ÉCONOMIE FINANCIÈRE :
LA STRATÉGIE PRÉSIDENTIELLE

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Julien Lovato (*)
Consultant
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L’auteur porte un regard très critique sur le Président Emmanuel Macron et sur sa stratégie en matière financière. Elle a pour but, selon lui, de favoriser les grandes fortunes et les grosses entreprises. Certaines de ses dénonciations sont suffisamment pertinentes pour lui ouvrir nos colonnes. Notre ambition, vous le savez, est d’offrir un lieu d’expression à toutes les idées, pour peu qu’elles respectent la vérité des faits, qu’elles soient étayées avec honnêteté et qu’elles enrichissent le débat dans l’intérêt général.
 Bien évidemment, les propos de l’auteur n’engagent que lui-même.

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La communication officielle s’intensifie sur tous les sujets. Les diversions, les affaires dans les affaires vont crescendo, avec des titres de presse racoleurs. Ce bruit empêche de percevoir et de relier les effets épars, mais en réalité coordonnés, de la stratégie présidentielle. Voici quelques- uns de ces effets, en apparence déconnectés.

Il y a 18 mois, Emmanuel Macron changeait les règles de comptabilité, interdisant aux coopératives de défrayer leurs achats ! Conséquence elles versent plus d’impôts sur les sociétés, et le volume de prélèvements obligatoires proportionnel au chiffre d’affaires a augmenté. Étonnamment, cela ne concerne pas le CAC40, dont les membres usent et abusent des notes de frais pour éviter l’impôt. Pourquoi distordre les règles de concurrence contre les seules coopératives, sinon pour casser un modèle économique opposé à celui du capital ?

Lors du premier confinement, le ministre de l’économie annonçait que les rentes des actionnaires du CAC seraient garanties par l’Etat. Nous, citoyens, finançons donc les actionnaires qui ont parié en bourse et ont vu les cours s’effondrer. Le gouvernement s’est engagé à leur verser les « pertes » de la période avec nos impôts !

Actuellement le même ministre annonce un plan d’aide aux entreprises réalisant plus d’1 million d’€ de chiffre d’affaires mensuel. Ces dernières seront exonérées de cotisations sociales.  Pourquoi ces entreprises-là, et pas les plus petites ? La réponse se trouve dans les GOPE.
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Directives européennes…

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Pour les GOPE (Grandes Orientations de Politique Economique de l’Europe), la France est peu « productive » et ne dégage pas « d’économies d’échelle » suffisantes. Ce que l’on peut traduire par : trop de petites entreprises ne génèrent pas de rentes pour les actionnaires. Une petite entreprise ne génère que des salaires et quelques cotisations à l’Etat. Aussi, vaut-il mieux sauver les plus grosses, rarement propriété d’un seul homme, et ainsi rémunérer davantage les actionnaires et les banques.

Les rachats de dettes par la BCE et l’émission de monnaie sont un plan de relance, nous dit-on! Quelle absurdité. La consommation, qui va venir remplir les carnets de commandes des entreprises, est-elle relancée ? Non évidemment ! Si donner cet argent aux banques peut, en communication grand public, passer pour une relance économique, c’est en réalité une injection de centaines de milliards de cash en spéculation à leur profit! Les seuls effets sont l’envolée des titres boursiers.
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Inégalité fiscale renforcée 

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Depuis le début du mandat du président, le fisc exonère les plus riches (bouclier fiscal, exonération des dividendes) et, pour les gros fraudeurs, leur concocte des impôts à la carte, tandis que les pauvres sont traqués de manière systématique !

Les amortisseurs sociaux, pour leur part, subissent nombre d’attaques. Exemple avec le durcissement à venir des conditions d’accès au chômage. L’ancien système, 3 mois cotisés ouvrant droit à 2 ans d’indemnités à 70%, passe à 6 mois cotisés pour 1 an d’indemnité (dégressive la seconde année). Dans la crise actuelle, ce durcissement a un sens précis : amplifier la crainte des salariés pour les rendre plus dociles et moins exigeants sur leurs salaires.

