Actualisation de la programmation militaire

Colonel (er) André Dulou (*)
Directeur Media, Mémoire et Patrimoine d’Espritsurcouf

FOCUS : Défense et Géopolitique

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On a longtemps et longuement utilisé les lignes budgétaires des armées et de la défense, comme « variables d’ajustements budgétaires ».

Le retour si proche de nous d’un affrontement guerrier, en Ukraine, et la résolution affichée de la Russie de réaliser ses objectifs par la force, contraint l’Europe à prendre des mesures pour sa défense. Elle n’est pas la seule, puisque, d’un endroit de la planète à l’autre, les « points chauds » et « zones de conflits » sont nombreux et actifs.

La France dans l’Europe en est le partenaire conscient.

Il y a quelques temps, ce sont les forces morales qui ont été abordées, et mises en œuvre pour une défense adaptée directement à la menace.

Au cœur de la jeunesse (Préparation militaire, escadrilles air jeunesse, cadets), les classes « défense », les différentes structures soutenues par les armées, le service militaire, les écoles de formation et les lycées militaires, sont autant d’atouts majeurs que leurs aînés autant que leurs maîtres engagent pour le service de la Nation.

La question de savoir si cette approche est suffisante reçoit en ce moment, en France, son complément dans le sursaut inévitable de la cohésion nationale. Autour et en soutien de nos forces vives, se tisse un noyau de strates volontaires, qu’il est nécessaire maintenant de prendre en compte, pour dans un premier temps dissuader, avant, si utile, de servir dans le cadre de la haute intensité.

Notre culture de défense contient dans sa globalité, trois composantes incontournables, et c’est bien dans cette acception que la promotion de l’esprit de défense fonctionne.

Que ce soit dans la jeunesse, ou dans des classes d’âge plus anciennes, se lèvent celles et ceux qui se déterminent, le plus souvent possible et à l’image de leurs aînés, à la vocation de servir.

C’est ainsi que la Loi de programmation militaire, mise en place après une réflexion stratégique prenant en compte l’ensemble des menaces et des moyens à y opposer, nous amène à un effort constant, et à une actualisation permanente des efforts à fournir.

C’est dans cette direction que l’innovation de défense doit être supportée, et que chaque Français, qu’il soit ou ait été combattant, puisse donner de lui-même, et s’il le faut, jusqu’au sacrifice. Ne pas oublier que « le service demandé aux militaires…s’étend aussi sans restriction de lieu ni de temps, à toutes les activités que le commandement est appelé à prescrire pour le bon accomplissement de la mission… »

Dans la culture combattante, il est nécessaire de pouvoir affirmer : « j’en suis ».

Et pour les autres, il ne reste, comme le stipule le général Mac Arthur, : « Puisse Dieu avoir pitié de leur âme de vieillard ».

Bonne lecture.


A LA UNE 

Les Français et les enjeux de défense
Institut Montaigne, 23 avril 2026, Jeanne Lebaudy

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Pouvoir d’achat, santé, immigration, éducation… Et la défense ? Quelle est la place de cet enjeu parmi les préoccupations des Français et comment ces derniers se situent-ils par rapport à leurs voisins européens ? Répondre à cette question, de façon diachronique et synchronique, est un préalable pour construire un esprit de défense à la mesure de la menace. Cet article, en partenariat avec Verian, examine la place croissante des enjeux de défense dans l’opinion française et dégage un paradoxe : une forte sensibilité aux enjeux de défense, mais une réticence persistante à en assumer pleinement les implications.
De sujet secondaire à priorité installée : la défense a changé de rang dans l’opinion.

Au milieu des années 2000, la hiérarchie des préoccupations des Français est dominée par les enjeux économiques et sociaux. Les enquêtes d’opinion de l’époque – qu’il s’agisse des séries Eurobaromètre ou des instituts nationaux – montrent que la défense apparaît marginalement parmi leurs inquiétudes (ils sont moins de 5 % à la faire figurer dans la liste de leurs préoccupations). Elle est perçue comme une compétence régalienne à part entière, traitée par un système d’alliances dans le cadre privilégié de l’OTAN, et relativement déconnectée des vies quotidiennes d’une époque marquée par un nombre faible de conflits, a fortiori en Europe. À l’exception de certains pays de l’est de l’Union européenne, la marginalisation de l’enjeu de défense se retrouve dans la plupart des 27 États membres.

