Gouvernance
et désordres du monde actuel
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Colonel (er) André Dulou (*)
Directeur Media, Mémoire et
Patrimoine d’Espritsurcouf
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FOCUS : Géopolitique
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Le terme de « gouvernance », réapparu par le biais de la Banque mondiale, en 1986, dans plusieurs textes et décisions de cette entité, revêt des caractéristiques de ce premier quart du vingt et unième siècle, qui le démarquent des évolutions de ses prédécesseurs.
Tout d’abord, les instances internationales se sont multipliées, qu’elles soient liées ou non à des « contrats », des traités, entre Nations, entre Etats, ou entre dirigeants. Mais ce n’est pas tout : les entreprises ont également pratiqué des évolutions, dans lesquelles le confort ou/et les finances ont contribué à établir un ensemble de relations, où la gouvernance les a menées à une situation de puissance proche de celle des Etats.
En quelque sorte, le désordre est venu d’en haut, des côtés, avant de se propager plus bas, voire a atteint la base.
Et cependant il faut constater que d’autres instances ont pris leur place dans l’échiquier, qu’il soit international comme intérieur aux Etats. Les formes de délinquance, de criminalité, capables de se confronter aux conditions étatiques sont nombreuses et agissantes. Par ailleurs, une autre condition humaine voit le jour, avec des désordres qui agitent jusqu’à la simple humanité des structures individuelles et collectives.
Aussi la gouvernance dont on évoque la présence dans le monde est-elle fonction de facteurs complexes, et est-elle plus diffuse et moins visible que celle de prises de décisions …d’ordre.
La communication planétaire, la soif – souvent financière – de savoir ce qui se trame, se passe, se finit, pour des conséquences, face à des défis, des enjeux, qui concernent les spectateurs impuissants, est-elle multipliée et aussi peu pertinente dans sa dissémination.
Réagir doit être alors la mise en œuvre de la notion d’ordre.
Force est alors de constater que l’application à l’humain relève de gageures qui ne sont qu’humaines : c’est dire combien l’humanité a besoin d’être conduite.
N’est-ce pas cela, la « gouvernance » ?
Bonne lecture.
A LA UNE
Réflexions sur les incidents et la violence
Massimo Nava, Éditorialiste du Corriere della sera (Rome)
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Dans cet article complet spécialement dédié aux incidents violents de ces dernières semaines en France
L’auteur, italien et fin connaisseur de la France, nous présente une analyse singulière de ces mouvements en faisant référence à trois auteurs Tocqueville, Peter Turchin, scientifique russo-américain et Thibault Tellier, auteur d’une histoire des banlieues.
Après les derniers troubles survenus dans les villes européennes, de Paris à Milan, et en prévision de ceux qui suivront très probablement, il peut être utile de redécouvrir également les analyses sur les violences urbaines du passé, depuis l’époque où les sociologues américains affirmaient que la seule solution pour résoudre les problèmes des ghettos et des bidonvilles en émeute était de les abolir, c’est-à-dire de procéder à la requalification du territoire, en le dotant de logements, de services et peut-être d’éducateurs. Et avant cela encore, se référer à Alexis de Tocqueville, le grand penseur français qui a analysé en profondeur les problématiques de la société américaine naissante et les mécanismes de la démocratie.
Tocqueville a mis en évidence un paradoxe devenu presque une loi sociologique : plus une société est égalitaire, plus les inégalités semblent insupportables. Sans pour autant justifier la violence des voyous, ce paradoxe est évident, d’autant plus que ce que les adolescents voient sur Internet brouille la réalité, les empêche de distinguer le vrai du faux, confond les possibilités avec les rêves et annule le sens des responsabilités vis-à-vis de leurs propres actes.
Internet bouleverse à tel point la perception du monde que, même dans des sociétés développées et dotées d’un niveau élevé de services et de protections sociales (comme c’est notamment le cas en France), de nombreuses personnes sont convaincues de vivre dans un univers insupportable d’injustices. La frustration, d’ailleurs, conduit rarement à une réflexion politique, mais plutôt au raccourci criminel que constitue l’appropriation violente de tout ce que l’on ne possède pas et qui est à portée de main, bien en vue, mais protégé par une vitrine et accompagné d’une étiquette dont le prix est perçu comme insultant. Ce n’est pas un hasard si les bandes les plus violentes n’ont généralement pas pris pour cible les magasins populaires, mais les boutiques de luxe et les magasins de vêtements de sport de marque.
