Finlande, Estonie et l’empreinte européenne

Nathalie de Kaniv (*)
Historienne et chercheuse en relations internationales

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L’auteure met en lumière la dynamique européenne dans laquelle s’inscrivent la Finlande et l’Estonie, dans un contexte géopolitique que l’on sait particulièrement tendu et conflictuel


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Membres de l’Union européenne, Finlande (1995) et Estonie (2004), les deux pays portent une conscience de l’appartenance européenne centenaire au moment de leur adhésion à l’UE. Cette conscience européenne habitait les élites des deux pays avant même la reconnaissance de leurs indépendances après la Première Guerre mondiale. Cette longue histoire du discours européen au sein de ces pays n’est pas exclusive. Il embrassait la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et aussi inspirait des intellectuels ukrainiens.

Pourquoi en parler ? Peut-être pour compléter l’histoire de la pensée européenne qui fait son chemin malgré les guerres, les occupations, les révolutions dans cette région attachée aux valeurs européennes.

En effet, les années 1905-1906 constituent un moment charnière dans l’histoire culturelle des périphéries occidentales de l’Empire russe. Alors que la révolution de 1905 à Saint-Pétersbourg et dans d’autres villes de l’Empire, provoque une profonde crise des structures politiques impériales, les élites intellectuelles finlandaises et estoniennes développent simultanément de nouvelles conceptions de la culture nationale fondées sur l’ouverture aux courants artistiques européens. Dans les deux cas, l’Europe devient moins un espace géographique qu’un horizon intellectuel et esthétique servant à légitimer des projets de modernisation culturelle. Les dialogues dans les périphéries de l’Empire ne cessent jusqu’au stalinisme et la Deuxième guerre mondiale. Ils sont permanents et concomitants. Ainsi, la Finlande constitue un espace particulièrement propice pour des jeunes élites estoniennes. Ensuite, le premier groupement européen se forme en Estonie, influence les mouvements finlandais et cette dynamique prospère jusqu’au l’Ukraine dans les années 1920-1930. Connaitre ces mouvements nous aide, peut-être, de comprendre ce socle historique solide qui lie les États, anciennes périphéries de l’Empire (tsariste ou soviétique).

Noor-Esti (Jeune Estonie) et la modernité d’une nation indépendante

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Le mouvement estonien Noor-Eesti (Jeune Estonie) est créé en 1905 autour d’un groupe de jeunes écrivains et intellectuels qui remettent en question les paradigmes culturels dominants du XIXe siècle. Loin de se contenter d’un nationalisme culturel hérité de l’époque de l’Éveil national (Ärkamisaeg), ces acteurs revendiquent une insertion active de la culture estonienne dans les réseaux intellectuels européens. Leur célèbre manifeste — « Olgem eestlased, aga saagem ka eurooplasteks » (« Soyons Estoniens, mais devenons aussi Européens », parfois traduit comme « Plus d’européanité, plus d’estonéité »), formulé par Gustav Suits[i] en 1905, exprime l’ambition d’une génération qui refuse de choisir entre affirmation nationale et appartenance culturelle.

La démarche de Noor-Eesti constitue moins une rupture avec le projet national estonien qu’une reformulation de celui-ci dans le contexte des transformations culturelles européennes du début du XXe siècle. C’est une volonté d’internationalisation qui se renforce à la suite des événements de 1905[ii]. Les jeunes intellectuels interprètent la crise impériale comme une opportunité historique pour accélérer le développement culturel de la nation. La naissance de Noor-Eesti en 1905 constitue l’expression la plus aboutie de ces transformations. Le premier album collectif du mouvement paraît en 1905 sous la direction de Gustav Suits. Dès l’introduction, les auteurs affirment leur volonté de rompre avec le provincialisme culturel et de placer la littérature estonienne dans un dialogue permanent avec les grandes traditions européennes. Ainsi, le Noor-Eesti est la première tentative systématique de construire une culture estonienne moderne selon des critères explicitement européens[iii]. De surcroit, la mobilité des acteurs joue également un rôle essentiel dans ces processus de transfert. Les archives de correspondance de Gustav Suits et de Friedebert Tuglas révèlent l’existence d’un réseau dense reliant Tartu, Helsinki, Saint-Pétersbourg et plusieurs villes allemandes. Ces échanges permettent la circulation non seulement des ouvrages et des revues, mais aussi des normes esthétiques et des pratiques intellectuelles.

