-GÉOPOLITIQUES : relations internationales, zones géographiques …
-DÉFENSES : militaire, sécurité intérieure, terrorisme …
-ÉCONOMIES : entreprise, industrie, technologie ….

Par Jacques Raimond

La revue de presse « Esprit Surcouf » vous propose une sélection hebdomadaire d’une dizaine d’articles, peu diffusés dans les médias traditionnels, présentés dans trois rubriques : géopolitiques, défenses, économies. La revue de presse y ajoute un tour d’horizon des médias spécialisés, ainsi que les textes officiels parus dans la semaine passée, utiles à consulter et à retenir.

  • GÉOPOLITIQUES :
  1. La Russie et l’emploi des armes nucléaires : le sens des propos de Vladimir Poutine lors de Valdaï 2018
  2. La fin de multilatéralisme : une victoire de Donald Trump ?
  3. Europe de la Défense : où va l’Union européenne ?
  • DÉFENSES :
  1. Réunion des ministres de la défense de l’initiative européenne d’intervention
  2. Un amendement a été déposé pour rétablir les crédits du ministère des Armées annulés par Bercy
  3. La DGA a notifié à Dassault Aviation l’étude de définition détaillée du futur avion de surveillance et d’intervention maritime du programme AVSIMAR
  • ÉCONOMIES :
  1. Rafale : le contrat du missile air-air MICA NG signé, le standard FR3-R qualifié
  2. Les enjeux économiques de la 5G
  3. Le ministère des Armées commande 567 missiles air-air MICA de nouvelle génération auprès de MBDA
  • TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPÉCIALISÉS
  • TEXTES PARUS AU JOURNAL OFFICIEL

 

 

GÉOPOLITIQUES

 

Trois sujets d’importance stratégique, au sens propre du terme employé en géopolitique sont proposés à la réflexion des lecteurs. Tout d’abord une analyse fine des propos tenus par Vladimir Poutine sur l’emploi de l’arme nucléaire, ensuite cette menace qui semble peser sur l’équilibre du monde, avec la fin du multilatéralisme, causée par la politique du dirigeant américain, et enfin, le sort de l’Europe de la défense, dans un contexte toujours aussi incertain.

 

1 – La Russie et l’emploi des armes nucléaires : le sens des propos de Vladimir Poutine lors de Valdaï 2018 (Fondation pour la recherche stratégique, Isabelle Facon, Bruno Tertrais)

 

Le 18 octobre 2018, lors de la quinzième édition de la grande conférence annuelle du cercle Valdaï, réunissant experts et personnalités russes et étrangères pour des discussions sur l’état du monde, le président Poutine est intervenu sous forme d’une interview conduite par le politologue Fiodor Loukianov. La thématique en était : « Le monde dans lequel nous allons vivre : stabilité et développement au 21è siècle ». Un passage de cette interview a retenu plus particulièrement l’attention : évoquant les risques de conflit nucléaire, le Président russe a défrayé la chronique en indiquant que les Russes, en pareille circonstance, iraient au « paradis » en tant que « martyrs » ; l’auteur de cette frappe, plus que certainement les Etats-Unis, irait, lui, en enfer, puisque la rétorsion de la Russie, en le détruisant, le priverait de la possibilité de se repentir… Ces formulations ont retenu l’attention. Sur la forme, elles rappellent un entretien diffusé début 2018 dans le cadre d’un documentaire dans lequel Vladimir Poutine, commentant les conséquences d’une riposte nucléaire russe, s’interrogeait sur un mode rejoignant la « thématique apocalyptique » du discours de Valdaï : « … comme citoyen de la Russie et comme chef de l’Etat russe, je me pose la question : à quoi bon pour nous un monde dans lequel il n’y aurait pas la Russie ? »

Sur le fond, elles ont immédiatement généré des supputations sur un éventuel changement de doctrine nucléaire.

La déclaration de Vladimir Poutine a contraint le porte-parole de la présidence russe, Dmitriï Peskov, à corriger le tir en affirmant que l’important, dans le propos présidentiel, ne résidait pas dans « l’allégorie » du paradis et de l’enfer, mais bien dans l’affirmation que la doctrine nucléaire de la Russie n’octroie pas à ses dirigeants le droit à une frappe nucléaire préventive ou « première frappe » stratégique : « Dans notre doctrine il n’y a pas de droit à une première frappe. Nous ne nous considérons pas en droit d’exercer une première frappe » ; « Nous n’attaquerons personne en premier. Mais si on nous attaque, alors tout le monde tombera – certains en enfer, certains au paradis, etc. » La présente note propose une analyse du débat suscité par les propos du chef de l’Etat russe et quelques clefs d’interprétation dans un contexte où les autorités russes semblent partagées entre leur réflexe traditionnel de brouiller les cartes quant à leurs intentions dans le domaine militaire, visant à renforcer leur position dans le rapport de forces avec les pays occidentaux, et une volonté de renouer les fils du dialogue politico-militaire avec ces derniers à des fins de stabilisation de la situation stratégique. S’il n’y a pas lieu d’évoquer un « changement de doctrine », les précisions apportées par Vladimir Poutine, si on veut bien les prendre au pied de la lettre, ne sont pas anodines et s’inscrivent dans une logique politique bien définie.

Ce que le président russe a dit

Quand un discours suscite un vif débat et des interprétations contradictoires, il n’est jamais inutile de revenir à sa lettre, mais celle-ci pose questions.