Cette marginalité contraste avec la période actuelle. En 2025, 18 % des Français citent la sécurité et la défense parmi les deux principaux enjeux auxquels l’Union européenne fait face, un niveau proche de la moyenne européenne (16 %), mais inférieur à celui observé dans certains pays d’Europe centrale et orientale. En Pologne, par exemple, les niveaux de préoccupation dépassent régulièrement 25 %, reflet d’une exposition géographique et historique directe à la menace russe. À l’inverse, en Italie ou en Espagne, la défense reste plus nettement derrière les priorités économiques et migratoires.

La progression française n’en est pas moins significative. En vingt ans, la défense a changé de statut : longtemps cantonnée à une frange marginale de l’opinion publique, elle s’est progressivement imposée comme un thème structurant.

https://www.institutmontaigne.org/expressions/les-francais-et-les-enjeux-de-defense

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RAPPORT ANNEXÉ au projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030  et portant diverses dispositions intéressant la défense
(Légifrance, texte soumis à la délibération du Conseil des ministres, avant dépôt du 30 avril 2026 – 28 pages)

Comme le prévoit son article 8, la loi n° 2023-703 du 1er août 2023 relative à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 est actualisée afin d’accélérer le mouvement de modernisation de nos capacités et l’aptitude de notre modèle capacitaire à un engagement de haute intensité de nos armées. Conformément aux arbitrages du Président de la République, cette actualisation de la loi de programmation militaire valide une trajectoire de réarmement à hauteur de +36 Md€ sur la période 2026-2030, en produisant des effets visibles dès 2026 et 2027. Cet effort de réarmement, porté sur nos capacités les plus critiques à court terme, sans initier d’évolution de format, se répartit en quatorze surmarches : la dissuasion, les munitions, les drones, la défense sol-air et la lutte anti-drones, la guerre dans le champ électromagnétique, l’espace, l’innovation opérationnelle, la préparation opérationnelle, les feux dans la profondeur, l’engagement terrestre, le combat naval, l’aviation de combat, l’aviation de transport, la cohésion nationale et le durcissement des compétences, tout en réévaluant la provision annuelle dédiée au financement des surcoûts liés aux opérations extérieures et aux missions intérieures. L’actualisation de la loi de programmation militaire donne ainsi la priorité : – aux munitions de tous types (dont l’accélération des effecteurs air-air et SEAD/ air-mer de l’aviation de combat) et à la préparation opérationnelle ; – – aux moyens de souveraineté : la dissuasion nucléaire, l’espace (dont une capacité spatiale d’alerte avancée) et nos moyens de connectivité européens haut débit ; à l’amélioration de la capacité des armées à s’engager en haute intensité : drones, défense surface-air (dont capacités radars d’alerte avancée), lutte anti-drones, guerre dans le champ électromagnétique, frappes dans la profondeur (dont capacité de frappe dans la très grande profondeur), capacités de commandement, tout en accentuant l’investissement dans les technologies de rupture (innovation opérationnelle) et en initiant une première marche de durcissement capacitaire pour chaque milieu : engagement terrestre (dont augmentation des capacités d’artillerie), combat naval, aviation de combat et aviation de transport.