L’Europe imaginée par Noor-Eesti ne correspond donc pas à une réalité géographique homogène. Elle constitue plutôt une construction intellectuelle sélective, composée d’influences françaises, allemandes, scandinaves et russes. Ce cosmopolitisme culturel demeure étroitement articulé au projet national. Contrairement à certaines interprétations ultérieures, les membres du mouvement ne cherchent nullement à dissoudre l’identité estonienne dans une culture européenne abstraite. Leur objectif consiste au contraire à doter la nation estonienne des instruments culturels nécessaires à son intégration dans la modernité européenne.

Cette tension entre enracinement national et ouverture cosmopolite constitue l’une des caractéristiques fondamentales de Noor-Eesti. Elle explique en grande partie la postérité du mouvement dans l’histoire culturelle estonienne. En affirmant que les Estoniens devaient devenir européens pour devenir pleinement eux-mêmes, Gustav Suits formulait un programme qui dépassait largement le cadre littéraire. Il proposait une redéfinition de la nation fondée sur la participation active aux échanges intellectuels internationaux.

Ainsi, les années 1905-1906 apparaissent comme une période de cristallisation au cours de laquelle se met en place un véritable espace de circulation culturelle entre la Finlande et l’Estonie. Cet espace ne se limite pas à la transmission d’influences artistiques ; il contribue à l’élaboration de nouvelles conceptions de la culture, de la nation et de l’Europe. Dans cette perspective, Noor-Eesti peut être considéré comme l’un des premiers laboratoires de la modernité culturelle transnationale dans la région baltique.

La construction d’un espace culturel européen : Finlande et Estonie en 1905-1906

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L’émergence du mouvement Noor-Eesti ne peut être comprise indépendamment des réseaux intellectuels transnationaux qui relient l’Estonie aux principaux centres culturels de l’Europe du Nord au début du XXe siècle. Si l’historiographie nationale a longtemps privilégié l’étude des productions littéraires du groupe, les recherches récentes inspirées par l’histoire connectée et l’histoire des transferts culturels invitent à considérer Noor-Eesti comme le produit d’un ensemble de circulations humaines, textuelles et institutionnelles dépassant largement le cadre estonien[iv].

Dans cette configuration, la Finlande occupe une place centrale. Les liens culturels entre les deux espaces reposent sur des affinités linguistiques et historiques anciennes, mais ils acquièrent une nouvelle intensité à partir des années 1890. Pour de nombreux intellectuels estoniens, la Finlande représente alors un exemple particulièrement attractif de modernisation nationale réussie. Alors que les Estoniens demeurent soumis à l’administration directe des provinces baltiques de l’Empire russe, le Grand-Duché de Finlande bénéficie encore d’une autonomie institutionnelle importante qui favorise le développement de ses établissements d’enseignement supérieur, de ses sociétés savantes et de ses réseaux éditoriaux.

L’Université d’Helsinki joue à cet égard un rôle déterminant. Plusieurs futurs membres de Noor-Eesti y effectuent des séjours d’étude ou y développent des contacts intellectuels réguliers. Gustav Suits, figure centrale du mouvement, s’installe en Finlande dès 1904 et poursuit ses études à l’université d’Helsinki. Cette expérience constitue un moment décisif dans sa formation intellectuelle. Il découvre un environnement universitaire largement ouvert aux débats européens contemporains, dans lequel circulent les œuvres des symbolistes français, des modernistes scandinaves et des philosophes allemands.

Comme l’a souligné Tiina Kirss, la Finlande offre alors aux intellectuels estoniens un accès privilégié à l’Europe occidentale sans qu’ils aient nécessairement à passer par les institutions impériales russes. Helsinki fonctionne comme une « zone de traduction culturelle » dans laquelle les modèles européens sont sélectionnés, adaptés puis réinterprétés avant leur transfert vers l’Estonie[v].

Cette fonction médiatrice apparaît clairement dans les références intellectuelles mobilisées par les premiers auteurs de Noor-Eesti. Les influences françaises, souvent mises en avant dans l’historiographie, parviennent fréquemment au groupe par l’intermédiaire des réseaux finlandais ou scandinaves.

