La Hongrie revient
en Europe

Colonel (er) André Dulou (*)
Directeur Media, Mémoire et Patrimoine d’Espritsurcouf

FOCUS : Géopolitique

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Le « pays des Magyars » viendrait-il de retrouver une part importante de son identité, avec le nom de son victorieux citoyen des dernières élections, que la question de son devenir interroge beaucoup plus les médias, que la volonté populaire exprimée dans une des formes les plus démocratiques de dispositions tournées vers une ouverture européenne ?

A cette question, l’analyse des géopoliticiens ne démontre pas vraiment une compréhension issue d’une démonstration cohérente.

Dès lors, la hauteur de vue se porte vers une autre synthèse, où la Hongrie, qui a certes perdu de son monde agricole pourtant réputé, s’est tournée vers une industrialisation, d’un niveau fort élevé, qui sert sur le plan du rayonnement de l’Etat sans équivalent même dans les sept pays qui l’entourent, et dont cinq sont membres de l’Union européenne.

Il s’agit donc bien de l’Europe.

Si nous voyons le monde autrement, la Hongrie qui émerge, selon les observateurs, d’une période de populisme, l’élection de dimanche dernier ouvre la voie à une condition de tampon indéniable, entre la « région-Europe », dans la situation de tensions entre la Russie et « l’Occident », pour montrer dans notre époque, avec force et forces, que sa position est en réalité stratégique à de nombreux aspects, qu’ils soient de défense, mais également de conduite vers une autre ouverture  européenne.

C’est sans doute un gage de liberté des peuples à décider pour eux-mêmes, n’en déplaise à des spécialistes qui voient dans la défaite d’Orban plus que dans la victoire de Magyar, ce que la démocratie nous offre dans cette élection.

La sécurité, la défense européenne, l’OTAN, peuvent bien être critiquées même par le Président des Etats-Unis, c’est sans doute là plus qu’une déclaration, la certitude de la puissance que la Hongrie et ses partenaires représentent sur la scène internationale, et ceci, dans les domaines stratégiques.

 

Bonne lecture.


A LA UNE 

Ce que les élections hongroises nous apprennent de l’Union européenne
(IRIS, 14 avril 2026, federico Santopino)
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Les élections tenues en Hongrie le 12 avril 2026, qui ont conduit à la défaite de Viktor Orbán après plus de seize années au pouvoir, ont fait couler beaucoup d’encre en Europe comme dans le reste du monde. Un tel intérêt peut surprendre. Comment le scrutin d’un petit pays de moins de dix millions d’habitants a-t-il pu à ce point capter l’attention non seulement des capitales européennes, mais aussi de Moscou, de Washington et sans doute de Pékin ?

La réponse à cette question ne se trouve pas à Budapest, mais à Bruxelles. Elle éclaire sur les effets indirects, mais très concrets, que le fonctionnement de l’Union européenne (l’UE) exerce bien au-delà du Vieux continent.

L’attention portée aux élections hongroises était en réalité parfaitement justifiée. La chute de Viktor Orbán est susceptible d’avoir des répercussions importantes à plusieurs niveaux : sur le fonctionnement de l’UE, sur les équilibres politiques internes des États membres, sur les États-Unis et leurs relations avec les Européens, sur la guerre en Ukraine et, plus largement, sur les capacités d’influence russe et chinoise en Europe. Rien que cela.

Orbán et l’Union européenne

Pour l’Union européenne, Viktor Orbán constituait à la fois un obstacle politique et un défi normatif. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Hongrie s’était régulièrement opposée aux initiatives européennes en faveur de Kiev, contribuant à freiner, retarder ou affaiblir certaines décisions communes. Sa proximité avec la Russie de Vladimir Poutine avait fait de Budapest un facteur d’affaiblissement et d’inconsistance pour l’Union. Une première conséquence de sa défaite pourrait donc être le déblocage des 90 milliards d’euros que l’UE a prévu de prêter à l’Ukraine pour qu’elle puisse continuer à survivre financièrement et à se battre militairement.