Le centre-ville, avec ses vitrines étincelantes, ses produits de luxe exposés en belle place et ses illuminations de Noël déjà allumées dans certaines rues, devient une sorte d’espace virtuel servant de toile de fond à l’organisation violente des rassemblements, ensuite canalisés par les clics sur les téléphones portables. Même si les forces de l’ordre s’organisent et renforcent leurs déploiements sur le terrain, la bataille restera toujours inégale entre la rapidité des messages sur iPhone et les déplacements des unités et des véhicules blindés. C’est précisément la version violente du jeu vidéo du chat et de la souris. Peut-être faudrait-il, au lieu d’envoyer les canons à eau, envisager un blocage ou un contrôle temporaire des connexions. En la matière, les Israéliens et les Chinois sont passés maîtres.
Pour en revenir à Tocqueville, malgré le développement économique et social, les inégalités s’accentuent, les classes moyennes s’appauvrissent, les enfants perçoivent le déclin de leur statut, lorsque l’épargne familiale ne suffit plus à soutenir la consommation, mais part en loyers et en factures. On a cru avoir enfin atteint le bien-être, alors qu’au contraire, il nous échappe. Dimanche, après un autre samedi caniculaire, nous entendrons à nouveau les analyses sur l’échec du système scolaire, sur la responsabilité des familles, sur les conséquences de l’immigration incontrôlée, sur une politique incapable d’apporter des réponses, notamment parce que celles-ci sont généralement coûteuses et que l’argent est soit épuisé, soit affecté à d’autres besoins et investissements : ressources énergétiques, armes, dépenses courantes, gaspillage. Tout cela est certes pertinent et partageable, mais lié à l’immédiateté de l’actualité, à ce qui s’est passé hier ou à ce qui se passera demain. Nous devrions au contraire prendre en considération des phénomènes qui ne sont pas nouveaux et qui semblent se reproduire sans cesse, même si les visages et les habits des protagonistes changent.
L’hebdomadaire français Le Point invite, par exemple, à relire un autre penseur, d’ailleurs presque inconnu : Peter Turchin, scientifique russo-américain, auteur d’un essai intitulé « Le chaos à venir ». Turchin, s’appuyant sur des données scientifiques recueillies au cours de trente années de travail, explique comment nos sociétés se consolident, tendent à prospérer, mais peuvent aussi se désintégrer. Par rapport à une lecture marxiste des dynamiques des classes sociales en relation avec les conditions sociales et matérielles, Turchin relève une distorsion plus récente, typique des sociétés les plus évoluées, comme les sociétés européennes et la France en particulier, malgré l’ancrage profond de l’État protecteur et les principes de justice sociale gravés pour l’éternité sur la façade des monuments et des bâtiments publics.
Il s’agit d’analyser un appauvrissement progressif des classes populaires, tandis que les fruits du travail et de la production sont récoltés par les élites. Deuxièmement, il existe une frange de plus en plus large de jeunes diplômés frustrés par l’impossibilité d’intégrer l’élite, c’est-à-dire par la prise de conscience d’avoir étudié en vain. Enfin, comme déjà mentionné, le problème des États dont les caisses se vident à mesure que les demandes s’accumulent et que les urgences (climatiques, guerrières, énergétiques) se multiplient.
Ce mécanisme, résume Le Point, ne justifie en aucun cas les violences, mais souligne que notre société est en train de « se fracturer selon des régularités « turchiniennes », et pas seulement par caprice d’une jeunesse ou d’une école qui réclament des lycées flambant neufs et des horaires moins chargés ».
Enfin, l’analyse d’un autre chercheur, Thibault Tellier, auteur d’une histoire des banlieues, depuis les grandes émeutes des années 1970 et 1980 jusqu’aux plus récentes, est particulièrement intéressante. Il convient d’ailleurs de noter que tant pendant la période des « gilets jaunes » (2018/2019) que durant cette phase de grandes manifestations étudiantes, les banlieues sont apparues comme presque étrangères aux mouvements de protestation qui se concentrent sur les lycées et les établissements d’enseignement secondaire.
La banlieue descend en masse dans la rue lorsque le Paris Saint-Germain joue et gagne, parfois lorsque les « équipes nationales » des pays appréciés pour leur origine ethnique (Algérie, Maroc, Portugal) jouent et gagnent, et désormais, mais uniquement en petits groupes, pour participer à la conquête violente de biens de consommation.
Tellier observe que le théâtre des émeutes s’est progressivement déplacé des banlieues vers les centres-villes, tout en prenant de l’ampleur. Cela s’explique par le fait que les syndicats (systématiquement contournés par des groupes et des collectifs autonomes) et les partis (de moins en moins ancrés sur le terrain) ne parviennent plus à canaliser les revendications des mouvements sociaux, ce qui laisse le champ libre aux débordements. Dans ce vide, certains leaders de masse cherchent à en tirer un avantage politique et personnel, en attisant le feu de la contestation ou en essayant de capitaliser sur la demande d’ordre et de sécurité.
