Intelligences
et géopolitiques

Colonel (er) André Dulou (*)
Directeur Media, Mémoire et Patrimoine d’Espritsurcouf

FOCUS : Défense et Géopolitique

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Le terme « Intelligence » revêt de nombreuses significations, puisque si l’on se place du côté français, les définitions ne paraissent pas convenir de la même façon, par exemple, que dans la langue anglaise.

Il y a chez les uns et chez les autres, une volonté culturelle qui confine jusqu’à la stratégie.

Chez les Britanniques, l’Intelligence service, par exemple, est une structure importante, pour les questions d’analyse et de traitement de la menace.

Chez les Français, on évoque l’intelligence économique, et on se méprend souvent sur le sens que l’on donne à l’espionnage qui en est l’un des éléments.

Et puis …il y a l’intelligence artificielle, qui est loin d’être une nouvelle arrivée dans le paysage stratégique. Ce n’est pas parce que le traitement de l’information nous accapare aujourd’hui que cet intérêt pour les moyens de servir l’intelligence humaine date d’une période récente.

Y a-t-il alors une géopolitique des intelligences ?

Faut-il craindre une intelligence géopolitique ?

Si l’on remonte, culturellement et cultuellement jusqu’aux récits et textes anciens, l’humain cultive son intelligence depuis si longtemps que la Création elle-même en dispose de manière, et de matière, évidentes.

Aussi, sur le plan des questions récurrentes de géopolitique, y a-t-il sans doute, dans un coin du cerveau de chacune et de chacun, une « intelligence » dont le propriétaire se sert, pour ne pas être asservi, et afin que l’existence vécue soit la vraie vie.

Les géopolitiques se découvrent grâce à l’intelligence…humaine : il faudra sans doute du temps pour que les intelligences d’autres natures comprennent leur propre géopolitique, même conjuguée(s) au pluriel !

 

Bonne lecture.


A LA UNE 

Que reste‑t‑il du réel et de notre capacité à le discerner ?
(The Conversation, 9 juin 2026, Carole Lipsyc)

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Métapolitique, guerre des récits, guerre cognitive, bulles de filtres, complotisme, post-vérité… un arsenal de concepts est déployé au fil de l’actualité comme si, chacun depuis sa discipline, essayait de comprendre une catastrophe globale. Si les prismes varient, tous s’accordent à en retracer l’origine dans notre accès à l’information au travers des nouveaux médias et des technologies numériques : réseaux sociaux, Internet, algorithmes de curation de l’information, outils génératifs de contenu.

La révolution électronique, informatique et médiatique que nous connaissons depuis le siècle dernier aurait fourni au capitalisme et à la propagande l’opportunité de se renouveler et de se décupler, l’un sous la forme de l’économie de l’attention, l’autre de la cyberguerre narrative. Leurs intentions malveillantes fructifieraient grâce à nos biais cognitifs, notre narcissisme spéculaire, notre envie incessante de divertissement et notre abandon addictif aux stimulations sensationnelles.

Toutes ces explications sont amplement documentées. Elles sont justifiées. Cependant, une question reste en suspens : pourquoi en sommes-nous étonnés ? Que continuons-nous de croire de nous-mêmes et de notre prétendue préférence pour la rationalité ? Pourquoi – après Ricœur, Lacan, Castoriadis, Rosset, tant d’autres – oublions-nous que notre rapport au réel est toujours médié par le langage et le récit ? Nous sommes « l’espèce fabulatrice », comme nous nomme l’autrice Nancy Huston.

https://theconversation.com/que-reste-t-il-du-reel-et-de-notre-capacite-a-le-discerner-284244


REVUE DE PRESSE
SOMMAIRE

 

GEOPOLITIQUE :

  1. SCAF : un échec dommageable pour la coopération industrielle de défense et pour l’Europe
  2. Planisphère. Pourquoi une crise inédite dans l’OTAN ? Avec A. Zima
  3. Mali: RSF dénonce des «arrestations arbitraires» et l’«instrumentalisation» de la loi sur la cybercriminalité