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REVUE DE PRESSE
SOMMAIRE

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GEOPOLITIQUE :

  1. Taïwan : quelle politique de défense face à la puissance chinoise ?
  2. Le tournant stratégique du Japon : exportations d’armes, manœuvres aux Philippines
  3. Ukraine: le Kremlin refuse tout pourparlers de paix avant le retrait de Kiev du Donbass

ECONOMIE :

  1. « Plan national sur les terres rares » : la France et l’UE peuvent-elles endiguer leur retard face à la Chine ?
  2. Critères ESG et BITD : l’Europe se réarme en paroles, et en normes
  3. L’armée de Terre accélère sa transformation, au prix de quelques sacrifices

DEFENSE ET SECURITE :

  1. Le ministère des Armées va faire évoluer la maintenance aéronautique avec des «contrats globaux de soutien»
  2. VeliPod : une innovation majeure en transfusion sanguine testée par le SSA
  3. Le contre-espionnage militaire français note une hausse des atteintes physiques contre les emprises de la défense

TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPECIALISES.

ARTICLE EN LANGUE ETRANGERE.

TEXTES PARUS AU JOURNAL OFFICIEL.

(*) Le colonel (er) André Dulou est depuis le 14 mai 2025, le président national des membres de la Légion d’honneur décorés au péril de leur vie.
Il est également président honoraire de la section de Gironde de la SMLH.
Après une carrière militaire « atypique », ancien élève de l’école militaire d’administration, diplômé et breveté, il est auditeur de l’IHEDN, et le responsable de la revue de presse Défense » de l’UNION-IHEDN,.
Auteur de nombreux romans et articles dans des ouvrages spécialisés, il est également le directeur média et mémoire du site ESPRITSURCOUF

HISTOIRE

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Lassée par la guerre qu’elle doit mener contre les rebelles corses, la République de Gênes cède « provisoirement » ses droits sur l’île à la France par le traité de Versailles du 15 mai 1768.

La France convient de restituer l’île dès que la République lui aura versé 40 millions de livres en rémunération de son intervention contre les rebelles. Le remboursement se fait toujours attendre !…

Le duc de Choiseul, qui dirige les affaires du royaume, est à l’origine de cette fructueuse transaction.

Il veut offrir aux nobles français une occasion de guerre et une revanche après l’humiliant traité de Paris qui a mis fin à la guerre de Sept Ans.

Il veut aussi offrir à la France une base stratégique en Méditerranée pour faire front aux Anglais, présents à Minorque et surtout à Gibraltar.

Il veut enfin détourner les esprits des problèmes intérieurs qui minent la France sous le règne finissant de Louis XV. Les privilégiés et les parlementaires repoussent toute réforme de l’État cependant que la haute noblesse accapare les évêchés et les commandements militaires.

https://www.herodote.net/15_mai_1768-evenement-17680515.php


GEOPOLITIQUE

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Les zones de conflits se multiplient, et les menacent montrent la nécessité de se préparer à la haute intensité.

1 – Taïwan : quelle politique de défense face à la puissance chinoise ?
(Aérion24, Tran Thi Mong Tuyen, 7 mai 2026)

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L’Indo-Pacifique s’impose désormais comme un espace central de rivalités stratégiques où la hausse des dépenses militaires traduit autant des impératifs de sécurité que des ambitions économiques et technologiques. Les équilibres régionaux y sont redéfinis à mesure que les États adaptent leurs capacités aux nouvelles configurations du pouvoir. Le Japon prévoit de doubler ses dépenses de défense pour atteindre 2 % du PIB d’ici 2027, renouant ainsi avec une posture plus affirmée en matière de sécurité (1). Parallèlement, la Corée du Sud poursuit la modernisation de ses forces armées tout en consolidant une base industrielle et technologique de défense de plus en plus intégrée (2).

Dans ce contexte de recomposition stratégique, Taïwan occupe une position singulière. L’ile doit dissuader un voisin militairement supérieur tout en composant avec un isolement diplomatique quasi structurel et les pressions constantes exercées par Pékin. Cette situation paradoxale impose à Taipei une double exigence : renforcer sa crédibilité militaire sans provoquer d’escalade, tout en inscrivant sa stratégie dans un cadre de coopération prudente avec ses partenaires. Lors de sa tournée asiatique de 2025, le président américain Donald Trump a d’ailleurs exhorté les alliés régionaux à accroitre leur budget militaire face à la menace chinoise — un message qui résonne directement avec les priorités de défense de Taipei et le débat interne sur l’autonomie stratégique.