Mais le problème posé par la Hongrie d’Orbán dépassait la seule question ukrainienne. Son régime incarnait une remise en cause directe des principes de l’État de droit sur lesquels repose la construction européenne. En mettant en place ce qu’il revendiquait lui-même comme une « démocratie illibérale », Viktor Orbán contestait non seulement certaines politiques de l’Union, mais aussi les valeurs fondamentales qui fondent son identité politique.

Orbán et les États-Unis

La défaite de Viktor Orbán soulève également plusieurs interrogations concernant les États-Unis et, plus particulièrement, l’influence de Donald Trump sur les droites nationalistes et souverainistes dans le monde.

https://www.iris-france.org/ce-que-les-elections-hongroises-nous-apprennent-de-lunion-europeenne/

Avec la défaite de Viktor Orbán en Hongrie, Marine Le Pen perd un mentor, un modèle… Et un argument politique
(Challenges, 15 avril 2026)
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Budapest danse, Marine Le Pen, elle, peste. A l’instar de tous les dirigeants de la droite extrême antieuropéenne qui avaient fait de la Hongrie leur Mecque désormais effondrée. La présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale a encore fait le voyage il y a quelques jours pour soutenir et se pâmer devant les fidèles de Viktor Orban « Un dirigeant d’exception, un visionnaire. » Elle n’avait pas anticipé cette lourde défaite. Une débâcle même par une très large majorité, en particulier de jeunes proeuropéens hypermobilisés, ce qui peut nous faire rêver aussi.

Des populistes en déroute devant le peuple : la preuve, après la Pologne et les Pays-Bas, que la vague n’est pas invincible et que la détestation de l’Union européenne n’est pas irrépressible. Même si la situation de la France est loin d’être comparable avec celle de la Hongrie, contaminée de corruption et d’inflation, la première leçon est sans doute là : la droite extrême française a le vent en poupe mais rien ne garantit qu’elle arrive à bon port élyséen, sinon la médiocrité de ses adversaires, voire leur résignation défaitiste. L’échec d’Orban, « le pionnier, l’ami », est aussi celui de Marine Le Pen. Celle-ci a multiplié les pèlerinages extatiques à Budapest avec en apothéose un meeting le 23 mars dernier, où elle était notamment flanquée de l’italien Matteo Salvini, lui aussi en perte de vitesse.

https://www.challenges.fr/politique/avec-la-defaite-de-viktor-orban-en-hongrie-marine-le-pen-perd-un-mentor-un-modele-et-un-argument-politique_642731

Le MCC de Budapest menacé
(Euractiv, 15 avril 2026, Magnus Lund Nielsen)

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Un établissement d’enseignement professionnel et un groupe de réflexion controversés, étroitement liés au cercle restreint au pouvoir de Viktor Orbán, se sont empressés de rassurer les étudiants et le personnel après que Péter Magyar eut remis en question leur avenir dans son premier discours politique.

Le Mathias Corvinus Collegium (MCC), qui compte 7 000 étudiants et quelque 300 employés, s’est inquiété lorsque Péter Magyar, le nouveau Premier ministre élu, s’est engagé à réduire le financement public de l’établissement en raison de projets de nouveaux bâtiments et de recrutement de personnel enseignant.

Lundi – au lendemain de sa victoire électorale – Magyar a annoncé que son gouvernement mettrait fin aux liens de l’État tant avec le MCC qu’avec le CPAC – une conférence politique conservatrice annuelle hautement politisée qui se tient en Hongrie.

« Je pense que l’État n’aurait jamais dû les financer, c’était un crime », a déclaré Magyar, ajoutant que cette affaire ferait l’objet d’une enquête par les futures autorités.

https://euractiv.fr/news/le-mcc-de-budapest-menace/


REVUE DE PRESSE ESPRIT SURCOUF
SOMMAIRE

HISTOIRE

     17 avril 1797 : Les « Pâques véronnaises »

GEOPOLITIQUE 

  1. Trois leçons de l’échec d’Orbán aux élections hongroises
  2. Après sa victoire, Peter Magyar peut-il réellement démanteler le système Orban en Hongrie ?
  3. Géopolitique des ressources : l’Europe face aux stratégies prédatrices

