PRÉSERVER LES BRAISES…
ET
L’ESPRIT DE RÉSISTANCE

Pascal Le Pautremat (*)
Rédacteur en chef d’ESPRITSURCOUF
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e 11 novembre 2021 gardera une résonnance particulière dans l’Histoire de France. Ce jour demeurera celui où le corps du dernier Compagnon de la Libération, Hubert Germain, a été déposé dans la crypte du mémorial de la France combattante, au Mont Valérien, pour y reposer auprès de 16 autres Français, dont l’un fusillé par les Japonais en Indochine.

Les prises de paroles d’Hubert Germain, pour celles et ceux qui y ont prêté attention, n’étaient jamais futiles. Au contraire, elles reflétaient une profondeur d’âme, une foi inébranlable et une majesté naturelle dans l’application du mot Servir.

Préserver le lien à la Nation…

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La peine a étreint une partie de nos compatriotes, car son départ pour ce long voyage qui nous attend tous  était aussi la prise de conscience que cette France héroïque d’hier s’est bien affaissée et délitée aujourd’hui…

Hubert Germain insistait souvent sur la notion du feu sacré dont lui et ses camarades de combat furent les chevaliers. Le 11 –  Novembre est d’ailleurs devenir le jour du recueillement en hommage à celles et ceux qui, depuis les deux guerres mondiales, ont donné leur vie au nom de la France. Mais on peut constater combien la mobilisation citoyenne est bien maigre  devant les monuments aux morts, lors des cérémonies organisées dans les villes et villages de France. À Nantes, on ne comptait guère plus de 200 personnes, autour de la prise d’armes qui réunissait quelques dizaines de militaires (dont des jeunes en phase d’immersion dans le monde de la Défense) et d’anciens combattants.

Hubert Germain insistait sur le fait qu’après lui ne subsisteraient que les braises… qu’il fallait savoir entretenir pour que puisse renaître, à nouveau, un feu aux flammes puissantes et revigorantes.

Le cercueil d’Hubert Germain pénètre dans la crypte du Mont-Valérien. Capture d’écran,
pool image

Ce feu sacré peut être observé dans une partie de la jeunesse, éprise du sens du devoir et de l’intérêt national. Elle est, certes, minoritaire mais bien présente. Nul doute que cette renaissance s’observe bien à travers les Cadets de la Défense, le Service national universel, et le volontariat pour les préparations militaires.

…face à des menaces toujours plus incisives

Car les enjeux et défis qui se présentent à nous, malheureusement, ne faiblissent pas. On sait combien la situation en mer de Chine méridionale envenime les relations internationales depuis plus d’un demi-siècle. Mais elle connaît une dégradation sécuritaire depuis une vingtaine d’années. Taïwan, sous le poids de la convoitise chinoise, est ainsi un sujet particulièrement préoccupant et qui inspire à Vincent Gourvil, dans la rubrique Humeurs, quelques réflexions dans un article intitulé « Mourir pour Taïwan ».

Par extension, le Pacifique Sud démontre combien sa dimension polymorphe est au cœur des enjeux internationaux, comme le rappelle Joseph Le Gall, dans la rubrique Géopolitique, avec la suite de sa belle étude que nous publions depuis plusieurs semaines.

En Afrique, la France doit aussi faire face à des enjeux sécuritaires dont la gestion efficace dépend largement des choix stratégiques de l’Exécutif. Pour Xavier Raufer, le constat n’est pas rassurant, comme il le rapporte dans la rubrique Sécurité « Chronique d’une débâcle amorcée ».

En nous extirpant quelque  peu de sujets sombres, nous vous proposons, dans la rubrique Économie, une étude spécifique de Jean-Philippe Eglinger, expert du Vietnam, sur le rôle de l’économie privée dans l’économie de marché à orientation socialiste de ce pays qu’il connait parfaitement.

Enfin, vous découvrirez la nouvelle revue d’actualité toujours préparée, avec le plus grand soin, par André Dulou.

NOTE : Faut-il écrire« 11 novembre » ou « 11- Novembre » ?

L’orthographe dépend de ce que vous souhaitez évoquer. Si vous faites référence à la fête de l’Armistice de 1918, les cérémonies, la commémoration, alors il faudra utiliser la graphie « 11Novembre » sinon, pour le jour du mois, vous pouvez écrire : 11 novembre

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Un rappel ,le dernier numéro du SEMAPHORE est consacré au 11 –  Novembre : sortie de guerre difficile et son évolution jusqu’à nos jours.

Bonne lecture.

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(*) Pascal Le Pautremat est Docteur en Histoire Contemporaine, diplômé en Défense et Relations internationales, officier (diplômé ORSEM) dans la Reserve opérationnelle depuis 1993. Il a enseigné à l’Ecole Spéciale militaire de Saint-Cyr et au collège interarmées de Défense, et est Conférencier et Chargé de cours dans l’Enseignement supérieur sur les crises et conflits contemporains. Auditeur de l’IHEDN (Institut des Hautes Études de Défense nationale), ancien membre du comité de rédaction de la revue Défense, il est le rédacteur en chef d’ESPRITSURCOUF.
Depuis 2017, Pascal Le Pautremat s’est tourné vers les sociétés et les structures publiques en matière d’analyses géopolitiques et géoéconomiques, de positionnement à l’étranger, d’analyses des Risques et Opportunités Pays. Son dernier ouvrage « Géopolitique de l’eau : L’or Bleu” est présenté dans le numéro 152 d’ESPRITSURCOUF du 30 novembre 2020

Bonne lecture et rendez-vous le 29 novembre 2021
avec le n°178
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Distanciation, port du masque  …