https://www.areion24.news/2026/05/07/taiwan-quelle-politique-de-defense-face-a-la-puissance-chinoise/

2 – Le tournant stratégique du Japon : exportations d’armes, manœuvres aux Philippines
(Asialyst, Sébastien Rainen, MAJ 28 avril 2026)

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En l’espace d’une semaine, le Japon a franchi plusieurs seuils historiques en simultané. Le premier, le 21 avril, le Cabinet de la Première ministre Sanae Takaichi levait officiellement l’interdiction d’exporter des armes létales, renversant un pilier de la politique étrangère japonaise vieux de plus d’un demi-siècle.

Quelques jours plus tôt, les ministres de la défense japonais et australien signaient à Melbourne un contrat colossal portant sur la livraison de trois frégates de classe Mogami pour 7,15 milliards de dollars, l’un des plus grands contrats d’exportation militaire de l’histoire du Japon depuis 1945. Parallèlement, plus de 1 400 soldats des Forces d’autodéfense (nom officiel donné aux forces armées japonaises) prenaient part pour la première fois, en tant que combattants à part entière, aux exercices militaires conjoints Balikatan aux Philippines, aux côtés des États-Unis et de six autres nations.

Trois événements distincts, une même logique. Tokyo opère une transformation profonde et délibérément accélérée de sa posture stratégique, sous la pression d’un environnement régional que ses dirigeants qualifient, avec une insistance croissante, « de plus en plus grave, » expression désormais quasi rituelle dans le discours officiel japonais.

https://asialyst.com/fr/2026/04/28/tournant-strategique-japon-exportations-armes-manoeuvres-philippines/

3 – Ukraine : le Kremlin refuse tout pourparlers de paix avant le retrait de Kiev du Donbass
(RFI, 13 mai 2026)

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Ce mercredi 13 mai 2026, le Kremlin a écarté l’idée de véritables pourparlers de paix avec Kiev tant que l’armée ukrainienne n’aurait pas quitté la région orientale du Donbass, qui est partiellement contrôlée par Moscou. 

« Pour qu’une trêve puisse s’installer et qu’un couloir s’ouvre vers de véritables pourparlers de paix (…), le président (ukrainien Volodymyr) Zelensky doit donner l’ordre aux forces ukrainiennes de cesser le feu et de quitter le territoire du Donbass », a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, au cours de son point-presse quotidien, ce mercredi 13 mai 2026. Il a ainsi réitéré une exigence clé avancée par Moscou depuis l’été 2024 et qualifiée d’inacceptable par Kiev pour mettre fin à l’offensive déclenchée en février 2022 par la Russie contre l’Ukraine voisine.

« Les parties pourront alors tranquillement s’occuper des pourparlers qui seront (…) inévitablement très difficiles et porteront sur un grand nombre de détails importants », a assuré M. Peskov. Ces déclarations interviennent après que Vladimir Poutine avait surpris, le samedi 9 mai, en affirmant que le conflit en Ukraine « touchait à sa fin » au cours d’une conférence de presse le jour des célébrations de la victoire soviétique sur l’Allemagne nazie. Le président russe n’avait pas développé ce commentaire accompagné d’une critique du soutien occidental à Kiev.

https://www.rfi.fr/fr/europe/20260513-ukraine-le-kremlin-refuse-tout-pourparlers-de-paix-avant-le-retrait-de-kiev-du-donbass


ECONOMIE

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Une économie de guerre se forme dans les domaines stratégiques de l’économie de défense.

1 – « Plan national sur les terres rares » : la France et l’UE peuvent-elles endiguer leur retard face à la Chine ?
(IRIS, Guillaume Pitron, 12 mai 2026)

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Pourquoi les terres rares font-elles aujourd’hui l’objet d’une attention particulière ?