Interrogé par Fiodor Loukianov sur, en substance, la manière dont la Russie appréhende sa sécurité dans le monde actuel, le président a évoqué, parmi les avantages de la Russie face aux risques, outre la volonté du peuple russe , la capacité de dissuasion nucléaire : « nous vivons dans un monde dont le fondement de la sécurité réside dans le potentiel nucléaire. La Russie est l’une des plus grandes puissances nucléaires. Et vous savez, je l’ai dit publiquement, nous améliorons nos systèmes de frappe pour répondre à la construction des défenses antimissiles des Etats-Unis. Certains sont déjà en service, d’autres seront disponibles dans l’avenir très proche, dans les prochains mois. J’ai en tête le système ‘Avangard’. … nous avons dépassé, c’est un fait évident, les experts le comprennent, le reconnaissent, tous nos, disons, partenaires et concurrents dans ce domaine. Personne n’a pour l’instant d’armement hypersonique de haute précision. Certains prévoient d’en tester d’ici un an et demi – deux ans seulement, de commencer les essais, alors que nous, nous disposons de cet armement de haute technologie, moderne. Et pour cette raison, dans ce sens, nous nous sentons confiants ».

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.frstrategie.org/publications/notes/la-russie-et-l-emploi-des-armes-nucleaires-le-sens-des-propos-de-vladimir-poutine-lors-de-valdai-2018-21-2018

 

2 – La fin de multilatéralisme : une victoire de Donald Trump ? (Diploweb, Régine Perron)

Régine Perron est Maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches en histoire des relations internationales et membre du laboratoire de recherches AGORA à l’Université de Cergy-Pontoise, et chercheure associée du Centre Roland Mousnier de l’Université Paris-Sorbonne. Email : Regine.Perron@u-cergy.fr

Malgré l’impression d’une présidence imprévisible, Donald Trump entreprend avec détermination la déstabilisation du multilatéralisme, afin de le rendre inefficace, démontre brillamment Régine Perron. L’auteure présente la tactique employée, son travail de sape à l’intérieur de l’ONU, de l’OMC, du FMI et de la Banque Mondiale. Sa stratégie vise à gripper leurs rouages par des mesures ciblées.

LORSQUE le républicain Donald Trump prend ses fonctions de président des Etats-Unis en janvier 2017, ses discours de campagne précédents laissent entendre qu’il allait pratique une forme d’isolationnisme, en retirant le pays de plusieurs institutions multilatérales, aussi bien internationales que régionales, ainsi que de certains accords internationaux. Son souhait est de marquer le repli des Etats-Unis des affaires extérieures, et de redonner la priorité aux Américains. Après presque deux ans de présidence américaine (janvier 2017-octobre 2018), nous pouvons tenter de dresser un premier bilan de ses actions au niveau du système multilatéral. Favorise-t-il le déclin de ce système international ? Assiste-t-on à une redéfinition des relations internationales entre le pôle dominant, que sont les Etats-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et le monde entier ? Avant de tenter de répondre à ces questions, il est utile de préciser tout d’abord ce qu’est le multilatéralisme (I). Ensuite, nous nous interrogerons sur les contours, les objectifs de la politique de Donald Trump (II). Enfin, nous étudierons ses réalisations concrètes au niveau du multilatéralisme (III).