En conclusion, les violences de ces dernières semaines et celles à venir ont un petit « mérite », celui d’avoir mis en évidence le potentiel dévastateur d’Internet et l’influence néfaste que les réseaux sociaux peuvent exercer sur les jeunes. Ce sujet pourrait enfin enrichir un débat aujourd’hui prisonnier d’une polémique entre, d’une part, la justification sociologique qui confond violence et injustice sociale et, d’autre part, la tendance répressive qui confond santé publique et matraque ou, pire encore, avec la responsabilité collective de catégories entières, plutôt que celle d’individus isolés : les immigrés, les jeunes, les étudiants, les partis de gauche.
Il convient peut-être aussi de rappeler qu’un million de personnes (bien plus que celles qui descendent dans la rue) ont récemment assisté à la messe du pape à Paris, et au final, il ne restait que des petites bouteilles d’eau dans les poubelles.
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(*) Massimo Nava est éditorialiste pour le Corriere Della Sera depuis Paris, après avoir été correspondant en France de 2001 à 2010. En 2025, il a reçu la Légion d’Honneur. Envoyé spécial en Italie et à l’étranger, il a couvert les événements italiens et internationaux les plus importants : les phénomènes de la mafia et les années de plomb, la chute du mur de Berlin, le génocide au Rwanda, les conflits en Afghanistan, en Yougoslavie, au Kosovo, en Irak, en Indonésie, aux Philippines, au Timor oriental et en Somalie. IL écrit régulièrement dans Espritsurcouf. Il est auteur d’une quinzaine d’ouvrages de politique internationale, depuis les années 1990, dont Sarkozy, il francese di ferro (Einaudi, 2007), traduit en France sous le titre Désir de France (Michalon, 2007). |
REVUE DE PRESSE
SOMMAIRE
HISTOIRE : Henri Dunant 8 mai 1828 à Genève (Suisse) – 30 octobre 1910 à Heiden (Appenzell, Suisse). (Hérodote, le 30 octobre 2026)
GEOPOLITIQUE
- Dans un monde fracturé, Guterres plaide pour une ONU renforcée.
- La Finlande aux avant-postes de la paix et du multilatéralisme dans un monde bouleversé.
- Les ambitions navales de l’Europe dépassent ses capacités.
ECONOMIE
- Les Forges de Tarbes, qui produisent les obus utilisés par les canons Caesar, placées en redressement judiciaire.
- Les Bourses mondiales évoluent prudemment en vue d’une semaine chargée.
- IA incontrôlée, cyberattaques, armes : les risques qu’Anthropic brandit avant son entrée en Bourse.
DEFENSE ET SECURITE
- La révocation du procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI)
- Début de l’exercice Grand African NEMO 2026.
- Le coût d’un second porte-avions de nouvelle génération pourrait être inférieur de 30 % à celui du «France Libre».
- L’armée de Terre pourrait créer au moins dix régiments ou bataillons supplémentaires après 2030.
TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPECIALISES
ARTICLES EN LANGUE ETRANGERE
TEXTES PARUS AU JOURNAL OFFICIEL
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(*) Le colonel (er) André Dulou est depuis le 14 mai 2025, le président national des membres de la Légion d’honneur décorés au péril de leur vie. Il est également président honoraire de la section de Gironde de la SMLH. Après une carrière militaire « atypique », ancien élève de l’école militaire d’administration, diplômé et breveté, il est auditeur de l’IHEDN, et le responsable de la revue de presse Défense » de l’UNION-IHEDN. Auteur de nombreux romans et articles dans des ouvrages spécialisés, il est également le directeur média et mémoire du site ESPRITSURCOUF |
HISTOIRE
Henri Dunant 8 mai 1828 à Genève (Suisse) – 30 octobre 1910 à Heiden
(Appenzell, Suisse).
(Hérodote, le 30 octobre 2026)
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À l’occasion d’un voyage d’affaires, Henri Dunant visite en juin 1859 le champ de bataille de Solferino. Ce banquier genevois de 31 ans s’indigne alors du sort fait aux blessés et organise de premiers secours.
De retour à Genève, il lance un appel à l’opinion européenne dans un livre intitulé : Un souvenir de Solferino. Lui-même s’entretient avec l’empereur Napoléon III.
Avec quatre amis genevois, il crée le 17 juillet 1863 une organisation internationale et neutre destinée à secourir les victimes de guerre, le Comité International de la Croix-Rouge (CICR). Son nom lui vient de son symbole, le drapeau de la Suisse inversé, soit une croix rouge sur fond blanc.
Le comité réunit le 26 octobre 1863 une conférence internationale qui aboutit le 22 août 1864 à la signature de la première Convention de Genève «pour l’amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne».
