Terrorisme, guerre informationnelle et numérique au Sahel

(1ère partie)

Moussa Bobbo (Ph.D) (*)
Historien et chercheur

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La transformation numérique des sociétés africaines reconfigure profondément les modalités contemporaines de la conflictualité et de la lutte contre le terrorisme. Les organisations djihadistes dans le bassin du lac Tchad, Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), comme dans le Sahel central avec le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), investissent également les espaces informationnels afin de produire des récits, influencer les perceptions, recruter, intimider, délégitimer les institutions et consolider leur implantation sociale.

 

Les transformations numériques des sociétés contemporaines ont profondément modifié les conditions de production, de circulation et de contestation du pouvoir. Le cyberespace n’est plus seulement un environnement technique destiné à faciliter les communications, les transactions économiques ou l’accès à l’information. Il constitue désormais une infrastructure politique, sociale et stratégique dans laquelle se construisent des rapports de pouvoir. Les données, les plateformes, les réseaux sociaux, les infrastructures de télécommunication et les systèmes algorithmiques participent à la production des représentations collectives et, par conséquent, à la définition des menaces auxquelles les États doivent répondre (Floridi, 2020; Pohle & Thiel, 2020).

Cette transformation est particulièrement importante pour l’étude du terrorisme. Les organisations terroristes ont progressivement compris que la violence produit davantage d’effets lorsqu’elle est accompagnée d’une stratégie de communication capable d’en amplifier la portée. Les attentats, les enlèvements, les exécutions ou les attaques contre les forces de sécurité constituent simultanément des événements physiques et des événements communicationnels. Leur portée stratégique dépend donc en partie de leur capacité à être documentés, racontés, interprétés et diffusés. Cette évolution est particulièrement visible en Afrique dans un contexte marqué par la transmutation des menaces sécuritaires, notamment terroristes. Des organisations comme Boko Haram, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) dans le bassin du lac Tchad et le Jama’at Nusrat al-Islam Wal Muslim (JNIM) et affiliés dans le sahel central ne se contentent plus d’utiliser les armes. Elles exploitent les réseaux sociaux, les messageries cryptées, les plateformes vidéo et les applications mobiles pour recruter, diffuser leur propagande, lever des fonds et influencer les perceptions.

Ainsi, les activités terroristes ne se déroulent plus uniquement dans la forêt de Sambisa, les îles du lac Tchad ou les espaces sahéliens de Kidal, Gao, Tessali, Djibo, Dori. Elle se joue également sur Telegram, WhatsApp, Facebook, TikTok, X et YouTube, où circulent récits, images, vidéos et discours de légitimation.

La littérature sur le terrorisme numérique a montré depuis plusieurs années que les réseaux sociaux peuvent remplir plusieurs fonctions simultanées : propagande, endoctrinement, recrutement, socialisation idéologique, construction identitaire, intimidation, mobilisation et maintien des liens entre sympathisants (Conway, 2017; Klausen, 2015; Weimann, 2015). L’étude de plus de 1,9 million de messages associés à des réseaux de l’État islamique a notamment montré l’importance des médias sociaux dans la circulation des contenus djihadistes et leur articulation avec les événements sur le terrain (Badawy & Ferrara, 2018). L’environnement numérique ne constitue donc pas un espace séparé de la conflictualité : il en est devenu une extension.

Cette évolution est observable en Afrique. Boko Haram, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et d’autres organisations armées ont développé des pratiques communicationnelles adaptées à leurs environnements opérationnels. Une étude comparative consacrée à AQMI, Al-Shabaab et Boko Haram montre notamment que les organisations terroristes africaines ont investi Twitter, YouTube et Facebook, même avec des degrés variables de professionnalisation et d’efficacité (Besenyő & Sinkó, 2021). L’expérience d’AQMI est cependant révélatrice d’une limite importante : la présence sur les réseaux sociaux ne garantit pas automatiquement une influence significative. Torres-Soriano (2016) montre que les difficultés organisationnelles, le manque de compétences et la faible coordination peuvent limiter considérablement l’efficacité d’une stratégie numérique.

Dans le bassin du lac Tchad, la question revêt une importance particulière. Boko Haram s’est transformé depuis 2015, notamment après son allégeance à l’État islamique et la crise interne de 2016, qui a favorisé l’émergence d’ISWAP comme organisation distincte. L’évolution du mouvement montre que le numérique ne doit pas être étudié indépendamment des transformations territoriales, organisationnelles et économiques de l’insurrection. L’étude de Thurston (2017) rappelle à cet égard que Boko Haram est profondément enraciné dans les configurations politiques et religieuses locales de Maiduguri et du nord-est du Nigeria. La dimension numérique ne remplace donc pas les logiques locales ; elle les amplifie.