ECONOMIE :

  1. L’illusion « ITAR-free » : pourquoi l’Europe reste sous tutelle industrielle américaine ?
  2. « Un signal d’alerte clair » : la guerre en Iran exacerbe les craintes des entreprises de l’UE
  3. Agents IA : Bruxelles dégaine une mesure d’urgence contre Meta

DEFENSE ET SECURITE :

  1. Transfusion de guerre : une géostratégie du sang
  2. Pierre-Yves Jolivet (Eviden) : « Il faut combattre l’IA par l’IA »
  3. Externalisation dans les Armées: de la BITD à une Base logistique des services de défense?

TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPECIALISES.

Articles en langue étrangère.

TEXTES PARUS AU JOURNAL OFFICIEL.

(*) Le colonel (er) André Dulou est depuis le 14 mai 2025, le président national des membres de la Légion d’honneur décorés au péril de leur vie.
Il est également président honoraire de la section de Gironde de la SMLH.
Après une carrière militaire « atypique », ancien élève de l’école militaire d’administration, diplômé et breveté, il est auditeur de l’IHEDN, et le responsable de la revue de presse Défense » de l’UNION-IHEDN,.
Auteur de nombreux romans et articles dans des ouvrages spécialisés, il est également le directeur média et mémoire du site ESPRITSURCOUF

HISTOIRE

Source photo : Laure Fanjeau et IA

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Le cerveau humain a longtemps été méconnu dans ses fonctionnalités. Il revient aux neurosciences d’avoir montré que toutes ses activités sont reliées, et ne se comprennent que dans cette relation entre ses différentes instances. Monter, fusionner, relier sont les trois moteurs de l’organisation de notre psyché, y compris dans ses productions symboliques les plus élaborées. C’est précisément le système mis en évidence par les Structures anthropologiques de l’imaginaire de Gilbert Durand, génial précurseur.

« Aussi une civilisation supérieure devra-t-elle donner un cerveau double à l’homme, quelque chose comme deux compartiments cérébraux, l’un pour être sensible à la science, l’autre, à ce qui n’est pas la science. »
Friedrich Nietzsche
(Humain trop humain, 1968, p. 176)

Le meilleur hommage que l’on puisse rendre à Gilbert Durand est de souligner combien son discours scientifique reste d’actualité et même combien il continue d’être anticipateur et formateur. Les recherches en anthropologie convergent pour pointer ce qu’il avait toujours martelé : l’imaginaire est le grand moteur de la psyché humaine. On constate maintenant que la grande révolution d’Homo sapiens, c’est non seulement d’avoir eu la parole (cela, on l’a dit depuis longtemps), mais d’avoir parlé de choses qui n’existent pas. De grands groupes d’individus peuvent coopérer avec succès s’ils croient à des mythes communs.

https://publications-prairial.fr/iris/index.php?id=2128


GEOPOLITIQUE

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Les consciences se heurtent souvent à la réalité de leur entendement, y compris sur le plan des relations internationales.

1 – SCAF : un échec dommageable pour la coopération industrielle de défense et pour l’Europe
(IRIS, 10 juin 2026, Jean-Pierre Maulny)


L’abandon du système de combat aérien futur (SCAF), programme en coopération entre la France, l’Allemagne et l’Espagne, annoncé par l’Allemagne le 9 juin 2026 n’est pas une surprise, tant nous connaissons, depuis déjà plusieurs années, les difficultés d’entente de la France et de l’Allemagne et surtout des deux principaux industriels Dassault et Airbus. Nous pouvons même parler d’une « chronique d’une mort annoncée ».

Face à cet échec, il est nécessaire de revenir sur différents aspects et d’éviter des amalgames tels que « la coopération en matière d’armement ne marche pas » ou « on ne peut pas travailler avec les Allemands, ce ne sont pas des alliés fiables ».

Parmi ces aspects, trois sont identifiés et doivent être analysés séparément.