La suite est plus triste. Ruiné en 1867 par de mauvaises affaires en Algérie, Henry Dunant est chassé de la Croix-Rouge et renié par ses anciens amis. En 1895, alors que chacun l’a oublié et le croit mort, un journaliste recueille et publie ses souvenirs.
Le voilà si brusquement réhabilité qu’il reçoit en 1901 le premier Prix Nobel de la Paix. Meurtri, il ne daigne pas aller le chercher et s’éteint quelques années plus tard dans la solitude et une relative pauvreté.
GEOPOLITIQUE
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Les conditions géopolitiques du monde à l’épreuve des vérités.
1. Dans un monde fracturé, Guterres plaide pour une ONU renforcée.
(ONU infos, Anton Uspensky, 24 octobre 2026)
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À l’occasion de la Journée des Nations Unies, célébrée le 24 octobre, le Secrétaire général António Guterres appelle les États à réaffirmer leur attachement au multilatéralisme, au droit international et aux valeurs fondatrices de l’Organisation. Face aux conflits, à la crise climatique et aux inégalités croissantes, il plaide pour une ONU renforcée, capable de mieux répondre aux défis contemporains.
« L’humanité n’a d’avenir que si nous œuvrons ensemble pour faire progresser la paix, le développement et les droits humains », souligne le chef de l’ONU dans son message publié à l’occasion de cette journée, qui marque le 81e anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte des Nations Unies, le 24 octobre 1945.
Pour António Guterres, cette célébration est bien davantage que l’anniversaire d’une institution : elle rappelle la nécessité de l’action collective pour construire un avenir commun.
Depuis sa création, l’ONU s’emploie à régler les différends par la diplomatie et le droit plutôt que par les armes, à combattre la pauvreté et la faim, à promouvoir les droits humains et à porter secours aux populations frappées par les conflits, les catastrophes ou les déplacements forcés.
https://news.un.org/fr/story/2026/10/1159720
2. La Finlande aux avant-postes de la paix et du multilatéralisme dans un monde bouleversé.
(Aérion24, Alexander Stubb, 26 octobre 2026)
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Alors que l’on assiste à une désinhibition de la violence dans les rapports internationaux, comment expliquez-vous cette attention permanente que la Finlande porte à la paix, ainsi que la volonté des Finlandais de défendre leur pays ?
- Stubb : En Finlande, nous avons toujours porté attention à tout ce qui est lié à la médiation de la paix et je pense que cela vient de notre histoire et de notre compréhension de ce que l’histoire peut nous enseigner et de ce qu’elle apporte.
En effet, il faut se rappeler qu’il y a environ 100 ans, lorsque nous avons gagné notre indépendance en 1917, nous avons connu une guerre civile féroce et traumatisante, opposant les Rouges aux Blancs. Malgré cela, et bien que nous fussions un pays pauvre à l’époque, nous avons réussi à nous relever pour devenir, en un siècle, ce que l’on pourrait définir comme une société de bien-être nordique prospère. Aujourd’hui, la Finlande se situe dans le top 5 de nombreux classements mondiaux — sur la qualité de vie, l’éducation, la liberté médiatique, la qualité de l’air —, y compris celle des pays les plus heureux du monde depuis huit années consécutives.
L’autre raison qui explique cet intérêt de la Finlande, est que nous vivons à côté d’un voisin qui a eu des tendances impérialistes. Je ne parle pas de la Suède, bien que la Suède en ait eu aussi par le passé, mais de la Russie. Cela a donc créé ce que j’appellerais ce psychisme national, où nous avons maintenant un pays où 80 % de la population est prête à défendre notre indépendance. Or, en dehors d’Israël où la situation est similaire, il n’y a nulle part, ailleurs dans le monde, de tels chiffres.
3. Les ambitions navales de l’Europe dépassent ses capacités.
(Rapporteur, Pietro Guastamacchia, 27 octobre 2026)
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L’Union européenne manque de grands navires de guerre, ne dispose pas des stocks de missiles nécessaires à un conflit naval prolongé et est confrontée à une pénurie d’équipages et de capacités dans les chantiers navals, ont averti des experts.
De la mer Rouge, où les pays européens ont peiné à fournir suffisamment de navires pour la mission Aspides de l’UE, à la mer Noire, où les attaques de drones russes ont entravé la liberté de navigation, les crises récentes ont mis en évidence les limites de la capacité navale européenne.
« L’UE dispose-t-elle de moyens suffisants ? Je ne le pense pas », a déclaré Mihai Sebastian Chihaia, analyste spécialisé dans les questions de défense au European Policy Centre (EPC), à Rapporteur.
Jürgen Scraback, responsable du domaine maritime à l’Agence européenne de défense (AED), abonde dans ce sens : « En tant qu’Union, nous disposons d’une puissance navale considérable, mais nous manquons de navires de grande taille, allant des corvettes aux destroyers. »
Une puissance navale inégale
La puissance navale de l’UE est répartie de manière inégale : la France et l’Italie exploitent la majeure partie de ses navires les plus avancés, suivies par l’Espagne, l’Allemagne, la Grèce et les Pays-Bas, selon le rapport Military Balance 2026 de l’IISS.
