Défense européenne : Les forces de l’UE.

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André Dulou (*)
Directeur Média, Mémoire et Patrimoine d’ESPRITSURCOUF

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Les débats sur la défense européenne sont encore à l’ordre du jour, dans de nombreuses et délicates discussions, puisque le retour de la guerre de haute intensité est à nouveau proche géographiquement et géopolitiquement aux portes de nos territoires. L’Europe participe peu ou prou à ce conflit, en soutenant l’agressé, tout en ne négligeant aucunement l’agresseur, sur d’autres plans, notamment économiques mais également diplomatiques.

La défense européenne n’est cependant pas ambigüe.

Elle s’appuie sur l’expérience de cette guerre entre la Russie et l’Ukraine, pour prendre des décisions en relation avec cette forme de haute intensité, dont il convient de prendre sérieusement en compte les données, à la fois sur le plan des équipements, des méthodes, et de la forme de coopération à élaborer, ou réélaborer, en concertation et avec les partenaires européens, et avec l’OTAN

Les Européens sont alors contraints de prendre les « bonnes » mesures, sur les plans tactiques et stratégiques, à moyen et long terme, en se dotant justement des structures et des moyens propres à assurer une défense globale de leur continent. Puissance régionale, l’Union européenne doit aborder sa dimension planétaire, et extra-planétaire avec le souci de n’oublier aucun élément à mettre en place et en œuvre dans un monde devenu encore plus dangereux, au regard des développements d’une évolution militaire, mise en exergue par la guerre en Ukraine.

Cependant, les drones, les satellites, mais aussi le cyber espace comportent des implications militaires importantes, alors que les composantes économiques et de défense civile deviennent également capitales pour une puissance qui souhaite se munir contre ce qui peut entraver ses capacités géopolitiques, à prendre une place de premier rang sur la scène internationale.

On le voit également, avec les interventions des entités du Moyen-Orient, la guerre de haute intensité doit engerber les données de l’adversaire, sur tous les plans militaires opportuns, y compris l’information et ses dérives, avec une coopération maximale entre les différents acteurs, vers une obligation qui doit pousser l’adversaire à négocier.

Les chocs qui sont ceux des civilisations nous font reprendre la légende des siècles. Victor Hugo nous interpelle encore dans cette phrase si inquisitoriale :

« L’œil était dans la tombe, et regardait Cain ».

 

Bonne lecture.


A LA UNE


Défense : l’UE révise ses priorités en matière d’équipements à la lumière de la guerre en Ukraine

(Euractiv, Aurélie Pugnet)
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Les ministres de la Défense de l’UE ont approuvé mardi (14 novembre) une révision des priorités en matière de développement des capacités (capability development priorities, CDP) afin de refléter les besoins des forces armées du bloc, à la lumière notamment des leçons tirées de la guerre menée par la Russie en Ukraine.

Les priorités en matière de développement des capacités approuvées par les ministres de l’UE réunis au sein du comité directeur de l’Agence européenne de défense (AED) constituent une nouvelle version d’un document déjà publié en 2018.

Ce document, qui servira de fil conducteur à toutes les initiatives de l’UE en matière de défense, doit donner aux États membres une direction commune pour adapter leurs activités en matière de défense et identifier les équipements à acheter, à développer ou à étudier pour combler des lacunes éventuelles.

Les priorités en matière de développement des capacités visent à déterminer « ce dont nous avons besoin et ce que nous n’avons pas, où sont les failles et où nous devrions investir », a déclaré Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’UE, avant la réunion. Pour y parvenir, il faut investir davantage dans ces domaines, a-t-il précisé.

Depuis 2018, l’environnement sécuritaire des Européens a considérablement évolué : une guerre a éclaté en Ukraine, des guerres entre l’Azerbaïdjan et la Géorgie ont secoué le Caucase, des troubles ont couvé dans les Balkans occidentaux, des opérations européennes ont été mises au défi par des coups d’État au Sahel… Parallèlement à cela, l’UE a rédigé sa première stratégie en matière de sécurité, la boussole stratégique (Strategic Compass).

« Les priorités nouvellement adoptées reflètent également les objectifs de la boussole stratégique de l’UE et les réalités militaires observées en Ukraine, y compris les besoins de haute intensité [la demande en équipements militaires] », a indiqué l’agence dans un communiqué.

La Commission européenne devrait retarder la présentation de sa stratégie industrielle de défense européenne (EDIP) vers le début de l’année 2024 pour des questions de budget et de cadre règlementaire.

