« Le Roi est mort,
Vive le Roi ! »

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Christian Fremaux (*)
Avocat honoraire
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Un maître du droit constitutionnel, Maurice Duverger, qualifiait le président de la République Française de « monarque républicain ». Le terme n’a pas échappé à notre « humeuriste », qui secoue dans son shaker les conclusions de l’élection présidentielle.
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Cette interjection traditionnelle était prononcée quand le roi en exercice mourait. Le successeur prenait aussitôt la place du monarque défunt et était proclamé roi sur le champ quasiment dans la chambre funèbre pour qu’il n’y ait pas de vacance du pouvoir et que les complots ou les ambitions ne fleurissent pas. Puis un roi a perdu la tête, et la République a tâtonné pendant près d’un siècle avant de s’établir définitivement.

Aujourd’hui notre constitution organise le fonctionnement de nos institutions avec trois pouvoirs, exécutif, législatif, judiciaire, et des contre-pouvoirs forts (dont les médias et les réseaux sociaux) On a équilibré les pouvoirs pour conduire à l’état de droit, qui n’est pas à confondre avec un État qui aurait des droits spécifiques. Mais la pratique présidentielle fait que l’on va plus ou moins vers la concentration des pouvoirs, et le fait du prince l’emporte parfois, selon le locataire en titre du palais de l’Élysée.

 Une des réformes urgentes va être de trouver un bon compromis entre la nécessité d’avoir un vrai capitaine à bord, qui gère les tempêtes et tient le cap, et la volonté de l’équipage d’être entendu, de donner son avis sur les vents et les ports à atteindre, sans que les marins d’eau douce nous mènent au naufrage. Notre constitution doit être respectée, mais il n’est pas interdit de vouloir modifier la constitution car la vie évolue, les esprits aussi et ce qu’on n’imaginait pas jadis se révèle aujourd’hui impératif.

Les projets de référendum tous azimuts annoncés par les candidats, et par l’élu, mobilisent les juristes sur le pont. Il est très bien de vouloir donner plus de respiration au peuple, favoriser le dialogue et la concertation, et d’instaurer un système électoral à la proportionnelle, en imaginant cependant de fournir au président les moyens de gouverner. Il est possible que le référendum d’initiative citoyenne limité à des aspects non régaliens soit un outil utile. Mais le citoyen de bonne foi n’a pas toujours raison. Il faut donc encadrer les revendications catégorielles

Il ne faut pas que le citoyen boude, refuse tout sous des prétextes divers, et arpente le bitume pour imposer par la force ses revendications. Il doit être actif, donner son avis et voter quand est venu le temps du scrutin. Qu’il ne considère pas uniquement ses droits en oubliant ses devoirs collectifs. La démocratie n’est pas le bavardage permanent et l’instabilité.

Le président Macron avait tenté, par la voie du congrès à Versailles, de réformer les institutions, notamment sur la limitation des mandats, sur la proportionnelle et sur des mesures démocratiques symboliques. Il a échoué. Les parlementaires doivent cesser de faire de la politique politicienne, et les électeurs ne peuvent être indéfiniment en colère. On ne trouvera jamais la formule parfaite qui plait à tous les citoyens.

Les urnes ont parlé et la démocratie triomphe malgré l’abstentionnisme regrettable. On a failli crier : le roi (le président) est mort (il a été battu) : vive la reine (Marine 1ère). Ceux qui ont voté pour cette dernière ont droit au respect et à la considération, ils doivent faire partie du paysage politique et on doit les entendre. L’heure est désormais au rassemblement et à l’apaisement, pour donner des espoirs aux jeunes d’abord, mais aussi aux anciens qui ont construit ce qui existe et ont le droit de continuer à vivre.

Le peuple est un. Nos institutions doivent refléter cette réalité. Notre roi-président est vivant et rempile. Il doit être à la hauteur de ses ambitions et de ceux qui attendent du mieux. Dans 5 ans il retournera à la base.  

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(*) Christian Fremaux, avocat honoraire du barreau de Paris, est diplômé de CEDS (centre d’études diplomatiques et stratégiques), auditeur de l’IHEDN, et président d’honneur, après en avoir été président actif pendant douze ans, de l’association des auditeurs de l’INHESJ (Institut National des Hautes Études de Sécurité et de Justice). Il a enseigné jusqu’en 2005 à HEC et dans plusieurs universités parisiennes. Il a été élu à l’Académie des Sciences d’Outre-mer et est actuellement président de séance auprès du Conseil des Prudhommes de Paris.


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