I. Le multilatéralisme : sa construction et sa mécanique

Le multilatéralisme est un système international qui a été pensé pendant la Seconde Guerre mondiale et mis en place par les Etats-Unis dès le lendemain de la libération de l’Europe [1]. Il s’est concrétisé avec les premiers Accords de Bretton Woods en juillet 1944, qui ont institué le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Internationale de la Reconstruction et du Développement (BIRD), devenue plus tard la Banque Mondiale. Puis, l’Organisation des Nations Unies (ONU) est créée en 1945 ; le GATT, en tant qu’accord juridique mis au point en 1947, supplée à l’Organisation Internationale du Commerce qui n’a jamais vu le jour en 1948. Enfin, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) est signée en 1948, et une Commission des droits de l’homme est mise en place pour la garantir. C’est ainsi que se constitue le système multilatéral sur la base de trois piliers d’une manière égalitaire : la sécurité et la paix pour l’ONU, la prospérité pour le FMI et le GATT (qui deviendra l’Organisation Mondiale du Commerce-OMC- en 1995) et le bien-être pour la Commission des droits de l’homme (le Conseil remplacera le mot Commission en 2006) qui se base sur la DUDH. Le but de ce nouvel ordre mondial est de stabiliser les relations internationales, grâce à l’interdépendance tissée entre les pays aussi bien au niveau sécuritaire, économique, et social. Il serait alors impossible à un pays d’entrer en guerre sous peine de ruiner tous les autres et par conséquent lui-même. En effet, le multilatéralisme tire les leçons de trois grands événements du XXème siècle : les conquêtes de territoires et la Première Guerre mondiale, la crise de 1929 et la Grande dépression, la montée du fascisme et la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, se présente le multilatéralisme sur une base universelle, mais la Guerre froide qui démarre officiellement en 1947 restreint son application au bloc occidental, et le régionalise. En premier lieu, et toujours d’après le vocabulaire juridique du multilatéralisme, l’Europe de l’Ouest est encadrée par l’Organisation Européenne de la Coopération Economique (OECE) avec les fonds du Plan Marshall en 1948, pour devenir ensuite l’Organisation de Coopération et du Développement Economique (OCDE) à partir de 1961. Cette même Europe de l’Ouest est protégée par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 1949. Ces institutions multilatérales régionales ont en commun avec celles qui se situent au niveau international de travailler sur le mode de la coopération intergouvernementale, sans perte de souveraineté nationale. A partir de 1951, une autre forme de régionalisme fait jour et fonctionne sur le mode de l’intégration avec un transfert de souveraineté à une autorité supranationale et la mise en commun d’un seul marché. Naît alors la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) en 1951, puis la Communauté Européenne Economique (CEE) en 1958. Après la fin de la Guerre froide, la CEE devient l’Union européenne (UE) qui se situe entre la coopération et l’intégration depuis 1993. Le modèle de la CEE inspire de nouvelles institutions régionales dans d’autres parties du monde, comme le Marché Commun de l’Amérique centrale (MCAC) en 1960, l’Association des Nations du Sud-Est Asiatique (ASEAN) en 1961 et l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en 1963. Ces institutions sont créées sous l’impulsion des Etats-Unis, car ces derniers les considèrent davantage comme des barrières efficaces pour contenir l’influence communiste, en regroupant ces pays dans un cadre régional mais sans véritable vocation économique. Après la Guerre froide, on constate que le cadre régional, comme celui de la CEE, permet de mieux s’insérer dans le cadre mondial. Dès lors, certaines institutions trouvent un nouveau souffle et s’agrandissent après la Guerre froide comme l’OUA qui devient l’Union Africaine (UA) et l’ASEAN qui s’associe avec trois autres pays, la Chine, la Corée du Sud et le Japon, dont le but est de créer une institution semblable à l’UE dans les années à venir. En Amérique Latine, est créée la plus grande institution régionale, le Mercosur [2]. La Chine, de son côté, cherche à former des instances régionales d’abord fondées sur la sécurité et la paix en Asie centrale. Depuis peu, la Chine mise aussi sur les échanges économiques au niveau régional, mais y associe la Russie. Toutes ces institutions régionales s’insèrent ainsi dans le cadre multilatéral de la sécurité et la paix, la prospérité et le bien-être, le dernier étant tout de même le moins représenté [3]. Après avoir cherché les origines historiques et le sens du multilatéralisme, il est possible de proposer cette nouvelle définition, qui me semble plus exacte que celles proposées jusqu’à présent : « N’étant pas une théorie économique, le multilatéralisme est une doctrine qui s’est construite sur la base d’un équilibre ou d’un compromis entre le libéralisme de Smith et l’interventionnisme de Keynes. Il a été conçu par le Secrétaire d’Etat de F. Roosevelt, Cordell Hull, avec son équipe du Département d’Etat, après la crise de 1929 et particulièrement pendant la dernière guerre. Le multilatéralisme s’appuie sur les institutions multilatérales (internationales et régionales) qui sont définies par des principes, comme la non-ingérence, la non-discrimination et le respect des droits de l’homme. Les pays adhérant à ce système international sont liés par l’intérêt mutuel ou la réciprocité, afin de réaliser « l’ordre au-dessus du chaos » sur une base ternaire : la paix et la sécurité, la prospérité et le bien-être [4] ». A présent, il est intéressant de se pencher sur le discours d’investiture de Donald Trump de janvier 2017. Ce discours est habituellement considéré comme une feuille de route pour tout président nouvellement élu. Cela permettra de saisir ses objectifs au niveau du multilatéralisme. Quelles sont ses grandes lignes d’action politique dans le domaine des affaires extérieures ?

II. Les contours de la politique de Donald Trump : « America First »

Dans son discours d’investiture du 20 janvier 2017, le nouveau président des Etats-Unis élu, Donald Trump, déclare : « Pendant des décennies, nous avons enrichi l’industrie étrangère aux dépens de l’industrie américaine ; subventionné les armées d’autres pays tout en permettant le très triste appauvrissement de notre armée ; nous avons défendu les frontières d’une autre nation tout en refusant de défendre les nôtres ; et dépensé des milliards de milliards de dollars à l’étranger pendant que les infrastructures de l’Amérique se sont délabrées et abîmées . (…) Nous avons rendu d’autres pays riches alors que l’abondance, la force et la confiance de notre pays ont disparu de l’horizon ». C’est pourquoi il affirme ensuite : « Nous nous sommes retrouvés aujourd’hui et nous décrétons, pour être entendus dans chaque ville, chaque capitale étrangère et dans chaque lieu de pouvoir, qu’à compter d’aujourd’hui une nouvelle vision prévaudra dans notre pays : ce sera l’Amérique d’abord et seulement l’Amérique. L’Amérique d’abord. Chaque décision sur le commerce, les impôts, l’immigration, les affaires étrangères sera prise pour le bénéfice des familles et des travailleurs américains ». Enfin, il précise la voie à suivre au cours des quatre années de son mandat présidentiel : « Ensemble nous allons rendre à l’Amérique sa force. Nous allons rendre à l’Amérique sa prospérité. Nous allons rendre à l’Amérique sa fierté. Nous allons rendre à l’Amérique sa sécurité. Et oui, ensemble, nous allons rendre à l’Amérique sa grandeur [5] ». Donald Trump exprime ici la volonté de considérer les intérêts des Etats-Unis avant tout, d’établir le protectionnisme et de rendre aux Etats-Unis leur prospérité et leur grandeur. L’intérêt mutuel, qui est le fondement du système multilatéral, n’entre pas dans ses considérations. Celui-ci présente une vision de l’Amérique souveraine, préoccupée de ses affaires intérieures et de sa prospérité. Ne retrouvons-nous pas alors l’essence du Discours d’adieu de George Washington lui-même le 19 septembre 1796 ? Ce dernier, alors le premier président des Etats-Unis de 1789 à 1797, exprime une ligne de conduite prudente à suivre : « Notre Grande règle de conduite envers les nations étrangères est d’étendre nos relations commerciales afin de n’avoir avec elles qu’aussi peu de liens politiques qu’il est possible. Autant que nous avons déjà formé des engagements, remplissons-les, avec une parfaite bonne foi. Et tenons-nous-en là ». Cette définition de la politique étrangère des Etats-Unis, alors qualifiée d’isolationniste, a été suivie scrupuleusement du XVIIIe siècle jusqu’à leur entrée dans la Première Guerre mondiale, en 1917, décidée par le président démocrate Woodrow Wilson. La rupture avec la tradition isolationniste ne sera pas totalement entérinée, puisque le Congrès américain vote en 1920 pour le retour aux affaires intérieures. Plus précisément, le Congrès rejette le plan de paix proposé par W. Wilson et son projet de la Société Des Nations (SDN), dont le but est de garantir la paix par le droit. Dès lors, les Etats-Unis ne seront pas membres de la SDN et signent individuellement des traités de paix avec chacun des belligérants vaincus. Le slogan politique qui domine les Etats-Unis en 1920 est : « Le retour à la normale (Back to Normalcy) », ou encore « l’Amérique d’abord (America First) ». Or le président des Etats-Unis, Donald Trump, se situe dans le sillage de ce parti républicain de 1920, qui rejette ostensiblement la vision internationaliste de Wilson, pour revenir à une politique plus préoccupée des intérêts américains au niveau national. Toutefois, choisit-il un véritable retour à l’isolationnisme ?

