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LEADERSHIP ECOLOGIQUE
ET
COP 26
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Qui a dit qu’il n’y avait pas de géopolitique de l’écologie ? Quand on constate comment les grandes rencontres internationales se préparent sur le sujet, on comprend que la seule stratégie qui prévaut est bien le leadership en la matière. Les exemples ne manquent pas en matière de conditions de leadership, comme celui du nucléaire, les piles au lithium, ou le projet Hercule d’EDF (il sera traité très prochainement dans ESPRITSURCOUF). Ainsi, l’interrogation à l’égard de l’innovation nucléaire doit recevoir une solution : n’est-ce pas dans le leadership, que se trouve la réponse ? Mais c’est aussi avec l’OTAN qu’il faut compter, car quand l’Alliance s’invite dans le débat, cela déborde la simple défense d’un territoire, fût-il celui de l’Europe.

Alors que Biden a initié le retour des États-Unis dans la lutte contre le réchauffement climatique à travers l’organisation d’un Sommet sur le climat les 22 et 23 avril 2021, de nouveaux engagements à l’horizon 2030 ont été formulés par la Commission européenne tandis que de nombreux États tentent de faire concorder leurs plans de relance avec les objectifs d’émissions de gaz à effet de serre et que l’OTAN veut jouer un rôle.

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Joe Biden vient d’organiser un sommet virtuel sur le climat. Le retour des États-Unis sur ces questions est une « bonne » nouvelle pour la planète. De nombreux chefs d’État étaient présents à ce sommet, dont Emmanuel Macron. Cependant, la place de la France n’était pas plus significative que celle d’autres pays. Les États-Unis font leur grand retour dans les discussions climatiques, ils ne vont pas seulement participer, ils cherchent à mener le jeu (visite de John Kerry en Chine et en Europe).

Au-delà des ambitions et des moyens financiers qui seront mis en œuvre par l’administration Biden, il est indispensable d’intégrer dans l’équation les marchés financiers qui sont et seront déterminants en la matière et plus particulièrement aux États-Unis. Les grands fonds d’investissement drainent en effet des moyens financiers inédits. C’est le cas de BlackRock qui annonçait cette semaine avoir franchi les 9 000 milliards de dollars d’actifs, soit l’équivalent de la troisième puissance économique au monde (le Japon affichant fin 2020 un PIB de 4 900 milliards de dollars). Les banques comme les fonds affichent de nouvelles ambitions en la matière. Leur capacité à dépasser un simple affichage sera déterminante.

La Commission européenne, le conseil de l’UE et le Parlement viennent de s’engager à une réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre en 2030. Si certains se sont félicités d’un “moment historique”, d’autres parlent d’un accord en trompe-l’œil. Il était crucial pour l’Union européenne (UE) de continuer à se démarquer par son ambition, et cela passe par des chiffres. L’UE se distingue déjà par des émissions de CO2 par personne moitié moindre que les États-Unis. La Commission et le Parlement se sont donc accordés sur un objectif collégial (un chiffre lié à l’ensemble des pays-membres mais qui peut se décliner différemment au sein de chacun d’entre eux) d’une réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990. Ces chiffres étaient au cœur de discussion depuis des mois mais un coup d’accélérateur a sans doute été mis pour pouvoir communiquer avant le Sommet de Biden. A bon escient d’ailleurs, puisque l’engagement annoncé par Biden (-50 à -52% d’ici 2030 par rapport à 2005) est tout juste en dessous des engagements européens.
Les accusations d’accord en trompe l’œil portent notamment sur cet aspect collégial qui ne va pas vraiment pousser des pays fortement dépendant des énergies fossiles comme la Pologne, à mettre en place des programmes ambitieux. On peut craindre un phénomène de passager clandestin au sein de l’Union. Ensuite, la comptabilisation utilisée pour ces objectifs intègre le rôle de puits de carbone des forêts et des écosystèmes, minimisant de fait l’effort nécessaire.

Pour le réseau action climat, en prenant en compte cette absorption du CO2 la baisse réelle des émissions serait de seulement 52%, bien loin des nécessaire -65% pour rester en dessous des +1,5°C (tel que le prévoit l’Accord de Paris). Par ailleurs, ce chiffre européen, présenté comme très ambitieux, peut être comparé aux engagements britanniques (-68%entre 1990 et 2030)

Bien que de nombreux États aient rendus publics des objectifs plus ambitieux au cours des derniers mois, la question cruciale est celle de leur mise en œuvre et de leur alignement avec les objectifs de l’Accord de Paris. Les plans de relance adoptés par les États suite à la crise de la COVID-19 constituent, en plus des objectifs, un outil supplémentaire d’évaluation de l’alignement des trajectoires d’investissements des pays à long terme avec les objectifs de l’Accord de Paris. Le risque majeur de plans de relance faisant augmenter les émissions serait de verrouiller nos sociétés à long terme dans un modèle non-résilient et dangereux. Les investissements annoncés par les pays du G20 dans les énergies fossiles (204 milliards de dollars) constituent à ce titre une souorce d’inquiétude majeure, et à juste titre.
Il semble que les plans de relance et les objectifs climatiques ne suffiront pas à réduire l’ampleur du changement climatique, et ses impacts. Rappelons que depuis 2015 les émissions de GES ont continué d’augmenter, tandis que les engagements pris jusqu’ici ne nous permettent toujours pas de rester en dessous de la barre des +1,5°C. L’urgence est d’autant plus pressante que l’augmentation de la température moyenne est déjà estimée à environ +1°C depuis 1880.

De même l’OTAN fait des propositions : Ce jeudi (22 avril 2021), le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a pris la parole au sommet des dirigeants sur le climat, auquel l’avaient convié le président américain, Joe Biden, pour présenter les efforts que l’Organisation déployait afin de faire face au changement climatique. Il a expliqué que l’OTAN avait un rôle primordial à jouer pour lutter contre ce phénomène et que ce rôle était triple : appréhender le défi qu’il constitue, adapter les opérations et réduire les émissions résultant des activités militaires. Dans le cadre de l’initiative OTAN 2030, les dirigeants des pays de l’Alliance devraient approuver un plan d’action ambitieux sur le changement climatique à l’occasion du sommet qu’ils tiendront en juin prochain à Bruxelles.

Cette présentation est essentiellement issue d’un article de l’IRIS, Think Tank répertorié dans la « Communauté Géopolitique, Économie, Défense et Sécurité » d’ESPRITSURCOUF :
« En route pour la COP26 : privilégier le leadership sur la cohérence, stratégie gagnante ? » Le point de vue de
 Sylvie MatellyJulia TasseSofia Kabbej : https://www.iris-france.org/156750-en-route-pour-la-cop26-privilegier-le-leadership-sur-la-coherence-strategie-gagnante/

 

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