ECONOMIE 

  1. Pourquoi la défaite d’Orbán ne permettra pas (pour l’instant) de débloquer le prêt de 90 milliards d’euros de l’UE à l’Ukraine
  2. Focus sur l’économie en Hongrie
  3. Sindup lance une solution de veille accessible à tous les professionnels

DEFENSE ET SECURITE 

  1. La chasse aux mines navales, un précieux savoir-faire entretenu par la France
  2. Le culte de la férocité, pathologie de la pensée stratégique
  3. Selon le chef d’état-major de l’armée de l’Air, la «guerre spatiale» a déjà commencé

ARTICLES EN LANGUE ETRANGERE 

TEXTES PARUS AU JOURNAL OFFICIEL

(*) Le colonel (er) André Dulou est depuis le 14 mai 2025, le président national des membres de la Légion d’honneur décorés au péril de leur vie.
Il est également président honoraire de la section de Gironde de la SMLH.
Après une carrière militaire « atypique », ancien élève de l’école militaire d’administration, diplômé et breveté, il est auditeur de l’IHEDN, et le responsable de la revue de presse Défense » de l’UNION-IHEDN,.
Auteur de nombreux romans et articles dans des ouvrages spécialisés, il est également le directeur média et mémoire du site ESPRITSURCOUF

HISTOIRE

17 avril 1797 : Les « Pâques véronnaises »
(Hérodote, 17 avril  2026, Mathias Mauvais)

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Les Pâques Véronaises désignent l’insurrection générale qui éclata le lundi 17 avril 1797  (27 germinal an V) à Vérone, une ville d’environ 50 000 âmes, située à l’époque sur le territoire de la « Sérénissime » République de Venise.

Ce soulèvement populaire  dura neuf jours et eut pour conséquence le massacre des Français présents dans la ville. D’où cette appellation de « Pâques Véronaises », celle-ci faisant référence aux « Vêpres Siciliennes » de 1282 durant lesquelles les Français présents en Sicile furent également massacrés et chassés de l’île.

Selon l’historien Jean Tulard, ce soulèvement aurait été suscité par un faux produit par l’occupant français, sans doute l’un des premiers coups fourrés de l’Histoire moderne. Le général Bonaparte en prend prétexte pour annexer la République de Venise, qui n’avait rien à voir avec ce drame et l’offrir à l’Autriche ! Cette injustice lui permit de boucler à Campo-Formio les négociations de paix avec Vienne…

Matthias Mauvais

Le contexte de la première campagne d’Italie

La République française est gouvernée par le Directoire depuis le 26 octobre 1795. Elle fait face à une première coalition européenne qui réunit la Prusse, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Autriche. Mais déjà en 1795, nombre de participants de cette coalition ont signé des traités de paix avec la France, dont la Prusse (en avril) et l’Espagne (en juillet). Ainsi, la France n’a plus pour adversaire notable que l’Autriche, en sachant que le Royaume-Uni est avant tout une puissance navale et financière.

La campagne d’Italie est confiée au jeune général Bonaparte. Il passe par les Alpes maritimes en avril 1796 et arrive dans le Piémont italien avec une armée de 45 000 hommes prête à affronter les forces piémontaises et autrichiennes alliées.

https://www.herodote.net/17_avril_1797-evenement-17970417.php


GEOPOLITIQUE

Les relations intra européennes : vraiment une affaire de systèmes : crédibilité et résultats.

1. Trois leçons de l’échec d’Orbán aux élections hongroises
(Télos, 12 avril 2026, Olivier Costa)

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Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois, est l’idéal-type du leader populiste et illibéral en Europe. Son maintien au pouvoir depuis 2010, malgré des détournements de fonds, des atteintes aux libertés et une proximité affichée avec des régimes autoritaires, semblait jusqu’à présent inébranlable. Pourtant, les élections législatives hongroises de ce dimanche ont réservé une surprise : son parti, le Fidesz, a nettement perdu le pouvoir. Ce basculement politique n’est pas anecdotique mais s’inscrit dans un contexte géopolitique en pleine mutation, marqué par la guerre en Ukraine, l’évolution des rapports de force internationaux, et une prise de conscience croissante des citoyens européens face aux dérives autoritaires.