L’échec de la coopération sur un programme d’armement : les deux péchés originels

Les causes de cet échec résident d’abord dans le fait que la France et l’Allemagne ont pris le 13 juillet 2017 une décision politique de lancer le programme sur la base d’un accord de partage des tâches 50/50 avec une direction française, sans se poser la question de la faisabilité d’un tel schéma. Coopérer sur un programme d’armement n’est pas une chose aisée. Cela nécessite de connaître les compétences des différents industriels, afin de procéder à une répartition rationnelle des tâches des uns et des autres. Le schéma de répartition 50/50 devait donc, sans doute, être aménagé sur le volet avion de combat, qui n’était qu’un des sept piliers du SCAF, afin de rééquilibrer ce partage au profit de Dassault, qui détenait le plus de compétences dans ce domaine. Or, cette éventualité se heurtait à l’accord politique qui avait été passé initialement. La première erreur commise était donc d’avoir fait une annonce politique sur cette coopération avant d’envisager les conditions nécessaires pour que cette coopération puisse fonctionner.

https://www.iris-france.org/scaf-un-echec-dommageable-pour-la-cooperation-industrielle-de-defense-et-pour-leurope/

https://meta-defense.fr/2026/06/09/rafale-abandon-fcas/

2 – Planisphère. Pourquoi une crise inédite dans l’OTAN ? Avec A. Zima
(Diploweb, 10 juin 2026,  Amélie ZIMA Emilie BOURGOINPierre VERLUISE)
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DANS cet entretien, Amélie Zima analyse la crise profonde que traverse actuellement l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Si l’Alliance a déjà connu de très fortes tensions depuis sa création en 1949, la situation actuelle apparaît inédite en raison du rôle joué par les États-Unis eux-mêmes, pourtant pilier historique de l’organisation. À travers une réflexion sur les relations transatlantiques, la dépendance stratégique européenne, la dissuasion nucléaire et les évolutions géopolitiques récentes, Amélie Zima montre que cette crise remet en question non seulement le fonctionnement de l’OTAN, mais aussi l’équilibre sécuritaire européen dans son ensemble.

Une crise sans précédent provoquée par les États-Unis

Selon Amélie Zima, la crise actuelle est inédite parce qu’elle provient directement du membre le plus puissant de l’Alliance : les États-Unis. Sous l’influence de Donald Trump et des réseaux politiques qui l’entourent, Washington remet en cause plusieurs principes fondamentaux inscrits dans le traité de Washington de 1949 [2], notamment le règlement pacifique des différends, le respect de la souveraineté des États et l’inviolabilité des frontières. Les tensions autour du Groenland ou les discours et les actions visant le Canada illustrent cette remise en question de principes considérés jusqu’ici comme intangibles dans l’espace transatlantique.

La crise ne porte donc plus uniquement sur le partage du fardeau militaire ou les dépenses de défense, mais sur la confiance politique au sein de l’Alliance.

Cette situation fragilise profondément l’identité même de l’OTAN, traditionnellement définie comme une « communauté de sécurité », c’est-à-dire un ensemble d’États entre lesquels le recours à la coercition ou à la force est exclu. Désormais, certains Européens envisagent même des mécanismes de protection face aux États-Unis eux-mêmes, notamment via l’article 42.7 du traité de Lisbonne sur la défense collective européenne. La crise ne porte donc plus uniquement sur le partage du fardeau militaire ou les dépenses de défense, mais sur la confiance politique au sein de l’Alliance.

https://www.diploweb.com/Planisphere-Pourquoi-une-crise-inedite-dans-l-OTAN-Avec-A-Zima.html

3 – Mali : RSF dénonce des «arrestations arbitraires» et l’«instrumentalisation» de la loi sur la cybercriminalité
(RFI, 10 juin 2026, David Baché)


Chahana Takiou, le directeur du journal 22 Septembre, avait critiqué lors d’un forum sur les médias le non-respect du droit de la presse par la justice malienne. Abdrahamane Keita, le directeur du journal Le Témoin, avait déploré lors d’un débat télévisé que Kidal soit actuellement administrée par le Jnim – le groupe jihadiste, lié à al-Qaïda –, et les indépendantistes du FLA contrôlent effectivement Kidal depuis le 25 avril. L’armée et les représentants de l’État malien ne sont plus présents à Kidal depuis cette date.