La France dispose de neuf sous-marins, d’un porte-avions à propulsion nucléaire et de trois navires d’assaut amphibies, tandis que l’Italie aligne six sous-marins, un porte-avions à propulsion conventionnelle et 17 navires de combat de surface principaux. L’Espagne et l’Allemagne apportent des navires de combat de surface majeurs et des capacités amphibies, tandis que la Grèce et les Pays-Bas contribuent avec d’importantes flottes de sous-marins et de frégates.
https://www.rapporteur.com/fr/news/les-ambitions-navales-de-leurope-depassent-ses-capacites/
ECONOMIE .
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Des menaces réelles en amont des conditions de haute intensité, enjeux et défis d’économies malmenées.
1. Les Forges de Tarbes, qui produisent les obus utilisés par les canons Caesar, placées en redressement judiciaire.
(La République des Pyrénées, AFP, 27 octobre 2026)
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Fabricant clé des corps d’obus de 155 mm utilisés par l’armée ukrainienne, Les Forges de Tarbes ont été placées en redressement judiciaire, sur fond de difficultés financières d’Europlasma, leur propriétaire, faisant planer l’incertitude sur l’avenir du site et de ses 60 salariés.
Les Forges de Tarbes placées en redressement judiciaire
Les Forges de Tarbes, principale société française fabriquant des corps d’obus notamment utilisés par l’armée ukrainienne, a été placée lundi en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Tarbes.
Le propriétaire de l’usine, Europlasma, avait sollicité l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, ouvrant la voie à l’arrivée d’un repreneur pour cette entreprise stratégique du secteur de l’armement.
Un fabricant stratégique d’obus de 155 mm pour l’armée ukrainienne
Les Forges de Tarbes emploient actuellement une soixantaine de salariés et produisent les fûts d’obus de 155 mm utilisés par les canons Caesar fournis par la France à l’Ukraine.
Le groupe Europlasma a racheté le site de Tarbes en 2021 et promis de moderniser cette usine vieillissante pour augmenter les cadences et atteindre une production de 15.000 pièces par mois en 2025.
La Direction générale de l’Armement (DGA) a saisi le parquet de Tarbes pour « lui signaler des décisions de gestion récentes de l’entreprise qui semblent avoir précipité la dégradation rapide » de sa situation financière.
2. Les Bourses mondiales évoluent prudemment en vue d’une semaine chargée.
(Revue Conflits, avec AFP, 26 octobre 2026)
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Les Bourses mondiales évoluent prudemment lundi, entre le repli des cours du pétrole, l’accalmie sur la dette française, l’attente des décisions de politique monétaire des grandes banques centrales et des résultats des géants de l’IA.
“Les actions progressent légèrement (…) tandis que les cours du pétrole reculent après avoir atteint un plus haut de six mois, mais l’appétit pour le risque reste fragile à l’approche d’une semaine chargée pour les marchés, marquée par de nombreuses décisions de banques centrales et des publications de résultats clés”, commente Neil Wilson, de Saxo Markets.
- Sont attendues les décisions de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), de la Banque du Japon (BoJ) et de la Banque centrale européenne (BCE), mais également les résultats des géants du secteur tech Alphabet et Microsoft mercredi, puis Amazon jeudi.
“La réaction des marchés à ces résultats et, surtout, aux derniers plans de dépenses d’investissement pourrait rivaliser en importance avec la décision de politique monétaire de la Fed compte tenu des récentes turbulences des marchés liées à l’IA”, estiment les économistes de la Deutsche Bank.
- En Europe, vers 11H00, la Bourse de Paris prenait 0,59 %, Francfort 0,79 %, Londres 0,43 % et Milan gagnait 0,64 %.
- À New York, les contrats à terme sur les trois principaux indices laissaient présager une ouverture dans le vert : celui sur l’indice Nasdaq prenait 0,11 %, le S&P 500 gagnait 0,18 % et le Dow Jones 0,42 %.
Le pétrole recule. Sur les marchés pétroliers, le Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du brut, reculait de 1,81 %, à 114,61 dollars le baril, et celui de WTI américain cédait 2,29 %, à 100,91 dollars vers 11H00.
- Pour les analystes du cabinet DNB, “les marchés prennent conscience que la voie diplomatique n’est pas totalement fermée” entre l’Iran et les Etats-Unis.
https://www.revueconflits.com/les-bourses-mondiales-evoluent-prudemment-en-vue-dune-semaine-charg/
3. IA incontrôlée, cyberattaques, armes : les risques qu’Anthropic brandit avant son entrée en Bourse.
(Euronews, Jonathan Benton avec AP, 27 octobre 2026)
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Les documents d’introduction en Bourse de l’entreprise d’IA alertent sur les risques de systèmes toujours plus autonomes, ainsi que sur des défis financiers et réglementaires.