22 priorités

Selon le rapport, les 22 priorités identifiées comprennent quatorze priorités réparties sur cinq domaines militaires et huit priorités liées aux capacités stratégiques, qui sont essentielles au développement de la nouvelle capacité de déploiement rapide (CDR) de l’UE.

Pour améliorer leurs capacités sur le terrain, les États membres de l’UE doivent renforcer leurs capacités de combat au sol (c’est-à-dire les chars) et leurs armes de précision terrestres, en « renforçant » les stocks de munitions de gros calibre, les systèmes antichars de pointe et la capacité de résistance aux cybermenaces.

https://www.euractiv.fr/section/defense/news/defense-lue-revise-ses-priorites-en-matiere-dequipements-a-la-lumiere-de-la-guerre-en-ukraine/


REVUE DE PRESSE ESPRITSURCOUF
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SOMMAIRE

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HISTOIRE :

         Le maréchal Hubert Lyautey

GEOPOLITIQUE :

  1. Le secrétaire général de l’OTAN évoque la protection des infrastructures sous-marines critiques et le soutien à l’Ukraine avec les ministres de la défense des Etats membres de l’UE
  2. Encore et toujours plus d’armes nucléaires : la nouvelle posture stratégique des Etats-Unis
  3. TAIWAN, ISRAEL, CLIMAT .. Que faut-il attendre de la rencontre entre Joe Biden et Xi Jinping à San Francisco ?

ECONOMIE :

  1. La sylviculture française : une filière déstabilisée par la Chine ?
  2. Réforme du marché de l’électricité : point d’étape sur les négociations en cours
  3. Commande publique de biens manufacturés : qui recourt le plus aux importations ?

DEFENSE ET SECURITE :

  1. Près de 400 gendarmes engagés chaque jour sur l’opération « tempête33 »
  2. Huitième et dernière FREMM de la marine nationale, la frégate « Lorraine » a été admise au service actif
  3. PRONOIA, ou la recherche de l’autoprotection soft-kill de demain

TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPECIALISES

ARTICLES EN LANGUE ETRANGERE

TEXTES PARUS AU JOURNAL OFFICIEL

(*) Colonel (ER) André Dulou, auditeur de l’IHEDN (156ème session régionale) est le président de la Gironde de la Société des membres de la Légion d’honneur et le président d’Aquitaine des membres de la Légion d’honneur décorés au péril de leur vie. Il est également le responsable de la revue de presse « Défense » de l’Union des associations d’auditeurs de l’IHEDN et rédacteur en chef de la revue « Floréal an X ». Auteur chez Edilivre, il est Directeur Média, Mémoire et Patrimoine d’ESPRITSURCOUF. Il est rédacteur de la revue d’actualité d’ESPRITSURCOUF et du Sémaphore d’Espritscors@ire

HISTOIRE

Source : cliquez ICI

 

31 octobre 1912 – Le maréchal Hubert Lyautey, académicien
(académie française, les immortels)

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  • élu au fauteuil N°14
  • Grand officier de la Légion d’honneur
  • Né à Nancy, le 17 novembre 1854.

Comme nombre de ses ancêtres, Hubert Lyautey se destina très tôt à la carrière militaire et entra à Saint-Cyr en 1873. Après avoir poursuivi sa formation à l’école de guerre, il fut envoyé en Algérie où il demeura deux ans comme officier de cavalerie. Rentré en Europe, Lyautey rendit visite dans son exil au comte de Chambord, pour lui témoigner son dévouement. Mais, devant la division et la faiblesse des royalistes, ce légitimiste de cœur devait cependant se rallier, par raison, à la République.

En 1894, Hubert Lyautey, qui était appelé à accomplir l’essentiel de sa carrière hors de la métropole, quitta de nouveau la France pour le Tonkin d’abord, puis pour Madagascar, en 1897, où il partit avec Gallieni. Devenu colonel, en 1900, Lyautey parvint à pacifier la région et à en favoriser le développement économique.

En 1903, il fut appelé par le gouverneur général Jonnart, en Algérie. Œuvrant avec efficacité pour le maintien de la paix, il y reçut ses étoiles de général. En 1912 enfin, celui qu’on allait surnommer Lyautey l’Africain devenait le premier résident général de France au Maroc. Il donna là toute la mesure de son génie de stratège et de grand administrateur. Ayant pris rapidement une connaissance parfaite de la région, du terrain et des mœurs comme des tribus, il fut soucieux de respecter la religion islamique dont il s’instruisit, et de respecter aussi la personne du sultan, Commandeur des croyants. Il sut s’attirer la confiance des élites locales, prenant dans son sens exact le terme de protectorat. Il sut pacifier et il sut bâtir, créant notamment avec Casablanca les premières structures du Maroc moderne.