Ce résultat ouvre des perspectives inédites pour l’intégration européenne, la gestion de la crise ukrainienne, la sécurité en Europe, l’équilibre des puissances et la restauration de la démocratie en Hongrie. Il rappelle également que les peuples, même dans des sociétés sous haute pression médiatique et politique, finissent par réagir. L’échec d’Orbán est bien plus qu’une défaite électorale : c’est une triple leçon pour l’ensemble de l’Europe.

La réponse immunitaire des sociétés face aux populistes

Le premier enseignement de cette élection est que les électeurs hongrois ont finalement su se libérer de l’emprise d’un discours populiste qui dominait depuis quinze ans. Viktor Orbán a construit son pouvoir sur une rhétorique anti-élites, anti-migrants et anti-UE, tout en entretenant un culte de la personnalité, en contrôlant les médias et en instaurant un régime autoritaire. Pourtant, malgré les tentatives de verrouillage démocratique (réformes judiciaires, capture des institution, clientélisme, modifications des règles électorales…), une partie significative de la population a choisi de tourner la page.

https://www.telos-eu.com/fr/lecons-echec-orban-elections-hongroises.html

2. Après sa victoire, Peter Magyar peut-il réellement démanteler le système Orban en Hongrie ?
(RFI, 15 avril 2026, Aurore Lartigue)

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Peter Magyar
 et les experts l’ont répété pendant toute la campagne électorale : pour espérer changer « le système », gagner ne suffirait pas, il faudrait gagner largement. C’est chose faite : le candidat du parti Tisza en rêvait, les électeurs hongrois lui ont offert une majorité des deux tiers au Parlement, avec 138 sièges sur 199.

Au lendemain de sa victoire écrasante, le futur Premier ministre de 45 ans a donc promis lundi de tout faire pour « garantir une nouvelle ère en Hongrie », estimant que le pays n’avait pas voté « pour un simple changement de gouvernement, mais pour un changement de régime complet ». Une volonté claire de tourner la page de seize années de pouvoir de Viktor Orban et de rétablir l’État de droit. Parmi les mesures avancées, il s’est engagé à limiter à deux le nombre de mandats de Premier ministre, soit un total de huit ans.

Sur le papier, cette majorité des deux tiers va lui permettre de modifier la Constitution, de revenir sur les lois dites « cardinales » et de s’attaquer à l’architecture institutionnelle construite par le Fidesz au fil des années. 

Car depuis 2010, c’est tout un système que le Fidesz a construit, mêlant contrôle des institutions, réseaux économiques et relais dans la société, au point que certains analystes parlent d’un véritable « État-parti ». Institutions verrouillées, médias mis au pas, indépendance de la justice limitée, système clientéliste…

https://www.rfi.fr/fr/europe/20260415-apr%C3%A8s-sa-victoire-p%C3%A9ter-magyar-peut-il-r%C3%A9ellement-d%C3%A9manteler-le-syst%C3%A8me-orban-en-hongrie

3. Géopolitique des ressources : l’Europe face aux stratégies prédatrices
(Aérion24, 10 avril 2026, Stéphanie Riché, Arnaud de Morgny, Ermmanuel Hache)

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La compétition des grandes puissances autour des matières premières a resurgi de manière brutale dans l’actualité ces derniers mois, notamment avec le retour de Donald Trump à la tête des États-Unis et la guerre commerciale qu’il a engagée avec le reste du monde. Les ambitions affichées par le président américain à l’égard du Groenland ou du Canada, et la négociation d’un accord sur les terres rares avec l’Ukraine, ont révélé au grand jour l’enjeu que représentent désormais les matériaux « stratégiques » pour l’économie et la sécurité.