Les terres rares constituent une famille de quinze métaux présents dans un grand nombre de technologies. Elles sont utilisées dans l’électronique, les moteurs de véhicules électriques, les éoliennes offshore, les technologies médicales ou encore les équipements d’imagerie. Elles sont aussi stratégiques pour l’industrie de défense. Le samarium, par exemple, permet de fabriquer des aimants résistants à de très hautes températures, indispensables dans certains équipements militaires. Aujourd’hui, le secteur de la défense fait face à une dépendance extrêmement forte aux terres rares.

La Chine extrait environ 60 % des terres rares mondiales, raffine près de 85 % de la production et fabrique environ 94 % des aimants permanents à base de terres rares. Depuis plusieurs années, Pékin restreint progressivement ses exportations de terres rares et d’aimants permanents. Ces restrictions touchent directement les secteurs utilisateurs, notamment l’industrie médicale, les véhicules électriques et surtout la défense.

https://www.iris-france.org/plan-national-sur-les-terres-rares-la-france-et-lue-peuvent-elles-endiguer-leur-retard-face-a-la-chine/

2 – Critères ESG et BITD : l’Europe se réarme en paroles, et en normes. 
(Le portail de l’IE, 8 mai 2026)

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« Notre Europe depuis des décennies reposait sur un dogme; financer la défense était mauvais », Emmanuel Macron le 18 mars 2026, lors du baptême du porte-avions France Libre. Malgré l’urgence sécuritaire, le financement de la défense reste le parent pauvre de l’investissement européen. Pour garantir sa liberté, l’Europe doit d’urgence intégrer la sécurité comme un pilier de la durabilité sociale.

Alors que la guerre est revenue durablement sur le continent européen, et que les États-Unis ne sont plus le partenaire militaire fiable qu’ils prétendaient être pour l’Europe, une contradiction majeure persiste au cœur des politiques publiques : l’Europe proclame sa volonté de souveraineté stratégique tout en sabotant les conditions financières de son industrie de défense. Deux ans après l’alerte lancée ici-même sur le Portail de l’IE au sujet de l’impact délétère des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) sur la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) française, le constat est sans ambiguïté :le problème n’a pas disparu, il s’est normalisé. 

Le paradoxe stratégique persiste : réarmement sans financement

Depuis 2022, les discours politiques européens ont radicalement évolué. Autonomie stratégique, souveraineté industrielle, réarmement, montée en cadence : jamais la BITD n’a été aussi centrale dans la rhétorique publique. Pourtant, les flux financiers privés n’ont pas suivi.

Les plus de 4 000 PME et ETI de défense continuent de faire face à des refus bancaires explicites ou déguisés, des conditions de financement dégradées, une dépendance accrue aux commandes publiques, ou encore une difficulté structurelle à lever des fonds pour l’innovation ou l’export. Cette situation n’est pas une anomalie de marché : elle est le produit d’un cadre normatif défavorable, dans lequel la défense demeure perçue comme un secteur « à risque réputationnel », indépendamment de sa légalité, de son contrôle étatique ou de son rôle stratégique.

https://www.portail-ie.fr/univers/defense-industrie-de-larmement-et-renseignement/2026/criteres-esg-et-bitd-leurope-se-rearme-en-paroles-et-en-normes/

3 – L’armée de Terre accélère sa transformation, au prix de quelques sacrifices
(OPEXnews, Pierre Sauveton, 5 mai 2026)

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Le 9 avril dernier, le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), le général Pierre Schill, est arrivé devant la commission de la défense nationale et des forces armées avec un texte à défendre et beaucoup de questions à anticiper. L’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, en cours d’examen à l’Assemblée Nationale, engage des choix importants pour l’armée de Terre : où concentrer l’effort, quels programmes accélérer, lesquels décaler. Ce qui suit revient sur les principaux sujets de cette audition, de la lutte anti-drones au char du futur, et sur ce qu’ils disent de l’état réel de l’armée de Terre.