Les deux journalistes attendent désormais d’être jugés par le pôle judiciaire spécialisé contre la cybercriminalité, dont RSF dénonce l’« instrumentalisation ».

Ces arrestations sont des arrestations arbitraires, accuse Sadibou Marong, le directeur du bureau régional de Reporters sans frontières pour l’Afrique de l’Ouest. D’abord sur les charges présumées : « atteinte au crédit de l’État », « délit à caractère régionalistetout cela sous le coup de la loi sur la cybercriminalité, ce sont des charges qui constituent une nouvelle illustration du climat très grave dans lequel se trouvent les reporters au Mali. Le pays a perdu vingt-deux places en six ans de Transition au classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, passant de la 99e à la 121e place. »

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260610-mali-rsf-d%C3%A9nonce-des-arrestations-arbitraires-et-l-instrumentalisation-de-la-loi-sur-la-cybercriminalit%C3%A9


ECONOMIE

 

Des illusions, des décisions et une économie qui se cherche, et qui inquiète les acteurs.

1 – L’illusion « ITAR-free » : pourquoi l’Europe reste sous tutelle industrielle américaine ?
(Le portail de l’IE, 4 juin 2026, Pierre Galan)

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Derrière le débat sur l’ITAR se cache une réalité bien plus inquiétante : les États-Unis disposent d’autres leviers pour contraindre l’industrie de défense européenne, bien au-delà de la simple question des composants américains. Airbus et Safran pourraient déjà en faire les frais.

La souveraineté industrielle de défense est une idée que la France porte presque seule, au milieu de voisins européens qui ont, pour la plupart, pris le parti de dépendre des États-Unis pour assurer leur sécurité. Au cœur de ce débat revient inlassablement un acronyme : l’ITAR,  (International Traffic in Arms Regulations). Cet outil réglementaire américain soumet à autorisation d’exportation tout produit intégrant au moins un composant fabriqué aux États-Unis, quelle que soit sa destination ou l’origine du produit fini.

La France en a fait l’amère expérience en 2018. L’Égypte avait commandé douze Rafale, équipés de missiles SCALP fabriqués par MBDA sur le sol français. Problème : ces missiles embarquaient une puce électronique d’origine américaine. Suffisant pour que Washington s’arroge un droit de regard sur la transaction et menace de bloquer la livraison. En janvier 2023, la Cour des comptes révélait l’ampleur du phénomène : les seules grandes entreprises françaises de défense ouvraient entre 800 et 1 000 dossiers par an auprès du Directorate of Defense Trade Controls (DDTC), l’autorité américaine chargée de ces autorisations.

Face à cette contrainte, les industriels et gouvernements européens ont cherché la parade en développant des équipements dits « ITAR-free », conçus sans composant américain pour échapper au droit de regard de Washington. Une réponse logique, mais qui s’avère insuffisante. Car le problème va bien au-delà de la question des composants. Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et de réarmement généralisé, deux autres leviers de dépendance font peser une menace autrement plus profonde sur l’autonomie stratégique européenne.

https://www.portail-ie.fr/univers/defense-industrie-de-larmement-et-renseignement/2026/illusion-itar-free-europe-tutelle-americaine/

2 –  « Un signal d’alerte clair » : la guerre en Iran exacerbe les craintes des entreprises de l’UE
(Euractiv, 10 juin 2026, Thomas Moller)

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Une nouvelle étude révèle que la crise au Moyen-Orient a encore davantage ébranlé la confiance des chefs d’entreprise dans l’ensemble des économies de l’Union européenne, alors que la flambée des prix de l’énergie vient s’ajouter à d’autres défis à long terme.

Une étude publiée vendredi par la Table ronde européenne de l’industrie (ERT), un groupe de pression basé à Bruxelles, a révélé que deux tiers des PDG et présidents interrogés estiment que les conditions commerciales dans l’UE se sont détériorées au cours des six derniers mois.