Pendant la première guerre mondiale, il quitta temporairement ses fonctions pour devenir, entre décembre 1916 et mars 1917, ministre de la Guerre dans le cabinet Briand. Après avoir regagné le Maroc, il fut fait, en 1921, maréchal de France. Mais l’hostilité du cartel des gauches lui ôta, durant le gouvernement Painlevé, le commandement des troupes engagées contre la rébellion d’Abd-el-Krim pour les confier à Pétain, ce qui le conduisit à donner sa démission et à rentrer définitivement en France, en 1925. Il y remplit, avant de mourir, une dernière mission : l’organisation de l’Exposition coloniale de 1931.

Caractère exceptionnel, doué d’une remarquable intelligence dans l’action, Hubert Lyautey consacra quelques ouvrages au métier militaire. L’essai qu’il publia en 1891 dans La Revue des deux mondes, « Du rôle social de l’officier dans le service militaire universel », dans lequel il faisait connaître sa conception humaniste de l’armée, eut un grand retentissement et influença toute une génération d’officiers.

https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/louis-hubert-lyautey


GEOPOLITIQUE
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Cette semaine, les relations internationales sont à la fois diplomatiques et stratégiques.

1 – (OTAN) Le secrétaire général de l’OTAN évoque la protection des infrastructures sous-marines critiques et le soutien à l’Ukraine avec les ministres de la défense des Etats membres de l’UE
(NATO nouvelles)
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Ce mardi (14 novembre 2023), le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a participé à une réunion du Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne aux côtés des ministres de la Défense des pays de l’UE. Cette réunion, tenue à Bruxelles, a été l’occasion d’évoquer la protection des infrastructures sous-marines critiques et l’importance de la poursuite du soutien à l’Ukraine.

Le secrétaire général a souligné que le sabotage des gazoducs Nord Stream l’an dernier et les dégâts subis récemment par des câbles sous-marins et par le gazoduc Balticconnector montraient bien que les infrastructures étaient vulnérables et qu’elles faisaient l’objet d’une menace réelle et croissante.

Suite à ces incidents, l’OTAN a multiplié les patrouilles aériennes et navales et renforcé sa présence en mer Baltique et en mer du Nord. Au sommet tenu en juillet à Vilnius, les Alliés ont décidé d’établir, au Commandement maritime allié (Royaume-Uni), un nouveau centre pour la sécurité des infrastructures sous-marines critiques. L’OTAN et l’Union européenne ont par ailleurs mis en place une équipe spéciale pour la résilience des infrastructures critiques. « La protection des infrastructures critiques est essentielle, et c’est un domaine dans lequel nous constatons une fois de plus l’utilité et l’importance de la coopération entre l’OTAN et l’Union européenne », a déclaré le secrétaire général.

https://www.nato.int/cps/fr/natohq/news_220058.htm?selectedLocale=fr

2 – Encore et toujours plus d’armes nucléaires : la nouvelle posture stratégique des Etats-Unis
(Les Crises, William Hartung, responsible Statecraft)

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Le monde est en guerre, avec des conflits actifs ou larvés en Ukraine, en Israël-Palestine, en Somalie, en Éthiopie, au Soudan, en Libye, en Syrie, au Yémen et au Nagorno-Karabakh ; des coups d’État déstabilisateurs au Niger, au Burkina Faso, en Guinée, au Tchad et au Mali, et d’autres nations au bord de conflits civils ou interétatiques. La dernière chose dont nous ayons besoin dans cet environnement sécuritaire instable est une accélération de la course aux armements nucléaires des superpuissances.

Mais ne dites pas cela aux membres de la commission du Congrès sur la posture stratégique des États-Unis, qui a passé l’année dernière à examiner les défis actuels auxquels sont confrontés les États-Unis et à proposer une solution qui ferait paraître désuète la compétition militarisée de l’époque de la Guerre froide

Le rapport de la commission rappelle le fameux film de Stanley Kubrick datant de 1964, « Dr Folamour : Comment j’ai cessé de m’inquiéter et appris à aimer la bombe ». Le film soulignait l’absurdité des doctrines nucléaires de l’époque et la folie de l’état d’esprit qui avait saisi les dirigeants politiques et militaires de l’époque, dans une approche parfois humoristique d’un sujet dont l’impact potentiel est mortellement grave. Le nouveau rapport de la commission du Congrès laisse entendre que l’environnement stratégique actuel est plus dangereux qu’à l’apogée de la Guerre froide, et il adopte un état d’esprit tout aussi dangereux en abordant cette prétendue situation. Quoi que l’on pense de l’évaluation de la commission, ses recommandations augmenteraient les risques de guerre entre les superpuissances, au lieu de les réduire.