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.diploweb.com/La-fin-du-multilateralisme-une-victoire-de-Donald-Trump.html 

 

 
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3 – Europe de la Défense : où va l’Union européenne ? (IRIS, le point de vue de Jean-Pierre Maulny)

Quelles solutions pour renforcer la défense européenne ? S’il est parfois difficile de faire avancer les choses à vingt-huit dans le cadre de la coopération militaire européenne, la France a proposé l’an dernier, un outil présenté comme plus « flexible et pragmatique », baptisé Initiative européenne d’intervention (IEI). Où en est donc l’idée d’armée européenne ? N’est-elle pas antinomique à la présence de l’OTAN ? De quoi s’agit-il lorsque nous évoquons l’IEI ? Quelles sont les structures européennes propres à la mise en place et au développement d’une défense communautaire ? Le point de vue de Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l’IRIS.

Emmanuel Macron a jeté le trouble, mardi 6 novembre, en évoquant à nouveau le principe d’« une armée européenne ». Cette idée fait-elle son chemin au sein des instances européennes ? N’est-elle pas concurrentielle au rôle de l’OTAN ?

Non, l’armée européenne n’est pas concurrentielle à l’OTAN. Si Emmanuel Macron parle d’armée européenne, c’est qu’il n’y a pas de terme explicite et approprié compréhensible par l’opinion publique pour mentionner la construction européenne en matière de défense. Il est évident que, pour le grand public, le terme d’armée européenne signifie quelque chose alors que ce ne peut être le cas pour « la coopération structurée permanente » ou « l’initiative européenne d’intervention ». Il faut un langage simple et compréhensible : l’Europe veut assurer sa défense elle-même. Naturellement, nous n’allons pas créer une armée européenne avec des contingents intégrés. Toutes les armées des pays membres de l’Union européenne (UE) ne parlent pas la même langue d’une part, et ne fonctionnent pas de la même manière d’autre part. Ce n’est donc pas une armée européenne au sens technique du terme dont il est question ici. En revanche, ce que la France et la plupart des pays européens veulent développer c’est une plus grande autonomie de l’UE en matière de défense, afin que celle-ci puisse déjà assurer les missions inhérentes à la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Ensuite, effectivement, l’UE a pour volonté d’être moins dépendante des États-Unis, qui sont dans l’OTAN, parce qu’elle ne pourra pas compter éternellement sur eux. Il faut que l’Europe soit capable d’assumer son propre destin et ne plus éternellement compter sur autrui. Maintenant, plus les Européens agissent par eux-mêmes et accroissent leurs capacités militaires de manière collective, plus ils renforcent l’OTAN.  Il faut bien voir que, de toute façon, les armées et les contingents, que ce soit de l’UE ou de l’OTAN, sont nationaux. Ainsi, chaque action de développement ou de renforcement des capacités militaires d’un pays européen vient renforcer l’Alliance atlantique.

Une première réunion, sur l’Initiative européenne d’intervention (IEI) lancée le 25 juin 2018, a eu lieu mercredi à Paris entre la ministre des Armées française et neuf de ses homologues européens. De quoi s’agit-il ? Quels en sont les étapes et défis ? En quoi ce projet permettra notamment à la Grande-Bretagne de conserver un « ancrage » européen en dépit du Brexit ?

 
L’Initiative européenne d’intervention est née du discours à la Sorbonne du président de la République Emmanuel Macron, le 26 septembre 2017. L’idée est de créer, entre plusieurs pays européens, une culture stratégique européenne qui manque aujourd’hui cruellement. Cette culture stratégique représente la capacité des armées des pays qui font partie de l’Initiative européenne d’intervention à conduire des opérations militaires en commun quand cela s’avère nécessaire. Cela doit conduire à une meilleure cohésion entre les différentes armées nationales lors d’interventions de l’UE, et à permettre d’intervenir plus rapidement. Ainsi, on envisage de faire de la planification « à froid » dans l’Initiative européenne d’intervention. Plus précisément, il s’agit de planifier des opérations militaires avant même que celles-ci aient lieu. Si nous prenons l’exemple du Mali, la France avait planifié l’opération 3 mois auparavant, dès octobre 2012. En effet, l’État français savait pertinemment qu’une intervention pourrait s’avérer nécessaire. Mais nos partenaires européens n’étaient pas associés. Il faut donc pouvoir dialoguer et informer plus en amont, ainsi que partager les pratiques de planification. La particularité de l’Initiative européenne d’intervention réside dans sa création en dehors de l’UE. Certains pays se sont demandés à ce moment-là s’il y avait concurrence avec la Coopération structurée permanente (CSP) qui a vu le jour à peu près au même moment. La France a désormais donné toute garantie que ce n’était pas le cas. L’avantage de l’Initiative européenne d’intervention est qu’elle permet d’intégrer des pays non membres de l’UE. Ce qui sera le cas du Royaume-Uni lorsque Londres aura quitté l’UE. C’est le cas aussi du Danemark qui est membre de l’UE, mais qui a fait un « opt out » par rapport à la politique de sécurité et de défense commune, et qui participe donc à l’Initiative européenne d’intervention.