Ikkunat auki Eurooppaan ! » (Fenêtres ouvertes sur l’Europe ») : la Finlande comme médiatrice européenne

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Après la Première Guerre mondiale et la guerre finno-russe, en Finlande, dans les années 1924-1930 se forme un groupe avec un programme moderniste et national appelé Tulenkantajat (Les Porteurs de feu). Il s’agit du principal mouvement moderniste finlandais de l’entre-deux-guerres qui émerge dans un contexte politique et culturel tendu. La guerre de 1918 laisse la société finlandaise divisée et culturellement repliée sur des formes d’expression nationalistes et conservatrices. Face à cette situation, les Tulenkantajat vise l’ouverture de la Finlande aux courants culturels européens contemporains et la rupture de l’isolement intellectuel du pays[vi]. C’est à travers un ensemble des textes théoriques, des essais, articles et revues que le groupement poursuit un programme non-formulé dans un manifeste, mais clairement orienté vers le retour dans la culture européenne. Toutefois, malgré l’absence d’un manifeste explicite, c’est l’essai d’Olavi Paavolainen (1903-1964)[vii] Ikkunanpesijä (Le laveur de vitres, 1926) qu’est teconsidéré comme un texte programme du groupe. L’auteur y s’intéresse à la modernité urbaine et technologique et rejet le romantisme finlandais perçu comme un frein à la modernité.

Le groupe empreint un slogan d’Elmer Diktionius[viii], poète finno-suédois, pour la revue Ultra, pionnier dans la presse moderniste de l’Europe nordique. Ce slogan « Ikkunat auki Eurooppaan ! » (Fenêtres ouvertes sur l’Europe ») donne un véritable mot d’ordre pour l’orientation esthétique et idéologique. Le désir de rupture avec le passéisme national et une volonté d’intégration active dans les réseaux culturels européens forment un objectif uni. L’image de la fenêtre ouverte, récurrente dans les textes du groupe, symbolise la circulation des idées, des formes et des sensibilités modernes. A travers des revues le programme évolue et le mouvement se structure : la revue Tulenkantajat (1924–1929) constitue l’organe central du groupe, suivie par Päivän Pyörä (La Roue du jour, 1929) et Quosego (1930–1931). Les membres sont animés par une volonté explicite de circulation des idées et des échanges culturels. Ils rédigent des textes collectifs et individuels.

L’ouvrage Nykyaikaa etsimässä (À la recherche de la modernité, 1929) d’Olavi Paavolainen constitue à cet égard un texte fondamental. Conçu comme un essai de vaste portée culturelle, il est en même temps un manifeste esthétique personnel, dans lequel Paavolainen compare les dynamiques culturelles de la Finlande à celles de l’Allemagne, de la France, de l’Union soviétique et des États-Unis. Ce texte affirme la nécessité pour la culture finlandaise de se penser dans une perspective transnationale et contemporaine.

Parallèlement, Hagar Olsson, critique et écrivaine associée au mouvement, joue un rôle central par ses articles publiés dans Tulenkantajat et dans la revue Ultra[ix]. Elle défend un modernisme engagé, intégrant des préoccupations féministes et promouvant activement l’introduction de l’expressionnisme dans le champ culturel finlandais. Son action contribue à élargir le modernisme des Tulenkantajat au-delà d’une simple fascination pour la technique, en y intégrant des enjeux sociaux, politiques et esthétiques plus larges[x].

Une Europe psychologique ou les fenêtres sur l’Europe : le discours européen en Ukraine

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Les réminiscences de ces mouvements européens avec des discours des modernistes ukrainiens des années 1920[xi] restent à explorer, mais il s’agit plutôt d’une convergence structurelle des cultures périphériques de l’ancien Empire russe confrontées à un même problème : comment construire une culture nationale moderne sans tomber dans le provincialisme ni dans l’assimilation à la culture russe dominante ?

Le programme culturel du Noor-Eesti des années 1905-1915[xii] et celui des modernistes ukrainiens des années 1920, notamment Mykola Khvylovy et Mykola Zerov, surprennent par une formule presque identique

Le slogan de Gustav Suits « Soyons Estoniens, mais devenons aussi Européens » trouve un écho frappant dans les positions de Khvylovy durant la célèbre controverse littéraire ukrainienne de 1925-1928. Khvylovy défend alors l’idée d’une « orientation psychologique vers l’Europe » (Психологічна Європа) et appelle les écrivains ukrainiens à rompre leur dépendance culturelle vis-à-vis de Moscou. Son célèbre mot d’ordre « Loin de Moscou ! » (Геть від Москви!) ne signifie pas un rejet de toute culture russe, mais le refus de considérer celle-ci comme l’unique médiatrice de la modernité. De façon très proche, les membres du Noor-Eesti considéraient que l’Estonie ne devait plus recevoir la culture européenne uniquement par l’intermédiaire allemand ou russe, mais participer directement aux courants intellectuels européens. Dans les deux cas, l’Europe fonctionne moins comme une réalité géographique que comme une catégorie symbolique désignant la modernité, l’autonomie intellectuelle et la haute culture.