Plus de la moitié des 57 personnes interrogées ont également déclaré s’attendre à une nouvelle détérioration de la situation économique d’ici la fin de l’année.

https://euractiv.com/fr/news/un-signal-dalerte-clair-la-guerre-en-iran-exacerbe-les-craintes-des-entreprises-de-lue/

3 – Agents IA : Bruxelles dégaine une mesure d’urgence contre Meta
(Silicon, 10 juin 2026, Philippe Leroy)

La Commission européenne impose une mesure provisoire inédite à Meta, l’obligeant à rétablir l’accès gratuit à WhatsApp pour les assistants IA concurrents.

Il aura suffi de quelques mois pour que Bruxelles dégaine son arme d’urgence.

Le 9 juin, la Commission européenne a ordonné à Meta de rouvrir l’accès à son API WhatApp Business aux assistants IA concurrents. Et ce gratuitement, le temps que l’enquête en cours arrive à son terme. Une décision inédite qui place le marché naissant des agents IA au cœur des batailles réglementaires européennes.

Fait notable, la procédure s’appuie sur le droit antitrust classique, et non sur le Digital Markets Act. Une voie plus longue, mais que la Commission choisit délibérément ici pour son caractère d’urgence. Une première dans le secteur de l’IA.

Tout commence à l’automne dernier. Jusqu’en janvier 2026, Meta autorisait les assistants IA tiers à interagir avec les utilisateurs de WhatsApp, comme elle le fait pour d’autres entreprises telles que les agences de voyage en ligne ou les services clients.

https://www.silicon.fr/business-1367/agents-ia-bruxelles-degaine-une-mesure-durgence-contre-meta-227584


DEFENSE ET SECURITE

 

Innovations, compter sur l’expérience et recommencer : les programmes qui permettent de combattre sont aussi ceux de l’intelligence.

1 – Transfusion de guerre : une géostratégie du sang
(Revue Conflits, 10 juin 2026, Dr Elisabeth Durieux-Roussel)

  • L’histoire de la transfusion sanguine s’écrit sur les champs de bataille. De la Grande Guerre à l’Ukraine, chaque conflit majeur a accéléré les innovations et forgé les doctrines qui structurent aujourd’hui la médecine militaire.
  • Le sang est une ressource stratégique. L’Ukraine en a fait l’expérience sous les frappes russes sur ses centres de transfusion. Israël a construit un centre souterrain anti-missiles pour protéger les siennes. La France dispose d’atouts réels mais présente des vulnérabilités persistantes.
  • Derrière chaque soldat transfusé sur un champ de bataille se trouve un citoyen ayant donné son sang en temps de paix. Dans les guerres qui menacent, ce geste ordinaire pourrait rester l’acte médical le plus stratégique qui soit.

« Car l’âme de la chair est dans le sang. » — Lévitique (17.11)

Le 11 novembre 2023, quelque part dans une tranchée ukrainienne, un médecin de combat de la brigade Azov ouvre sa trousse. Son camarade se vide de son sang. Il n’y a ni hélicoptère, ni hôpital à proximité, ni chirurgien. Il y a un thermos, un appareil portable et du sang prélevé sur un soldat présent sur place. Il transfuse. Le blessé survit.

Ce geste, banal dans un bloc opératoire, était illégal en Ukraine six mois plus tôt. Il a fallu une guerre totale pour que la loi rattrape la réalité du terrain. C’est à cette frontière, entre la médecine et la guerre, entre le droit et l’urgence, que se joue depuis plus d’un siècle l’histoire de la transfusion sanguine en temps de conflit. L’histoire de la transfusion ne s’écrit pas dans les laboratoires. Elle s’écrit sur les champs de bataille, portée par des médecins qui ont compris avant les autres qu’en guerre le sang constitue l’une des premières ressources stratégiques.

https://www.revueconflits.com/transfusion-de-guerre-une-geostrategie-du-sang/

2 – Pierre-Yves Jolivet (Eviden) : « Il faut combattre l’IA par l’IA »
(OPEXnews, 9 juin 2026, Pierre Sauveton)

Après la tempête financière traversée par le groupe Atos et le recentrage opéré avec la cession de Bull, Eviden avance avec une feuille de route clarifiée : produits et systèmes critiques pour la sécurité, la cybersécurité et la défense, articulés autour de trois piliers (IA, cybersécurité et souveraineté). Un positionnement singulier, à la croisée de l’agilité d’une entreprise de services numériques de dimension mondiale et des exigences les plus sensibles du secteur de la défense.