Des systèmes d’intelligence artificielle (IA) incontrôlés, des cyberattaques et l’utilisation potentielle de l’IA pour développer des armes dangereuses figurent parmi les risques qu’Anthropic a dévoilés aux investisseurs alors qu’elle se prépare à faire ses débuts en Bourse.
Sur les 335 pages détaillant les finances d’Anthropic, la rémunération des dirigeants, la politique de dividendes et d’autres éléments, 93 pages sont consacrées aux « facteurs de risque » — des éléments susceptibles de peser sur les investissements des futurs actionnaires. Chez le rival SpaceX, les facteurs de risque répertoriés occupaient 38 pages sur plus de 250.
Ces informations doivent être publiées dans le cadre de la procédure d’introduction en Bourse, afin de donner aux investisseurs potentiels une vision plus claire des risques qu’ils prennent en achetant des actions de l’entreprise.
Pour séduire les investisseurs, Anthropic présente sa propre introduction en Bourse comme une étape vers la réduction des risques que, selon elle, l’IA fait peser.
« Construire une IA, c’est maîtriser la cognition elle-même, et une chose aussi puissante peut être utilisée pour le mal comme pour le bien », écrivent les fondateurs de l’entreprise dans une lettre adressée aux futurs actionnaires dans le document d’introduction en Bourse. « Anthropic est une organisation profondément guidée par des valeurs, créée en grande partie pour aider le monde à tirer parti des bénéfices de l’IA et à éviter ses dangers. »
Les risques restent nombreux. Ils vont des aspects les plus banals — comme la possibilité de ne pas réussir à retenir des employés clés ou à surmonter les obstacles réglementaires — jusqu’à l’implication dans des cyberattaques et la diffusion de désinformation dangereuse.
DEFENSE ET SECURITE
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Cette approche de l’avenir est celle qui combine les finances et les conditions de contre-menace(s) dans l’exercice des appuis possibles des partenaires : permanence, solutions, mises à l’épreuve.
1. La révocation du procureur de la CPI : quand permanence ne rime pas avec prévoyance
(The Conversation, CEST, 22 octobre 2026)
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Le 24 juillet 2026, l’Assemblée des États parties a révoqué le procureur de la CPI, le Britannique Karim Khan, par 82 voix, une première dans l’histoire de la Cour, qui vient par ailleurs de recevoir le prix Sakharov.
La procédure disciplinaire, à peine esquissée dans les textes, a dû être inventée en chemin, sans qu’aucune instance judiciaire indépendante n’établisse les faits.
Dès 2006, la probité du premier procureur avait été mise en cause ; vingt ans plus tard, la Cour n’a toujours pas fixé de procédure pour y répondre.
Le 24 juillet 2026, réunie en session extraordinaire à New York, l’Assemblée des États parties au Statut de Rome a révoqué Karim Khan de ses fonctions de procureur de la Cour pénale internationale (CPI). Jamais encore le chef de l’Accusation n’avait été révoqué. Depuis cette date, ses fonctions sont exercées conjointement par ses deux procureurs adjoints, la Fidjienne Nazhat Shameem Khan et le Sénégalais Mame Mandiaye Niang.
Première juridiction pénale internationale permanente, la CPI a été conçue en 1998 pour juger durablement les crimes les plus graves, là où les tribunaux qui l’avaient précédée étaient créés pour un conflit puis dissous. Son procureur, élu par l’Assemblée des États parties, décide de l’ouverture des enquêtes et de l’engagement des poursuites : il est le gardien de l’édifice. Or, cette fois, c’est ce gardien qu’il a fallu juger, et la Cour a dû improviser.
Le déroulé d’une révocation inédite
En mai 2024, deux membres du Bureau du Procureur signalent des faits d’inconduite sexuelle commis par le procureur à l’endroit d’une membre du personnel placée sous son autorité, faits qu’il a toujours contestés.
Saisi, le mécanisme de contrôle indépendant de la Cour clôt son enquête quelques jours plus tard, la principale intéressée ayant refusé de déposer une plainte formelle. Le 11 novembre 2024, à la suite de révélations dans la presse, la présidente de l’Assemblée des États parties, organe politique de la Cour, annonce qu’une enquête externe indépendante sera menée. Celle-ci est confiée aux services de contrôle interne des Nations unies. Avant la fin de cette seconde enquête, en mai 2025, Karim Khan se met lui-même en retrait de ses fonctions.