Les conditions d’accès aux prestations sociales se durcissent elles aussi, la recherche des fraudeurs également. Certes, on ne peut qu’acquiescer à la recherche de fraudeurs. Mais la communication officielle attise continuellement la colère des contribuables contre les petits fraudeurs, alors « qu’en même temps » on fait des cadeaux aux plus nantis, aux gros fraudeurs devenus ultra riches… Cherchez l’erreur !

Dans les coulisses du pouvoir, on ne cache pas une envie de confier la gestion de la branche retraite à des entreprises privées. Rappelons quels en seront les effets. Les économies des cotisants iront à des fonds de pension. Quand cet argent produira des plus-values, il y aura distribution de dividendes aux plus nantis. Quand il y aura des pertes, il y aura une décote allant jusqu’à -50% des pensions retraite.

C’est exactement ce qui s’est passé pour 50 millions de retraités américains en 2008. Aujourd’hui, en 2021, alors que les records des 30 dernières années sont battus en bourse, que les fortunes des milliardaires américains ont bondit de 200 % (420% en France), les pensions des séniors restent amputées de 50% !
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Une casse économique et sociale ?

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Le gouvernement fait fermer les lieux de vie, de socialisation, créant liens et échanges… échanges qui permettent de voir dans les difficultés d’autrui sa propre situation. Il y a là un double effet d’aubaine pour le grand capital ; Premièrement : éviter qu’en dépit de statuts sociaux différents (salariés, libéraux, artisans, commerçants etc.) les gens ne se reconnaissent entre eux et ne se révoltent. Deuxièmement : lorsque,  ayant plus de difficultés à s’adapter car ayant moins de fonds propres, les petits commerces ferment, vers quelles entreprises se tournent les consommateurs ?

L’État, noyauté par les adeptes du libéralisme à outrance, ne remplit plus son rôle. L’outil étatique a été détourné. En 1973 Pompidou empêcha l’Etat de se financer à taux zéro auprès de la banque de France. Depuis, l’Etat emprunte au privé pour financer ses « investissements ».

Progressivement les montants d’emprunts ont augmenté et les raisons de l’emprunt ont changé. Avant, c’était au motif des grands travaux ; désormais, c’est pour rembourser la dette. En 48 ans, le remboursement des seuls intérêts avoisine les 2 200 milliards (soit la dette totale de l’Etat).

Pour le budget 2020, le gouvernement a emprunté 330 milliards d’€, ce qui génèrera des profits pour les banques. En effet, même si l’on nous bassine avec le fait que les intérêts sont négatifs, la monnaie étant créée à partir de rien par les banques, la rembourser avec nos impôts, même sans intérêt, c’est donner de l’argent bien réel qui viendra à manquer à l’éducation, les armées, la santé, etc… Bref l’Etat a détourné nos impôts de leurs cibles pour les donner au grand capital.

On peut citer plein d’autres faits éparpillés : dans le social, le fiscal, l’économique, le bancaire, les transferts sociaux, les interdictions sanitaires. On voit bien que ces mesures, toutes, vont dans le même sens : accroitre la puissance des plus riches !

Sans retour à un Etat stratège fort, protecteur de tous ses citoyens, avec des frontières capables de réellement filtrer hommes, produits et capitaux, ce sera plus de pauvreté. En poussant plus loin l’anticipation, une telle situation va créer mal-être, suicides, violence et moins de natalité.

Associer tous ces éléments épars et leur trouver une logique n’a rien de complotiste, tout juste est-ce de l’herméneutique (l’art de trouver le sens des choses).

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(*) Julien Lovato, ancien officier sous contrat dans les troupes de marine, titulaire du Diplôme d’État-major et de plusieurs Master 2 en techniques, stratégies et sociologie des organisations. Il est ingénieur en stratégie, organisation et conduite du changement et intervient,  avec le cabinet qu’il anime : ODA&A Ingénierie en stratégie. www.odaa.fr, au profit des entreprises de taille intermédiaire (ETI) de 100 à 5 000 personnels.

Bonne lecture et rendez-vous le 08 mars 2021
avec le n°159

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