L’Europe de la Défense a récemment enregistré des avancées, avec deux nouveaux mécanismes dans le cadre de l’UE : la Coopération structurée permanente et le Fonds européen de défense. Où en est-on sur ces questions ? Quels sont les enjeux pour l’UE ?

La Coopération structurée permanente (CSP) et le Fonds européen de défense progressent. La CSP a été notifiée le 8 décembre 2017. Il s’agit d’un cadre normatif que les États européens doivent suivre, avec des engagements qu’auront pris les États et qu’ils seront tenus de respecter. Ces engagements feront l’objet d’un contrôle et un État peut même être exclu de la CSP s’il ne tient pas ses engagements. Dans le cadre de la CSP, 17 premiers projets ont été entérinés au printemps 2017. Fin novembre, de nouveaux projets devraient être adoptés. En général, seuls quelques États membres y participent, et non les 25 pays qui font partie de la CSP. Celle-ci va obliger les États à imaginer leur défense dans un cadre collectif et non dans un cadre national comme c’était le cas auparavant. Nous sommes donc totalement en phase avec l’idée d’armée européenne, même si encore une fois ce n’est pas véritablement ce projet-là qui est en train de se bâtir. Le Fonds européen de défense, même s’il n’est pas lié strictement à la Coopération structurée permanente, répond aux mêmes objectifs.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.iris-france.org/122765-europe-de-la-defense-ou-va-lunion-europeenne/

 

 
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DÉFENSES

 

La première réunion des autorités relative à l’initiative européenne d’intervention, pour mettre au point la coopération, « forte » au niveau politique et militaire, la réaction à l’annulation de crédits qui fait penser au terme « variable d’ajustement », et parmi les nombreux communiqués de presse de cette semaine, celui des directives relatives au futur avion de reconnaissance maritime.

 

1 Réunion des ministres de la défense de l’initiative européenne d’intervention ( DICOD, communiqué de presse conjoint)

Allemagne – Belgique – Royaume-Uni – Danemark – Espagne – Estonie – France – Finlande –  Pays-Bas – Portugal

Après la signature de la lettre d’intention lançant officiellement l’Initiative européenne d’intervention (IEI) le 25 juin 2018, les ministres de la défense, ou leur représentant, allemand, belge, britannique, danois, espagnol, estonien, français, néerlandais et portugais se sont réunis ce jour à Paris pour la première réunion de travail des ministres de la défense au format IEI. Cet événement a d’abord été l’occasion d’accueillir un nouveau membre au sein de l’IEI. Le ministre de la défense finlandais a ainsi été associé à cette rencontre et pu signer, à cette occasion, cette même lettre d’intention, officialisant ainsi l’intégration de la Finlande Cette réunion a également été l’occasion de donner les orientations politiques qui guideront les travaux pour le cycle 2018-2019. Ceux-ci débuteront dès le 9 novembre avec la tenue des premiers Military European Strategic Talks (MEST) avec des hauts représentants des états-majors des armées des pays de l’IEI. Il a été décidé que les pays membres de l’IEI s’engageront ainsi dans un partage d’analyse sécuritaire et s’attacheront à identifier les points de convergence qui permettront d’établir des liens plus étroits et une coopération plus forte aux niveaux politique et militaire dans chacun des quatre domaines identifiés dans la lettre d’intention : 1/ anticipation stratégique, 2/ scénarios d’engagement, 3/ soutien aux opérations et 4/ retour d’expérience et doctrine. Dans ce cadre, les pays de l’IEI encourageront le développement d’une culture stratégique commune, point clef de l’initiative. L’IEI apportera une contribution à l’Union Européenne, y compris à la Coopération structurée permanente, ainsi qu’à l’OTAN. Les états-majors étudieront comment mieux coordonner leur action militaire à tous les niveaux, en s’appuyant dans un premier temps sur leurs récentes expériences opérationnelles, par exemple au Sahel. Nous travaillerons également au développement d’une approche commune des crises au sein de l’IEI, notamment en réponse aux enjeux climatiques régionaux, et pour renforcer notre contribution au profit de la sécurité maritime. D’autres axes de travail seront également développés pour traiter d’autres problématiques de sécurité plus larges. L’Initiative européenne d’intervention (IEI) vise à favoriser l’émergence d’une culture stratégique européenne et à développer des coopérations opérationnelles et stratégiques pragmatiques. L’IEI a pour objectif suprême de renforcer notre aptitude, en tant qu’États européens, à mener des opérations et missions militaires dans les cadres de l’UE, de l’OTAN, de l’ONU ou de coalitions ad hoc. L’IEI offre un forum non contraignant, indépendant de tout cadre institutionnel, contribue pour autant directement aux efforts de l’Union Européenne et de l’OTAN, et à leur objectif commun d’une défense européenne forte. Les Pays-Bas accueilleront la prochaine réunion des ministres de la Défense au format IEI à La Haye, en 2019.