L’analyse et les recommandations de la commission reposent sur une vision alarmiste du paysage géopolitique actuel qui s’écarte considérablement de la réalité.

https://www.les-crises.fr/encore-et-toujours-plus-d-armes-nucleaires-la-nouvelle-posture-strategique-des-etats-unis/

3 – TAIWAN, ISRAEL, CLIMAT .. Que faut-il attendre de la rencontre entre Joe Biden et Xi Jinping à San Francisco ?
(BFMTV, HS avec AFP)
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Après une année tumultueuse, les deux pays entendent bien lisser leurs relations et s’entendre sur de nombreux sujets, notamment la lutte contre le réchauffement climatique.

Une rencontre pour apaiser les tensions et avancer. Ce mercredi, et pour la première fois depuis un an quasiment jour pour jour, les présidents américains et chinois Joe Biden et Xi Jinping vont se rencontrer en marge d’un sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (Apec) organisé à San Francisco. L’entretien doit se tenir dans un domaine huppé et bucolique, à une quarantaine de kilomètres du fameux pont du Golden Gate.

Il s’agit de la première visite du dirigeant chinois sur le sol américain depuis son déplacement de 2017. Cette année-là, il avait rencontré Donald Trump dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride.

Le locataire de la maison Blanche doit s’entretenir avec son homologue pendant plusieurs heures. Un rendez-vous alimente l’espoir que les deux puissances puissent apaiser leurs relations après des années de tensions.

Une année tumultueuse

Quelques heures avant cette rencontre, Joe Biden s’est voulu conciliant et a établi les contours de cette réunion. « Nous n’essayons pas de nous découpler de la Chine », a-t-il dit mardi, assurant que l’objectif principal est d' »être capables de prendre le téléphone et de se parler s’il y a une crise ».

Car les crises se sont justement accentuées ces derniers mois. Les deux dirigeants, qui se connaissent depuis plusieurs années, avaient discuté pendant trois heures en marge d’un sommet du G20, en Indonésie, il y a un an. La relation a depuis tourné à l’aigre, en particulier avec le survol du territoire américain par un ballon chinois en début d’année

https://www.bfmtv.com/international/amerique-nord/etats-unis/taiwan-israel-climat-que-faut-il-attendre-de-la-rencontre-entre-joe-biden-et-xi-jinping-a-san-francisco_AN-202311150502.html


ECONOMIE
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Les efforts de gestion des filières conduisent à s’interroger sur les intérêts nationaux à privilégier la négociation sur un certain caractère impérialiste qui se sert de l’économie pour générer des dépendances.

1 – La sylviculture française : une filière déstabilisée par la Chine ?
(Le Portail de l’IE, Etienne Lombardot)

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Les forêts françaises seraient-elles victimes de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis ? Depuis 2018, la Chine achète une quantité croissante de bois en France, à tel point que les scieries françaises ne parviennent plus à s’approvisionner.

La filière forestière française sous pression chinoise

Depuis le XIXᵉ siècle, la France métropolitaine a connu un fort reboisement. Aujourd’hui, elle compte 17 millions d’hectares de forêts, dont 30 % est publique. Les 70 % restants sont partagés entre 3,3 millions de propriétaires : l’atomisation du foncier forestier est une difficulté à la mise en valeur des forêts françaises, dont la diversité se traduit par 190 essences, regroupant à la fois des peuplements mono-essences et mélangés.

Malgré cette richesse, la sylviculture française est confrontée à un dilemme sans précédent : répondre à la demande croissante en bois tout en préservant la biodiversité. Pour cause, la Chine fait pression sur la filière forestière afin d’importer de plus en plus de bois pour soutenir sa demande intérieure. La sylviculture française, dont les exportations vers la Chine ont explosé, est ainsi exposée à des fluctuations économiques mondiales imprévisibles. De plus, les préoccupations environnementales liées à la durabilité de cette demande chinoise posent des questions sur la préservation des ressources forestières en France.

Tout l’enjeu pour la France est de comprendre les mécanismes internationaux qui déstabilisent sa filière pour se prémunir et apporter une réponse adaptée aux défis qui lui sont posés.