Son CEO, Pierre-Yves Jolivet, détaille pour OpexNews la trajectoire du groupe et ses priorités technologiques. Capteurs de renseignement électromagnétique, combat collaboratif, lutte anti-drones, cryptographie post-quantique, cybersécurité augmentée par l’IA : tour d’horizon d’un acteur qui entend tenir le rythme d’une innovation tactique accélérée par la guerre en Ukraine.

OpexNews : Après une période de turbulences financières pour le groupe Atos et le recentrage opéré avec la cession de Bull, quel message adressez-vous à vos collaborateurs comme aux candidats sur la stabilité et le projet de long terme d’Eviden ?

Pierre-Yves Jolivet : C’est effectivement une question assez facile à traiter. Nous avons réalisé la restructuration financière du groupe Atos fin 2024. En 2025, nous avons passé beaucoup de temps à remettre l’entreprise dans un mode de fonctionnement optimal et à bien reclarifier le fonctionnement du groupe autour de ses deux branches : la branche Atos, qui assure l’ensemble des services numériques aux entreprises et la branche Eviden. À l’époque, il y avait Bull, qui a depuis été cédé, ainsi que les activités de produits et de projets pour la sécurité, la cybersécurité et la défense.

https://opexnews.fr/eviden-pierre-yves-jolivet-interview-defense-ia-cybersecurite/

3 – Externalisation dans les Armées: de la BITD à une Base logistique des services de défense?
(Home FOB, 10 juin 2026, Nathan Gain)

Le soutien des forces par des entreprises privées est déjà une réalité mais la résilience opérationnelle pourrait exiger des réponses plus robustes et ambitieuses de la part des sociétés engagées dans la chaîne du soutien (photo Ineo Défense).

Serait-on en train de rompre avec la fiction de l’autonomie logistique?

Le ministère des Armées et des Anciens combattants a conduit, dans le cadre d’Orion 26, un premier « exercice de réquisition pour renforcer la préparation de la Nation à l’hypothèse d’un engagement majeur ». Organisé par la DGA, en lien avec l’armée de Terre, cet exercice s’est déroulé du 27 au 30 avril 2026, sur les sites de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et de Moulins (Allier) de la 13e base de soutien du Matériel (13 BSMAT). Il s’agissait de tester la mise en action temporaire des personnes physiques, des entreprises, des biens et des services issus du tissu économique civil local. Selon le communiqué des Armées, « cette étape constitue la première mise en œuvre concrète des dispositions du code de la défense relatives aux réquisitions rénovées par la loi de programmation militaire 2024-2030, qui prévoient notamment la réalisation d’exercices et d’essais avec l’industrie afin de tester les dimensions administratives, juridiques et opérationnelles de la réquisition ».

Ce communiqué a son importance. Pas tant à cause du dernier paragraphe qui précise que cette étape « s’inscrit pleinement dans la construction d’une « DGA de combat », capable d’appuyer, dans la durée, la montée en puissance de la base industrielle et technologique de défense (BITD) et des capacités nationales nécessaires à l’effort industriel de défense, y compris en cas d’engagement majeur. »

https://lignesdedefense.ouest-france.fr/externalisation-dans-les-armees-de-la-bitd-a-une-base-logistique-des-services-de-defense/


TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPECIALISES 


ESPRIT SURCOUF vous offre un tour d’horizon des titres de fond propres à susciter la réflexion de défense et de sécurité

Accord militaire avec Chypre : le président turc Erdogan met la France en garde
(Boursorama, 10 juin 2026, avec Media services)

Paris et Nicosie ont signé un accord visant à faciliter l’accueil de forces françaises à Chypre « pour des opérations humanitaires ».