Face à une compétition mondiale de plus en plus vive, l’Europe affirme sa volonté de renforcer son autonomie stratégique tout en poursuivant sa transition écologique. Pour y parvenir, elle devra relever le défi de ses nombreuses dépendances : militaire, énergétique et minérale…

Pour appréhender les multiples dimensions de cette « géopolitique des ressources », Diplomatie donne la parole à trois experts réunis en mai lors d’une table ronde organisée dans le cadre du 3e Forum des énergies de transition (FEET), à Montpellier Management. Ils livrent ici leur analyse de ces enjeux, décrivent les stratégies hégémoniques déployées par la Chine et les États-Unis, et explorent les voies possibles pour l’Europe face aux ambitions prédatrices de ses « compétiteurs ». 

https://www.areion24.news/2026/04/10/geopolitique-des-ressources-leurope-face-aux-strategies-predatrices/


ECONOMIE

Une condition à considérer dans le cadre des avancées européennes.

1. Pourquoi la défaite d’Orbán ne permettra pas (pour l’instant) de débloquer le prêt de 90 milliards d’euros de l’UE à l’Ukraine
(EURactiv, 15 avril 2026 ? Thomas Moller-Nielsen)

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Pourquoi la défaite d’Orbán ne permettra pas (pour l’instant) de débloquer le prêt de 90 milliards d’euros de l’UE à l’Ukraine

La victoire écrasante de Péter Magyar face à Viktor Orbán lors des élections hongroises de dimanche a suscité un soupir de soulagement collectif à Bruxelles – et à Kiev.

Depuis près d’un mois et demi, le Premier ministre, proche de Moscou, refuse de valider un plan de prêt crucial de l’UE de 90 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine, que les dirigeants de l’Union – dont Orbán lui-même – avaient préalablement approuvé en décembre.

L’obstruction d’Orbán, qui s’ajoute à son refus de donner son feu vert au 20e train de sanctions de l’Union contre la Russie ou d’ouvrir les négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE, fait suite aux tentatives répétées de ce dirigeant se qualifiant lui-même d’« illibéral » de présenter son ancien allié comme une « marionnette » de Kiev et de Bruxelles pendant la campagne électorale.

S’adressant aux journalistes lundi, Magyar a laissé entendre, sans toutefois le confirmer, qu’il lèverait le veto de Budapest sur ce prêt. Mais il a également exprimé sa perplexité quant à la raison pour laquelle ce programme est bloqué, étant donné que la Hongrie a obtenu une clause d’exemption qui signifie qu’elle n’est pas financièrement tenue de rembourser les intérêts ou le principal du prêt.

« Je ne comprends pas tout à fait cela », a déclaré Magyar. « J’en discuterai avec les dirigeants européens. Mais personnellement, je suis d’accord pour que la Hongrie fasse usage de cette clause d’exemption. »

https://euractiv.fr/news/pourquoi-la-defaite-dorban-ne-permettra-pas-pour-linstant-de-debloquer-le-pret-de-90-milliards-deuros-de-lue-a-lukraine/

2. Focus sur l’économie en Hongrie
(La finance pour tous, 15 avril 2026)

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La Hongrie entre dans une nouvelle ère politique. Le dimanche 12 avril 2026, l’opposition de centre-droit, le parti TISZA, a remporté une victoire décisive aux élections législatives, mettant fin à seize années de pouvoir de Viktor Orban. Ce changement majeur survient à un moment où l’économie nationale est fragilisée, confrontée à une croissance atone, une inflation tenace et des déséquilibres budgétaires profonds. 

Le nouveau gouvernement hongrois dirigé par Péter Magyar hérite d’une situation économique complexe et devra rapidement démontrer sa capacité à engager des réformes crédibles.

Hongrie : une économie en panne de vitesse

Depuis 2023, l’activité économique hongroise est quasi-stagnante, avec une croissance annuelle moyenne plafonnant à environ 1 % ces dernières années, un net ralentissement par rapport au dynamisme d’avant la pandémie.

Cette faible croissance s’explique, selon l’agence Fitch, par un environnement extérieur défavorable, une incertitude persistante (notamment due aux tensions politiques avec l’UE) et un recul de l’investissement public.