L’émergence de la Chine dans le secteur du bois

La Chine est le principal pays demandeur de bois : elle représente 25% des importations mondiales,  dont 431 millions de m3  RWE (roundwood équivalent), soit 11 % de la demande mondiale. Le bois est censé permettre aux industries chinoises de produire (des meubles, du contreplaqué…) pour réexporter dans le reste du monde par la suite. La deuxième puissance mondiale en a également besoin pour soutenir la construction de logements. En l’espace de 21 ans, les importations chinoises de feuillus ont augmenté de 38 %, celles de résineux de 70 % . La majeure partie du bois qu’ils importent est destinée au marché intérieur. L’origine des essences dépend de la localisation : la Chine importe du feuillu de Russie, du feuillu et du résineux d’Amérique du Nord et d’Europe, et du bois exotique des pays tropicaux. Au fil des années, les Etats-Unis se sont positionnés comme les principaux fournisseurs de bois pour la Chine avec plus de 30 % des importations en valeur. Ces chiffres montent à 78 % pour les pâtes à papier

https://www.portail-ie.fr/non-classe/2023/la-sylviculture-francaise-une-filiere-destabilisee-par-la-chine/

2 – Réforme du marché de l’électricité : point d’étape sur les négociations en cours
(Euractiv, Paul Messad)

Les négociations se poursuivent à Bruxelles depuis l’accord trouvé sur la réforme du marché européen de l’électricité fin octobre. Le nucléaire et la redistribution des éventuels surprofits enregistrés par les opérateurs font l’objet d’une attention particulière. 

Les 27 États membres sont parvenus mi-octobre, après des mois de négociations, à un accord sur la très attendue réforme du marché européen de l’électricité.

Dorénavant, les différentes parties prenantes — Commission européenne, Parlement européen et conseil de l’UE — sont engagées dans des négociations tripartites, dites trilogues, qui devraient aboutir avant la fin de l’année.

Les réunions techniques s’enchaînent et à fin octobre, 16 articles avaient déjà été discutés, ceux sur lesquels « les positions des deux institutions [conseil de l’UE et Parlement] sont moins éloignées », nous a expliqué l’eurodéputé socialiste (S&D) espagnol et rapporteur pour le Parlement européen sur le dossier, Nicolas González Casares. Ainsi, les trilogues de novembre serviront « à valider les accords sur ces sujets», avant « d’aborder les sujets les plus sensibles en temps voulu », a-t-il poursuivi.

https://www.euractiv.fr/section/energie-climat/news/reforme-du-marche-de-lelectricite-point-detape-sur-les-negociations-en-cours/

3 – Commande publique de biens manufacturés : qui recourt le plus aux importations ?
(The Conversation, Thomas Grjebine, Jérôme Héricourt)

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Reléguée pendant longtemps dans la catégorie des concepts dépassés, la politique industrielle est redevenue centrale, notamment dans les économies avancées qui se sont désindustrialisées. Ce choix d’un retour de la puissance publique dans l’économie, afin d’en modifier la structure de production au profit du secteur manufacturier, découle de la conjonction de trois événements : la prise de conscience de la vulnérabilité des économies avancées à la perturbation des chaînes de production internationales, générant une dépendance à l’égard de fournisseurs lointains ; une volonté plus ou moins affirmée de « dérisquage » (de-risking vis-à-vis de la Chine, pour reprendre le mot de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen) ; l’impérieuse nécessité de la transition écologique, qui crée une opportunité de construire un tissu industriel vert.

Les outils de ces nouvelles politiques industrielles sont divers. Les avantages fiscaux et subventions sont les plus voyants, au centre notamment de l’Inflation Reduction Act (IRA) américain. Ce dernier s’appuie par ailleurs massivement sur des clauses de contenu local, instrument déjà privilégié par l’État fédéral américain pour la commande publique depuis le Buy American Act de 1933, qui établit une préférence pour l’achat de produits nationaux pour les marchés publics fédéraux d’une valeur de plus de 3 000 dollars. De même, le plan de relance de 2009 (American Recovery and Re-Investment Act, ARRA) n’ouvrait l’accès à ses fonds qu’aux projets utilisant de l’acier, du fer et des biens manufacturés américains, sauf si la concurrence étrangère présentait un prix inférieur d’au moins 25 %.