La Turquie répondra de manière « très ferme » si l’accord militaire signé entre Chypre et la France menace la République turque de Chypre-Nord (RTCN), a prévenu mercreid 10 juin le président turc Recep Tayyip Erdogan.

« Je veux qu’il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l’on porte atteinte aux droits (…) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale », a déclaré le chef de l’Etat turc devant les députés de son parti au parlement à Ankara. Le ministère des Affaires étrangères de la RTCN avait déjà estimé mardi que cet accord « porte atteinte aux délicats équilibres sécuritaires (…) de notre île et de notre région », dénonçant les « initiatives nuisibles » de Paris.

L’accord signé lundi à Nicosie entre les ministres français et chypriote de la Défense fait suite au vœu formulé en avril par le président français Emmanuel Macron et son homologue chypriote Nikos Christodoulides de faciliter l’accueil de forces françaises à Chypre « pour des opérations humanitaires en Méditerranée orientale et au Moyen-Orient ».

https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/accord-militaire-avec-chypre-le-president-turc-erdogan-met-la-france-en-garde-3ee4a6735617af19369aa2e5e043bf42

Les enjeux géostratégiques du gazoduc Nigeria-Europe
(Mondafrique, 7 juin 2026, La rédaction)

Lancé en 2016 puis relancé en 2023, le gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP), long d’environ 6 000 km, devrait traverser 13 pays africains sur la façade atlantique pour acheminer des milliards de mètres cubes de gaz nigérian jusqu’au royaume chérifien. De là, il doit être connecté au Gazoduc Maghreb Europe (GME)

Le gazoduc reliant le Nigéria à l’Europe devrait offrir une capacité entre 30 et 33 milliards de mètres cubes gazeux. Le Nigeria est le   premier réservoir de gaz en Afrique 5.9OO milliards de mètres cubes gazeux. Comme le démontre une importante étude de l’IRIS , il  est l’objet d’enjeux géostratégiques importants pour la région, notamment de la rivalité entre  l’Algérie  et le Maroc. 1.-Concernant l’Algérie , la  5ᵉ Réunion ministérielle du Comité de pilotage du projet de Gazoduc transsaharien (TSGP) d’une capacité de 30 milliards de mètres cubes gaz en vitesse de croisière,  traverse trois pays le Nigeria, le Niger et l’Algérie . Une réunion  a eu lieu  à Alger le 03 juin 2026 ayant  rassemblé le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, le ministre d’État nigérian des Ressources pétrolières chargé du Gaz, , ainsi que le ministre nigérien du Pétrole, le PDG de Sonatrach,  les responsables de la compagnie nigériane NNPC et de la société nigérienne Sonidep,  ayant  pris part aux travaux, aux côtés d’experts des trois pays.

https://mondafrique.com/economie/les-enjeux-geostrategiques-du-gazoduc-nigeria-europe/


ARTICLES EN LANGUE ÉTRANGÈRE

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https://www.defensenews.com/global/europe/2026/06/09/airbus-led-alliance-lobbies-germany-on-fighter-jet-project/ 

https://www.businessinsider.com/us-army-wants-thousands-of-missiles-to-replace-its-stingers-2026-6 

https://thedefensepost.com/2026/06/10/falcon-iv-radio-central-europe/ 

https://www.defenseone.com/policy/2026/06/senate-appropriators-defense-reconciliation-bill/414080/?oref=d1-featured-river-top 

https://breakingdefense.com/2026/06/trump-memo-on-ai-aims-to-avoid-repeat-of-anthropic-debacle/ 

https://breakingdefense.com/2026/06/airbus-unveils-u145-autonomous-helicopter-drone-for-cargo-supply-ops/  


PARUS AU JOURNAL OFFICIEL

 

Décision du 3 juin 2026 fixant la liste des pays d’origine sûrs

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054209933

Source bandeau : IA / Laure Fanjeau