L’inflation, bien qu’en baisse (après des taux à deux chiffres entre 2022 et 2023), reste au-dessus de l’objectif de 3 % fixé par la banque centrale, maintenue à un niveau élevé par des pressions salariales et une forte consommation. La situation est aggravée par des défis structurels, notamment une productivité du travail qui stagne et une compétitivité des prix qui se dégrade sur les marchés extérieurs.

Le défi du redressement des finances publiques

Le point le plus critique reste la situation des finances publiques. Le déficit budgétaire reste élevé, projeté autour de 4,5 % à 5 % du PIB pour 2026.

La dette publique, elle, a continuellement augmenté pour atteindre près de 75 % du PIB. Cette trajectoire est en partie due à des mesures de relance budgétaire prises en prévision des élections, dont une partie significative est permanente, compliquant la tâche du futur gouvernement pour assainir les comptes. La crédibilité de la politique budgétaire a été érodée ces dernières années par les fréquentes révisions des objectifs, et le nouveau pouvoir devra reconstruire un cadre financier solide et fiable.

https://www.lafinancepourtous.com/2026/04/15/focus-sur-leconomie-en-hongrie/

3. Sindup lance une solution de veille accessible à tous les professionnels.
(Le portail e l’IE, 15 avril 2026)

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Le 8 avril 2026, Sindup a présenté sa nouvelle plateforme, Detectup. L’objectif de celle-ci est de démocratiser l’accès à la veille, en permettant à des dirigeants qui ne maîtrisent pas ce domaine de mettre en place une veille stratégique. Sindup offre ainsi aux TPE et PME une solution simple et efficace : Detectup, une plateforme qui ne nécessite « aucune compétence particulière » dans la veille, comme le souligne l’entreprise.

La plateforme de veille Sindup est l’un des principaux acteurs européens de la veille stratégique et de l’intelligence économique. Fondée en 2004 par Mickaël Réault, Sindup analyse aujourd’hui plus de 50 millions de sources web et accompagne des dizaines de milliers d’utilisateurs dans le monde. L’entreprise propose à ses clients une plateforme collaborative de veille stratégique permettant aux dirigeants de détecter les informations utiles à la décision.

Detectup fonctionne entièrement avec une IA agentique guidant l’utilisateur de la définition des besoins de sa veille à l’analyse des résultats, en passant par la lutte contre la surinformation. Cette nouvelle plateforme permet donc à des entreprises de prendre en compte leur environnement afin d’orienter au mieux la décision, en identifiant les signaux faibles, les risques ou les opportunités. Les organisations utilisant déjà Sindup pourront également intégrer cette nouveauté dans leur veille. La plateforme permet aussi de délivrer automatiquement un livrable hebdomadaire et un rapport mensuel. En cas d’information plus sensible, un mail pourra être envoyé directement au décideur.

https://www.portail-ie.fr/univers/2026/sindup-veille-ia-detectup/


DEFENSE ET SECURITE

Des pensées aux actes : une réflexion importante, des actions à connaître.

1. La chasse aux mines navales, un précieux savoir-faire entretenu par la France
(Revue Conflits, 16 avril 2026, avec AFP)

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Le sonar de L’Aigle scrute le fond de la Manche à quelques encablures des falaises de craie de Dieppe, en Normandie. Tandis que le potentiel minage du détroit d’Ormuz inquiète, la Marine traque inlassablement les mines aux abords des côtes françaises.

Sur l’écran noir du sonar de détection installé sous la coque du navire, une multitude de points blancs représentent autant d’objets repérés au fond de la mer. Certains sont alignés. « Des casiers à crevettes », tranche l’analyste sonar, plongé dans le noir du central opération du chasseur de mines, l’un des huit en service dans la Marine française.

Mise à l’eau du poisson auto propulsé (PAP 104) afin d’effectuer une opération de levée de doute sur une potentielle mine sous-marine. Baie de Seine, le 11/10/2023. ©Olivier Nicolas/Marine Nationale/Défense

Sur un autre écran, le sonar de classification, plus précis, renvoie une image semblable à une échographie en haute définition d’un cylindre de plusieurs mètres de long. Une mine de fond, comme celles mouillées par milliers il y a 80 ans, pendant la Seconde Guerre mondiale ? « On a fait plonger les plongeurs-démineurs ce matin pour vérifier. C’était un rondin de bois », relate le commandant de L’Aigle, le capitaine de corvette Jacquelin du Réau. « Il y a beaucoup de choses sous l’eau, qui tombent des bateaux ou qui sont charriées par les fleuves », ajoute-t-il.