Le décalage est important avec l’Union européenne (UE), dont la construction institutionnelle a accordé une large place à la politique de la concurrence au niveau du marché unique et au libre-échange, et n’a pas cherché à donner l’avantage aux producteurs nationaux pour l’attribution des marchés publics.

https://theconversation.com/commande-publique-de-biens-manufactures-qui-recourt-le-plus-aux-importations-217569


DEFENSE ET SECURITE
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Trois principes de sécurité et de défense : anticipation, action, prospective sont illustrés cette semaine dans l’actualité.

1 – Près de 400 gendarmes engagés chaque jour sur l’opération « tempête33 »
(Gendinfo, La rédaction)

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Du 6 au 11 novembre 2023, une opération de grande ampleur baptisée « Tempête 33 » a été déclenchée dans plusieurs points du département par le Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de la Gironde. Elle a permis de procéder à 21 interpellations dans le cadre d’enquêtes pour trafic de stupéfiants, cambriolages et de viol en réunion sur mineure.

Près de 400 militaires de la gendarmerie nationale ont été déployés quotidiennement sur l’opération « Tempête 33 », manœuvre opérationnelle d’envergure, qui s’est déroulée du 6 au 11 novembre 2023. Les effectifs du Groupement de gendarmerie départementale de la Gironde ont été renforcés, pour l’occasion, par des moyens nationaux et régionaux : un escadron Guépard (78 gendarmes) du Groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM) de Satory (78), des unités spécialisées dans l’observation et la surveillance et dans le domaine des nouvelles technologies, cinq équipes cynophiles et trois missions hélicoptère de la Section aérienne de gendarmerie (SAG) de Mérignac.

Une opération amenée à être reconduite

Conduite sous l’autorité d’Étienne Guyot, préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, préfet de la Gironde et sous la direction judiciaire des procureurs de la République de Libourne et Bordeaux, Loïs Raschel et Frédérique Porterie, cette opération a permis une présence visible sur les axes routiers et dans les zones nécessitant un effort, comme les communes du Quartier de reconquête républicaine (QRR) du Libournais et le secteur nord de la métropole bordelaise, à Ambarès et Carbon-Blanc. À cette occasion, 1943 véhicules et 2643 personnes ont été contrôlés, conduisant à l’identification de 44 personnes recherchées pour différents motifs et l’interpellation de 17 étrangers en situation irrégulière.

https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/actualites/2023/pres-de-400-gendarmes-engages-chaque-jour-sur-l-operation-tempete-33

2 – Huitième et dernière FREMM de la marine nationale, la frégate « Lorraine » a été admise au service actif  
(OPEX360, Laurent Lagneau)

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Lancée le 13 novembre 2020 puis livrée à la Marine nationale deux ans plus tard, la huitième et dernière frégate multimissions [FREMM] Lorraine qui, comme l’Alsace, dispose d’une capacité de défense aérienne renforcée, vient d’être admise au service actif, à l’issue d’un déploiement de longue durée [DLD] marqué notamment par son engagement dans l’opération Sagittaire, au large du Soudan, en avril dernier.

« L’amiral [Nicolas] Vaujour, chef d’état-major de la Marine [CEMM] a admis au service actif, le 13 novembre 2023, la frégate multi-missions à capacité de défense aérienne renforcée [FREMM-DA] Lorraine. Elle est désormais opérationnelle et en mesure d’être déployée sur ordre du chef d’état-major des armées [CEMA] », a en effet annoncé le ministère des Armées, via un communiqué.

Pour rappel, et par rapport aux six autres FREMM, la Lorraine et l’Alsace ne sont pas dotées de missiles de croisière navals [MdCN], ce qui leur permet d’emporter deux fois plus de missiles surface-air Aster 15 et/ou Aster 30 [soit 32]. Leur mâture est en forme dite « taille de guêpe » afin de réduire l’effet de masque sur l’arrière pour le radar Herakles +, qui permet de détecter et de suivre jusqu’à 400 échos maritimes et aériens. Enfin, elles disposent des mêmes capacités de lutte anti-sous-marine, qui est l’un des points forts des frégates de cette classe.

https://www.opex360.com/2023/11/15/huitieme-et-derniere-fremm-de-la-marine-nationale-la-fregate-lorraine-a-ete-admise-au-service-actif/

3 – PRONOIA, ou la recherche de l’autoprotection soft-kill de demain
(Home FOB, Nathan Gain)

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Voilà près de trois ans qu’une équipe emmenée par Lacroix Defense, spécialiste français de systèmes pyrotechniques, travaille sur l’autoprotection « soft-kill » de demain au profit des armées françaises. Point d’étape à mi-parcours d’un effort dont l’aboutissement est attendu pour 2025. 