2. Début de l’exercice Grand African NEMO 2026.
(Prémar ops, Communiqué de presse, 27 octobre 2026)
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Du 27 octobre au 6 novembre 2026, la 9ème édition de l’exercice majeur Grand African NEMO 2026 (GANo 26), co-organisé par le commandement en chef pour l’Atlantique (CECLANT) et l’Architecture de sécurité maritime de Yaoundé, rassemble 19 marines africaines et sept marines partenaires dont la France.
L’exercice se déroulera dans une vaste zone maritime allant du Sénégal à l’Angola.
Ce sont ainsi 60 unités navales, dix aéronefs mais également de nombreuses administrations spécialisées à terre qui se retrouveront pendant une semaine pour participer aux différents exercices, tous élaborés en fonction des enjeux de sécurité auxquels sont confrontés les nations de la région.
Depuis 2018, Grand African NEMO est devenu le rendez-vous annuel majeur de la sécurité maritime dans le golfe de Guinée. Cette 9ème édition, qui rassemble un nombre de moyens militaires particulièrement important en mer, à terre et dans les airs, a pour objectif de partager les savoir-faire et renforcer les capacités opérationnelles de chacun en matière de lutte contre la pêche illégale, la piraterie, la pollution maritime, les trafics illégaux et le sauvetage en mer.
GANo 26 bénéficie également de l’appui de nombreux partenaires : l’Union européenne au travers des programmes EnMar et SEACOP notamment, l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) et l’organisation internationale de police criminelle (INTERPOL), le Centre de documentation de recherche et d’expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE), la Commission Sous Régionale des Pêches (CSRP), le Comité des Pêches du Centre-Ouest (CPCO), la commission régionale des pêches du golfe de Guinée (COREP), l’agence européenne de contrôle des pêches (EFCA)
Grâce à leur rôle moteur dans le partenariat issu du protocole de Yaoundé de 2013, la France, l’Architecture et l’ensemble de leurs partenaires contribuent de façon déterminante à améliorer la sécurité maritime dans le golfe de Guinée.
ocr.astreinte@premar-atlantique.gouv.fr
3. Le coût d’un second porte-avions de nouvelle génération pourrait être inférieur de 30 % à celui du «France Libre».
(OPEX360, Laurent Lagneau, 27 octobre 2026)
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Depuis le retrait du Foch et du Clemenceau [sans parler de celui de l’Arromanches, utilisé pour l’instruction des pilotes jusqu’aux années 1970], la question de doter la Marine nationale de deux porte-avions est récurrente. L’an passé, elle a de nouveau été posée par le général Fabien Mandon, le chef d’état-major des armées [CEMA], sous le prisme de la permanence d’alerte aéronavale.
«Au plan militaire, j’ai besoin de permanence. Un outil de combat [comme le Charles de Gaulle] qui est disponible 65 % du temps, ce n’est pas l’idéal. En tout cas, pour moi, soit il est disponible quand j’en ai besoin, soit il n’est pas disponible. Donc, la détermination du futur porte-avions, dans sa géométrie, son volume et son coût, est essentielle», avait-il expliqué aux sénateurs.
Pour disposer d’une permanence d’alerte, il faut en effet au moins deux porte-avions. Comme l’a récemment souligné l’amiral Christophe Cluzel, le chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM], ce format sera atteint entre 2036 et 2038, c’est-à-dire quand le porte-avions de nouvelle génération «France Libre» entamera ses essais à la mer. Sera-t-il possible de prolonger le Charles de Gaulle au-delà de cette période ? On ne le saura qu’après son prochain arrêt technique majeur [ATM], celui-ci devant permettre d’avoir une idée précise de l’état dans lequel se trouvent les cuves de ses deux réacteurs nucléaires K15 ainsi que ses structures les plus exposées à l’usure et la corrosion.
Pour autant, prolonger le Charles de Gaulle de quelques années de plus ne serait pas forcément pertinent.
4. L’armée de Terre pourrait créer au moins dix régiments ou bataillons supplémentaires après 2030.
(OPEX360, Laurent Lagneau, 25 octobre 2026)
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L’ambition de l’armée de Terre est de disposer d’un corps d’armée pleinement opérationnel d’ici 2030 et donc d’être en mesure de planifier et de conduire les opérations de plusieurs divisions d’une force terrestre multinationale dans le cadre de l’Otan.
«Dans un conflit de haute intensité, les opérations sont nécessairement menées en coalition. Encore faut-il être capable de transformer cette coalition en une force de combat cohérente et efficace. C’est précisément l’une des fonctions du corps d’armée», explique le Pôle rayonnement de l’armée de Terre [PRAT].
D’où le plan stratégique «Armée de Terre de combat», mis en œuvre à partir de 2023. Celui-ci s’est traduit, entre autres, par la création de brigades spécialisées et de commandements dits «Alpha». Mais cette réorganisation s’est faite sans révision à la hausse du format de l’armée de Terre.