Dans le Sahel, JNIM illustre une autre modalité de communication stratégique. L’organisation cherche moins à construire une image de puissance médiatique globale comparable à celle de l’État islamique à son apogée qu’à articuler propagande, communication locale, intimidation et production de récits de gouvernance. L’évolution récente du groupe vers des formes plus sophistiquées d’ancrage social montre que la bataille informationnelle ne se réduit pas à la diffusion de vidéos ou de communiqués. Elle consiste également à produire une représentation de l’organisation comme acteur capable d’arbitrer des conflits, de réglementer certaines activités ou de fournir une forme de protection. Les développements observés au Mali en 2026, notamment autour des pressions exercées sur Bamako et des formes de gouvernance locale attribuées à JNIM, illustrent cette évolution.

La guerre informationnelle doit, dès lors, être distinguée de la simple propagande. Elle englobe un ensemble plus large de pratiques destinées à agir sur l’environnement informationnel d’un adversaire : propagande, désinformation, intimidation, manipulation des perceptions, amplification algorithmique, exploitation des controverses, diffusion de récits concurrents et, dans certains cas, perturbation des infrastructures numériques. Elle peut être menée par des groupes terroristes, des États, des acteurs privés ou des réseaux hybrides (Rid, 2013; Pamment et al., 2018).

Cette évolution soulève une question centrale : dans quelle mesure la maîtrise des infrastructures, des données et des espaces informationnels est-elle devenue une composante de la souveraineté sécuritaire des États africains face au terrorisme ?

L’hypothèse défendue ici est que la souveraineté sécuritaire ne peut plus être exclusivement définie par le contrôle du territoire et la capacité coercitive. Elle dépend également d’une capacité de contrôle informationnel souverain, c’est-à-dire de la faculté de produire, sécuriser, analyser, partager et utiliser les données nécessaires à la décision publique sans dépendance critique à l’égard d’acteurs extérieurs.

L’argument est toutefois nuancé. La souveraineté numérique ne signifie ni autarcie technologique, ni fermeture d’Internet, ni contrôle absolu de l’information. Elle renvoie plutôt à une capacité stratégique de choisir ses dépendances, de sécuriser ses infrastructures critiques, de préserver ses données sensibles, d’assurer la continuité de ses fonctions essentielles et de conserver une marge d’autonomie décisionnelle. Cette conception rejoint les travaux de Floridi (2020) et de Pohle et Thiel (2020), pour lesquels la souveraineté numérique constitue une question de contrôle et d’autodétermination dans un environnement numérique caractérisé par l’interdépendance.

L’analyse s’appuie sur une approche qualitative et comparative. Elle croise quatre catégories de matériaux : (1) les travaux scientifiques sur le terrorisme, la propagande numérique, la radicalisation et la cybersécurité ; (2) les documents de l’Union africaine et des organisations régionales ; (3) les bases de données de conflictualité et de terrorisme, notamment ACLED et le Global Terrorism Database ; et (4) les rapports des organisations internationales et spécialisées. La période principale d’observation couvre 2015–2025, tandis que les données et événements disponibles en 2026 servent à actualiser l’analyse. L’article ne prétend donc pas établir une mesure quantitative de l’efficacité de la propagande numérique, mais vise à identifier les mécanismes par lesquels les transformations numériques modifient les rapports de puissance entre États et organisations terroristes.

Du territoire à l’espace informationnel : la transformation numérique du terrorisme

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La transformation numérique des sociétés contemporaines a profondément modifié les modes d’action, de communication et de projection des organisations terroristes. Si le contrôle territorial demeure un objectif important, l’espace informationnel constitue désormais un environnement stratégique dans lequel se construisent la visibilité, la légitimité et l’influence des groupes armés. Les technologies numériques leur permettent de dépasser les contraintes géographiques, de diffuser leurs récits à grande échelle et d’interagir directement avec des populations situées au-delà de leurs zones d’implantation. Cette évolution ne signifie toutefois pas la disparition de la dimension territoriale du terrorisme, mais son articulation croissante avec des espaces numériques capables d’en prolonger les effets. Il convient dès lors d’analyser comment le passage du territoire à l’espace informationnel transforme les stratégies de propagande, de recrutement, de mobilisation et de contestation de l’autorité étatique.

La violence terroriste comme événement informationnel

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Le terrorisme possède historiquement une dimension communicationnelle. L’objectif d’une organisation terroriste n’est pas seulement de produire des victimes ; il consiste également à produire un effet politique et psychologique disproportionné par rapport à ses capacités matérielles. La médiatisation de la violence est donc constitutive de son efficacité stratégique (Nacos, 2002).