De S-KAPS à PRONOÏA

Sur un champ de bataille rendu de plus en plus transparent par la profusion de capteurs, la survie dépend aussi de la capacité à disparaître ou à leurrer l’adversaire. Et la prolifération de munitions rôdeuses, obus guidés et autres missiles antichars n’a fait qu’accroître le besoin d’intégration d’une protection active au moins aussi intelligente sur les véhicules de combat. 

Cet enjeu bien défini et renforcé par l’ancienneté des systèmes de protection dont dispose l’armée de Terre, la Direction générale de l’armement (DGA) lançait il y a plus de deux ans le projet de technologies de défense (PTD) « Protection Novatrice Orientable Intégrée d’Auto-protection soft-kill » (PRONOÏA). 

Personnification de la prévoyance dans le panthéon grecque, PRONOÏA est depuis lors managé par Lacroix Defense, à l’origine d’un système GALIX conçu conjointement avec GIAT Industries (devenu Nexter) dans les années 1990 et utilisé depuis lors sur VBCI au Mali, sur char Leclerc au Yemen, sur AMX-10RC et CV-90 en Ukraine. C’est en partant de cette autoprotection « maison » que l’entreprise toulousaine a développé une première évolution : « Soft-Kill Advanced Protection System » (S-KAPS). 

Dévoilé l’an dernier à Paris au salon Eurosatory, S-KAPS pose les bases d’une solution ouverte, évolutive, connectée à la vétronique du véhicule pour réduire les temps de détection, d’analyse et de réaction et offrir la meilleure solution de masquage. Un pari gagnant, la première mouture de S-KAPS est rapidement adoptée en Arabie Saoudite. « Nous attaquons maintenant avec d’autres pays d’Europe et du Moyen Orient et d’ailleurs avec différentes variantes de S-KAPS », explique Éric Galvani, responsable programme pour Lacroix Defense. Au Canada, par exemple, en vue de répondre à l’adoption par les forces terrestres locales d’un nouveau standard d’autoprotection. Chez le voisin américain, également, où les performances des solutions de masquage ont été validées par un grand centre de la cote Est. 

https://www.forcesoperations.com/pronoia-ou-la-recherche-de-lautoprotection-soft-kill-de-demain/


TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPECIALISES

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ESPRIT SURCOUF vous offre un tour d’horizon des titres de fond propres à susciter la réflexion de défense et de sécurité

Débat public : le choc des grands basculements
(Télos, Eddy Fougier)

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Quel est le point commun entre le débat sur Maastricht de 1992, les manifestations altermondialistes de Seattle en 1999 ou de Gênes en 2001, la controverse sur les OGM, les ondes électromagnétiques ou les vaccins, la victoire des partisans du Brexit ou celle de Donald Trump en 2016, le mouvement des Gilets jaunes, les campagnes exigeant l’arrêt des pesticides de synthèse, de l’élevage intensif, du plastique, des énergies fossiles ou des méga-bassines ?

Certains répondront que c’est la radicalité des groupes contestataires, quelquefois la violence de certains activistes ou encore le populisme. Les médias vont montrer les images d’individus recourant à la tactique dite du « black bloc » lors des sommets de Seattle ou de Gênes, sur les Champs Elysées ou en marge de diverses manifestations, de faucheurs volontaires d’OGM, de militants antispécistes ou écologistes qui font des actions « coups de poing », ou bien évidemment de Donald Trump.

En réalité, au-delà de ces symptômes à la fois spectaculaires et très télégéniques, ces événements traduisent et illustrent ce que l’on pourrait nommer des grands basculements : des moments au cours desquels les parties prenantes traditionnelles (décideurs, « sachants ») se trouvent être dans l’obligation de laisser de nouvelles parties prenantes (notamment des mouvements « outsiders » ou « disruptifs », des organisations de la société civile et des citoyens) participer au débat, voire à la prise de décision, dans un contexte où il n’y a plus de déférence spontanée du peuple vis-à-vis des élites et le sentiment que celles-ci agissent naturellement pour le bien des populations, du pays et de la planète.

https://www.telos-eu.com/fr/debat-public-le-choc-des-grands-basculements.html

Les femmes particulièrement touchées par la pauvreté qui s’aggrave en France
(France24)

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Le Secours catholique tire la sonnette d’alarme sur la situation des plus pauvres en France. Le revenu médian des bénéficiaires de l’association s’établit à 18 euros par jour pour subvenir à l’ensemble des besoins du ménage, soit moins de la moitié du seuil de pauvreté. Les femmes seules et les mères isolées sont les plus affectées.