Cette actualisation n’est pas une nouvelle loi de programmation militaire. La LPM votée en 2023 reste en place. Ce que le texte soumis aux députés apporte, c’est une révision de certaines priorités, une accélération sur des segments jugés urgents, financée en partie par des arbitrages budgétaires qui impliquent des décalages ailleurs. Le CEMAT l’a dit dès son propos introductif : « le plan de 2023 est bon, il est cohérent, mais il doit être accéléré et amplifié. » La vitesse et la portée de la transformation doivent s’y adapter.

https://opexnews.fr/armee-terre-acceleration-transformation-lpm-pierre-schill-2026/


DEFENSE ET SECURITE

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Innovations dans la maintenance autant que dans la protection de l’humain, vigilance et appréciation de la menace : la haute intensité est proche.

1 – Le ministère des Armées va faire évoluer la maintenance aéronautique avec des «contrats globaux de soutien» .
(OPEX 360, 12 mai 2026, Laurent Lagneau)

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La disponibilité des aéronefs ayant été jugée trop décevante au regard des investissements consentis, le ministère des Armées a lancé plusieurs réformes du Maintien en condition opérationnelle aéronautique [MCO Aéro] au cours de ces dernières années.

La dernière en date remonte à 2018, avec la disparition de la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la Défense [SIMMAD] au profit d’une Direction de la Maintenance aéronautique [DMAé], placée sous l’autorité directe du chef d’état-major des armées [CEMA].

Chargée d’élaborer des «stratégies de MCO Aéro» visant à accroître la disponibilité des aéronefs à un coût maîtrisé, celle-ci a développé le concept de «contrat verticalisé», l’idée étant de regrouper l’ensemble des marché de soutien relatifs à un type d’appareil précis en un seul, notifié à un prestataire unique. Et cela, avec une obligation de résultat à la clef.

Le premier contrat verticalisé, appelé RAVEL [pour Rafale Verticalisé], fut attribué à Dassault Aviation pour une durée de dix ans. «Il regroupe un large spectre d’activités [logistique, assistance technique, documentation, systèmes sol, maintenance], dans une logique orientée vers le résultat et la disponibilité», a récemment rappelé la DMAé, à l’occasion du septième anniversaire de sa notification.

https://www.opex360.com/2026/05/12/le-ministere-des-armees-va-faire-evoluer-la-maintenance-aeronautique-avec-des-contrats-globaux-de-soutien/

2 – VeliPod : une innovation majeure en transfusion sanguine testée par le SSA
(Lignes de défense, 13 mai 2026, Philippe Chapleau)

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La blessure hémorragique s’impose comme un défi médical majeur en médecine militaire; elle reste la première cause de décès prévisible et évitable sur les théâtres d’opérations. « La première demi-heure est décisive en situation opérationnelle: un blessé hémorragique doit être pris en charge dès les premières minutes », rappelle le médecin chef des services hors classe (MCSHC) Jean-Jacques Lataillade, le directeur du Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA). C’est pourquoi le VeliPod, un dispositif développé par la société américaine Velico Medical, qui assure la production rapide et mobile de plasma sec, est actuellement testé par le Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA).

Cette innovation majeure permet la production d’une poche de plasma sec en moins d’une heure au profit des blessés en opération. Les conteneurs VeliPod sont configurés pour répondre à l’impératif de mobilité imposé par les nouveaux schémas conflictuels. Contrairement à la production du plasma lyophilisé universel historique (PLYO), dont la production est fixe, le plasma sec via VeliPod est conçue dans deux containers mobiles, nécessitant uniquement une alimentation en eau et en électricité. Cette technologie, plus flexible que le plasma lyophilisé traditionnel, pourrait améliorer la prise en charge des blessures hémorragiques sur les théâtres d’opérations et répondre aux exigences de la haute intensité. 

https://lignesdedefense.ouest-france.fr/

3 – Le contre-espionnage militaire français note une hausse des atteintes physiques contre les emprises de la défense
(OPEX360, 12 mai 2026, Laurent Lagneau)

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Lors d’une audition parlementaire, en 2024, Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées, avait souligné que le nombre d’atteintes contre la sphère de défense, au sens large, avait singulièrement augmenté depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. «C’est quelque chose qui est très ‘Guerre froide’, mais qui n’a jamais disparu et qui reprend une force particulière depuis deux ans», avait-il dit.