2- Un amendement a été déposé pour rétablir les crédits du ministère des Armées annulés par Bercy (OPEX 360, Laurent Lagneau)

Présenté en Conseil des ministres le 7 novembre, le projet de loi de finances rectifivatives [PLFR] 2018 prévoit donc, afin de financer le surcoût des opérations extérieures [OPEX] et des missions intérieures [MISSINT], de puiser 402,4 millions d’euros dans les crédits du ministère des Armées mis en réserve en début de gestion. Le programme « Équipement des forces » sera le plus touché, avec 319,2 millions d’euros annulés d’un trait de plume. Avec ce tour de passe-passe comptable, l’on renoue avec des pratiques qui avaient cours il y a quelques années, quand les crédits d’équipement des armées servaient de variables d’ajustement budgétaire. En 2008, il fut décidé d’y mettre un terme en faisant appel à la solidarité interministérielle. Ce principe a depuis été confirmé par les LPM 2014-19 et 2019-25. Ainsi, normalement, étant donné que l’enveloppe de 650 millions d’euros initialement prévue pour financer les OPEX s’est une nouvelle fois avérée insuffisante, cette solidarité interministérielle aurait dû jouer. Mais telle n’a pas été la volonté du gouvernement… Pour autant, la messe n’est pas encore dite… Car ce PLFR devra être adopté par le Parlement, ce qui n’est pas encore fait. Et à peine a-t-il été rendu public que le député (LR) François Cornut-Gentille s’est empressé de déposer un amendement pour rétablir les 402,4 millions d’euros annulés par Bercy. « Le PLFR prévoit que le surcoûts relatifs aux opérations extérieures et aux missions intérieures seront supportés intégralement par les crédits de la mission ‘Défense’. Ils contrevient donc aux dispositions de la loi de programmation militaire pour les années 2014 à 2019, laquelle prévoit en son article 4 qu’au-delà de la dotation annuelle prévue en loi de finances initiale au titre des opérations extérieures, ‘en gestion, les surcoûts nets, hors titre 5 et nets des remboursements des organisations internationales, non couverts par cette dotation qui viendraient à être constatés sur le périmètre des opérations extérieures font l’objet d’un financement interministériel’ », fait valoir M. Cornut-Gentille ainsi que les co-signataires de cet amendement.8

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.opex360.com/2018/11/08/un-amendement-a-ete-depose-pour-retablir-les-credits-du-ministere-des-armees-annules-par-bercy/

 

3- La DGA a notifié à Dassault Aviation l’étude de définition détaillée du futur avion de surveillance et d’intervention maritime du programme AVSIMAR ((DICOD , communiqué de presse)

Ce marché s’inscrit dans une démarche globale visant à rationaliser l’acquisition et le soutien d’avions militaires spécialisés, en se basant sur le design des avions d’affaires de la série Falcon de Dassault Aviation. Une première phase du programme a déjà permis d’identifier la meilleure solution technique, sur la base de l’avion d’affaires civil Falcon 2000 LXS, plus rapide et plus endurant que les avions actuellement en service. L’étude qui vient d’être notifiée, d’une durée d’un an, prépare le marché d’acquisition programmé en 2020 ; elle doit notamment définir les adaptations nécessaires pour remplir les missions opérationnelles de surveillance et d’intervention maritime, par essence très variées. Le programme AVSIMAR doit renouveler la composante aérienne de la Marine nationale dédiée à la surveillance et à l’intervention au titre de la défense maritime du territoire et de l’action de l’État en mer. Cette mission est actuellement assurée par 8 Falcon 50M et 5 Falcon 200 Gardian, qui auront près de quarante ans au moment de leur remplacement. Le Falcon 50M s’est récemment illustré en permettant la détection des nappes d’hydrocarbure échappées des deux cargos entrés en collision au large de la Corse. Pour garantir la capacité d’intervention de la Marine nationale, la loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit la livraison des trois premiers avions d’ici à 2025.

ÉCONOMIES 

 

Les enjeux stratégiques en matière industrielle et technologique deviennent réalité et se traduisent par des commandes concrètes, avec à la fois les arbitrages de la future Loi de finances et les conditions de la Loi de finances rectificative.

 

1- Rafale : le contrat du missile air-air MICA NG signé, le standard FR3-R qualifié (La Tribune, Michel Cabirol) 

Plus de 17 ans après sa mise en service dans l’armée de l’air, le Rafale devient une arme de guerre de plus en plus redoutable avec la qualification du standard F3-R. Cet avion de combat devrait bénéficier à partir de 2026 du nouveau missile d’interception aérienne, de combat et d’autodéfense de nouvelle génération (MICA NG). La direction générale pour l’armement (DGA) a signé mardi un premier contrat ferme de 200 missiles MICA NG ainsi que de 300 MICA rénovés avec le missilier MBDA. Soit avec un an de retard sur le calendrier initial. « Le MICA-NG est un marché d’acquisition de 567 missiles », a précisé jeudi lors de sa première conférence de presse le délégué général pour l’armement, Joël Barre. Le marché d’acquisition des MICA NG, développement compris, s’élève à près de 1,2 milliard d’euros. Les premiers missiles MICA NG seront livrés « à partir de 2026 », a confirmé Joël Barre. Les derniers seront remis aux armées en 2031. La commande complémentaire portant sur l’acquisition des 367 MICA NG restants devrait être en principe notifiée en 2021. Le développement de ce nouveau missile contribue d’une façon plus générale à la consolidation de la BITD française, notamment de son industrie missilière.