Au cours des années 1920, la République socialiste soviétique d’Ukraine connaît l’une des périodes les plus fécondes de son histoire intellectuelle moderne. Profitant temporairement de la politique soviétique d’ukrainisation (ukrainisation), une nouvelle génération d’écrivains, de critiques et de traducteurs entreprend de redéfinir les fondements culturels de la nation ukrainienne. Au cœur de cette entreprise se trouve une question fondamentale : comment construire une culture nationale moderne capable d’échapper à la double marginalisation héritée de l’Empire russe et de la domination culturelle russe au sein de l’Union soviétique ?

La réponse la plus célèbre à cette interrogation est formulée par Mykola Khvylovy dans le mot d’ordre devenu emblématique : « Loin de Moscou ! ». Ce n’est pas un simple slogan politique. Cette formule exprime un programme intellectuel visant à déplacer le centre de gravité culturel de l’Ukraine vers l’Europe. Dans cette perspective, l’Europe apparaît non seulement comme un espace géographique mais également comme une catégorie symbolique associée à la modernité, à l’autonomie intellectuelle et à la créativité artistique[xiii].

Pour Khvylovy, l’Europe ne désigne pas seulement l’Europe occidentale contemporaine. Elle constitue avant tout une catégorie culturelle et spirituelle. Il oppose fréquemment deux modèles de développement : d’une part, un modèle bureaucratique, centralisateur et conformiste associé à Moscou, d’autre part, un modèle créatif, dynamique et intellectuellement ouvert associé à l’Europe. Cette vision est fortement influencée par les débats européens sur le modernisme, le vitalisme et les avant-gardes artistiques du début du XXe siècle[xiv].

Conclusion

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L’ensemble de ces mouvements (non-exhaustifs) semblent appartenir à une même quête intellectuelle qui, pour sortir de la domination impériale, cherchent à résoudre une tension fondamentale entre affirmation nationale et universalité culturelle par le recours à l’idée d’Europe comme espace de légitimation symbolique[xv]. Dans des contextes historiques distincts mais comparables, les élites culturelles de ces sociétés sont confrontées à une question fondamentale : comment participer à la modernité européenne tout en préservant et en affirmant leur singularité nationale ?

L’Europe qui émerge dans leurs écrits est une construction intellectuelle originale, élaborée à travers des processus complexes de traduction, de médiation et de transfert culturel. Elle est simultanément nationale et cosmopolite, locale et universelle. Depuis la fin du XXe siècle, et plus encore depuis les élargissements de l’Union européenne vers l’Est, les références à l’Europe occupent une place centrale dans les débats politiques et culturels en Estonie, en Finlande et en Ukraine. Dans l’ensemble de ces États, ayant chacun son histoire distincte, après la chute de l’URSS il s’agissait du « retour à l’Europe ». Aujourd’hui, c’est une solidarité singulière qui se fonde sur une compréhension du danger de l’ancien colonisateur et actuel agresseur qui demeure la Russie. Les discours contemporains continuent de mobiliser des représentations élaborées au cours de cette période fondatrice. Les notions de « retour à l’Europe », de « choix européen » ou d’« appartenance à la civilisation européenne » s’inscrivent dans une longue histoire intellectuelle au cours de laquelle l’Europe a servi de ressource symbolique pour des sociétés cherchant à définir leur place entre héritages impériaux, aspirations nationales et ambitions universelles.
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[i] Gustav Suits (1883-1956), poète et peintre estonien. Suits, Gustav (1905), Noor-Eesti I, Tartu

[ii] Les mouvements de contestation qui secouent l’Empire russe, allant des soulèvements paysans aux formes de terrorisme politique, tandis que la défaite face au Japon en 1905 ébranle durablement la légitimité du régime et participe au déclenchement de la révolution de 1905, guidée par un prêtre orthodoxe (une exception dans l’histoire des révolutions modernes), et se transforme en Dimanche rouge de 1905 provoquant tout une série de changements politiques et sociaux dans le pays.