Le numérique a cependant radicalement modifié l’échelle et la vitesse de cette communication. Avant l’expansion des réseaux sociaux, les organisations terroristes dépendaient largement des médias traditionnels pour faire connaître leurs opérations. Les médias numériques leur ont progressivement permis de réduire cette dépendance en produisant elles-mêmes leurs contenus, en contrôlant leur mise en scène et en ciblant directement leurs publics.

Cette transformation est essentielle. Elle signifie que le groupe armé n’attend plus nécessairement que la presse relate une attaque : il peut produire ses propres images, sélectionner les séquences qu’il souhaite diffuser, construire son propre récit et organiser la circulation de ce récit.

L’État islamique a représenté l’une des formes les plus avancées de cette évolution. Farwell (2014) a montré que la stratégie médiatique de l’organisation constituait une composante essentielle de sa capacité de mobilisation. Winter (2015) a également montré l’existence d’un véritable écosystème médiatique structuré autour de productions audiovisuelles, de magazines et de réseaux de diffusion.

Le cas africain doit toutefois être analysé avec prudence. Il serait erroné de considérer que Boko Haram, ISWAP ou JNIM disposent des mêmes capacités médiatiques que l’État islamique en Irak et en Syrie. Leur environnement technologique, leurs ressources humaines, leurs publics et leurs contraintes opérationnelles sont différents. La principale caractéristique du terrorisme numérique africain réside précisément dans son adaptation locale.

Boko Haram : de la médiatisation de la violence à la construction de récits

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Boko Haram constitue un cas particulièrement instructif. La communication du groupe s’est développée parallèlement à l’intensification de l’insurrection dans le nord-est du Nigeria et son extension au Cameroun, au Niger et au Tchad.

La diffusion des vidéos de revendication et de mise en scène des otages a progressivement transformé certaines opérations en événements informationnels transnationaux. L’enlèvement des lycéennes de Chibok en avril 2014 constitue un exemple paradigmatique. L’opération n’a pas seulement produit une crise sécuritaire et humanitaire ; elle a généré une immense bataille narrative autour de la capacité de l’État nigérian à protéger sa population.

Après 2015, la stratégie communicationnelle s’est transformée avec l’évolution organisationnelle du mouvement. L’allégeance de Boko Haram à l’État islamique et la création d’ISWAP ont contribué à introduire de nouvelles formes de communication inspirées de l’écosystème médiatique jihadiste international.

Les analyses de contenus de Boko Haram montrent que la propagande ne se limite pas à la justification idéologique de la violence. Elle repose également sur la revendication d’attaques, la construction de la peur, la mise en scène de la puissance et la représentation des forces de sécurité comme incapables de protéger les populations (Bello, 2021; Bello & Mele, 2024). Une analyse récente portant sur une quarantaine de vidéos montre ainsi que le groupe mobilise des stratégies discursives de dissimulation, de falsification et de justification de la violence.

La propagande remplit donc plusieurs fonctions : la fonction de revendication, en attribuant les attaques au groupe, la fonction d’intimidation, en montrant la capacité de nuisance, la fonction de recrutement, en présentant l’organisation comme une communauté de croyants et de combattants, la fonction de cohésion, en renforçant l’identité collective la fonction de délégitimation, en présentant l’État comme corrompu, faible ou incapable, la fonction de guerre psychologique, en amplifiant l’incertitude sur les capacités réelles du groupe. Le numérique devient ainsi un multiplicateur : une opération militaire localisée peut produire un effet politique bien au-delà du lieu où elle a été conduite.

ISWAP : l’information au service de la gouvernance insurgée

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L’évolution d’ISWAP offre une différence analytique importante. Alors que Boko Haram sous Abubakar Shekau a souvent privilégié une communication spectaculaire, ISWAP a progressivement développé une communication davantage associée à la gouvernance, à l’administration territoriale et à la représentation de l’organisation comme alternative à l’État (Moussa Bobbo, 2023).

Cette distinction est cohérente avec les travaux consacrés à l’État islamique, selon lesquels la propagande djihadiste ne cherche pas uniquement à provoquer la peur. Elle cherche également à démontrer que l’organisation possède une capacité de gouvernance, d’administration et de régulation (Winter, 2015; Zelin, 2015). Dans le bassin du lac Tchad, cette logique doit être replacée dans les économies locales de guerre. Le contrôle des ressources halieutiques, des activités agricoles, de la circulation, des marchés et de certaines routes commerciales permet aux groupes armés de transformer des ressources économiques en instruments de pouvoir. La communication vient alors légitimer ce contrôle.

Un prélèvement présenté comme une obligation religieuse peut être décrit comme une contribution légitime ; une interdiction imposée à une population peut être présentée comme une mesure de sécurité ; une opération militaire peut être racontée comme la défense des musulmans contre un État présenté comme hostile. Le numérique agit ainsi sur la signification sociale du contrôle territorial.