La guerre en Ukraine n’est probablement pas la seule clef pour expliquer cette tendance, la hausse de ces atteintes pouvant être une conséquence du durcissement des relations internationales et/ou celle d’une compétition de plus en plus acharnée entre les industriels de l’armement.

Selon le dernier panorama des menaces publié par la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense [DRSD], le nombre d’atteintes contre la Base industrielle et technologique de défense [BITD] française s’est stabilisé à un «niveau élevé» en 2025.

https://www.opex360.com/2026/05/12/le-contre-espionnage-militaire-francais-note-une-hausse-des-atteintes-physiques-contre-les-emprises-de-la-defense


TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPECIALISES 

ESPRIT SURCOUF vous offre un tour d’horizon des titres de fond propres à susciter la réflexion de défense et de sécurité

Énergie: la sortie des Émirats Arabes Unis de l’OPEP n’est pas celle qu’on croit
(Télos, 12 mai 2026, Romain Blachier)
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Le 28 avril 2026, les Émirats arabes unis ont annoncé leur retrait de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de son élargissement OPEP+, avec effet au 1er mai. La presse internationale y a vu une rupture brutale, précipitée par la guerre Iran-Ormuz et la fermeture du détroit. La lecture est confortable, elle est aussi trompeuse. La sortie n’est ni une rupture ni un coup de théâtre : c’est l’aboutissement d’une trajectoire de quinze ans.

Pour mesurer ce que disent les chiffres, il suffit de remonter à juillet 2021. Cette année-là, Abou Dhabi refuse pour la première fois publiquement la discipline d’OPEC+ et exige une révision à la hausse de son quota de production — la référence historique servant à calculer son quota — pour qu’elle reflète enfin les capacités d’extraction réelles d’ADNOC (Abu Dhabi National Oil Company), sa compagnie nationale. Les négociations durent dix-huit jours. Les Émirats obtiennent une augmentation de 500 000 barils par jour. Mais l’épisode acte deux choses. La discipline saoudienne ne tient plus quand en sort un membre dont la fonction d’investissement est singulière — pays producteur mais aussi plateforme d’investissement de rang mondial via ses fonds souverains (ADIA, Mubadala, ADQ). Et les Émirats sont prêts à bloquer publiquement le cartel pour défendre leurs intérêts industriels.

https://www.telos-eu.com/fr/energie-la-sortie-des-emirats-arabes-unis-de-lopep-nest-pas-celle-quon-croit.html

Avec le Karpat, l’offre de chars moyens européens s’enrichie… mais n’évolue pas !  
(Metadéfense, 12 mai 2026, Fabrice Wolf)
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Présenté au premier jour d’IDEB 2026 à Bratislava, le CFL‑120 Karpat marque l’entrée conjointe de CSG et de FNSS sur le segment des chars moyens en Europe, alors animé par le Lynx 120 de Rheinmetall et le CV90120 de BAE Systems Hägglunds. L’annonce met en avant une puissance de feu de 120 mm sur châssis chenillé et une mobilité accrue. Elle relance toutefois la question de la survivabilité, l’intégration native de systèmes de protection active n’apparaissant pas standardisée en Europe, à l’inverse de certains concepts chinois récemment médiatisés et destinés à opérer en première ligne.

CSG et FNSS ont officialisé une coopération stratégique centrée sur le développement, la production et la vente de plates‑formes blindées. La première étape concerne le Karpat, avec un démarrage industriel en Slovaquie sur les installations existantes de CSG et un transfert de technologie progressif vers les fournisseurs locaux. 

https://meta-defense.fr/2026/05/12/karpat-char-moyen-csg-fnss-ideb-2026/


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PARUS AU JOURNAL OFFICIEL 

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Décret n° 2026-364 du 10 mai 2026 prescrivant les mesures d’urgence nécessaires à la gestion du risque d’infection à hantavirus Andes

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054051506