît guère convaincant. Mettre sur un même marché le Maroc, dont 75 % de ses exportations sont composées de plus de 80 lignes de produits, et le Tchad, pour qui le seul pétrole totalise plus de ce même taux (82 %) se révèle être un rapport inégal.

Défi 6. Adopter des règles d’origine efficaces

Définir et attribuer l’origine des marchandises constituera un défi particulier pour la ZLEC en raison du nombre de pays impliqués dans l’accord. Les règles d’origine sont les critères permettant de déterminer le pays d’origine d’un produit. Elles sont importantes du fait que les droits et restrictions applicables dépendent dans bien des cas de la provenance des produits importés. Des règles mal conçues peuvent, dans une large mesure, annuler les avantages d’un accord commercial. Si elles sont restrictives, elles peuvent empêcher non seulement les importations d’intrants intermédiaires en provenance de pays tiers, risquant ainsi de compromettre la spécialisation et la compétitivité. Pour ces raisons, une règle simple, telle que 50 % de la valeur ajoutée devrait être originaire d’Afrique, sera probablement retenue. Des critères plus complexes, tels que les exigences de valeur ajoutée spécifiques à un produit, celles liées à la reclassification, ou celles attribuant l’origine au processus de production, doivent être utilisées avec parcimonie ou totalement évitées.

Défi 7. Lever les incohérences externes

Sur le plan externe, les gouvernements africains vont en toute probabilité continuer de s’engager avec l’OMC et les traités bilatéraux. Avec la multiplication des régimes commerciaux (Accords de partenariat économique avec l’Union européenne, régime « tout sauf les armes », SPG…), le paysage des relations entre l’Afrique et l’extérieur s’est incroyablement complexifié au regard de ce qu’il était il y a vingt ans.

Retrouvez l’intégralité de cet article avec ce lien :
http://www.iris-france.org/135849-la-zone-de-libre-echange-continentale-zlec-de-lunion-africaine-8-defis-a-relever/

Le site IRIS est répertorié 
dans la rubrique "ThinkTanks" de la "Communauté Défense et Sécurité" d'ESPRITSURCOUF.fr

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4 LES SUPER-ETENDARD MODERNISES QUITTENT LA FRANCE (Le Marin, Haude-Marie Thomas)

Cinq Super-étendard modernisés, retirés du service actif en juillet 2016, vont rejoindre l’aéronavale argentine. Les Super-étendard modernisés (SEM), qui ont été au coeur de négociations à rebondissements avec l’Argentine, ont pris la mer le 17 avril de Radicatel sur le cargo polyvalent Lily Auerbach, un peu plus d’un an après la signature du contrat de vente et huit mois après le versement des 12 millions d’euros de la facture. Le site Infodefensa ajoutait, lors de la signature du contrat, qu’à ce montant, comprenant les avions mais aussi les pièces de rechange et la documentation technique, s’ajoutait 1,7 million d’euros pour le transport de ces avions de la base de Châteaudun au port de Bahia Blanca à Buenos Aires.  Le transport maritime étant effectué par le transitaire Clasquin. Notre confrère argentin Hernan Favier précise qu’en plus des appareils, huit moteurs ATAR8K50, le simulateur, le lot d’outillage, le lot de banc d’épreuve et le lot de rechanges consommables ont été embarqués sur le Lily Auerbach.

L’aéronavale argentine attend les SEM depuis 2015 

La Marine argentine détient des Super-étendard depuis 1980 (14 unités livrées en deux ans) et elle les a engagés dans la guerre des Malouines. Il en reste 11 mais ils n’ont jamais été modernisés et sont désormais cloués au sol par manque de pièces détachées. Donc, depuis le retrait du service des Mirage argentins, l’aéronavale ne dispose plus d’avion supersonique en état de vol. Le Super-étendard modernisé est entré en service en France en 1992 et les appareils vendus à l’Argentine ont bénéficié de la dernière modernisation (standard 5 en 2006) avec les jumelles de vision nocturne, l’optimisation de la nacelle de désignation laser jour / nuit Damoclès, l’installation d’un pilote automatique numérique et du poste radio Saturn à évasion fréquence mais aussi de l’évolution du système de navigation et d’attaque.

 

TOUR D’HORIZON

DE MEDIAS SPÉCIALISÉS 

 

ESPRIT SURCOUF.fr vous offre un tour d’horizon des titres de fond propres à susciter la réflexion de défense et de sécurité

Afghanistan : forte explosion et tirs dans le centre de Kaboul (L’Orient le Jour, AFP)
https://www.lorientlejour.com/article/1167282/afghanistan-forte-explosion-et-tirs-dans-le-centre-de-kaboul.html

Malgré la fin de l’enquête russe, le rapprochement Trump-Poutine reste compliqué (45° Nord, AFP)
http://www.45enord.ca/2019/04/malgre-fin-enquete-russe-rapprochement-trump-poutine-reste-complique/

Palestine: tirs des forces d’occupation israéliennes sur Ghaza (L’Expression)
http://www.lexpressiondz.com/linformation_en_continue/314300-palestine-tirs-des-forces-d-039-occupation-israeliennes-sur-ghaza.html

Crise libyenne : Pour l’ONU et Salamé, le pire est à craindre (El Watan)
https://www.elwatan.com/edition/international/crise-libyenne-pour-lonu-et-salame-le-pire-est-a-craindre-2-20-04-2019

Israël aurait trouvé le moyen de faire face aux systèmes antiaériens russes S-300 (Sputnik France)
https://fr.sputniknews.com/international/201904201040818782-israel-missile-air-sol-systemes-s-300/

L’État islamique revendique sa première attaque en République démocratique du Congo (OPEX 360, Laurent Lagneau)
http://www.opex360.com/2019/04/19/letat-islamique-revendique-sa-premiere-attaque-en-republique-democratique-du-congo/

 

PARUS AU JOURNAL OFFICIEL 

 

Textes à ne pas négliger pour comprendre l’actualité de défense et de sécurité.

Décret n° 2019-334 du 17 avril 2019 modifiant le code de la santé publique pour adapter le dispositif du développement professionnel continu au service de santé des armées 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=719092C72CD35C19760F5799021A3707.tplgfr28s_1?cidTexte=JORFTEXT000038391467&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038391426

Arrêté du 5 avril 2019 relatif aux groupements de coopération sanitaire 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=719092C72CD35C19760F5799021A3707.tplgfr28s_1?cidTexte=JORFTEXT000038386523&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038386518

Arrêté du 10 avril 2019 relatif à l’organisation des enseignements dans les classes de troisième dites « prépa-métiers »
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=719092C72CD35C19760F5799021A3707.tplgfr28s_1?cidTexte=JORFTEXT000038386769&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038386518

Décret n° 2019-327 du 16 avril 2019 autorisant le rattachement par voie de fonds de concours des recettes provenant des dons versés au titre du financement des travaux de restauration et de la conservation de la cathédrale Notre-Dame de Paris 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=719092C72CD35C19760F5799021A3707.tplgfr28s_1?cidTexte=JORFTEXT000038383297&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038382970

Arrêté du 8 avril 2019 relatif au recrutement des sous-officiers du corps de soutien technique et administratif de la gendarmerie nationale 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=719092C72CD35C19760F5799021A3707.tplgfr28s_1?cidTexte=JORFTEXT000038376671&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000038376436

 

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