[iii] Histoire de la littérature estonienne. De ses débuts à nos jours . De Gruyter, Berlin 2006 ; La fin de l’autonomie ? Études sur la culture estonienne. Maastricht : Shaker 2008

[iv]

[v] Kirss, Tiina, « National Identity and Literary Modernity in Estonia », dans History of the Literary Cultures of East-Central Europe, vol. II, Amsterdam, John Benjamins, 2004

[vi] Transferts, appropriations et fonctions de l’avant-garde dans l’Europe intermédiaire et du Nord, dir. Harri Veivo, éd. L’Harmattan, coll. Cahiers de la Nouvelle Europe, nr 16, Paris 2012

[vii] Olavi Paavolainen est un écrivain et essayiste finlandais majeur du XXe siècle. Voyageur et observateur attentif de la modernité européenne, il a analysé les bouleversements culturels et politiques de son époque à travers des essais, récits de voyage et journaux personnels. Intellectuel finlandais, il est fasciné par la culture européenne et transmet son style moderne intellectuel, largement influencé pas les avant-gardes européennes.

[viii] Elmer Rafael Diktonius (1896-1961), l’un des plus grands représentants du modernisme nordique. Écrivain principalement suédois, mais née à Helsinki, il est profondément attaché à la culture finlandaise. Poète, romancier et critique musical.

[ix] Roger Holmström, Hagar Olsson och den öppna horisonten. Liv och diktning 1920-1945, Helsingfors, Schildts, 1993 ; Clas Zilliacus, « Världsherraväldets lokalavisor. UltraQuosego och andra handlingar från modernismens 1920-tal », in : Ultra och Quosego. Faksimilutgåva. Svenska litteratursällskapet i Finland, éd. Atlantis, Helsinki – Stockholm 2014.

[x] Laitinen, Kai : Histoire de la littérature finlandaise, éd. Otava, 4ème édition, Helsinki 1997 ;

[xi] Une période d’une relative liberté nationale et d’ukrainisation, cette période s’achève avec la terreur stalinienne et porte le nom La Renaissance fusillée.

[xii] Les éditions de Noor-Esti s’arrêtent en 1915

[xiii] Tamara Gundorova, ProYavlennia slova. Le discours du modernisme ukrainien (ПроЯвлення слова: дискурсія раннього українського модернізму ), éd. Krytyka, Kiev 2009

[xiv] Toutefois, ces trajectoires – finlandaise, estonienne et ukrainienne – divergent. Pour Noor-Eesti, l’européanisation culturelle finit par contribuer à la formation de la République estonienne indépendante en 1918. Pour Khvylovy et Zerov, l’expérience se déroule dans le cadre soviétique des années 1920. Au départ, la politique d’ukrainisation permet une floraison culturelle exceptionnelle. Mais lorsque les écrivains ukrainiens commencent à revendiquer une autonomie intellectuelle réelle, le pouvoir stalinien interprète cette orientation européenne comme une menace politique. Khvylovy défend explicitement une orientation culturelle vers l’Europe occidentale afin de sortir de la dépendance russe.

[xv] Hroch, Miroslav (2000), Social Preconditions of National Revival in Europe, Columbia University Press ; Branch, Michael (dir.) (1998), National History and Identity: Approaches to the Writing of National History in the North-East Baltic Region, Helsinki


(*) Nathalie de Kaniv, Historienne, spécialiste de l’Europe centrale et orientale. Elle est enseignante en questions européennes à l’Institut catholique de Lille (licence) et à l’IEP de Strasbourg (Master).
Ses travaux portent principalement sur les trois États baltes, l’Ukraine, la Russie, ainsi que sur les questions de défense et de diplomatie européenne. Son thème de recherche concerne la pensée européenne dans les cercles des modernistes et des avant-gardistes dans les périphéries occidentales de l’Empire russe dans la période entre deux guerres.
En 2000, elle a travaillé comme chargée de relations avec la Pologne auprès du Cabinet du Premier Ministre en Ukraine.
Elle est également chercheur-associé de l’Academ, secrétaire général d’Europe IHEDN et membre du conseil d’EuroDéfense-France et du groupe « Diplomatie européenne ».

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Source création bandeau : IA / Laure Fanjeau

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