Un armement crucial pour le Rafale

L’opération MICA NG doit permettre de maintenir la capacité d’interception, de combat rapproché et d’autodéfense des avions de combat de l’armée de l’air et de la marine face aux menaces actuelles et futures. « C’est un acte fort au bénéfice de nos armées », a assuré Joël Barre. Cette opération comprend le développement et la production d’un missile de nouvelle génération destiné à équiper les Rafale à partir du standard F3-R en complément du missile d’interception à domaine élargi MIDE (Meteor) ainsi que la remotorisation d’une partie (300 exemplaires) du parc des MICA actuels pour continuer à équiper les Rafale et les Mirage 2000-D et 2000-5. Le missile MICA constitue l’armement principal du Rafale dans ses missions de défense aérienne comme pour son autodéfense. Il équipe également le Mirage 2000-5 et confère au porteur une capacité multi-cibles « tire et oublie ». D’une portée très supérieure à 50 km en haute altitude, le missile peut opérer dans une ambiance sévère de contre-mesures. Il est doté d’un autodirecteur électromagnétique actif ou d’un autodirecteur infrarouge, interchangeables. La maîtrise d’œuvre industrielle de ce programme a été confiée à MBDA France tandis que les équipementiers majeurs sont Thales pour l’autodirecteur électromagnétique et la charge militaires, le GIE ADSIM (Safran/MBDA France) pour l’autodirecteur infrarouge, Roxel France pour le propulseur et Safran pour la centrale inertielle.

Un missile ITAR Free

Dans le cadre de la préparation de l’avenir, la France sera « extrêmement attentive à ce que nos équipements de demain n’aient pas ou aient une moindre sensibilité aux composants étrangers, notamment pour ITAR », avait précisé dans une interview à La Tribune la ministre des Armées, Florence Parly. Ainsi les futurs missiles MICA-NG seront développés en prenant en compte ces considérations. Ils seront ITAR Free, assure-t-on à La Tribune.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/rafale-le-contrat-du-missile-air-air-mica-ng-signe-le-standard-f3-r-qualifie-796869.html

 

2- Les enjeux économiques de la 5G (Infoguerre)

Les technologies de l’information et de la communication font l’objet d’un leadership technologique conservé par les Etats Unis, depuis en moins l’apparition et la démocratisation d’Internet. Néanmoins, une nouvelle puissance tente de prendre le leadership technologique mondial, en livrant une rude concurrence contre le leader américain. Cette concurrence est le fruit du défi relevé par la Chine, qui ambitionne de devenir la première puissance industrielle et technologique à l’horizon 2025.

Les stratégies d’influence autour d’influence de l’ultra connectivité :

Pour comprendre la nature du conflit relatif à la maîtrise de la technologie 5G, opposant principalement la Chine aux Etats Unis, il faudra prendre en considération et analyser le marché des ondes qui en découle, ainsi que la dynamique des croissances externes sur ce secteur d’activité.  Les opérateurs occidentaux mettent en commun leurs forces et leurs capacités stratégiques, en réponse à l’appel des américains pour le déploiement d’une infrastructure réseau en adéquation avec le niveau de développement des objets connectés. Cette initiative peut se démontrer par le rapprochement du français Eutelsat vis-à-vis de ses deux concurrents Intelsat (américain) et SES (Société Européenne des Satellites). En se fondant sur une lecture alternative de ces manœuvres, on pourrait concevoir l’existence d’une autre finalité moins visible, que celle qui fut annoncée officiellement par ces trois acteurs. Notamment, la mise en place d’alliances stratégiques occidentales ciblant un leadership durable sur le segment des télécommunications satellites, avec comme objectif de faire obstacle à la concurrence chinoise. Tous les acteurs sont d’accord sur le fait, que le satellite revêt un aspect stratégique pour la maîtrise de la technologie 5G. L’un des champs de bataille de cette course à la 5G, étant la guerre d’influence en cours entre les Etats Unis et la Chine sur le territoire australien. La Chine ambitionnant d’intégrer l’Australie comme l’un de ses partenaires privilégiés, dans sa conception d’une route de la soie technologique. Laquelle consiste à déployer massivement la technologie chinoise dans les pays partenaires. Certains experts occidentaux voient dans cette initiative, une future montée en puissance de l’offensive chinoise dans cette guerre de l’information, où la Chine pourrait exploiter ses technologies implémentées dans les pays partenaires, pour pouvoir les espionner et profiter d’un avantage certain, à travers la captation d’informations sensibles. Ceci-dit, tous ces faits ne sont aucunement confortés par des preuves tangibles. Mais, il n’en demeure pas moins, que cette manipulation informationnelle essentiellement américaine, a eu l’effet escompté. Ainsi, le gouvernement australien a décidé d’exclure les deux géants chinois de la télécommunication, que sont Huawei et ZTE, de son marché de la 5G. Le principal motif annoncé, étant un risque potentiellement élevé d’ingérence étrangère. Malheureusement, cet échec est loin d’être le premier pour les firmes chinoises. Rappelons les événements aux Etats Unis, où les principaux organes sécuritaires ont fortement déconseillé l’utilisation de terminaux chinois sur le marché américain, allant jusqu’à en interdire l’utilisation dans leurs administrations publiques. En 2015, la France a créé un dispositif de lutte contre l’ingérence de Huawei. Un véritable système administratif baptisé « Cerbère » a été mis en place profitant d’une couverture secret défense. On pourrait déduire que la principale finalité découlant des initiatives occidentales, au-delà des considérations sécuritaires, est de freiner l’évolution de Huawei sur la technologie 5G, sachant que ce-dernier est considéré présentement comme le leader mondial sur cette norme.