La pauvreté s’aggrave en France et les femmes et les enfants en sont les premières victimes, alerte le Secours catholique dans son rapport annuel sur le sujet publié mardi 14 novembre.

Le revenu médian des personnes accueillies par l’association s’est établi à 538 euros par mois en 2022, constate le Secours catholique qui a analysé les données de 49 250 fiches renseignées par ses bénéficiaires. Cela représente un budget journalier de 18 euros pour subvenir à l’ensemble des besoins du ménage.

Ce montant correspond à moins de la moitié du seuil de pauvreté, estimé par l’association à 1 211 euros cette année-là.

Surtout, en tenant compte de l’inflation, qui affecte particulièrement les prix des produits alimentaires et de l’énergie, cela représente un recul de 7,6 % de revenus.

Les plus touchés se privent de chauffage ou de nourriture

« Les plus pauvres sont frappés par l’inflation, l’étau se resserre, les privations sont plus importantes sur des choses pas forcément visibles, comme le chauffage ou l’alimentation », commente auprès de l’AFP Adelaïde Bertrand, déléguée générale du Secours catholique.

Pour lutter contre la pauvreté, l’association recommande notamment d’indexer les minimas sociaux sur le Smic, d’étendre le RSA et de lutter contre le non-recours aux prestations sociales en rendant les services sociaux plus accessibles.

Mères isolées et femmes seules

Au total, le Secours catholique a accueilli l’an dernier en France un million de personnes, qui ont bénéficié de différents services, comme une aide alimentaire ou un accompagnement social.

Parmi ces personnes, les ménages composés d’un seul adulte sont surreprésentés (75 %. Il s’agit surtout de mères isolées (25,7 %) et de femmes seules (20,9 %).

https://www.france24.com/fr/france/20231114-les-femmes-particuli%C3%A8rement-touch%C3%A9es-par-la-pauvret%C3%A9-qui-s-aggrave-en-france

Les espions ukrainiens ou l’importance de la guerre de l’ombre
(France 24, Sébastien Seibt)

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De nouvelles révélations dans l’affaire du sabotage du gazoduc Nord Stream en septembre 2022 confortent l’hypothèse d’une implication ukrainienne. Le « cerveau » de l’opération serait ainsi un agent secret controversé. Même si Kiev continue à nier toute implication, il ne fait guère de doute que les services ukrainiens de renseignement jouent un rôle très particulier dans cette guerre contre la Russie.

Les services ukrainiens de renseignement n’auraient pas perdu le nord. Une nouvelle « preuve » de l’implication ukrainienne dans le sabotage en mer Baltique des gazoduc Nord Stream 1 et 2, a été apportée par le Washington Post et le magazine allemand Der Spiegel, samedi 11 novembre. Ces deux journaux affirment avoir retrouvé le « cerveau » ukrainien de l’opération.

Roman Chervinsky, un vétéran ukrainien de l’espionnage, aurait « coordonné » l’équipe de six saboteurs soupçonnés d’avoir fait sauter des charges explosives près de Nord Stream le 26 septembre 2022, ont affirmé aux deux journaux plusieurs sources « à la fois ukrainiennes et parmi les équipes internationales d’experts en sécurité connectées à ce dossier », affirme le Spiegel.

« Tête brulée » ou « patriote » ?

Âgé de 48 ans, cet expert des « actions clandestines » passait déjà pour un personnage controversé avant même que son nom n’apparaisse dans l’affaire du gazoduc. Il est en détention provisoire depuis avril 2023 à Kiev dans l’attente du procès de son implication dans une opération à haut risque, qui s’est soldée par une débâcle pour les services de renseignement.

https://www.france24.com/fr/europe/20231113-les-espions-ukrainiens-ou-l-importance-de-la-guerre-de-l-ombre


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PARUS AU JOURNAL OFFICIEL
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Textes à ne pas négliger pour comprendre l’actualité de défense et de sécurité :

Décret du 10 novembre 2023 portant élévation dans l’ordre national de la Légion d’honneur en faveur des militaires n’appartenant pas à l’armée active
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000048385315

(8 décrets en suivant concernant les militaires n’appartenant pas à l’armée active)

Décret n° 2023-1026 du 6 novembre 2023 portant application de l’article 495-18 du code de procédure pénale relatif au paiement immédiat du montant de l’amende forfaitaire délictuelle
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000048374077

Décret n° 2023-1027 du 7 novembre 2023 relatif à la mise en œuvre d’un traitement de données à caractère personnel dénommé « Enquête harcèlement »https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000048374116