Cette observation est essentielle pour éviter une conception technocentrée de la guerre informationnelle. Les groupes djihadistes ne gagnent pas la bataille narrative uniquement parce qu’ils maîtrisent les réseaux sociaux. Ils peuvent produire des récits crédibles lorsque ceux-ci rencontrent des expériences sociales préexistantes : corruption, violences commises par les forces de sécurité, exclusion, chômage, conflits fonciers ou sentiment d’abandon institutionnel. Ainsi, le récit numérique fonctionne donc comme un amplificateur de vulnérabilités politiques préexistantes.

Le JNIM et le Sahel : vers une guerre informationnelle territorialisée

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Dans le Sahel, l’essor du JNIM illustre une transformation de la conflictualité dans laquelle la maîtrise de l’espace informationnel accompagne désormais la conquête et la consolidation des espaces territoriaux. L’organisation articule propagande numérique, communication locale et contrôle social afin de légitimer son implantation, délégitimer les autorités étatiques et influencer les perceptions des populations. Cette stratégie s’appuie sur une connaissance fine des dynamiques sociales et politiques locales, permettant au JNIM d’adapter ses récits aux griefs et aux attentes des communautés. Le numérique ne constitue donc pas un espace séparé du conflit territorial, mais un prolongement de celui-ci, où se négocient l’autorité, la légitimité et l’adhésion. L’analyse du cas sahélien permet ainsi de saisir comment la guerre informationnelle devient progressivement territorialisée, c’est-à-dire articulée aux rapports de pouvoir, aux mobilités et aux recompositions de l’autorité dans les espaces affectés par la violence.

Une communication moins spectaculaire, mais davantage enracinée

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Créé en 2017 autour d’Iyad Ag Ghali et constitué comme coalition affiliée à Al-Qaïda, JNIM a progressivement construit une présence dans plusieurs espaces du Sahel. Sa communication s’inscrit davantage dans une logique d’enracinement territorial que dans une stratégie de spectacularisation globale comparable à celle de l’État islamique.

Cette différence ne signifie pas une absence de stratégie médiatique. Elle traduit plutôt une adaptation aux caractéristiques sociales et politiques du Sahel. Le groupe cherche notamment à : revendiquer ses opérations, présenter les autorités étatiques comme incapables, dénoncer la présence étrangère, valoriser ses combattants, diffuser des messages religieux, influencer les populations locales, documenter certaines actions de gouvernance, notamment les bavures et de produire des récits de justice ou de protection. L’information devient alors une composante de la gouvernance insurgée.

Cette évolution est particulièrement importante depuis la dégradation de la présence étatique dans certaines zones du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Les événements de 2025–2026 montrent que le JNIM cherche de plus en plus à exercer une pression simultanément militaire, économique et informationnelle.

En avril 2026, par exemple, le JNIM a annoncé un blocus de Bamako dans le contexte d’une offensive plus large. Le recours à la communication pour annoncer, justifier et interpréter le blocus montre que l’action militaire et sa narration sont désormais étroitement imbriquées. L’objectif stratégique ne consiste donc plus seulement à attaquer une infrastructure ou une unité militaire. Il consiste à produire l’impression que l’État n’est plus capable de garantir la circulation, l’approvisionnement ou la sécurité.

Le contrôle de la circulation comme opération informationnelle

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Une organisation terroriste n’a pas nécessairement besoin de contrôler directement les plateformes numériques pour exercer une influence. Elle peut créer des événements physiques dont les conséquences informationnelles se diffusent rapidement.

Un blocus routier, une attaque contre un convoi, une embuscade ou une attaque contre une infrastructure énergétique peut produire une perturbation sociale, une amplification médiatique, une incertitude, une perception de faiblesse étatique ou le renforcement du récit insurgé. Le numérique devient alors un mécanisme de conversion de la violence physique en pouvoir politique.

Cette logique est particulièrement importante dans les espaces sahéliens où la circulation des marchandises, du carburant et des personnes constitue un enjeu de pouvoir. En 2026, les pressions exercées autour de Bamako ont illustré cette articulation entre contrôle des routes, pression économique et communication politique.

 

A suivre dans le prochain numéro d’Espritsurcouf.


(*) Moussa Bobbo est chercheur en sciences sociales, spécialisé dans l’analyse des conflits armés et des dynamiques sécuritaires dans le bassin du lac Tchad et au Sahel. Ses travaux portent notamment sur le terrorisme, les économies de guerre et les processus de stabilisation dans le bassin du lac Tchad. Il s’intéresse aux politiques de sécurité, au DDR ainsi qu’aux impacts socio-économiques et humanitaires des violences armées. Ses recherches mobilisent des approches empiriques et interdisciplinaires articulant données de terrain, analyses institutionnelles et cadres théoriques contemporains.

Source bandeau : IA / Laure Fanjeau

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