Satellite quantique : la nouvelle muraille de Chine 

La sécurité des transmissions est devenue un enjeu planétaire de première importance. Le 16 Août 2016, l’agence spatiale chinoise a lancé le premier satellite de communication quantique de l’histoire. Celui-ci étant considéré comme un préalable à l’avènement d’un système inviolable de communications cryptées à l’horizon 2020-2030.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://infoguerre.fr/2018/11/enjeux-geoeconomiques-de-5g/

 

3-  Le ministère des Armées commande 567 missiles air-air MICA de nouvelle génération auprès de MBDA (OPEX 360, Laurent Lagneau)

Lors d’un comité ministériel d’investissement, réuni le 24 juillet dernier, la ministre des Armées, Florence Parly, avait décidé de lancement du programme d’armement « MICA nouvelle génération » afin de remplacer une partie des missiles air-air MICA [missiles d’interception, de combat et d’autodéfense] dont sont actuellement dotés les avions de combat de l’armée de l’Air et de l’aéronautique navale. Il aura donc fallu attendre un peu plus de trois mois pour voir cette décision se concrétiser, avec la commande de 567 missiles MICA NG auprès de MBDA. « Livrés à partir de 2026, les MICA NG équiperont le Rafale et remplaceront les missiles air-air MICA en service depuis le début des années 2000. Ils sont destinés à renouveler la capacité d’interception à moyenne distance, de combat rapproché et d’autodéfense des avions Rafale [du standard F-3R, ndlr] de l’armée de l’Air et de la Marine nationale », a expliqué la Direction générale de l’armemnt [DGA], via un communiqué. Deux versions du MICA NG seront développées : l’une avec un autodirecteur infrarouge (IR), l’autre avec un autodirecteur électromagnétique (EM). « Ces missiles innovants dans les domaines des autodirecteurs et de la propulsion permettent de conserver l’avantage opérationnel face à l’évolution des menaces », fait valoir la DGA. Le programme MICA NG est le premier à prévoir un système de redevances et un mécanisme de réduction du prix des missiles acquis pour les besoins des forces françaises en fonction du nombre d’exemplaires qui seront produits pour l’exportation. À ce sujet, ce nouveau missile devra être « ITAR Free », c’est à dire qu’il ne devra pas intégrer de composants pouvant être soumis à des restrictions d’emploi en vertu de la législation américaine dans le cas où il serait vendu à un pays tiers. Par ailleurs, un autre marché notifié à MBDA porte sur la « rénovation pyrotechnique » de 300 MICA actuellement en dotation. Ces missiles seront ainsi prolongés jusqu’en 2030 afin d’armer les Mirage 2000-5 et les Mirage 2000D modernisés.

 

TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPÉCIALISÉS 

 

Esprit Surcouf vous offre un tour d’horizon des titres de fond propres à susciter la réflexion de défense et de sécurité.

Trump juge « très insultants » les propos de Macron sur l’armée européenne
https://www.rtl.fr/actu/international/trump-juge-tres-insultants-les-propos-de-macron-sur-l-armee-europeenne-7795514488

Yémen : Washington confirme l’annonce de Riyad sur la fin des ravitaillements en vol américains
https://www.lorientlejour.com/article/1142932/yemen-washington-confirme-lannonce-de-riyad-sur-la-fin-des-ravitaillements-en-vol-americains.html

La nécessaire modernisation du système de recrutement des Forces armées canadiennes
http://www.45enord.ca/2018/11/necessaire-modernisation-systeme-recrutement-forces-armees-canadiennes-idees-defense/

Partenariat franco-britannique de défense et de sécurité :  améliorer notre coopération
https://www.institutmontaigne.org/publications/partenariat-franco-britannique-de-defense-et-de-securite-ameliorer-notre-cooperation

Réforme du secteur de la sécurité en Afrique subsaharienne
http://www.iris-france.org/122525-reforme-du-secteur-de-la-securite-en-afrique-subsaharienne/

Espionnage: les bévues du renseignement russe
http://www.rfi.fr/europe/20181109-renseignements-le-gru-bevues-serie-espions-russes

Comment Engie va industrialiser la filière biogaz et la rendre compétitive
https://www.usinenouvelle.com/article/comment-engie-va-industrialiser-la-filiere-du-biogaz.N767409

 

PARUS AU JOURNAL OFFICIEL

 

Textes à ne pas négliger pour comprendre l’actualité de défense et de sécurité.

 

Décret n° 2018-965 du 8 novembre 2018 portant création d’une indemnité spécifique de haute responsabilité
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=A6C348761DB1D389806440569C356431.tplgfr44s_1?cidTexte=JORFTEXT000037598445&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037598352

Arrêté du 5 novembre 2018 modifiant l’arrêté du 27 octobre 2014 fixant la liste des matériels de guerre postérieurs au 1er janvier 1946 éligibles à la collection
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=A6C348761DB1D389806440569C356431.tplgfr44s_1?cidTexte=JORFTEXT000037598517&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037598352

Arrêté du 22 octobre 2018 portant maintien dans la 1re section des officiers généraux de l’armée de l’air
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=A6C348761DB1D389806440569C356431.tplgfr44s_1?cidTexte=JORFTEXT000037598858&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037598352

Arrêté du 22 octobre 2018 portant maintien dans la 1re section des officiers généraux de l’armée de terre
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=A6C348761DB1D389806440569C356431.tplgfr44s_1?cidTexte=JORFTEXT000037582313&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037581657

 

 


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