Lors d’une audition à l’Assemblée nationale, son chef d’état-major [CEMAT], le général Jacques de Montgros, a expliqué que l’on ne pouvait «pas être nation cadre […] sans avoir d’éléments organiques de corps d’armée qui soient robustes».
Et d’ajouter: «On pense souvent à la guerre électronique, à la défense sol-air, aux feux dans la profondeur. Mais je pense aussi beaucoup à la logistique, qui est dans un état assez faible et qui est toujours ce à quoi on pense en dernier mais qui est juste primordial au sens premier du terme si on veut pouvoir se projeter et, surtout, durer».
TOUR D’HORIZON DE MEDIAS SPECIALISES
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ESPRIT SURCOUF vous offre un tour d’horizon des titres de fond propres à susciter la réflexion de défense et de sécurité
1. Le Japon a augmenté de 67 % ses décollages d’urgence face aux vols chinois et russes.
(Metadéfense, Fabrice Wolf, 27 octobre 2026)
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Du 20 au 23 octobre 2026, 3 vols d’avions chinois Y-9 et 2 vols d’Il-20 russes à proximité du Japon ont provoqué chaque jour le décollage de chasseurs japonais, alors que se déroulait l’exercice nippo-américain Keen Sword 27. Les appareils étrangers n’ont pas pénétré dans l’espace aérien souverain japonais sans que l’ont puisse déterminer avec certitude si Pékin et Moscou ont coordonné leurs missions. Ces vols apparemment routiniers ont néanmoins obligé la Force aérienne d’autodéfense japonaise à mobiliser ses appareils, ses équipages et son dispositif de surveillance sur plusieurs axes.
Sommaire
1. Les vols chinois et russes sollicitent l’alerte du Japon
2. Le Y-9Z et l’Il-20 exploitent l’endurance des avions de transport
3. Maintenance et collecte renforcent la sollicitation des forces japonaises
4. Les drones étendent la pression aérienne à Taïwan et en mer Égée
5. Les incidents en mer Égée et en Baltique mobilisent les défenses
6. Le suivi radar permet de limiter les décollages sans abandonner la surveillance
7. Les réponses réciproques et les CCA ne suppriment pas le risque d’escalade
https://meta-defense.fr/2026/10/27/japon-taiwan-potentiel-vol-vs-chine-rus/
2. Selon le Sénat, le rétablissement d’une composante nucléaire terrestre pourrait être une «option à ne pas négliger».
(OPEX360, Laurent Lagneau, 29 septembre 2026)
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Lors d’un discours prononcé sur la base navale de l’Île-Longue, le 2 mars, le président Macron fit savoir que, compte tenu du contexte international et de l’évolution des menaces, il avait «ordonné d’augmenter le nombre de têtes nucléaires» de l’arsenal français, l’idée étant de passer du concept de «stricte suffisance» à celui de «stricte cohérence». Il s’agit «d’assurer que notre dissuasion conserve à l’avenir son pouvoir de destruction assuré dans un environnement dangereux, mouvant et proliférant», avait-il en effet expliqué.
Outre le renforcement de l’arsenal nucléaire, au sujet duquel plus aucune communication ne sera désormais faite, M. Macron avait aussi développé le concept de «dissuasion avancée», qui, dans les grandes lignes, vise à permettre aux pays européens intéressés de participer aux exercices et aux manœuvres de signalement stratégique des forces nucléaires françaises dans une logique d’épaulement. Ce qui suppose des «déploiements de circonstance d’éléments de forces stratégiques chez nos alliés», l’idée étant de «compliquer les calculs» d’un adversaire potentiel.
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- https://constructionreviewonline.com/f-47-future-campus-usaf-plans-1-06b-test-facility-at-nellis-afb-by-2031/
- https://www.aero-news.net/index.cfm?do=main.textpost&id=EB2B58ED-BFBF-4A04-B315-89E13A56E8B1
- https://www.defenseone.com/threats/2026/10/funding-hegseth-autonomous-command/416800/?oref=d1-author-river
- https://www.asahi.com/sp/ajw/articles/16997707
- https://www.airandspaceforces.com/space-force-cislunar-kit-2029-launch/
- https://aerospaceglobalnews.com/news/airbus-bae-gcap-germany/
- https://breakingdefense.com/2026/10/is-the-pentagons-demand-signal-for-drones-working-it-depends-on-who-you-ask/
PARUS AU JOURNAL OFFICIEL
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Arrêté du 22 octobre 2026 portant approbation de l’instruction interministérielle relative à l’organisation nationale de lutte contre les drones aériens malveillants
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000055011551
Source création bandeau : IA / Laure Fanjeau



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