Mais aussi des mines. En 2025, 853 engins explosifs ont été neutralisés par les plongeurs-démineurs aux abords des côtes et plages françaises, dont quelques dizaines de mines.

https://www.revueconflits.com/la-chasse-aux-mines-navales-un-precieux-savoir-faire-entretenu-par-la-france/

2. Le culte de la férocité, pathologie de la pensée stratégique
(The Conversation, 15 avril 2026, Julien Pomarède)

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Chacun à sa manière, Hannah Arendt (1906-1975), Günther Anders (1902-1992) et Zygmunt Bauman (1925-2017) ont identifié un danger essentiel propre à la modernité : l’aliénation de la raison humaine par la raison technique. De l’Holocauste aux armes nucléaires, ils ont pointé du doigt ce même danger dans le domaine de la violence organisée : une mise en technique de la violence telle que son exécution ne suivrait plus que le culte de sa propre procéduralité, aux dépens du jugement humain et éthique.

Ce regard permet de cerner une pathologie qui structure et rend possible la conduite dite « stratégique » des guerres actuelles et modernes.

Pathologie de la pensée stratégique

La guerre menée contre l’Iran suscite une critique récurrente : l’incapacité de l’administration Trump comme du gouvernement Nétanyahou à définir un objectif politique au-delà de la démonstration de force.

Des objectifs sont publiquement articulés, certes : en bref, il s’agit d’empêcher l’Iran d’acquérir des capacités nucléaires. Mais, d’une part, ils sont vagues et fort incertains. Plus fondamentalement, l’horizon de la guerre semble ne pas sortir d’une accumulation de destructions massives, illustrée par le discours militariste du secrétaire à la guerre, Pete Hegseth, qui érige la puissance de feu en vertu quasi sacrée, et, en dépit de la fragile trêve actuelle, par la menace du président de renvoyer l’Iran à « l’âge de pierre », l’extension des cibles vers les infrastructures civiles ayant d’ailleurs déjà débuté.

https://theconversation.com/le-culte-de-la-ferocite-pathologie-de-la-pensee-strategique-280005

3. Selon le chef d’état-major de l’armée de l’Air, la «guerre spatiale» a déjà commencé
(OPEX360, 15 avril 2026, Laurent Lagneau)

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Lors du dernier salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget, en juin 2025, le président Macron avait affirmé qu’il fallait aller «encore plus et plus fort» en matière de stratégie spatiale de défense. Aussi, le projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 prévoit d’augmenter les investissements dédiés aux capacités spatiales des forces françaises d’environ 50 %, via une enveloppe de 3,9 milliards d’euros.

«L’augmentation des menaces dans l’espace en fait aujourd’hui un domaine de conflictualité à part entière. Pour y faire face, la réactivité et la résilience des capacités spatiales françaises feront l’objet d’une accélération», est-il justifié dans le rapport mis en annexe de ce projet de loi d’actualisation.

Cet effort supplémentaire portera notamment sur les communication spatiales, avec la sécurisation de la constellation en orbite basse OneWeb d’Eutelsat, ce qui est indispensable pour le combat collaboratif, le renseignement, avec notamment une «capacité radar opérationnelle sera disponible à l’horizon 2035» basée sur le démonstrateur DESIR, l’alerte avancée, dans le cadre de l’initiative européenne Joint Early Warning European Look-out [JEWEL], et, évidemment, la surveillance et l’action dans l’espace, cette capacité relevant en partie du programme EGIDE [Engin géodérivant d’intervention et de découragement].

https://www.opex360.com/2026/04/15/selon-le-chef-detat-major-de-larmee-de-lair-la-guerre-spatiale-a-deja-commence/


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PARUS AU JOURNAL OFFICIEL 

 

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